SA NECESSITE ET SA MÉTHODE
doive désormais être portée sur un terrain nouveau, qu'il ne s'agit plus maintenant de discuter les faits ou d'étudier les traditions, mais que tout doit se résoudre par la philosophie. Non ; dans ce siècle, comme dans ceux qui l'ont précédé, comme dans ceux qui le suivront, la question est et sera toujours de savoir si Dieu a parlé, si Jésus-Christ est Fils unique de Dieu ; s'il a établi une Église, s'il nous a imposé l'obligation d'obéir à cette Église ; la question se résout donc toute dans les faits, et la raison, le bon sens, veut que nous les considérions avant tout.
Mais ces faits sont-ils faciles à connaître, et la méthode indiquée est-elle également sûre et facile pour tout le monde ?
Nous ne dirons pas de tous les hommes sans exception qu'ilspouvent tout d'abord, sans aucune difficulté, s'élever par la considération des faits, à la connaissance de l'Église catholique. Il doit naturellement y avoir, sous ce rapport, une différence entre ceux qui sont nés, qui ont été élevés et instruits dans le sein de cette Église, et ceux qui ont vécu hors de sa communion, surtout s'ils ont reçu dans leur enfance des préventions contre son autorité et contre ses croyances. Il est néanmoins certain que la voie que la Providence a choisie pour conduire les hommes à la vérité est la plus simple, la plus adaptée à notre nature, celle qui demande le moins de travail, le moins de raisonnements, et qui amène le plus sûrement au but. Qui ne conviendra qu'il est plus facile de se rendre compte d'un petit nombre de faits, constatés par des traditions publiques, que de discuter en particulier les dogmes, les articles de morale et les observances pra-
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tiques dont se compose la religion? Que Ton donne à l'étude de ces faits et aux conséquences qui en ressdrtent Inattention que chacun apporte à Teramen d'une afiEaire vraiment importante pour sa fortune,, «t bientôt on aura surmonté les difficultés*
On ne dira pas, assurément, que nous demanctons trop à l'homme. « La religion est une chose si grande, « qu'il est juste que ceux qui ne voudraient pas prenne dre la peine de la chercher en soient privés. De quoi « se plaint-on si elle est telle, qu'on puisse la trouver <( en la cherchant ? Au lieu de se plaindre de ce que « Dieu soit caché, il faut lui rendre grâces de ee qu'il « s'est tant découvert.. Il a mis des marques sensi- « blés dans l'Église pour se faire connaître à ceux qui « la diercheraient sincèrement, et il les a couvertes « néanmoins de telle sorte, qu'il ne sera aperçu que « de ceux qui fei cherchent de tout leur cœur *. » '▼*
Dans l'étude de la ReUgion, tout se rapporte en déflnitive à ces trois articles : Dibu, Jésus-Ghbist et rÉôLisB ; celui qui est parvenu à connaître Dieu, la divinité du Christianisme et l'autorité de TÉ^se, n'a plus rien à chercher ; désormais il lui suffit d'écouter les enseignements de ses pasteurs. Or ces troisgrandes vérités sont faciles à connaître ; eUes sont à la portée de toutes les intelligences, car elles reposent sur un petit nombre de faits éclatants qui se rattachent à rhistôire du monde et sont transmis par tes tradiMosis invariables d'un grand nombre de peuples. Nous voyons dans la société les institutions chrétiennes ^i se font distinguer par leur pureté, par leur univeraa-
* Pên$èa de Pascal, Étude d« la reli^n.
j. SA MBOHHOTB ET SA MÉTBODB \9
lité, par le«r mfiiuenee sur tes nKBurs pabliques. Ces institutions ont une origine ; nous la trouvons en remontant d'ftge en âge en Jésus-Christ, fondateur du Christianisme. Les traits éclatants que l'histirire a oonsenrés de la vie de Meus-Christ ne nous permetteat pas de douter qu'il ne soit IMeu, et il nous assure Immôme qu'il n'est venu sur la terre que pour consommer l'œuvre annoncée dès le commencement (jku monde. Tout se tient dans la Religion : avant Jésus- Christ, nous voyons le sacerdoce d'Âaron ; avant le sacerdoce d'Aaron, le ministère des patriarches, et ceux-ci liennant à Torigine. Qui ne serait frappé de cette imposante succession de patriarches et de prophètes dont Jésus-Christ est venu accomidtr tes prédictions et développer les doctrines, pour les fixer enfin dans son Église, qui doit en être dépositaire ^jusqu'à la fin des siècles? « Si notre esprit natureUecc ment incertain^ dit Bossuet, et devenu, par ses a incertitudes, le jouet de ses propres raisonnements, « a besoin, dans les questions où il y va du salut, et d'être fixé et déterminé par quelque autorité oer- (( taine, quelle plus grande autorité que celte de Ffia glise catholique, qui réunit en elle-même toute l'au- (( tonte des siècles passés, et les anciennes traditions « du genre humain, jusqu'à sa première origine * i »
§ 3. DISPOSITIONS d'esprit ET DE CŒUR Qu'iL FAUT APPORTER
DANS l'Étude de la religion.
Cependant, hâtons-nous de le dire, quelque méthode que l'on suive dans l'étude de la Religion, et malgré
* Dkeoun tur l*biUoire WÊkotrêdU, II* part., cbap. auoLi.