‹ Cours d'instruction réligieuse, ou, Exposition complète de la doctrine catholiqueChapitre 72 sur 90 · LOI DONNEE AU PEUPLE HÉBREU · texte numérisé non relu

LOI DONNEE AU PEUPLE HÉBREU

se rapporte toute la loi naturelle, le Seigneuf donna aux Hébreux une loi particulière, dont toutes les dispositions tendaient à réaliser les desseins quMl arait sur son peuple.

Cette loi réglait avant tout ce qui concerne le culte de Dieu, la forme du sanetuaire, le sacerdoce fixé dans la tribu de Léri, les fêtes, les cérémonies religieuses.

Pour imprimer dans les esprits le dogme de l'unité de Dieu, le culte se rapportait à lui seul, et, quoique la croyance des anges fût bien établie dans le peuple, comme on Ta vu plus haut, et qu'on eût une profonde vénération pour les patriarches, surtout pour Abraham, Isaac et Jacob, cependant ni les anges ni les saints n'étaient l'objet du culte public; on n'exposa jamais leurs images à la vénération des hommes ; j&li^raais on ne vit d*autel s'élever à leur honneur; jamais non plus des supplications ne leur furent adressées dans l'assemblée des fidèles.

La partie la plus essentielle du culte est le sacrifice offert à Dieu, pour reconutaltre son domaine souve^rain sur les créatures. L'appareil de ces sacrifices selon les prescriptions de la loi mosaïque annonçait au peuple la grandeur de Dieu et son infinie sainteté» Dieu ne se borna pas à éloigner de cet acte auguste de la religion les rites cruels, bigarres ou infâmes qui étaient si ordinaires dans le culte des fausses divinités, et que nous rougirions de retracer ici, mais il voulut qtie tout inspirât le respect, que tout f&t décent, grave et propre à élever l'âme à de saintes pensées.

Les pratiques religieuses et les fêtes rappelaient

aux Juifs l'histoire de leurs pères et les bienfaits de ' Dieu. Tout enfant mâle lui était consacré, huit jours après sa naissance, par un cérémonie particulière^ qui avait été prescrite à Abraham, en signe de Talliance que Dieu avait contractée avec lui et sa postérité. Quarante jours après sa naissance, le premierné était offert à Dieu, et les parents devaient le racheter en lui substituant une victime, en souvenir de la mort des premiers-nés d'Egypte, que Dieu avait frappés dans une même nuit, tandis qull avait conservé les enfants de son peuple. La rédemption du peuple entier, que Dieu opéra en le retirant miraculeusement de la servitude, était l'objet d'une fête solennelle à laquelle tout le monde prenait part : c'était la fête de Pâques. Dans chaque famille, on mangeait l'agneau pascal, avec des cérémonies commémora* tives de la sortie d'Egypte. ^

La fête de la Pentecôte, célébrée cinquante jours après Pâques, devait perpétuer le souvenir de la promulgation de la loi sur le mont Sinaï ; c'était ensuite la fête des tabernacles, que les Hébreux célébraient en demeurant sept jours sous des tentes, et en offrant plusieurs sacrifices, en mémoire du temps que leurs pères avaient passé dans le désert, avant d'être introduits dans la terre promise.

Indépendamment de ces fêtes, qui étaient plus propres que des monuments de marbre et d'airain à transmettre. la mémoire des faits, on devait encore consacrer à Dieu un jour sur sept, pour célébrer la création du monde. Ce jour-là, tout travail était suspendu à la ville et aux diamps, en mémoire du repos mystérieux que Dieu prit en lui-même, quand, après

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avoir achevé son œuvre en six jours, il la bénît, selon le récit de la Genèse. Par là, le dogme de la création, oublié ou profondément altéré partout ailleurs, fut constamment connu dans la famille d'Abraham ; et, alors que les peuples divers ne savaient que penser de l'origine des choses, que les savants disputaient sur i'éternité de la matière, l'enfant juif entendait redire chaque semaine à ses père et mère que Dieu avait créé le monde et tiré du néant tout ce qui existe.

Nous ne donnons ici qu'une idée fort incomplète des prescriptions sur le culte divin ; la législation mosaïque comprenait, de plus, toute une économie d'ordre social, sous le gouvernement de Dieu. Depuis le départ de rÉgypte jusqu'à son entrée dans la terre promise, le peuple fut conduit, tantôt par une nuée ^lumineuse qui lui traçait la route, tantôt par des apparitions de la majesté divine, et Moïse ne devait être •considéré que comme l'organe ou le lieutenant de Dieu. Josué et les Juges, qui vinrent après, n'eurent pas une autre autorité ; leur ministère, sans nul ordre de succession, était une preuve manifeste que Dieu seul était le chef immédiat des douze tribus. Quand, dans la suite, les Juifs demandèrent un roi. le système du gouvernement ne changea pas; car c'est Dieu luimême qui, à la prière du peuple, institua la royauté; il fit sacrer les rois par la main des prophètes, et ces rois surent, par de terribles expériences, combien rigoureuse était l'obligation de ne commander aux peuples que selon les vues de Dieu qu'ils représentaient visiblement: Leur titre de roi les préposait à l'administration civile et au gouvernement des armées ; «ans leur conférer la puissance législative. La loi COURS d'instr. I. 19

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doûûé& sur le mo&t Sintï a^Yaii tout réglé, et jusqu'à la fm de la société, rieû ne devait y être ajouté m changé.

Quand nous avons bien conçu l'idée do ce système politique et religieux qui constituait une vraie théocratie, nous sommes moins surpris de la sévérité des lois mosaïques contre le crime de Tidolàtrie et contre certains désordres de mœurs. A une époque ou le polythéisme avait rempli le monde d'une foule de divi^ nitéd impures ou cruelles, où la religion de la plupart des peuples consacrait les pratiques les plus infâmes, il n'est sans doute pas surprenant qu'un sage législateur ait pris des mesures rigoureuses pour préserver son peuple de ces déplorables excès. Mais de plus, et c'est une observatioji très-importante qu'il ne fautpaa oublier, comme Di^u était le Seigneur temporel da . peuple hébreu, tout acte idolâtriqué, toute superstition qui tendait à introduire dans l'État les pratiques immorales par lesquelles les nations honoraient lettre fausses divinités, était un crime de lèse-majesté, qiai ne tendait à rien moins qu'à bouleverser la nation tqut entière; il fallait, ou que le coupable expiât son crime sous l'action vengeresse des lois, ou cpie la nation se vît exposée aux plus* grandes calamités*..

Au surplus, cette sévérité inspirait aux Hébreux un éloignement plus grand pour les superstitions et le& dissolutions des païens, sans les constituer, comme on l'a dit quelquefois, les eimemis des autres peuples. Ils devaient abhorrer dans ces peuples des crimes que la législation de Moiïse flétrissait comme des abominations et soumettait à des peines effrayantes ; ils devaient même avoir du mépris pour le culte des étran-

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gers écftkt la réyélation leur montrait les abdurdilés-,. mais, après tout, ils n'étaient pomt chargés de détruire ce culte, et, hors le cas où ils en avaient reçu Tordre de Dieu, on ne les vit jamais entreprendre» de guerre contre les nations roisines, sous le seul prétexte de la diversité de religion; jamais, non plus, la loi ne les autorisa à forcer les étrangers qui demeuraient au miUeu d'eux, de se conformer aux rites que Diea leur avait donnés. Cette loi était même remplie de dispositions très*sages pour faire respecter l'étranger et pour tempérer les droits de guerre avec les ennemis, droits si extrêmes dans les temps anciens et dont l'histoire des peuples les plus civilisés nous a laissé d'épouvantables tableaux.

Si la guerre d'exterminaticm que le peuple hébreu fit aux Chananéens semble contredire ce que nom '^avoiiis avancé sur le caractère de la religion mosaïque, il ne faut pas oublier que les Hébreux n'entreprirent pas d'eux-mêmes cette guerre, et que Dieu avait voué les Chananéens à l'anathème pour les punir de leurs débauches et des sacrifices humains qu'ils offraient à leurs divinités. Dieu, arbitre souverain des peuples^ avait détruit autrefois les villes de Gomorrhe et de Sodome par le feu du ciel; il pouvait détruire aussi les peuples de Ghanaan, non moins coupables que ne l'avaient été ces villes ; et se servir pour cela des Hébreux, devenus sous sa main l'instrument de sa justice*. Les circonstances extraordinaires et vraiment

1 Depuis plas de quatre cents u». Dieu supportait les iniquités de ces peuples, bien qu'il prévît qu'^u lieu ée se convertir ils n'en deviendraient que plus mauvais. H avait dit à Abraham : Vous irez en paix à vos pères et vous mourrez dans une heureuse

miraculeuses qui aceompagaèrent ces terribles exécutions : les murs de Jéricho renversés au son des trompettes, les pluies de pierres qui écrasaient Tennemi que poursuivait Josué, montrèrent bien que, dans ces actes, intervenait la puissance souveraine de Dieu*.

Dieu seul était donc le prince et le législateur de son peuple. Lui, de qui relèvent les empires et à qui appartient le monde, voulait que Ton considérât les Juifs comme son peuple spécial, et qu'on lui fit hommage de la Judée comme de son domaine, par Toblation des prémices. Heureux gouvernement où tout ramenait la pensée à Dieu, où la religion pénétrait dans tous les actes de la vie civile!

Bornons à ce court exposé ce que nous devions dire sur la législation donnée au peuple hébreu. Considérée à l'époque où elle fut promulguée, et mise en pa*** rallèle avec les lois et les constitutions des autres peuples de ce temps, elle présente un phénomène bien

vieillesse ; mais vos descendants retourneront dans ce pays-ci (la terre de Chanaan) après la quatrième génération, parée que la meiure des iniquilég n'est point encore remplie jusqu'à présent (Genèse, ch. XV, 16). Dieu laissait donc à ces peuples le temps de faire pénitence, et il ne voulait les perdre pour donner leurs terres à la postérité d'Abraham, que quand ils auraient mis le comble à leurs désordres. Les Hébreux n'ignoraient pas les desseins de Dieu; ils en furent souvent avertis, et, au moment où ils devaient être les instruments de la justice divine, il leur fut dit: « Quand « le Seigneur votre Dieu aura exterminé devant vous les nations « dont vous allez posséder le pays, prenez bien garde d'imiter « leurs mœurs... Elles ont fait, pour honorer leurs dieux, toutes « les abominations que le Seigneur a en horreur, en offrant en « sacrifice leurs fils et leurs filles, qu'elles brûlaient dans le (c feu, » etc. (Deutéron., ch. xii.) * Josué, VI, 10.

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