‹ Cours d'instruction réligieuse, ou, Exposition complète de la doctrine catholiqueChapitre 59 sur 90 · LEÇON XIII · texte numérisé non relu

LEÇON XIII

0iir le Aêla«e.

Les hommes se corrompent et Bleu les punit par un déluge universel: preuve incontestable du déluge. —Les peuples les plus anciens ont conservé le soavemr du déluge. -^ Gratnt& religieuse que doit nous inspirer cet acte de la justice divine.

I. Adam atait eu d'abord deux fiia^ Abêl et C«ân : on sait qu'Abel mourol netime de la jalousie de son c frère. L'exemple de Gain fut funeste à ses enfants, dont plusieurs se liyrèrent à toutes sortes de crimes. Seth, troisième fils d'Adam, vint au monde après la mort d'Abel, et il vécut dans une grande innocence; son fils Énos témoigna beaucoup de zèle pour le culte divin; Hénoch, son petit-fils, distingué parmi tous les autres par sa piété, mérita que Dieu le retirât de ce monde, tout en lui conservant la vie. L'apôtre saint Judenous apprend qu'avant cette disparition, Hénoch avait prédit, de la part du Seigneur, que, à les hommes ne se convertissaient pas, ils allaient subir un grand ch&timent. a Yoici, disait-il, voici le Seigneur « qui va venir pour exercer son jugement sur tous a les hommes, et pour convaincre les impies de toutes « les impiétés* qu'ils ont commises, et des paroles

DÉLUOE : DtB^mStOK DBS BUFANTS DE NOB t38

« injurieuses qu'ils ont âites contre le Seigneur ^ n Une ancienne tradition porte que ce saint personnage doit reparaître à la fin des temps poutr prêcher la pénitence aux hommes et pour rendre gloire à Dieu.

Malgré le zèle d'Hénoch et des autres patriarches qui se succédèrent jusqu'à Nôé, Finiquité prévalait toujours : les mœurs furent profondément corrompues ; les hommes suivirent les dérégleriaents de leurs cœurs ; ils devinrent injustes et corrupteurs, se laissant aller à des violences les uns envers les autres. Dieu, qui depuis longtemps leur faisait annoncer la pénitence, ne put supporter de si grands excès; Use prépara donc à donner au monde un exemple de rigueur qui inspirât aux hommes la crainte du péché.

Il apparut à Noé et lui dit : Mm ^prit ne demeurera i)éw dam l'homme, parce qu'il est chair; la terre at remr 9rplie <f iniquités ; je vais détruire les hommes. Quoique cette menace ne dût s'exécuter que cent ans après, Noé reçut, dès lors, l'ordre de construire un vaisseau où il pût se sauver avec sa famille et un grand nombre d'animaux de toute espèce. Sans doute, ce long délai et ce travail extraordinaire, dont on ne pouvait ignorer , le but, furent pour les hommes d'alors une occasion de salut. Noé leur parla de la justice divine *, et plusieurs, touchés de la grâce, se convertirent ; mais leur conversi(Mi ne put changer l'arrêt porté dans le ciel. Lors donc que le moment déterminé par la volonté

1 Ëpît. de saint Jade, i, 14, i5.

' !!• Éptt. de saint Pierre, ii, 5; l'-Épît., m, 19, 20. Dans ces épltres, saint Pierre appelle JKoé prédicateur de la justice, jutU" tiœ prcBconem, et il nous donne à entendre que plusieurs, qui ayaient d'abord été incrédules à sa parole, finirent par se convertir.

ja4 ^»fiHir» w»N. wnwroaB

diviae fiit wtwé^ Ja terie fiit submargée fiar 4Hiâ fhiie

qmOieulifia, ioU é9i& soitoxams^ «oit duibad 4e6 mei^ pour las;^e^eter<$w I^sur&M^u glûbe.

Ge serait làm inatilemeiU. (fi^ pwur ^fl^ifmr le déluge, cm veuduait .m wtùmm qu<'4 ëaftowiiMP ttSr tamUdfi, elaa voir daaa C0 grud éfémmev^, qu'on

UA aSaififieiSieiit dâ sol habité, w, resbausaaBMAt itt&Nad de la mec <|ai aiuwt formé moi eatiliorate actualB» par suâle de quék^^ graad^ réYolutîoo, i^QBiiiie il eadatsurveiKi qwlquefois, 4tuia:id des. mm- MgûBSB&siX sorties pttrSôulèveiDaBt dufoad des lOfeis, ou ^e des lies onl.diapaiu sous le» ê&hL Le réeiide la (tooèse^ éloigp^ de pareilles su{»^ai1fto&& el nous BMNitee é^enumot ^qua la tort e ipii èA oaav«Bte 4'eau est erik qjm 1m faâBiiaaa axraieiit haèîléê %tTl qu'ils eontinuÀrettlà babitor après ledébi^^paiscpi'il QOttS dit que JDiau fit toiab«? snr atte wm pbâe eixtraopdiiiiâre paur [la suboa^ger.; que tes eata parmrei&t ji opLiPvir le» fim bautea moitta^as^ et <}u'apf èfi, il fil souffler \m ^leat nolaal peur dÂmioufir las eaux» déoôuiiriir la soi et te reodi» de nott^ts Ji«abitab)a«

Diaa se ser^t sans doute de -causes saccades ; àaa ^parole^ les eaux (^u'il avait plaeées daas rato»ospbàge à l'état de wpaur, se aonddaaaol, taaabàres^ eoBUDB des torrents ; il put imprimer à la terre un mouvement qui fit verser sur elle lés aaïax da Tablme; nais "Vemipiai de ees moyet^y dans de svmblaUes me^ constances, après l'annonce solennelle qui en avait été faite longtemps auparavant, ne peut être considéré

DELUGE : »TWiMTO» M9 iVHI^rrS DE NOlE MB

■ qm leoouiieAiiJi aille iauaftédkit da ter juatûê. et da le puiBfAMd 4i;fi]i«B ; «0 futy^ea wijnot,,iiià ¥rai nicaoto.

La terre demeura couverte d'iwapMdaat qmU nia- 'Cpiaolfi jidurâ. Toualeg^nmefi^arairàtipiiili, à Tazceptten «ABfki amle^&BHUe de Noé.; rHKHidatiaik.«yaJi (xm^- ;vMl la tenre et attaîat Jee fdus liftut^B MûotagMB, «qufMMLPieuât fiOttfilôr ua i^nt viotoat; laa eaux «onàxm^èmil alara àdéepoitua» L'andie a'axrâte anfin ;fiiir le £«tt»ftetd'uA6 Bumtagm dlAcjnéftia, et Jioé put •anaûrik. So&pramiar ^ûte fut d'éle^var u& antel fl«r UHfueL il offrit k Dieu eo. bokMAuele 4eg^ oiâMUix et d'autses ammam. Dieu agréa oe saarifiee, ai dit à Wié : « iJa ne maudirai pka la tarae à cause de (( rbomme ; je ne frapperai plua défM>rmaifi toutecréar « ture vivante, comme j'ai fait. Croissez et multipliez, (( et çempliaiez la terres qijie tous les animsuix teires- ^ tces, tM» let'OiefafUK. de ciel, to&t «e qui se »eat « sur la terre et tous leff poissons des mers, vous rétt dotttaiit yaua.p»uffrai; pendre pour votre mucô^ « 4uPi l9irt ê% qiad a m<mvettent et vie ; seulemeiyt, « vous ne mangeirez paâ le sang, » En souvenir des ,]^mfifi0esM}u'il ^a&aît de faire» il ajo^ite : « J'ai ptacé « mon arc dans la nue, et il sera un signe d'alliance (( entre moi et la terre. Lorsque je couvrirai le ciel ■M de d^iées, nioa aie* y app«cailra; je mesouvieiidrad « de mon alliance avec vous, et les eaux du déloge M ne vifindront pluB détruise toute i^hair ^ »

Ces pairies m «i^ffient peut-être pas que l'isre-encîel n'eût pas encore paru dans les airs avant le délttgei;iQaiâ seukiafint qu'A cette époque Ddeule donna

I Genèao, a, la.

236 VLkfÈULTvm ^TmÈiprPrB

aux homiDés eounne une ngne de la promesse soton. nelle qu'il yenait de leur fiiire, <ia'il ne détruir^il plus le monde par un déluge.

Dans le denrfer sièôle, les incréddles ont contesté le fait du déluge, mais sans alléguer un seul motif sérieux contre le rédt biblique. Ils n'ont pas pu invoquer les documents de Thistoire, puisque Thistoire la plus ancienne qui existe l'atteste d'une manière si formelle. Ils n'avaient pas non plus des raisons tirées de l'ordre naturel. Qui pourrait se persuader que l'eau ait manqué pour submef^er le monde, tandis qu'au * commencement elle le couvrait tout entier; ou que Dieu n'ait pas pu bouleverser l'économie d'un monde que lui-même avait créé ^ ?

^ Quoique l'on pense communément que le déluge a été unitarael, dans le sens le plus absolu, nous observerons cependant ^ que cela n'est pas de foi; et qu*à la rigueur on pourrait entendre . le texte de la Genèse'd'une inondation qui aurait fait périr tous les hommes, à Texception de la fasnille de Noé, et qui aurait couvert la plus grande partie diji globe, sans «utminer si, de plus, elle a également submergé les plus hautes montagnes des pays éloignés et qui n^étaient point habités parles hommes. Il suffisait au dessein de Dieu que tout le genre humain périt, et on sait que, dans le style des Écritures, ces mots totUe la terre ne se prennent pas toujours dans un sens absolu, de l'univers entier. Le P. de Yalroger résume en quelques motsj dans son livre D$ ta Crenèu iê$ «ipêees, l'opinion de pinsieurs savants contemporains, fort attachés à renseignement de l'Église : « Destiné à chÀtier le genre « humain, le déluge s'est étendu à tout le pays habité par « l'homme ; mais rien ne prouve que son extension ait été plus c grande, et rien dans la Genèse n'indique jusqu'où les fils d'Ac dam s'étaient répandus. S'ils n'habitaient, par exemple, ni l'Aff mérique, ni la Nouyelle-Hollande, ni toute TAsie, ni toute « l'Afrique, ni toute l'Europe, pourquoi ces vastes régions easce sent-elles été complètement submergées? Et si elles ne devaient c pas l'être, pourquoi les espèces qui composaient leurs faunes a eussent-elles été amenées et entassées dans l'arche par des

^ DELUGE : BIHPttaiON I>S» BMFAJITS DE NOS 237

Le souYenir de ce grand événement s*egt con8er?é chez la plupart des peuples.. On le trouve en Chine, dans les Indes, dans la Chaldée el jusque dans l'Amérique, principalement au Mexique, ainsi que Tout rapporté divers hiâicuiens qui avaient étudié ce pays avec le {dus grand soia. Partout il est fut mention d'une inondation générale où les homses ont péri. Yoîei, pour en donner un exemple, ce qu'on lit dans UB dos livres de l'antiquilé la plus reculée, qui renferme des légendes, des histoires et, des préceptes donnés aux Indiens par u^ de leurs sages. On y voit un déluge, ua personnage vénérable représenté comme créateur d'une nouvelle humanité après le d^uge, et un Dieu caché sous la forme d'un poi6S<»i, car dans les fables et les l^ei^es de fdusieurs peuples asiati-

^ques, la divinité parait souvent sous cette forme.

*a Manou se l&vsit les mains dans un petit vase, un a poisson vint à lui et lui dit ces mots: Prends soin « de m(H, je te sauverai. — De quoi donc veux-tu me « sauver? — Un déluge emportera toutes les créao tures; je veux que lu y échappes. » Le petit poisson fut soigné sdon son désir. Quand il fut devenu grand, il adressa ces paroles à Manou : « fin telle « année le déluge arrivera; tu dois donc construire Ci un vaisseau, et ensuite me rendre hommage. Quand <c monteront les eaux du déluge, tu entreras dans le a vaisseau, je yeux alors te sauver. » Manou accom-»

et miracles innombrables et superflus (page 17}? » Si donc il était dâmontré par la science qu'il y a im^possîbilKé à supposer runiyersalité du déluge, nous n'en serions pas très-embarrassés ; mais cette démonstration n*est pas faite encore; il y a peu d'apparence qu'elle soit jamais donnée, et nous aimona mieux nous en tenir à Finterprétation commune.

2Wr RÉvitATsm measm^m ^

^ Ws' drcNs' du pcâssra, et Iti fewiît hominaffe. ^Mité, te ié^àigé étafit mmstf à rt6|K)fq(ie mtitiiiée, Mhtt0ii aiim dttfis sbii tiussettu. Lefdisioii 0e mil è ntt^r teils M; à sa cerne, Manoa attacha te eftbte du vatestan, ai^e teqtiel te polssm décrassa te mcntagiie do Ndfd {VI!ftn«mitx)n te ehaîae des mei^ fllttâteya). Lé {H)id90n dW: (r Celles ja tisà mn^... AMis^tie le <( vatoseaH àim arbre*.* à raesare que Feiw to dé* « epoiffpe^ tu dof9au8iide9DefiKloe petià^es. » l^foiioa deecimâit alefe iiBsenfAMe^i^Bt, et if te m^nftaii^B^^ Nerd est demeiEtée te nom die dèiceiM^^è Kmim. Le déicrfe a entraîné to^rlee^ tes oré^Âmm; Manmi a m^ vécu aeaL It yécisÊ pHant et se mortifiant, désiratic une* postérité; ihûttrk en eaeriâees dt beurre et dn teit, et il eut vmi^ nemirretise' pemêrlÊé; teule bàaédie tion qu'il sotifaafita lui écfant en pdfttage *. :^

On a tv^avéau Mexique et d^s pluaiears aolres ré-^ * f^ffm #9» croj^ancfeB et des pw^îque* qui ewt de» rapports îio&firDiiiefirappaDts a?ecteré<eft de Moïse. Cest toujoursmi vieitterd altné du cid?qui se sauye dons nu vsieseaa où il avait eu'doiif de renUmner d^s animaax et 4e9 semences diverses, e«q»i s'arrMe i^r vtÀë rnoot^ tagne, qaand tes eanx ceamèncecit àdéeit^ns.

Les peuples occidentan^c n*ont pas te^mémes traditimnr aussi constantes, à moins qu'on ne veuSteUBeon^ naître' quelquee feslige9<dès aHeiesuTTéeils diansoe que' tes €Hpees, ist tee Romaine d-aiivès tes Grecs, rapportaient d'un déluge. Cette absence de Itaditions ne nous surpraBd-paa^iiaiiid iioas OQiu»ééi0Q6 que tes parties occidentalesTi'ôntétéfeabitéesque pfeWfarrf, etc(u*elles

* LaTrirêUwn inâienne duMtffft Aitif sa ffiueiaphaunemnef par M. Nève.

^ DÉLUGE : iêSèëHSIMè MH'MmMfs de noé 29^

n'ont pas de livres anciens, comme en ont les Indiens et les Chinois.

On croirait, à la lecture de ces récits, que leurs auteurs les ont empruntés aux livres de Moïse, en y mêlant quelques fables, mais il est beaucoup plus vraisemblable qu« ces souvenirs de Tère patriarcale s'étant transmis paralfèlemeùt chei tous les peuples, qui tous descendaient également de Noé, comme les Hébreux, ils ont été éosito'iaitfkldttis livres, ou marqués sur leurs monuments respectifs. La Genèse n'est p»itefH9itiree'^l9sIfidîm8^ les Okinèis, ImMHyfiWBy les l^exicains, ont puisé leufs narrations ; mais elle ^mA k expllqaer les légendes mj^rtbakigiqttes de &86 peuples totfdifKift l^espretoftei^ ftgi^ ûû monde, patte qu'elle contient l'histoire exacte et certatae de ces ^fffirps primîtfft, dont les monuments païens nons *?ffrent çà et là des âêbpis incohérents, altérés et soxiîfflés ^

Pottrnous qui avons reçu ees traâRtîons vénérables dégagées de totrte conception liumaSne, dans leur pureté primitive, gafttens-les précieusement : n'oublions^ jamais la grande leçbn que Dieu a voulu donner au monde pur le déluge universel, et vivons dans une (?f&înte religieuse. îl a promis que le monde ne pèrîraît plus p&r un nouveau déh%e, mais il y a dans Tordre de la Providence d^iautres châtiments réservés -au péché.

240 K&viiATiOM panoTivx

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