LEÇON XVIII
Miracles q^t ont préparé les Hébreux à recevoir la révélation mosalqae.
CE qu'il faut penser des miracles
Alors que s'exécutait, avec la plus grande rigueur, l'ordre barbare de faire mourir tous les enfants des Hébreux, Dieu prépara, dans l'un de ces enfants, le sauveur futur de son peuple. Un homme de la tribu de Lévi avait une fille appelée Marie et un fils nomnûiJi Aaron, quand fut publié l'édit du roi ; depuis, il lui vint un second fils, dont la naissance, accompagnée sans doute de circonstances extraordinaires, releva les espérances du père et de la mère. Après Ta voir gardé pendant trois mois, se voyant dans l'impossibilité de le soustraire plus longtemps aux recherches des satellites du roi, ils résolurent de le confier à la divine providence, en l'exposant sur les eaux du Nil. La mère prit donc une corbeille de joncs, qu'elle enduisit de bitume, y plaça l'enfant et l'exposa sur la rive du fleuve au milieu des roseaux ; Marie, la sœur aînée, veillait à quelque dislance pour voirce qui arriverait. Peu de moments après, la fille de Pharaon vit la corbeille flottant au milieu des roseaux, et, quand on la lui eut apportée, elle fut si touchée du sort de l'en-
^^ MISSION DE MOiSB PftOTTVSB PAR LES MIRACLES 303
' font qui s'y trouvait, qu'elle Toulut le sauver. Elle ^nna à ce petit enfant ie bloiq de Moise, qui signifie Sauvé des eaux; quand il fut grand, elle l'adopta pour ^on fils, et lui fit donner à la cour une instruction qui répondît à &^ desseins; rien ne dut lui être étranger <lans la science, dans l'étude des beaux-arts, dans la politique des Égyptiens.
Mo'ise pouvait mener une vie heureuse à la cour du roi : mais, touché d'un tendre amour pour son peu*pie, dont l'affliction était pour son cceur un sujet continuel d'amertume, il préféra partager les souifrances de ses frères; il sortit de la cour, et quelque temps après il quito la terre d'Egypte et se retira dans le pays de Madian. Il avait alors quarante ans. U passa (piarante autres années dans cette soUlude, attendant les moments marqués dans les secrets de Dieu pour ^^a réalisation des promesses faites à Abraham. L'histoire va nous apprendre par quels prodiges Dieu se manifesta à lui et délivra son peuple ; nous déduirons de ces faits la vraie notion du miracle; et il ne nous s&rsL pas difficile de voir dans une dernière réflexion comment on peut s'assurer de la réalité d'un miracle.
§ l, — DIEU APPARAIT A MOISE ET LUI DONNE LA MISSION DE DELIVRER LE PEUPLE HEBREU. FAITS MERVBIULBUX QUI PROU* VB9iT LA RÉALITÉ DE CETTE APPARITION.
Moïse se trouvait un jour au fond d'un désert, quand U fut témoin d'un phénomène qui fixa son attention : c'était un buisson qui lui paraissait tout en* flammé, et qui pourtant ne se consumait pas. A mesure qu'il s'avançait pour le voir de plus près, une voix se fait
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entendre et lui dit : Motge^ iCapprochê pas (Tici; été ta chaussure^ car le litu où tu es est une terre sain^,.. Je suù le Dieu de ton père, le Dieu (TAbrcAam^ (Tlsaac et de Jacob, J'ai vu r affliction de mon peuple qui est en Egypte; Je suis descendu pour le délivrer de ses oppresseurs et pour remmener dans une terre spacieuse et fertile j au pays des Ckananéens. Viens, et je f enverrai à Pharaony afin qtâe tu délivres mon peuple^ les enfants €t Israël*. Effrayé d'une pareille mission, Moïse demandait à Dieu qu'il la confiât à quelqu'un de plus capable ; mais Dieu lui ordonna d'obéir, consentant seulement à lui associer Aaron, son frère, qui devait porter la parole devant le prince des Égyptiens. En môme temps, il lui manifesta son nom adorable : Je suis Celui qui suis, dit le Seigneur, Fa, et dis à tes frères : Celui qui est m'a envoyé vers vous.
A la révélation de son nom, Dieu ajouta des prodiges ^ pour convaincre Moïse et le peuple entier de la réalité de la mission qu'il lui donnait.
Qui n'a pas entendu parler des plaies d'Egypte?... Le Seigneur avait déclaré à Moïse qu'il l'établissait le Dieu de Pharaon; il fut effectivement revêtu d'un pouvoir si extraordinaire, qu'on eût dit que toutes les lois de la nature étaient soumises à son commandement. A sa parole, l'eau des fleuves et des étangs est changée en sang ; la poussière, frappée d'un coup de verge, soulève une infinité d*insectes qui s'attache aux hommes et aux bêtes ; des nuées de mouches se répandent partout et obscurcissent l'air; la peste consume les animaux qui se trouvent dans les champs ; les hoin-
* Livre de TËxode, chap. m, 12 et suiv.