‹ Cours d'instruction réligieuse, ou, Exposition complète de la doctrine catholiqueChapitre 58 sur 90 · DOGMES, MORALE ET CULTE DE LA RELIGION PRIMITIVE · texte numérisé non relu

DOGMES, MORALE ET CULTE DE LA RELIGION PRIMITIVE

L La Religion, à quelque époque qu'on la considère, a toujours été formée de trois éléments -.dogmes ré^lésy imposés à l'intelligence de la créature, qui les doit accepter et y adhérer par respect pour la parole iBlkUlible de Dieu ; lois moraksy imposées à la volonté libre de cette même créature, qui doit s'y soumettre, en obéissant à l'autorité souveraine de Dieu ; culte mtérkwr et extérieuTy qui ressort des dogmes et des lois, dont il est tout à la fois la manifestation et la conséquence pratique.

Les dogmes révélés dès l'origine sont : l'existence de Dieu; la création; l'exist^iice et la distinction des anges; Tinnocence et la chute du premier homme ; le péché originel; l'attente d'un rédempteur, et l'immortalité de rame.

Les premiers hommes ont cru d'abord à l'existence d'un seul Dieu, créateur du monde, seigneur souverain de toute créature, qui s'était révélé à eux. L^s pages de la Genèse, que nous avons étudiées dans les

chapitres précédents, ne laissent pas l'ombre d*an doute sur cette vérité fondamentale.

Les premiers hommes ont également connu l'existence des anges, dont les uns sont demeurés fidèles à Dieu, et les autres se sont révoltés contre lui. La Genèse parle tfun esprit mauvais, d'un ange de ténèbres, qui, caché sous la forage d'un serpent, porta la première femme à manger du fruit défendu, et d'un esprit fidèle qui fut posé à l'entrée du paradis terrestre pour en défendre l'accès. Il est très-fréquemment fait mention d'anges bons et d'anges mauvais, dans la suite de la Genèse, dans l'histoire des patriarches, de sorte que cette croyance dut être de tout temps populaire; aussi se retrouve-t-elledans toutes les nations.

L'histoire du paradis terrestre, l'innocence d'Adam, sa chute et son malheur, durent naturellement assez fixer l'attention de ses enfants poi^r que le souvenir J n'en disparût jamais de leur esprit; l'histoire sacrée, d'ailleurs, la leur rappelait, et les peuples qui oublièrent la vraie tradition en conservèrent cependant des traces, bien faciles à reconnaître, dans leurs fables sur Vâge d'or.

Les descendants d'Adam surent aussi, et ils virent, ils sentirent par leur expérience, qu'ils avaient tous été enveloppés dans le malheur de leur père. Ils crurent à la promesse que Dieu lui avait faite d'un rédempteur, ils espérèrent parvenir par sa médiation à une vie meilleure, à une vie immortelle. C'est .là que viennent aboutir les enseignements de Moïse. Les patriarches ont témoigné de leur foi dans une vie future, . quand ils se sont considérés comme étrangers et voyageurs sur la terre ; quand ils ont si vivement et si cons-

lŒUaiON PRIMIÏIVB 217

tammeot désiré de 86 réunir à leurs pères, qui étaient morts avant eux.

Tels sont les dogmes de la religion considérée dans les premiers temps. Ces dogmes seront expliqués dans l'exposition du symbole ; il nous sufQt en ce moment d'indiquer les traditions primitives, et de saisir les premiers anneaux de cette chaîne de vérités qui ne fut jamais brisée; bien qu'à certaines époques le nombre des vrais croyants ait été tellement réduit, que l'erreur paraissait avoir prévalu partout.

IL La morale de la religion primitive était dans un rapport nécessaire avec les dogmes. La croyance en un Dieu créateur, principe et Un de toutes choses, a pour conséquence l'obligation imposée à toutes les créatures raisonnables de le reconnaître pour leur seigneur et leur père, de croire à ses enseignements, ^ d'obéir à ses lois^ de travailler pour sa gloire. C'est téut le fond de la morale.

Adam comprit parfaitement la dépendance où l'homme doit se tenir à l'égard de son Créateur, quand Dieu l'autorisa à ipanger des fruits du paradis terrestre, à l'exception de ceux de Tarbre de la science du bien et du mal, dont l'usage lui fut interdit. Son malheur, son crime, fut de violer la loi dont il connaissait toute la gravité. Il avait eu, antérieurement à toute loi positive, dès le moment de sa création, l'intelligence de ces rapports qui devaient l'unir à son Créateur, et des devoirs impérieux qui en ressorlent ; car nous avons vu qu'à ce premier instant de son existence, il fut rempli de lumière et de sagesse, pourconnaître le bien et le mal. La lumière que Dieu fit alors luire sur son cœur, que pouvait-elle lui montrer de

COUBS D'mST. 1. DigtzedbyGoOgtl

218 RÊviUcTiim i^ntti^rviË

ph» effisemiel p&nt M que te fintill6rfèW6tl^stm fitre, la raison et le but de son existence^ la fègto Ibûdamentale de SB vie ?

iLes enfants â -Adam n'ont pas eu des connainganeeis Bum psriaims ; ib ne* furent pai» îUutninéiS de c^ dartés pures et Tives qui res|)Iendis$aient Aam rame de leurpère innocent ; cependant ils dweût consèrtêi* le souvenir et les ensei^ements delà révéMiùn, et ils oûttoiyoursett, aVec la révélation, le s^eonitls dte la raison nalurel!e; si elte eisl ^ffitibRe d^ttis ieut chute, elle n'fest p&s éteinte, elle ne devait pas Têtte. Par la raison^ ie» hommes cénnatedent au moin^ les pdneipee premiers de la loi naturelle et leurs cônsé^ qiSBnees les plus imoiédiates ; c'est par" elle qu'ils seront jugés. « Lorsque les Gentils, dit l'apÔtre saint « Paul, font naturellement les choses que la loi cornu mande, n'ayant pas la loi, ils sont à eux-mômes là « loi : faisant voir que ce qui est prescrtt par la lo! n est écrit dans lenr (xmr, cetnme leur con^d^ce « leur en rend témoignage, parla divers^ité des pen* u séeset des réflexions qui les accu^nt ou qtii les « défendent ^ »

Les lois positives, mirajodtées wtK \xM naturelles que nous portons écrites dans nos c(Burs par la main de Dieo^ forent peu nombreuses^ Nouft devons mettre parmi ees lois celle qui constitua la famille, c'est-à« dire l'unité et Tindissolubilité du mariage ; peut-'être l'obligation de s'abstenir de là chair de^ animaux, comme semble le supposer la permission que Dieu donna à Noé après le déluge d'en mttng^r désormais,

* Èpitté aox Romains, n, 14, 15.

ifi BiLiifixûif laumosvB. 219

pooTTU qu'où Be m^sge&è pas te flaog avec la ebair ^ ; €oiâ&, et tBèfi^eeFtmnêsBttfiV TotilâisBtkm de tenére à la fia Mmoluffefie, p«r l'exieBciee d^ h^estiiis, aurtont de laicdy de respéranœ et de la charité, et de reéourir à la péttit^loe, '^pèft le péehé, pour ae aréce&cilier avec Dîw. Yailà, dans toute leur siaiplkité, les lois neraleg, paeitireaetsurttat&tfeUeâ de la reûijioa primitive.

Le euUe se^ réduit à la prière et au sacrifiée, la pnère est le juremier besoin de TiMMQEiiiifi. Eâeu sait, i»^nt et bten mieux que nous, les diverses nécessités de natre nature ; mais il veut que rfaoaame reconnaisse son indigence, qu'il en fasse un humble aveu, et qu'il s'adresse avec confiance à lui. U n'y a riea aasupément de si légkime, et» si on supposât un omlpe

^4i£EéreBt de Proïkience, dans lequèt tous las biens noDfi advittoddraieBl^ sans qu'il fallût ni les demanda m en témoigmr de la peconnaissaaae^ un td ordre ne conviendrait pas plus à la sagesse de Hieu qu'à la na^

" turc de l'homme.

On ne peut donc pas douter que la prière n'ait été, dàs l'origine du monde, un des actes les plus indis* pensables de la Religion. La €^esèse noua dit que sous Énos, fils de Seth et petit-fils d'Adam, on commença d! invoquer k nom de Dieu^\ ces paroles signifient seulement que sous ce patriarche, et vraisemblablement par son autoritn,, on établit quelques pratiques publiques pourhimorer Dieu, tandis qn'at^ara^ant, chacun suivait ses lumières, ou son attrait, dans le monde antérieur du ^te <Mvin.

. ' Genève, ix, % «t 4.

^ âeaèse, i^ so»

220 RBVBLÂTION PRIMITIVE

III. Le sacrifice est ausM ancieii que la prière. Par la prière, rhomme reconnaît son indigence, et recourt à Dieu ; par le sacrifice, il reconnaît le domaine sou*verain de Dieu sur toute créature : c'est la manifes* tation la plus solennelle qu*il puisse &ire de sa foi. Abel, fils d'Adam, offrait les prémicies de son troupeau ; Gain, son frère, offrait les fruits de la terre qu'il cultivait.

Moïse nous apprend que Dieu agréa le sacrifice d'Abel et non celui de Gain. Gette différence venait sans doute de celle que Dieu vit dans les dispositions intérieures de Tun et de l'autre ; car, dans tous les temps, il a eu plus d'égard à l'esprit de foi et de piété qui nous anime dans nos offrandes, qu'à l'objet que nous lui donn<»is. On ignore d'ailleurs comment la préférence que Dieu témoigna fut manifestée : peutêtre un feu descendu du ciel vinMl consumer les victimes offertes par Abel, comme cela eut lieu dans la suite^ en plusieurs circonstances.

Quand Noé sortit de l'arche après le déluge, son premier soin fut d'élever un autel au Seigneur, sur lequel il offrit un holocauste de tous les animaux, et de tous les oiseaux purs, qu'il avait renfermés avec lui dans l'Arche. Ce sacrifice plut à Dieu, qui promit alors qu'il ne ferait plus périr le monde par de nouvelles inondaticms. Nous lisons dans le livre de Job que cet homme vénérable offrait des holocaustes pour chacun de ses enfants, afin de leur obtenir le pardon des péchés qu'ils auraient commis. A la suite des longs entretiens qu'il eut avec ses amis, sur la cause des malheurs qui étaient venus l'assaillir, Dieu se montra irrité contre trois d'entre eux, qui avaient

parlé iaeoiiridéréttfi:^ sur les voies de la PpovideDeè, ^t il leur dit : « Preoez sept Xsxivwax et sept béliers, allez à. mon serviteur Job, et ofifrez-tes en holocauste; Job priera pour vous, et je Texaucerai. » Ils s'etupressèreut d^ le faire : le saeritlce fut offert et Job exaiicéda&s ses prières^ Il serait facile de. multiplier les exemples : Thisloire d'Abraham, d'Isaac et de Jaeeib en fowuit plu»eafs« On voit, par Tbabitude qu'ils avaient de dreisier des autels partout où ils avaient reçu 4es grâces partiouUères, combien leur était précieuse la pratique dessacrifices ^ ; ils la transmirent à leurs enfants, et de ceux-ci elle se répandit dans le monde entier, où. elle a été constamment observée, IU2 pmnt que, de tpus les peufiies connus dans l'antiquité, il n'y en a pas un seul qui n'ait offert des sacriAces à la Divinité.

Dans cette oblation du sacrifice, on vit d'abord un hommage rendu au domaine souverain de Dieu : m immolant une victime à sa gloire, on protestait que tout lui Appartient. De plus, le pécheur, ayant offensé la majesté de Dieu, méritait la mort, la mort temporelle et la mort spirituelle, juste châtiment du crime de rébellion contre celui qui donne la vie et qui la conserve. Or Dieu, en instituant les sacrifices, avait

» Genèse, iv, 4 et 5; vni, 21 et 22; xv, 9, 10, il; Job, i, 5; xLii, 8 et 9 ; Livre des Nombres, xxiii.

On, n'offrait pas tndistiimtement toutes sortes d'animaux en sacrifice. Dieu détermiha, dans la loi donnée aux Hébreux par l'entremise de Moïse, ceux qu'on devait lui sacrifier; mais avant cette époque il existait déjà une distinction d'animaux purs et d'animaux impurs ; les uns, et non les autres, étaient propres au sacriûce; Dieu ordonna à Noé de mettre un plus grand nombre d'animaux purs dans l'Arche (Genèse, viii, 2), et c'est de ceux-là seulement que Noé offirit sur l'autel, après le déluge.

Uà «péter sik hoMnts qu^ MiiiiiiithnitA.ace^piBr ^ iiM licliffie «MfaBlteub à iMr iptee^ et que le ms^ d& Mftto vii)ikm>aneaît la ipertu âe 1m purificrite la seuil- ]»& da péabé^ d^Jipaisar la jm«i9e âirâa

Xittelle wta p(wmît««(»r aus jF€ux (teBi^ d'un aatsoal, 4m roAnnidè dM frvrils da la tam, oa une libalÉan? ConuMst ftoamie a^t-il p«(fiKit<e (faa M flftBg le pnrifiarat? Cîo— ait les paw^es taosbèr reniais plus lard dans eol inen^Fable eseèa, de era» qu'ils afrâôraîei^ la^eidèee de iaur dtviivlé it qirïla déècmmaraieiit lea osiasiilèB' pifblkiiiea^ as isMpotafit de jaunes enfants, oaœoie on l'a va faim en iteBide lieux? Oala oe a'expliqi»» cjm par l'àboB ou te oarraption de qmlqrn «érifté qua ron anraitra^p parkt tradition.

C'est ici que se révèle le myslèrs pnofenâ dasuaiei»flces aneieiB, mTstèpe pau aoimu d'afeard^ vam qui •n'était pas ignoré des tmeàm patriardMe, dapoia anr» laut qua BiaulwrauttnaBifaaléi, plus «acplioitemesit qu'il ne l'airait faitd'aibord, Toritee deaev daasains sur le Médiateur fiiitnr. Ce Médiataur daraît salugEure à Dieu et sauirer las haaaoïes par aa a>a«t ; or o'éteit kâ que Dieu eensidéraii dana tantes las véettaMa q«n tai étaient offartas : les wiolÉBies race^ient da Ixà aeal toute leur vertu.

Par là s'expliquent et se ccttdJient, sans difficulté, des textes de nos di^rioes Éeritarai qui plairaient paraître contradictoires. Dieu inspire aux patriarches la pensée da lui offrir des sacrificas ; les &it0 que nous venons de citer, ert fl y en a un grand nembra de sei»blable^, ne permettent paa dé douter que ces sacrifices ne luifossenit a^réabias. Oapaadant Dieu, pasLasC

parrorgW6.(]M|^]^ètâ9» dît cpie OM sacr^eft^m Im plaiseEt.paa« qu'il ne voit, pcâiiiirrae plaisir Y^ct- .cens qu'oii fait brûlar danales s(A»»miés religiâufei, que la igraisse atie sang dm victiaiea lttii$aat à désQùt» et que c'est en vaia.qu'oR les. lui offm... La vérité eat que lessaorificas aBciaQs ue p^wàieiit plaide à DôêH, si leabomaxea mettaient leur Goafiaaoe dsfiSiaessigMS exiéfieurs ou daxuai le smg des vktîmesi, qui n'a«aiMt effectivement aucujoe. vertu pour purifier les eaasciences; mais^ ofiCerts eu espcU de £âi, eu vuadu Messie à venir, ces mâiBes^sacririees. plaisaient à D4«u, et ils étaient trèa-utitea aux bomiues. ^^là pourqiiai Dieu portait nos pères, par des institutions positives, à dresser dea autels sur lesquels ila icamolaieat des victimes, et néanmoins, afio d'élever leur pensée {dus haut, il ne cessait de leur dire qu^ cas obliquas étaient vaines ou insuffisantes, pour leur faire entrevoir une victime plus paciaite, pour les £aire aspirer au. vrai Sacrifice qui. serait oàert. 4aQ8 la suite des temps. C'était Tordre dea desseins de. Dieu : c'était ea vue du sang adorable de sosl File qii'iL voulait qu'on répandît en sa présence le sang de tant de victimes, en sorte que» selon la parole de l'apôtre saint Paul^ il n\y a pas de rémission sans effusion de sang * ,

« C'est une pratique très-ancienne et pleine de mystères que l'oblation du sang, dit saint Augustin ; on ne doit au seul véritable Dieu que lô saorifioe que lui a offert le seul véritable prêtre, le seul médiateur de Dieu et des bonunes; msis il convenait que cet

1 Ëpttce aux Hébreux, ix, sa. OmaUa penèM,itm0m%ês$fimdÀm Ugem mundantur; et rine sangtUnis effuiione non fit remimio^

224 BBVBLATION FRBsnmrB

auguste siierifice ftn promu, et i^résenté par des victimes immolées dès le commencement. Les HéhtevoL i'ont célébré dans leurs rites religieux; les païens Pont inlité dans leurs cérémonies sacrilèges. Il n'est pas surprenant que les démons, qui sont des esprits orgueilleux et trompeurs, se soient fait rendre par leurs adorateurs un culte qu'ils savaient être dû au vrai Dieu i. » Nous ne devons pas être surpris non plus que ces esprits malfaisatits aient poussé les hommes dans les désordres monstrueux dont nous parlerons ailleurs en exposant les pratiques des peuples idolâtres. Terminons ce qui nous reste à dire sur le culte.

Il n'y avait pas d'époque déterminée pour l'oblation des sacrifices. On les offrait, sans doute, quand on sentait le besoin d'expier quelque offense et dans les circonstances qui rappelaient quelques bienfaits si- ' gnalés, comme pouvait être le septième jour. Il est dit dans la Genève que Dieu, ayant terminé l'œuvre de la création en six jours, bénit le septième. Bien que ces paroles n'établissent pas que Dieu ait prescrit dès l'origine du monde de consacrer à son culte le septième jour, il est bien vraisemblable que la bénédiction qu'il lui donna en mémoire de la création, le rendît vénérable aux hommes, et que ceux-ci le

^ s. Avkg. contre Fauste» liv. XXII, cbap. xvii : Antiqua rtt etf, prœnuntiativa immolaiio sanguinUy futurmm paaionem m$diatorii, ab initio generis humani, testi/icant, Hanc enim primus Abel obiur Uise in sacris litterit vnvenitur. Le même docteur dit dans tin autre livre : Saerificium vieHmarum et peeorumj magnum habêl sacramentum,.. Sed in omnibtu illit generUftu ioerificiorumf inteUigUur «fiinii iUui iocrificiumy et una vieHma, in eruce Bamini, — Fn Psai. 74.

BHuaioiT PRnqnvK 225

distinguerai des autres jours par quelque acte particulier de religion.

Il est & présumer que Dieu avait établi quelque cérémomepartieulière pour rèxpiation du péché ori- {dmel. Les adultes se purifiaient de ce péché comme de leurs péchés personnels, par la prière et par Toblation des sacrifices ; mais, comme les enfants, ayant l'Âge de raison, sont incapables de faire aucun acte religieux, on a pensé que quelque rit avait été établi en leur faveur. Nous ignorons ce que Dieu avait ppeserit à cet égard:. Les Juife, qui ont conservé plus soigneusement que tout autre peuple la tradition du péché originel, n'ont aucun rit spécial pour la sanctification des enfants, si ce n'est la Circoncision , qui est d'une origine relativement récente, car elle n'a commencé que sous Abraham ; et, d'ailleurs, elle n'est pas applicable à tous les enfants. Plusieurs doc* teurs ont cru que les enfants étaient purifiés de la souillure originelle par la foi des parents, sans trop expliquer si Dieu n'avait égard qu'à la foi des parents, ou si les parents devaient faire quelque acte religieux, dont l'espèce était abandonnée à leur choix, pour obtenir la sanctification de leurs enAints.

Puisque la religion primitive avait des sacrifices, elle devait avoir aussi un sacerdoce. Dans l'origine, les pères de famille joignaient naturellement à l'autorité paternelle le droit d'offrir des sacrifices pour leurs enfants. Les rois étaient également prêtres dans leur royaume et avaient les prérogatives des pères de famille. Quand plusieurs chefs se trouvaient réunis, on devait déférer au plus digne l'honneur d'offrir le sacrifice. Ces privilèges ne résultaient pas d'une con-

<8d6 BÈfÈtiâm0s ^pttiifinfrE

isécratioa p«rtièulièi«, nî<ée qofiSqvl'e mission extraordinaire, mais ils étaient fondés surtm ordre providentiel ; nous le ToyonS'Ohsef va ^rni les Hébitetts jusqu'à ee cpie Biou eût fixé iie saœDiidtô dcme le triba de Lévi. Mais eet ordre u'étêlàym erakaif, puisfne, îndépendaBMMnt de& «be& de famiUa^ cQwtm était Job, et des rois oo— a Mekhisédadi, ^»>ii0 voj^aiis, dès laa premières pa«ea dis hi Gbeoèse, Abel et (Mn offirir àusflt de3.saQcific€0^.

§ 2. -^ ooMHBffT varûn! m oo^êmsfVB «r sa TMLsmsnniE ./ LA. tmiGfkdh pmaciTivft.

Ce ne fut ni par le raisonnement iiHlividuel, ni par renseignement d'un eorps public institué à eet effet, mais par la ^adition des gères de famille, que la religion dut se canseryer d'abord» âl se tr-ansmettre de générations en g^ènérations.

Abandonner la religioiaaura^nnementde qhaqiiB individu, pour qu'U se Ibrm&t à lui-même des croyajioes» c'eût été poser, dès rorjgine, le principe de toutes les erreurs et établir qn état contre nature.

Nous avons vu Adam ùistruit immédiatement de DLaa sur tout ce qu'il devait croire <et sur tout ce q^'il

' Autrefois TÉglise disait à Dieu, dans la. cérémouîe de consécration de Févéque : tr 0 Dieu ! qui, dès le eommeaeemeiit^ aEVw A établi de» prètre« {lour le salut de votre p«apie, sintout Abel, « Seth, Énos et Hénoch; Neé, Kelchisédech et Job ;.(fuiayeA choisi « Abraham avec vos fidèles serviteurs Moïse, Aaron, Éléazar et « PiiinéôB..; répaindes la vertu de votre esprit sur, » eto. 'CtMe prière se trouve dMts les OM$$UtUi»m aiMil^^tMi, ou«r49e 4|«i n*est pas authentique, mais qui nous fait connaître, sur plusieurs points intéressants, les pratiques de l'Ég^Tise pendant les premiers siècles. {ConsL tifoêt^f lih. VI!I, eap* t.)

IMU9MN 9»aasmm 2X7

devail £ùr8 ; sditait-il raisdaiiaUe de swftp&mc que DiWf j&oiBS prévoyanl |»oup 66» eafenlfl^ ka «ùt Ufiflés livrés à laiies seules réftexiiMifi, passmt lopins glwnde partie àe laar yie à ecHuidére», à éÉiiéîep^À laisooûer, peur se déteriainer eoifin sur les gttfes questiotts de la reUgion? Mais akM^ rioaiDeiMe majorité deshommes serait restée dans une pai^élttrtle igBOsa&ee de ses devoîTS, ^ tes ^hs eafiablefl auraient pa s'égarer dans ua labyrinthe de raiaoBAnraieikta et de doutes. D'un autre e&lé, qaiis ne voyou» ni danala Genèse, ni dans les* annales d'mieimpduple» un tribu- BaL divinement établi pour doi^er uu enseignMient publia;, pour maintenir la pureté des traditions et résoudre les doutes qui s'élèfveraieat sur la religieit. Il faut done conclure que, dans Tordre primitif, les pères étaient chargea d'instruire leurs enfants^ et qu^ eet enseignement domestique était la mojGeacboiaipar la Providence pour maintenir la religion.

Rieu/desi naturel : les pères» obligés d'élanef leurs enfftuts, et de leur donner la noundture qui doit sotttenir leur existence physique, doiveai bian plus pourvoir à l'aliment de leurs âmes, qfuâestlasainadoctrine^De là cette inclination dajoks les pères àapprenduB h levas enfouits : dans ceux-ci le désir de s'inatruir a, la curiosité, et la dociJitanaturelle' d'écrit à acceptar renseignement de famille. C'est donc Tordre da la divine providence : Souvenez-vous des jours anciens^ repassez les générations qui se sont écouièeSy mterrogez les étttcmsj ût Us wm diront: consultez mûre, père et il vous efnnoneertt *,

Les patriarches, fidèles à cet onfre providentiel,

» OaatéHoBoiaet amon, t.

2iB BSVÉLATION PRIMITtVB

transmirent à leurs descendants ce qu'eux-mêmes aTaient appris, et nous avons de graves raisons de présumer que, pour en mieux conserver le souvenir, ils employèrent l'usage des cantiques que Ton retenait de mémoire, et qu'ils dressèrent des autels. On voit, en ^et, dans la Genèse, l'attention que les anciens avaient d'ériger des monuments, pour rappeler les cireonstanees extraordinaires où ils avaient reçu quelque faveur du ciel : lès noms propres qu'ils donnaient à leurs enfants étaient même fort souvent des signes oommémoratifs.

Des monuments n'étaient même pas absolument nécessaires à la religion, parce que, dans les premiers siècles, comme le dogme, la morale et le culte se bomaiefnt à un petit nombre d'articles qui étaient, avec les traits principaux de l'histoire, Tobjet des conversations ordinaires des patiiarches, le souvenir s'en conservait facilement, d'autant plus que la vie dés hommes était fort longue. Depuis la création du monde jusqu'au déluge, nous voyons neuf générations se succéder en ligne directe, Seth, (ils d'Adam, Caïnan, Énos, Malaléèl, Jared, Hénoch, Mathusalem, Lamech et Noé. Chacun de ces patriarches vécut plus de 900 ans, et Mathusalem parvint jusqu'à la 969* année ; il a dû vivre 243 ans avec Adam et 690 avec Noé *. On voit parla, ainsi que nous l'avons remarqué

* Quelque prodigieuse que eoit cette longévité si on 1& compare à la brièveté de notre vie, il faut bien se garder de la considérer comme fabuleuse. L'autorité de la Genèse, qui est très-formelle sur ce point, ne nous le permet pas, et il est certain d'ailleurs que la plupart des auteurs anciens ont ^été unanimes à dire que, dans les premiers siècles, la Tie des hommes était extrêmement longue. Il n*y a rien dans la constitation de l'homme

^ RE£IOION FRmiTIVB 229

dans une autre leçon, on voit avee quelle fitcitité les traditions primitives durent se conserver en passant par un si petit nombre de familles. Ce qui altère en effet les souvenirs, c'est bien moins le temps qui s'écoule, que le grand nombre des témoin& qui se suc* cèdent les uns aux autres ; aussi la Gmèse ne nous dit pas que 'dans le premier âge du monde il se soit répandu aucune erreur, ni dans la famille de Seth, ni même dans celle de Caïn.

Quand les hommes se dispetsèrent sur les divers points du monde, ils conservèrent le même ordre pour maintenir dans leurs familles la connaissance et le culte de Dieu : les chefs ou conducteurs de ces familles transportèrent les principes fondamentaux de la religion dans les pays où ils s'établirent. «Les ^ « moralistes de cet âge ne raisonnaient pas comme ^ CI les nôtres sur les principes de la morale : l'autorité tt leur servait de philosophie, et la tradition était « leur unique argument. Ils débitaient donc leurs « maximes comme des leçons qu'ils avaient apprises

qui fixe sa vie à une période déterminée d'années; il n'y a pas de raison pour qu'il ne pût vivre plusieurs siècles^ s'il ne survenait des causes particulières de dépérissement. Autrefois, l'air était plu» pur qu*il ne l'est aujourd'hui par suite de la destruetiofi des forêts, les mœurs étaient beaucoup plus simples et la nourriture plus frugale : ces diverses causes devaient former de fortes * constitutions et assurer aux hommes une longue vie. Nous avouons

cependant qu'elles ne suffiraient pas seules pour expliquer une ^ révolution aussi grande que celle qui s'opéra dans les siècles qui

; suivirent immédiatement le déluge. La cause réelle fut une inter-

V vention tie Dieu, qui voulut abréger la vie des hommes poar leur

^i laisser un souvenir permanent de sa Justice; et qui voulut de

r plus proportionner la longévité des hommes à là population du

I globe» rendant la vie humaine plus courte à mesure que le nom-

bre des habitants de la terre s'augmentait...

.280 mfihÂ^smEi^ mimmvE

« da iwiB ^èrda» ^ eeux-ei de leiurs fatédéodsmmmj a juafufaux lusâoâârs ^hoiftmas à qui Dîda astit « paiié*. »

Oa pousfdiÉ dier d'moombmbles tottoijp^Mgeftmi iairdur dd celte* aflSdr&m ; vB^isàs ce $ârail isauti]%ettr 4)61» qui Q{^ qiaeU{Uâs eânoaisaaQc^ }ûfttonM|ii86 fiavôQl bienqua, 0hdK Icms^teaaiuaeEk&t^eupleay r«irseigDdfiiânt iwli^iui: élait tpadUioDAel, /et hob pas philosophique. La Grèce offpe peat-âtve, êam roKtfe de& teiQp&y le {upeiBier exemfdia d'ua peuple, oii la philosophie prit la place de la tradilîQda. Itiodore àe SidUe, compacaut Sôu&^e rapport les Grecs a?ec tes^ antres i^tûms dit:: « Pour tes Grecs qm ae eoÂveait (I pas la tradilioa de leurs pères et. qui a'écaatesit a qu'eux-jcaêiaes da&s. les. recherches qu'ils ^eatre»a pceimant, courant sans cesse après des ^MAÎeng <c nouvelles» ils dispuleut entpe eux des choses le^ ^ « plus relevées, et forcent leurs disciples, oantiau^eh tt ment indécis, d'errer toute leur ^e dans ce doute, tt jsaas aimr jamais rien de certain. » Au surplus, les Grecs eux-mêmes n'avaient pas toujours suivi cette leélhode ; eU» étmi réoante pttmâ eux, et de swraiflB critiques ont pensé que Fenseîgnetnent traditionnel,, qui n'es^ point fondé sur le raisonnemesit ni sur la recherche des caisses, mms setdement sur l'ancienfte doctrine venue des ancêtres^ continua ÔLëXTQ en usage jusqu'auprès ku guette^ de Tfeie ^.

Quoi qu'il en soft dte Féptwïue où J*on coxmnenîa: en

' XmmlU DmamUmUon évêÊ^ffHiqm, par iatoa*» U^ pM^ chap.if..

* JfmmU» BèmmuHratÊm énmméUqmi^j pair ]^la«â» i" p«i*t^ cap. I, § 12.

Grèce et ailleurs à philosopher sur la religion, il est à observer que les esprits sérieux conservèrent, môme dans ces pays, un grand respect pour l'antiquité, et par conséquent pour la tradition. Nous en avons cité des exemples remarquables dans les leçons précédentes: nous n'y ajouterons qu'un seul trait. Oîcéron, écrivant sou livre de la Nature éhs 4teux, fait dire à un des interlocuteurs : « J'ai toujours défendu, je défen- « drai toujours les croyances que nous avons reçues c( de nos pères, touchant lés dieux immortels et le « culte qui leur est dû, et les discours d'aucun « homme savanl ou ignorant n'â)ranleroiit jamais ces « erofAiices^..* Baspliquea^-iBoi mninifinant usas sen* (( timçnts, B«lbus, car je dois «pprendre de tous, « qui êtes philosophe, la raison de la religion : et je « dois eroire nm aneMf es^ Ibm mèm^ ftifils n^por- 9^(( lent aueune raÉion de leunf etofêaneÊ '. »

* JDs Naturû. deùrum^ llb. III,. cap. ji, a".5 e(4.

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