‹ Cours d'instruction réligieuse, ou, Exposition complète de la doctrine catholiqueChapitre 65 sur 90 · VOCATION D* ABRAHAM · texte numérisé non relu

VOCATION D* ABRAHAM

d'une sainte joie, le cœur tourné vers le Ciel dans l'attente des promesses divines, cet homme vénérable vécut comme un étranger, ne possédant pas de terres, riche cependant en troupeaux et puissant au milieu de ses serviteurs. Il était parvenu à un âge fort avancé sans avoir d'enfant qui pût hériter des promesses divines; mais Dieu, qui veillait à l'accomplissement de ses desseins, lui flt annoncer la naissance d'un fils, quand il ne pouvait plus espérer naturellement de devenirpère. Un jour qu'Abraham se tenait à l'entrée de sa tente, dans la vallée de Membre, il vit trois jeunes gens qui venaient au-devant de lui; il se prosterna aussitôt et, s'adressant à l'un d'eux, il dit : Seigneur, si j'ai trouvé grâce devant Dieu, ne passez pas au delà. Il s'empressa de leur offrir de l'eau pour la-

. ver leurs pieds, et leur servit un repas sous un arbre.

'Après le repas, l'un de ces personnages, qu'Abraham reconnut être l'ange de Dieu, lui annonça que l'année suivante, à la môme époque, il aurait un fils. La promesse se vérifia par la naissance d'Isaac.

Dieu soumit ensuite la foi et Tespérance d'Abraham à une bien dure épreuve, car il lui ordonna d'immoler ce fils unique, objet de son amour et héritier des promesses. Auteur de la vie, exerçant une domination souveraine sur toutes les créatures, il pouvait sans doute donner cet ordre, et c'était pour Abraham un devoir de se conformer à sa volonté. Le saint patriarche se disposait à obéir, persuadé que le Seigneur ferait renaître Isaac de ses cendres plutôt que de manquer à ses promesses. Déjà le bois était prêt, la victime posée sur l'autel ; Abraham levait le glaive, quand une voix céleste l'arrêta ; il entendit : Abraham^

^98 REVELATION PRIlUTiyfi

Abrahafn^ rCétçnds pas lamam sur l'enfant^ et fie lui fais MueuH mal; car mairUenant foi rec&nnu que tu crams BieUj puisque tu n'as pas épargné Um /ils unique a cause 4e moi. La parole de rÉtemel se fit enteodre encore une fois, et Dieu renouvela en ces termes les antiques promesses : J'ai juré par moi-'inêmey puisque iu as obéi, que tu n*as pas épargné h)n fils unique à cause de moi, je te bénirai, et je nmWipUerai ta postérité comme les étoiles du ciel, et comme le sable qui est sur le rivage de la mer. Toutes les nations de la terre seront bénies en celui qui sortira de toP.

Abraham et Isaac habitèrentsuccessivement TÉgypte et la Palestine, mais plus ordinairement ce dernier pays, que Dieu devait donner un jour à leur postérité. Ils commencèrent, dans leurs diverses transmigrations, à remplir les fins delà Providence, en répandant tout autour d'eux la lumière de la vérité* La considéra-*^ lion dont ils ont joui l'un et l'autre, et qui perpétua leur mémoire dans les siècles les plus reculés, les rapports qu'ils eurent avec les princes des pays qu'ils habitaient, durent faire respecter leur foi et contribuer beaucoup à conserver les restes précieux des traditions que ces peuples avaient retenues. Isaac eut deux enfants, Ésaû et Jacob : Jacob fut préféré à Ësaû, et il obtint, par une secrète disposition <ie la Providence, la bénédiction de son père, qui lui conférait toutes les prérogatives attachées au titre d'alné. A ce titre, il hérita des proinesses faites à Abraham et à Isaac. Gomme ^ux il vécut dans la OhaldéCi dans le pays de Cbanaan et en Egypte, sans avoir Dijlle part

* Genèse, xxii, 18.

VOCATS99f BABRàSÀIC 299

lie demeure fixe, parce que le temps u'étaM p^ Yeuu <mj selon les ppédictious, la terre 4e Gbauaan 4evait loi être donuée. Il eut douze .fils appelés communement patriarches, parce qu'ils devinrent les cbefs des douze tribus dcHQt se composa le|>euple de Dieu: Rul>en, Siméon, Lévi, Juda, I^sacbar» Zabulon, Pan, 'Qad, Azer, Nephtfaali, Joseph et Benjamin.

U n'entre pas dans notre plan de raconter iioi en déilail la vie de ces trois patriarches, si connus dans rbiatoire sainte* D'eux sont sorUs des peuples nombreux!;:; surtout le peuple juif; ainsi appelé du nom de Juda, l'un des douze enfonts de Jacob. U n'était pas l'alné de la famiUe; mais Jacob sur le point de mourir, au moment solennel où il annonçait à chacun de ses fils ses destinées futures, distingua Juda de tous les autres par ces paroles mémorables : Juda^ tes frères te hueront/ ta main sera sur la tête de tes ennemis l ies enfant de ton père f adoreront/ le sceptre ne sortira pas 4e Juda^ ni le prince de sa postérité^ jusqu^à ce que menne Celui qui doit être envoyé, et qui est t attente des mifims^.

Ces paroles prophétiques répandent xm nouveau jour sur ce qui concerne le Messie à venir. Elles nous dûdanent à entendre qu'il naîtra de la tribu de Juda, avant la dispersion entière, et la confusion des tribus. <iuoi qu'il puisse arriver aux autres tribus, celle de 4uda subsistera en corps de nation; elle aura ses magistrats, elle se maintiendra dans son organisation, elle conservera son pouvoir politique jusqu'à ce que vienne le Messie; et, s'il arrive un jour qu'on la voie

' Oenèse, xux, 10.

déchue sans retour du rang de peuple, que ses en* fanfs soient dispersés et confondus sur la surface du monde, on pourra conclure que le Messie est venu. Elle aura cessé d'exister comme tribu, parce qu'elle aura rempli sa mission en donnant le Messie.

Jacob mourut en Egypte, où ses enfants demeu^rèrent plus de deux cents ans, jusqu'à ce qu'ils fussent assez multipliés pour former un corps de nation propre à habiter le pays de Chanaan, que Dieu avait promis à leurs aïeux. Dans les commencements, ils furent libres et heureux sur cette terre étrangère, jouissant en paix d'une riche province où Pharaon les avait établis. Us devaient cette faveur à Joseph, l'un des enfants de Jacob, qui, par une suite d'événements tout extraordinaires, avait été vendu par ses frères à des marchands ismaélites, revendu par ceux-ci à un grand d'Egypte, mis aux fers sur une imputation calomnieuse, et enfin délivré de prison pour être préposé au gouvernement général de l'Egypte. Cependant la paix nécessaire à la première formation de ce peuple ne dura pas toujours; il s'éleva un roi qui ne connaissait pas les services rendus autrefois par Joseph, et que des préventions politiques rendirent ennemi des Juifs. Il essaya d'abord d'écraser le peuple sous des travaux excessifs ; il voulut ensuite que l'on mît à mort lous les enfants mâles au moment de leur naissance. Mais Dieu confondit ce prince barbare, dont la conduite ne contribua qu'à manifester d'une manière plus éclatante la toute-puissance divine, et à concilier un respect plus profond à la législation et au culte que la famille d'Abraham allait recevoir, comme nous le verrons dans la leçon suivante. Nous

^ VOCATION d'abraham 301

verrons aussi, en poursuivant nos études sur la providence divine, que ce peuple choisi de Dieu a servi au salut d'un grand nombre, en conservant au milieu des peuples les vraies traditions religieuses.

3Û2 mYéuaim MOSL/iiQ^B

Page 1