III. Deux sortes de personnes pèchent contre l'es
1 Lettre ozxz* de saint Augustin ; exposition du psaume xxxvn, nM4.
de l'espérance 69
t pérance chrétienne : celles qui, par une orgueilleuse présomption dans leur propre vertu, négligent de recourir à Dieu, et celles qui, par défiance des miséricordes de Dieu, tombent dans le découragement ou murmurent contre la Providence.
Les premières ne se reposent sur elles-mêmes que par rillusion où elles sont au sujet de leurs forces présumées. Si elles se connaissaient bien, si elles pénétraient plus avant dans leur conscience, elles ne tarderaient pas à comprendre le besoin continuel et extrême que nous avons de Dieu, elles comprendraient en même temps la doctrine de l'Église sur la nécessité delà grâce; car, enfin, que sommes-nous par nousmême en dehors de Dieu? Rien. Que pouvons-nous sans lui? Absolument rien. Tout ce que nous sommes, tout ce que nous avons, tout ce que nous pouvons espérer de bon, ne vient et ne peut venir que de lui
useul, et c'est une extrême folie de compter sur tout
Vautre que lui.
C'est un autre genre de présomption, ordinairement moins coupable, toujours dangereuse cependant, de tellement compter sur la bonté de Dieu, qu'on néglige la prière, que Ton se met dans des occasions périlleuses, ou que Ton diffère à une époque plus ou moihs reculée de la vie l'œuvre de sa conversion. Compter ainsi sur la miséricorde de Dieu, c'est faire injure à sa sagesse et méconnaître l'ordre de sa providence. Évidemment, en nous donnant l'espérance, il n'a pas voulu favoriser Je relâchement des mœurs, la violation des lois, la négligence des devoirs ; il y aurait de la folie à le croire. Il nous promet son secours, et sa promesse ne faillira pas, mais à condition que
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nous ne négligerons rien de notre côté, que nous veillerons sur (nous-mêmes, et que nous nous applique* rons sérieusement à l'œuvre de notre salut.
Elles tombent dans un autre excès les personnes qui murmurent contre la Providence à cause des maux qu'elles souffrent, ou qui désespèrent do leur salut à cause des tentations qu'elles éprouvent. Quand ces murmures vont jusqu'à accuser la conduite de Dieu d'injustice; quand ces découragements vont jusqu'à l'abandon de la prière et des exercices essentiels de la vie chrétienne, la faute est très-grave : elle détruit la vertu d'espérance et jette l'âme dans un abîme de maux, car rien ne lui cause plus de préjudice que le désespoir.