LEÇON XIV
> la «IspemoB «es kontoMs «vrè» le «élagc et rvotté
Ck^ndoite des enfants de Noé : Chanaan est maudit. — Confusîoii des lan^pies à la tour de Babel. Les hommes se dispersent dans le monde entier. — Tous les hommes, quel que soit le pays qu'ils habitent, la couleur de leur peau, et la diversité de lenr .lan^e, proviennent de Noé^ et, par Noé, d'Adam.
Le plus grand événement dont l'histoire sainte fasse mention depuis le déluge jusqu'à la vocation d'A*^ braham, est la confusion des langues et la dispersion des hommes dans les diverses régions du monde. Nous étudierons aujourd'hui ces deux faits^ après avoir repassé dans la mémoire ce que la Genèse nous rapporte des enfants de Noé. Tout dans ces récits est plein d'intérêt, tout est fécond en instructions pour nous. La conduite des enfants de Noé nous est une leçon du respect que nous devons à nos parents; la conifusion des langues doit nous tenir en garde contre les pensées téméraires et les projets ambitieux de l'orgueil; la dispersion des hommes provenant tous d'une même famille, nous avertit qu'ils sont tous nos frères, dans quelque partie du monde que nous les rencontrions, quelque langue qu'ils parlent, quels que soient les accidents de couleur qui les dis-
DISPERSION Jm» HOMMES SUR LA TERRE 241
tinguent les uns des autres. CommeBçons par les eafaBts de Noé.
I. Noé vécut encore trois cents ans après le déluge ; ayant de mourir, il annonça dans un esprit prophétique ce qui devait arriver à ses trois fils, Sem, Cham et Japhet. Cham avait manqué de respect envers son père qu'il trouva endormi ; Sem et Japhet tinrent une conduite toute différente, No^, apprenant à son réveil ce que Cham avait fait, dit : Que Chanaan $mt maudit, qu'il soit à regard de ses frères l'esclave des esclaves. Béni soit Jéhovah, le Dieu de Sem, et que Cka* naan soit son esclave; que Dieu étende la possession de Japhet, qu'il habite dans les tentes de Sem, et que Cha-naan soit son esclave * !
L'histoire montre Taccompli^sement de cette prophétie. Cham s'étendit surtout en Egypte et dans les autres régions de l'Afrique, ainsi que sur une partie de la Syrie et de l'Arabie. C'est, de tous les peuples connus, celui qui a été le plus abandonné aux superstitions et à toutes les horreurs de l'idolâtrie ; c'est aussi celui sur qui a pesé davantage la domination des autres peuples. L'Egypte, appelée par rÉcriture la terre de Cham, et, par les auteurs profanes, Chemia^ eut d'abord une existence honorable parmi les grands peuples; mais elle perdit sa gloire par son asservissement à la plus grossière idolâtrie, et depuis elle a été constamment sous le joug des Assyriens, des Grecs, des Romains, des Musulmans, ce qui a rendu ce peuple très-malheureux. Les Chananéens, descendus de run.ftes fils de Cham, furent en partie détruits par
COURS bSwst. I. 14
2iÈ. eAvécjltivk fmoÊÊfvrÉ ^
le»Hti9r6«[; mqei eu restait édsiMipa sous leor aa* torité, dès que ceux-ci furent sortis du désert. T<mt le monde sait ce que sont devenues les populations d'uflrè grande partie de FAfHque, sur les cfltes de la Guinée, de laWigritîe; l'esclavage et Fabrutissement sont depuis des siècles comme leur état naturel. Gbam a donc subi, dans sa postérité, TefiTet des malécfititions de Dieu.
Sem s'étendit dans TOrient; il donna naissance aux Hébreux et vraisemblablement à la plus grande partie des peuples de fAsie, aux Chaldéens, aux Assyriens, aux Chinois. Bleu if appelle fréquemment le Dieu de Sèm, à cause de la bénédiction particulière quil lui réservait, en faisant descendre de lui le Messie par lequel tous les hommes étaient appelés au salut.
Japhet est le pèrô des Européens; de lui sortirent ^^ les Tartares, les Scythes, les (irecs, les Romains, etc. ^ Dieu, en lui annonçant que ses tentes seraient dilatées, avait (flt qu'il habiterait dans les possessions de Sem. En effet, on a vu les peuples d'Europe étendre leurs relations sur foutes les parties du monde, et exercer sur elles un ascendant qu'ont subi presque toutes les nations de l'Afrique, ;de FAsie, de FAmérique et des îles Océaniques.
Mais, avant de considérer plus à fond la suite des desseins de Dieu sur la famille de Noé, voyons comment Dieu la dispersa sur la terre.
Sem, Cham et Japhet durent passer un certain temps aux pieds des monts d'Arménie, où Farche s'était arrêtée après le déluge; ils se répandirent ensuite dans les lieux où leurs pères avaient vécu, et, descendant les bords de FEuphrate, ils se reocon-
DisPERi^m vm/Mommmk snm im. tbrkb ^Ma
iMMst ûiiùi^ la fMoB de Semuiw. as wjiMt^qki^s dius la aaécaastté é9.8e séparer, ils sa Granit les «n^ MxaiîUllS: F(S)«K(^ UtfsaoaMioui tme mUe et «ne tar éont tej9mm«i aUk jmt^'^au dA, et vmiêammoift mtm ûélèimt'avmii !^ mm êopom dimé$ 9i4kfÊrsé$mria Mrm.Jimk vk de la téméiîlé et ùb rorgmii dana le deflM«B 4e cas homm»Af el îi en «oifiâeiia r«Kée«iti(«. M Jehraaà deacandlt pour nair la t<mp et la ^e u fa'il& bdijasalenlt ^^ il dit : Yaiià qu!il0 ne Ibr^ <c iimtt qu'un ae»l peapie, âa n'ont toua qnHin « «lènfea laaaiMP^» ^^î^ Min ^ qcila anti«pfi^- « mmàf^ et iki ae awacfwnt fias epa'âtt n'aiant aea aonpliieisr deaBffidm DesoêndaDa prar eoûiMMk« «r tear taingag^t et^qna Tun n'ai^nâa pfaiB la kaigve « de l'autre. €'efli da oatla maaièmque fiwu lei^ dia- « p«isa sur traÉB la Éerre; ear, dès lora, iJseesièeeDt « dei}ètiir la irifte,<(ui, pa«r cella rataon, a étéi^ ce pdéa Bidbal^ I>ieu jr a^iso]^ coo&nida te langage de « toiialaBlM>nuQie&*. »
QuiÉul OBexanÛDû ee rédt, qaa aoui afOBS rafirodoit testuettaœent, tel ^pie lÊsim non» TaliflâBaé, on ▼oit bîaa que ce- <ae Ait pomt par mi dâssantiBient de ¥Ol^téaqui seratt sweuLilans l'eséoBtioada tra^- ^m\f que las honaoea se sépauèareut, waia par ton ade eçifsisl de k piusfiaiwe dhine^ qni mtenriut eiwore dana ealte 4Ûrc(Ni8teBce, oomae elle rayait fiât en tant d'autres, pour laisser dans les esprits des hommes une impression plua ^aionde^e la Providence. L'expr««iion de laCtenèaeeat lr«p forte : elle aaarqued'uae smnièfa trop piié0Ba«t rumêé du bBn|;a^ avant reii'-
« Genèse, XX.
ireprtee, M la confiisioB de kngues qui la fit cesser, pour qu'il soit peno» d'y trouver une simple allégorie. C'était donc un grand miracle: il fallait qu'au même instant les hommes perdissent le souvenir des tera^s dont ils s'étaient servis jusqu'alors, ou que, ces termes demeurant les mêmes, ces homùies ne pussent plus néanmoins s'entendre les uns les autres. Les Grecs et les Romains ont probablement consmyé quelque souvenir de la tour de Babel, quand, dans leur mythologie, ils ont parlé de géants qui avaient construit une tour pour escalader les cieux, et que les dieux foudroyèrent; mais ce souvenir s'était mieux conservé chez les peuples anciens, comme on le voit dans les citatimis d'Eusèbe. Il rapporte le témoignage de divers historiens qui, en parlant de la tour de Babylone, disent que cette tour fut bâtie par des géants échappés au déluge, et qu'elle ^ fut renversée par les dieux qui les dispersèrent, en rendant leur langage discordant*. Les mêmes traditions se sont retrouvées en Amérique, où il est parlé d'une tour élevée par des hommes échappés audéluge, et que les dieux confondirent. Les Mexicains ont cru que les hommes nés après le déluge demeurèrent muets jusqu'à ce qu'une colombe leur rapportât des langues du ciel, mais langues toutes différentes, de sorte qu'ils ne purent pas s'entendre.
IL Des traditions que nous venons de rapporter, il résulte que tous les peuples, quelle que soit la diversité de leur langue, forment une seule famille, et que tous les hommes sont frères. Ceux qui vécurent avant
» Préparation évangélique, liv. IX, chap. ii, 14, 17.