ÉTUDE DE LÀ RELIGION
d'hommes doués d'une certaine exaltation, et ils con-* sidèrent les mystères admis dans les religions, les uns, comme de pures rêveries, les autres, comme de certaines façons d'exprimer des vérités que les peuples n'étaient pas encore en état de comprendre, et qu'il appartient à la philosophie de leur dévoiler. Ils rendent volontiers hommage au Christianisme pour le bien qu'il' a fait au monde en le guidant dans son enfance et en préparant les voies à la civilisation : aujourd'hui, disent-ils, sa mission est remplie, il a fait son temps ; à nous d'élever le monde à une plus haute perfection, en lui montrant la vérité toute pure.
Singulière prétention de l'orgueil I Ces hommes, si fiers de leur philosophie, vont donc à la recherche de la vérité, ils font des hypothèses, ils raisonnent, et ils ne.veulent pas examiner sérieusement le Christianisme pour voir si la vérité ne serait pas là... Mais, ou iK^ admettent les faits sur lesquels repose le Christianisme, ou ils ne les admettent pas; ou, enfin, sans les admettre ni les rejeter, ils ne croient pas devoir s'en occuper. S'ils les admettent, qu'ils disent pourquoi ils rejettent les conséquences que nous en déduisons ; s'ils ne les admettent pas, qu'ils disent d'après quelle règle de la critique ils sont parvenus à se persuader que ces faits ne sont pas des réalités historiques ; s'ils s'abstiennent de se prononcer et même d'examiner, nous leur demanderons si cette conduite est digne d'un homme sage. Car, enfin, de pareils faits, qui ont produit une si étonnante révolution dans le monde» sont assez graves pour mériter au moins l'examen. Que l'on ne s'imagine pas que la controverse religieuse