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îapdSBibslhédes mûracles, se sonl eSoroés d'éluder les coDâéquenoes que Ton en tire en faveur de la religkm; ild ont prétendu que jaxuais les hoâuoes ne peu* ▼eiKt avoir une pleine certitude si dans tel et tel cas il s'est opéré un miracle. Un pareil système, inventé pour la défense d'une mauvaise cause, n'est pas soutenable.
Toutes les fois qu'il s'agit d'un miracle, deux questions se présentent : le fait a-t-il eu lieu? ce fait a-t-il été réellement opéré d'une manière contraire aux lois delà nature?
Le fait matériel se constate comme tout autre fait dont on aurait été témoin, ou que l'on apprendrait par la déposition de témoins oculaires. Il suffit, dans un cas, d'avoir des yeux pour voir; et dans l'autre cas . on applique les règles d'une critique judicieuse pour apprécier la sagesse et la véracité des témoins. Plus ^è fait est éclatant, plus il est lié k de graves événements, et rapporté par de nombreux témoins qui ne peuvent avoir eu d'intérêt à nous tromper, plus aussi il devient certain pour nous. U faut user d'une grande circonspection pour ne pas se laisser dominer par l'enthousiasme ni par l'amour du merveilleux; mais, après tout, la question étant restreinte au fait matériel, on n'a pas d'autres règles de critique pour le constater que celles que tout le monde applique aux faits ordinaires.
En supposant la certitude du fait, il reste à savoir si on peut l'attribuer aux causes naturelles ; c'est une question de sens commun. S'agit-il d'un miracle dans l'ordre spirituel, d'une prophétie, je suppose? On examine si révénement pouvait être prévu dans ses causes naturelles; si c'a été une conjecture hasardée plutôt
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qu'une prévision assurée ; si le fait prédit était tel, et accompagné de telles circonstances, qu'il serait tout à fait déraisonnable d'en attribuer Tévénement à une combinaison fortuite. Ainsi le déluge ne pouvait pas être prévu humainement.
S'agit-il d'un miracle dans l'ordre matériel? Comme c'est par l'expérience que l'on connaît le cours ordinaire de la nature, c'est aussi par l'observation, par l'expérience etpar lesens commun, quelon peut juger si un tel fait est ou n'est pas conforme aux lois qui régissent le monde.
Il n'est pas nécessaire de former une théorie absolue, de résoudre tous les cas possibles, de déterminer avec une rigoureuse précision le point où s'arrôte l'énergie de la nature etcelui où commence le surnaturel ; il suffit que les faits qui servent de preuves à la révélation soient tels qu'un esprit raisonnable ne puisse les^ expliquer autrement que par l'intervention immédiate de Dieu. Pour les apprécier sous ce point de vue, on les considère, soit en eux-mêmes, soit dans les circonstances où ils sont produits.
Sans connaître les diverses lois de la nature, chacun conçoit parfaitement que la résurrection d'un mort, le passage d'une armée à travers le lit d'un fleuve dont les eaux s'arrêtent etdemeurent suspendues jusqu'àce que tout le monde ait gagné la rive opposée, et tant d'autres prodiges rapportés dans les saintes Écritures, sont contraires à l'ordre général. Il en est d'autres qui, considérés en eux-mêmes, ne seraient point impossibles, et qui le sont à raison de circonstances particulières; nous entendons toujours une impossibilité relative aux forces humaines ou à l'ordre général.
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Bornons-nous à un petit nombre d'exemples : iln'est pas absolument impossible qu'un pays soit couvert d'épaisses ténèbres^ ravagé par la grêle, par les sauterelles, par des nuées d'autres insectes; il n'est pas impossible que tous les enfants premiers-nés d'une ville ou d'un peuple meurent dans une même nuit... Mais serait-il naturel qu'à la seule parole d'un homme, et quand rien ne fait présager de pareils événements, ces calamités viennent subitement affliger une nation, qu'elles soient suspendues et qu'elles cessent à la pa rôle de ce même homme? Il jette de la poussière au vent, et aussitôt la peste et d'affreux ulcères se manifestent sur un très-grand nombre d'individus; il lève les mains au ciel, et le fléau disparait; tout arrive conformément à ce qu'il annonce, et il fait tout cela
^^pour prouver que Dieu est l'auteur de sa mission.
'^Comment ne pas voir dans ces événements une action immédiate de Dieu?... Il faudrait faire violence à notre nature, il faudrait ne pas tenir compte de la Providence.
Si Dieu veille sur les choses humaines, peut-il permettre un pareil concours de circonstances qui jetteraient les hommes dans une erreur invincible en matière de Religion, alors même que ces hommes ne désirent et ne se proposent autre chose que de se conformer à sa volonté ? Les hommes, en effets sont portés, et par l'instinct de leur nature, et par l'idée qu'ils ont de la sagesse divine, à considérer les miracles comme le signe dont Dieu se sert quand il veut manifester sa présence et donner à une doctrine prêchée en son nom le sceau de son infaillible autorité : la suite même des événements prouvera cette
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incKnatiiH). Boue Dieu se doit à lui-m6Hie de veiller à ce qu'elle ne soit pas pour nous l'occasion d'une erreur.
Ces ohservatiims sur lee mùracles nous dispensent d'examiner la question, qui doit se reproduire ail* leurs, si les démons peuvent faire des miracles. Les philosophes ne se sont pas occupés du pouvoir des anges relativement aux miracles. Les incrédules n'admettent pas l'existence de ces purs esprits ; ceux qui les admettent n'ont jamais supposé qu'il fallût leur attribuer les miracles du Christianisme. Il nous a paru d'autant plus inutile de nous arrêter sur cet article, que l'idée de la Providence que nous venons d'invoquer écarte toute difficulté sérieuse; si les démons peuvent opérer des prodiges, nécessairement leur pouvoir est limité, il est dépendant de Dieu, subordonné par conséquent, dans son exercice, à la volonté toujours sage et souveraine de Dieu. Donc Dieu ne permettra pas que ces esprits séducteurs usent de leurs facultés naturelles pour tromper les hommes; ou, s'il le permet, ce sera dans des circonstances telles, qu'il sera toujours possible aux hommes de discerner l'erreur de la vérité, l'action de Dieu de celle des dé* mons.
L'histoire des plaies de l'Egypte nous donne un exemple remarquable de cette providence. Quand Moïse s'annonça au roi d'Egypte comme l'envoyé du Très-Haut et qu'il opéra des prodiges, les magiciens firent d'abord quelque chose de semblable ; ils firent paraître des serpents à la place de leurs baguettes, ils parvinrent à colorer une certaine quantité d'eau, de manière qu'elle ressemblât à du sang. Était- ce un
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ces tours d'adresse familiers smx prestidigitateurs, ou bien doit^on j reconnattf e un fait de magie produit par riulerveution du démon ? Il est inutile d'examiner cette question. Toujours est-il que, même dans ees faits, il j eut une telle supériorité du côté de Moïse, que les ms^ciens furent forcés de reconnaître que Dieu était pour lui. Us s'écrièrent : Le doigt de Dieu est là, et ils se virent ensuite dans l'impuissance la plus absolue d'imiter les prodiges nouveaux et plus extraordinaires que Moïse opéra. Voilà comment Dieu, tout en permettant, dans certaines circonstances, que des hommes pervers ou des anges séducteurs opèrent des prestiges, ne souffrira jamais que les hommes de bonne foi soient entraînés dans l'erreur; toujours il leur donnera le moyen de discerner son œuvre.
^ Il serait donc peu raisonnable de rejeter systématiquement tous les miracles, sous prétexte que des hommes habiles ou les démons peuvent contrefaire les vrais miracles; ou qu'à raison de l'ignorance où nous sommes des lois naturelles, il est impossible de discerner les vrais miracles de certains phénomènes purement naturels. Jamais le faux n'imite parfaitement le vrai, précisément parce qu'il n'est pas le vrai, ^t que celui-ci a des caractères qui lui sont propres ; les vrais miracles se discerneront ordinairement des faux par eux-mêmes, par la différence qui existe entre ces œuvres éclatantes qui manifestement sont impossibles à la créature, et certains effets surprenants dont on peut ne pas bien démôler la cause, mais ^ui n'ont pas ce caractère surnaturel. Si, sous ce point de vue, la différence n'est pas assez nettement
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marquée, elle ressortira des circonstances qui précè> dent, qui accompagnent, ou qui suivent le prodige : circonstances qui se rencontrent dans toutes les œuvres que Dieu a faites pour favoriser l'établissement de la religion, et qui nous sont rapportées par les écrivains inspirés de l'Ancien et du Nouveau Testament.