‹ Cours d'instruction réligieuse, ou, Exposition complète de la doctrineChapitre 17 sur 82 · LEÇON VII · texte numérisé non relu

LEÇON VII

Deuxième commandement. — Le Tœn et le serment.

Le premier devoir, le devoir le plus essentiel de la religion est d'adorer Dieu, pour reconnaître ses grandeurs infinies, son domaine suprême sur toutes les fy créatures, et la dépendance où nous devons être à son égard. La religion demande encore, et par le même principe, que nous ayons un très-profond respect pour le saint nom de Dieu; que nous accomplissions dès lors avec une religieuse fidélité les vœux que nous lui avons faits, les obligations que nous avons mises, eu les contractant, sous la protection de son nom ; que nous ne fassions jamais intervenir ce nom adorable dans nos discours pour assurer la vérité d'un fait, pour garantir notre fidélité à remplir un engagement, si nous ne sommes pas certains de ce fait, si nous ne sommes pas dans une disposition sincère de tenir ces promesses consacrées par l'invocation du nom de Dieu. Voilà ce que prescrit le second commandement du Décalogue : Tu ne prendras pas bn vain lk nom du Shwto&tqnPibv,

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§ 1. — UB VŒU. — CB QUE C'EST ; OBLIGATION D'ACCOMPLIR LES VŒUX QUE L'ON A FAITS. — DISPENSE DES VŒUX, QUI PEUT L'ACCORDER.

I. Le vœu est une promesse faite à Dieu, avec intention de s'obliger en conscience. Ainsi, pour en donner un exemple, on peut s'engager en vue de Dieu, et pour lui plaire, à faire des aumônes, à visiter une église, à souffrir certaines privations. Il est rapporté dans le livre de la Genèse que Jacob fit un vœu à Dieu, après la vision qu'il avait eue dans un songe. Il partait alors pour la Mésopotamie, et Dieu l'avait consolé en lui montrant les Anges qui veillaient sur lui, et en lui renouvelant les anciennes promesses faites à ses pères Abraham et Isaac. Jacob, touché de ces marques de la bonté de Dieu, fit cette promesse : « Si le Sei- 4 « gneur est avec moi, qu'il me conserve dans mon « voyage et me ramène heureusement à la maison de * mon père, le Seigneur sera mon Dieu, et je lui offri- « rai la dixième partie de tous les biens qu'il m'aura « donnés. » L'histoire sainte nous a laissé de nombreux exemples de semblables promesses faites à Dieu. Disons en peu de mots le vrai caractère de ces vœux et l'obligation qu'ils imposent.

Le voeu n'est pas simplement un dessein ou une résolution de faire tel acte, mais c'est une obligation que Ton contracte, et en vertu de laquelle ons'ôte la liberté morale de pouvoir faire autrement. Il faut* par conséquent, pour un véritable vœu, l'intention de s'obliger en conscience. Celui qui, dans un mouvefltëflt de ferveur, fait à Dieu une promesse, et qui dotrtten-

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sait» iH ôstlié par un m, doit chercher la solution de son doute dans la souvenir des dispositions où il se trouvait au moment où il a fbrtbé sa résolution» 61 son intention était de s'engager de manière qu'il ne pût manquer à sa promesse sans commettre un péché, il a fait véritablement un vœu.

Il y a autant d'espèea&de vœux qu'il y a de maniérée de s'engager aveo Dieu» La tobu est pertowxl ou réel, selon que son objet est une action à faire ou une chose è donner. La vœu de Jaeob était tout à la foie personnel et réel : il était personnel, puisque ce patriarche promettait à Dieu de le servir toute sa vie avec une plu» grande fidélité; de plus, ce voeu était réel, puisque Jacob s'engageait à consacrer à Dieu la dime de tous ses biens. L'obligation d'un vœu personnel n'atteint que l'individu qui a voué; il n'en est pas de même du vœu réel. La vertu de religion demande que, si celui qui a promis à Dieu un objet meurt avant d'avoir accompli son mu, les héritiers remplissent eux-mêmes, autant qu'ils le peuvent, les intentions du défunt : c'est utia dette sacrée de| la succession.

Le vœu est absolu ou conditionnel, selon qu'on le fait sans aucune condition* ou qu'on la fait dépendre de tel événement. C'est ainsi qde tous pouvez promettre à Dieu de faire une aumône pour obtenir la guérisob d'un malade, ou bien promettre que vous fferest une aumône si ce malade relève de «a maladie. Dansée dernier cas, le vœu ne devient obligatoire qu'après laguérisoa du malade. Le vœu conditionnel est moins parfait que le vœu absolu; il doit être de* lors moins agréable & Dieu, quoiqu'il soit cependant bon et méritoire.

De tous les vœux que l'on peut faire, le plus étendu et le plus parfait est celui de la vie religieuse, par lequel le fidèle voue à Dieu son corps par la chasteté, sa volonté par l'obéissance à des supérieurs, ses biens temporels et l'espérance même d'en acquérir, par une pauvreté volontaire. Ce vœu est un vrai sacrifice de tout soi-même à la gloire et à l'amour de Dieu.

II. Quel que soit le vœu que l'on a fait à Dieu, il faut l'observer avec une religieuse fidélité. « Quand a vous aurez fait un vœu, dit le Saint-Esprit, vous ne « tarderez pas à l'accomplir, parce que le Seigneur « votre Dieu l'exigera de vous ; et, si vous mettez du « retard à vous acquitter, vous serez coupable dece vant lui. Si vous ne voulez pas faire un vœu, vous « serez sans péché ; mais, si vous vous engagez envers j a Dieu, vous devez accomplir fidèlement ce que vous , « lui avez promis... Il vaut beaucoup mieux ne pas 4 « faire de vœu que de ne pas remplir les promesses l a que l'on a faites \ » Le vœu est assurément un acte de religion très-agréable à Dieu. Ce que l'on fait en vertu d'un pareil engagement est, toutes choses égales d'ailleurs, plus méritoire à ses yeux, parce qu'il y & dans le vœu une volonté plus généreuse, plus spontanée, un désir plus grand de se dévouer à la gloire de Dieu ; on a voulu, par amour pour lui, s'ôter jusqu'à la liberté que l'on avait de ne pas faire telle œuvre que l'on sait devoir lui plaire. Mais aussi quel défaut de respect pour le saint nom de Dieu, si par légèreté, par inconstance ou pour toute autre cause, on néglige, ou si l'on refuse d'accomplir ce qu'on lui a promis 1 C'est

• Deutéronome, xxm, 21 j Eccl&iaste, v f 4,

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