‹ Cours d'instruction réligieuse, ou, Exposition complète de la doctrineChapitre 18 sur 82 · LE VŒU *T LE SERMENT · texte numérisé non relu

LE VŒU *T LE SERMENT

une véritable infidélité, qui nous rend gravement coupables, toutes les fois que la matière de notre vœu est considérable.

Il en est autrement si, par suite des circonstances, l'exécution du vœu nous est devenue impossible ; ou encore, si qous sommes relevés de notre obligation par une autorité légitime.

Celui qui a promis une aumône pour les pauvres et qui se trouve ensuite dans un état d'indigence qui lui rend cette aumône moralement impossible est dégagé de son vœu. Il en est de même de celui qui s'est engagé à faire un pèlerinage à un lieu de dévotion, et qui tombe dans une maladie qui ne lui permet pas de sortir. Il y a pourtant ici des illusions à craindre : plusieurs sont tentés de prendre pour des impossibilités morales de simples difficultés qu'ils rencontrent, des embarras qu'ils n'avaient pas prévus, embarras qui rendent l'accomplissement du vœu plus onéreux qu'ils ne l'auraient pensé, sans pourtant les dégager de leur obligation. Qui décidera si les changements survenus sont tels, qu'ils constituent une véritable impossibilité, ou si le vœu s'étend à tel cas non prévu? Question fort délicate, que l'on ne peut résoudre que par une sage appréciation de l'intention personnelle de l'individu et des inconvénients auxquels son vœu l'expose. Il faut examiner l'un et l'autre de bonne foi, consulter au besoin un directeur : s'il reste un doute sérieux, si même, malgré les difficultés survenues, on pense que le vœu subsiste, on peut avoir recours aux supérieurs ecclésiastiques, qui verront s'il j a lieu à une dispense ou s'ils doivent faire une commutation du vœu.

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III. L'Église peut effectivement dispenser d'où vœu; elle peut à plus forte raison le commuer, en substi* tuant une autre œuvre à celle que l'on avait promise à Dieu* Elle a reçu cette puissance de Notre-Seigneur qui a dit aux Apôtres s Tout <* qm vous délient sur la tort $era délié dam k ciel. Ces paroles, prisée dans leur sens naturel, et suivant l'interprétation qu'elles ont eue dans tous les temps, autorisent les premiers pasteurs à délier les fidèles des liens spirituels, quand ils jugent convenable de le faire, en se conformant dans l'usage de ce pouvoir aux maximes de l'Évangile. Ce n'est pas un pouvoir arbitraire; comme l'obligation du vœu est de droit divin, le supérieur ecclésiastique ne peut valablement en dispenser que pour des raisons graves. Comment, sans de pareils motift, espérerait-on que Dieu ratifie dans le ciel la sentence portée en son nom sur la terre? U importe donc beaucoup que ceux qui recourent à l'Église, pour 4 obtenir une dispense, fassent un exposé sincère des raisons qui peuvent motiver la dispense; car, s'ils trompaient le supérieur, leur conscience demeurerait chargée devant Dieu.

Jl n'y a que le Pape et les évoques, et ceux qui sont autorisés par ces premiers pasteurs, qui aient droit d'accorder une dispense ou une commutation des vœux. Le droit du Pape s'étend à toute sorte de vœux et n'a d'autres limites que celles de la loi divine ; les vœux solennels que Ton fait dans certains ordres religieux lui sont exclusivement réservés, ainsi que le vœu absolu et perpétuel de chasteté, et quelques autres qu'il est inutile d'énumérer ici. Les évoques peuvent dispenser leurs diocésains de tous les vœux

LS TOBO BT lit S1BMBNT 143

qui ne Sont pat réserrés au Pape. Les curés et les confesseurs n'ont aucun droit, à raison de leur titre, de dispenser des vœux, mais ils peuvent recevoir du Pape ou de leur évêque la faculté d'en dispenser, et dans ce cas ils doivent se tenir dans les limites de la concession qui leur est faite.

Quoique les supérieurs ecclésiastiques aient seuls une juridiction spirituelle pour dispenser des vœux, il y a d'autres personnes qui peuvent les annuler ou en suspendre l'obligation, à raison de l'autorité qu'elles ont sur la matière même du vœu, ou sur la .personne qui l'a fait. Deux exemples expliqueront suffisamment notre pensée.

Ceux qui vivent sous Impuissance d'autrui, tels que les enfants mineurs, les femmes mariées, les servi* teurs, ne peuvent pas exécuter des vœux qui préjudicient aux droits de la personne dé qui ils dépendent, % s'ils n'ont obtenu son assentiment ; car Dieu veut que * tous les droits et toutes les obligations légitimes soient respectés. Ainsi le fils mineur, devant vivre sous l'autorité de son père, ne peut pas aller en pèlerinage en Espagne, en Italie ou ailleurs, si son père n'y consent pas ; tant qu'il n'a pas la libre administration de sa fortune, il ne peut pas s'engager, non plus, à faire des aumônes sans l'agrément de son père ou de son tuteur. L'épouse ne doit pas moins se conformer aux volontés de son époux en ce qui tient aux devoirs de la famille. Le serviteur doit respecter les obligations qu'U a contractées envers son maure. Donc, si le père, si le mari, si le maître refuse d'approuvé^ des vœux que Ton ne peut faire qu'avec son agrément, ces vœux oessent d'être obligatoires; l'obligation ne sera quwuapt»***

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gi elle a été contractée non-seulement pour le temps présent, mais aussi pour un temps à Tenir où Ton ne sera plus sous la puissance cT autrui.

Concluons que, s'il est très-avantageux dans certaines circonstances de nous lier par des vœux, il est aussi de la prudence chrétienne de ne pas nous engager de la sorte sans y avoir bien pensé, et sans avoir consulté le directeur de notre conscience.

§ 2. — lk serment; ses analogies avec le vœu.

I. Le serment est une invocation expresse ou tacite du saint nom de Dieu, en témoignage de la sincérité de la parole que Ton dit, ou d'une promesse que Ton fait

Dans tous les temps et parmi tous les peuples, civilisés ou barbares, on a vu les hommes invoquer Dieu comme témoin de la sincérité de leur parole et del leur fidélité dans l'accomplissement d'une promesse. L'histoire des patriarches en offre de nombreux exemples. Dieu, pour donner à nos pères une assurance plus grande de la réalisation de ses promesses, a juré par lui-même, parce qu'il ne peut y avoir sur la terre ni dans le ciel un nom plus grand. Abraham, Isaac, Jacob, ont juré par ce nom vénérable. Vous craindrez le Seigneur votre Dieu, dit la sainte Écriture, et vous jurerez par son nor^ *.

La raison de cette coutume universelle se trouve dans ta nécessité où sont quelquefois les hommes de donner une garantie 4e la sincérité de leur parole.

. 1 Dentéronome, vi, is.

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