MISSION DE MOÏSB PROUVÉE PAR LES MIRACLES
peuple, et chanté par ceux mêmes qui venaient d'être 1^ témoins du prodige, en rappelle toutes les eirconstanees partieuiières, et il est impossible à un esprit raisonnable de ne pas voir dans cet événement l'un des miracles les plus extraordinaires que Dieu ait jamais opérés en faveur de son peuple ^
Quelques incrédules ont dit que Moïse avait côtoyé les rives de la mer, et s'était dirigé de l'Egypte vers les terres de Ohanaan; cela eût été fort simple. Mais alors on met dans le récit de Moïse un inconcevable mensonge, et il faut supposer qu'il parlait à un peuple imbécile, à qui il raconte ce passage comme un événement prodigieux. D'autres ont pensé qu'il s'était servi du reflux de la mer, qui laisse toujours un es-
^ Les travaux exécutés pour le percement de Tisthme de Suez ont ^, donné à M. de Lesseps, à M. Lecolntre, ingénieur, et à d'autres ^^rsonnes compétentes» l'occasion d' étudier le lieu du passage de la mer Rouge par le peuple hébreu. Us ont été unanimes à reconnaître que ce passage a dû s'effectuer dans les lacs amers qui, au temps de Moïse, faisaient partie de la mer Rouge, sous le nom 4^ golfe Héroopolite. Ils en ont été séparés depuis lors par des accidents qui ne sont pas connus, tels qu'ont pu être soit un grand tremblement dé terre, soit des atterrissements successifs produits par le dép6t des marées. La plaine de Phihahiroth, où les Hébreux vinrent, camper, correspond à la partie moyenne de ces lacs, lesquels n'ont à cet endroit qu'une largeur d'une douzaine de kilomètres. Quelque lente que puisse être la marche d'une multitude amenant avec elle un nombreux bétail, elle pouvait très-bien s'effectuer en une nuit, temps marqué par Moïse comme ayant été <ielui du passage. La profondeur des lacs, en cet endroit, est en moyenne d'une cinquantaine de pieds. Les eaux, en s'entrouvrant, fonaèreot comme deux muraiUes, bordant le ehemin suivi par les Hébreux. Dieu solidifia, en la desséchant, la vase qui remplit le^fond du lac ; elle reprit sa liquidité quand vinrent les Égyptiens ; les roues des chars et les chevaux furent précipités dans <;es aialmes, et les eaux submergèrent l'armée de Pharaon. — Voir les Hébreux dans le désert, par le docteur Constantin James, in-i8, an. 1872.
308 RÉVÉLATION MOSAIqUE
pace libre, et ceux-là n'ont pas fait attention que jamais, sur le littoral, le reflux ne laisse un espace suffisant pour faire passer une multitude d'hommes et d'animaux ; des caravanes de marchands pourraient tout au plu9 y passer. Les Égyptiens, qni ne devaient pas plus ignorer que Moïse le reflux de la mer, eussent été bien étourdis pour se jeter dans les flots, et les Hébreux qui, dans cette hypothèse, auraient passé entre les côtes et la mer, sur le sable abandonné par les eaux, auraient cru passer au milieu même des eaux, ils auraient chanté un cantique pour remercier Dieu d'un miracle qu'il n'aurait pas fait... Yoilà où mène l'esprit de système; vœlà comment raisonnent ceux qui ne veulent pas admettre de miracles.
Cependant des événements de cette nature, plus ou moins éclatants, se sont souvent reproduits depuis lors, nous verrons bientôt les prodiges opérés dans le 1 désert, le passage du Jourdain, tout aussi miraculeux que celui de la mer Rougé, et la chute des murailles de Jéricho. Plus tard, nous aurons à nous occuper des miracles de Notre -Seigneur et des Apôtres; puis donc que l'histoire de la Genèse nous a fait coniiaître les premiers prodiges que Dieu avait opérés pour manifester au monde ses volontés, et spécialement le déluge, la confusion des langues à Babel, les plaies d'Egypte, il importe de s'arrêter ici pour considérer comment les miracles entrent dans l'économie de la divine providence, l'idée que l'on doit se fermer de ces phénomènes, la certitude que l'on peut avoir des faits miraculeux.