VBRTU DE RELIGION : MAGIE
qui exercent les pratiques abominables de la magie; elle a dans le clergé un ordre d'exorcistes pourchasser les démons^ Se serait-elle trompée, et aurait-elle fait d'une supposition fausse le fondement de sa discipline sur un point d'une aussi haute gravité?... Il ne nous est pas permis de le croire. De t plus, quand même le seul respect que nous avons pour l'Église ne nous interdirait pas une telle pensée, l'histoire prononcerait en sa faveur. Oui, l'histoire la plus incontestable nous prouve que la magie n'est pas une de ces idées superstitieuses qui n'ont d'existence que dans l'imagination des peuples, mais que c'est une réalité. Voyez dans la Bible les prodiges opérés par les magiciens d'Egypte, et tout ce que Moïse rapporte des mœurs des nations païennes,
IL II est évident que ceux qui invoquent le démon pour en obtenir une connaissance, ou un secours quelconque, pèchent très-gravement. Tout rapport de cette nature avec l'ennemi de Dieu et le nôtre est un acte d'infidélité; c'est se tourner contre Dieu que de s'unir à la société du démon. Or nous devons considérer comme coupables de ce crime, non-seulement ceux qui ont la volonté directe d'invoquer le démon, mais ceux encore qui attendent avec certitude de l'emploi de certaines pratiques un effet extraordinaire qui dépasse les forces naturelles, comme s'ils prétendent obtenir laguérison d'une maladie, sans l'emploi d'aucun remède, au moyen de quelques signes ou de quelques paroles. Les hommes qui ont recours à de pareilles pratiques, ne voyant aucun rapport naturel entre ces moyens et le but qu'ils veulent atteindre, ne peuvent espérer ce résultat que de l'intervention d'une puisera» d'instr. m. DigitlZ e dby Goo^fe
sance surnaturelle ; si ce n'est pas de Dieu et des saints anges, ce ne peut être que du démon. Nous savons par l'aveu que des coupables en ont fait, et par les abominables formules qu'ils ont employées dans leurs invocations, que ce crime a été souvent commis.
On «'est plaint de la sévérité des lois canoniques et civiles portées autrefois contre les magiciens, et Ton a dit que, dans l'ignorance où on était alors des véritables lois de la nature, on poursuivait avec une aveugle rigueur des pratiques très-innocentes dans lesquelles on supposait, à tort, l'intervention du démon. Mais s'il est constaté, par des preuves juridiques, que plusieurs de ceux que Ton a poursuivis avaient effectivement l'intention avouée d'invoquer le démon, et que, par suite de ce dérèglement du cœur, ils se sont fréquemment livrés à d'énormes excès contre les bonnes mœurs , ne doit-on pas conclure qu'il n'y a rien dans cette discipline que l'on soit en droit de blâmer?
La conclusion à tirer de tout ceci est que nous offenserions Dieu, si, par une curiosité indiscrète, nous voulions découvrir des secrets que sa providence nous cache, en recourant pour cet effet à des pratiquas superstitieuses. Le plus souvent, nous serions le jouet et la victime de quelques misérables imposteurs, qui nous tromperaient par leurs supercheries. Ces révélations prétendues de secrets ne sont ordinairement que <les déceptions; mais il se pourrait faire, Dieu le permettant pour nous punir, que le démon intervînt et nous fît tomber dans de très-dangereuses illusions, par suite de cette recherche inconsidérée de l'avenir.
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VERTU DE RBUÔÏ9N : WA0MÉTI8BIB BT SPIRITISME 187 § 4. — LE MAGNÉTISME ET LE SPIRITISME.
I. Nous ne terminerons pas ces réflexions sur là. magie sans dire un mot du magnétisme, dont on a tant parlé depuis près d'un siècle. Le magnétisme humain n'est-il qu'un simple effet des causes naturelles, ou bien faut-il le classer parmi les œuvres de la magie?
Les effets extraordinaires attribués au magnétisme fontnaftreun doute sérieux, cariln'est pas possible de les expliquer tous par les lois naturelles ; et d'ailleurs on ne pourrait pas raisonnablement les considérer comme le résultat d'une intervention miraculeuse d& Dieu. Chacun sait bien que nos magnétiseurs ne sont pas des thaumaturges.
S'il fallait en juger d'après les rapports nombreux faits sur le magnétisme, il y aurait dans le corps humain un fluide que la volonté dirige vers les diverses- ., parties et jusqu'aux extrémités de nos membres pour mettre en jeu tous les organes, mais qu'elle peut aussi diriger sur une personne avec qui elle se met enrapport. Le fluide ainsi communiqué, soit par la seule énergie de la volonté, soit au moyen de certains mouvements réguliers de la main, pénétrerait l'individu que l'on magnétise et le réduirait par degrés à un état qui a beaucoup d'analogie avec le sommeil naturel, car l'âme devient alors plus ou moins insensible au monde extérieur. L'influence des causes diverses qui communément occasionnent en elles des sensations par l'ébranlement des organes, cette influence, dit-on, est suspendue, au point que quelquefois le magnétisé n'entend pas la détonation d'une ar ma à feu, qu'il ne sent pas la déchirure de ses»
chairs, pas môme l'amputation. Néanmoins, malgré une si extraordinaire insensibilité, et par l'effet du fluide qui Ta mis en communication avec son magnétiseur, il entend la voix de celui-ci, répond aux ordres même intérieurs qu'il lui adresse, voit les objets vers lesquels il dirige son attention ; il lira les yeux fermés, il savourera les odeurs par le seul contact.
Les phénomènes les plus surprenants attribués au magnétisme sont désignés sous le nom de lucidité, (L'intuition, de prévision. Parla lucidité la personne magnétisée voit ce qui se passe à des distances prodigieuses, rien ne l'empêcherait de voir de Paris ce quise passe au Japon; par l'intuition, elle pénètre dans les corps pour découvrir les causes secrètes d'une maladie, et dans les âmes pour connaître leurs intentions; enfin, par la prévision, elle aperçoit longtemps avant, et elle peut déterminer avec uûe rigoureuse précision le moment, les caractères et la durée d'une maladie.
Les ennemis de la religion ont opposé les phénomènes du magnétisme aux prophéties et aux miracles dont nous nous servons pour établir la divinité du Christianisme; des hommes curieux ou souffrants y ont eu recours, comme on recourait autrefois à la magie et aux devins, pour obtenir la connaissance de certains secrets et la guérison des maladies ; d'autres n'y voient que des phénomènes encore peu connus et sur lesquels il ne faut pas se hâter de prononcer.
Que faut-il donc penser de la réalité du magnétisme? Les effets qu'on lui attribue sont-ils bien constatés?
Nous l'ignorons. Les commissions nommées à diverses époques par la Faculté de médecine pour
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vérifier les expériences ont fait des rapports contradictoires. Nous considérons comme fort suspects d'exagération les récits donnés au public sur les phénomènes merveilleux du magnétisme; ces relations n'ont, selon nous, aucun caractère qui en garantisse l'exactitude.
En supposant toutefois ces effets réellement constatés, faut-il les attribuer à un agent surnaturel?
II. Que l'on nous permette d'abord deux observations préliminaires, nous établirons ensuite une distinction entre les effets présumés du magnétisme.
L'ignorance où nous sommes de la nature du fluide magnétique et de son mode d'action ne suffirait pas seule pour y supposer l'intervention du démon. Connaît-on mieux le fluide électrique et le magnétisme terrestre? Il est à remarquer que le magnétisme suit dans la production de ses effets l'action lente et progressive de la nature. Il est subordonné à des causes physiques; il agit peu sur certains tempéraments, beaucoup sur d'autres. Lors même que le tempérament faible, maladif, nerveux, se prête mieux à l'action magnétique, ce n'est que par degrés qu'elle se fait sentir ; il faut souvent plusieurs séances consécutives pour obtenir quelques résultats remarquables, et à mesure que la situation de santé se modifie notamment dans l'individu soumis aux expériences, son a Ptitude diminue sensiblement.
Les phénomènes bien connus du somnambulisme naturel, et les effets produits par certaines maladies Wi affectent plus directement le système nerveux, tiennent à l'appui de ces observations. On sait que les ^nambules agissent, qu'ils se dirigent, qu'ils écriant avec autant et plus de facilité pendant leur som-
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meil, qu'ils ne le font à l'état de veille. Personne n'ignore qu'il y a des maladies qui développent extraordinairement les facultés intellectuelles, et d'autres qui réduisent le malade à une complète insensibilité, sans qu'il intervienne aucune action magnétique. Il se passerait quelquefois alors des choses bien extraordinaires, s'il faut en croire le témoignage de personnes honorables.
Nous tenions à faire remarquer d'abord ces analogies, et l'ignorance où nous sommes des limites posées par la nature aux facultés humaines. Une seconde observation, non moins importante, est que le démon intervient quelquefois, pour cacher son action sous celle des agents naturels et produire des effets plus étendus. L'absence de toute invocation explicite ne nous rassure pas à cet égard, car le démon peut agir indépendamment de «ette invocation ; il peu* agir pour affaiblir par de faux semblants notre foi * dans les miracles et dans les opérations de la grâce; il peut vouloir porter au mal les hommes qui se servent, dans des intentions peu droites, de moyens douteux et suspects. Sans doute l'œuvre de Notre-Seigneur ne sera jamais confondue ni avec les œuvres de la nature, ni avec les prestiges du démon ; il y aura toujours une distance infinie entre les miracles et les phénomènes magnétiques, entre les extases, lesranssements, les lumières surnaturelles des saints, et tout ce que Ton raconte de plus merveilleux du magnétisme. Il n'en est pas moins vrai que le démon, attentif à se servir de tout pour le mal, peut chercher à séduire et à corrompre les hommes par le moyen du magnétisme