‹ Cours d'instruction réligieuse, ou, Exposition complète de la doctrineChapitre 3 sur 82 · LEÇON II · texte numérisé non relu

LEÇON II

Premier commandement de Me*. — Des vertu* théologale», et en particulier de la fol.

Le premier commandement est ainsi conçu : « Je « suis le Seigneur votre Dieu... Vous n'aurez pas de o dieux étrangers devant moi... Vous ne les adorerez « pas et ne les servirez pas, car je suis le Seigneur votre « Dieu. » Ce commandement nous oblige à croire en Dieu, à espérer en lui, à l'aimer de tout notre cœur et à n'adorer que lui seul. Dans l'accomplissement de ces quatre devoirs est compris tout ce que nous devons faire pour rendre à Dieu le culte qui lui convient. Nous lui soumettons notre esprit par la /oi, notre cœur par l'espérance et par l'amour, notre existence tout entière par l'adoration. Nous nous occuperons aujourd'hui de la foi, de la nature et de la nécessité de cette vertu, qui est la première parmi les vertus théologales. Pour mieux comprendre ce que nous avons à dire dans cette leçon et dans les deux suivantes, commençons par nous former une idée exacte des vertus théologales.

§1.-7 VERTUS SURNATURELLES QUE NOUS RECEVONS AVEO LA GRACE SANCTIFIANTE : VERTUS INFUSES.

I. Dieu, pour nous rendre possible l'accomplissement des devoirs de la vie chrétienne, a mis en nous des vertus infuses, et il nous aide par des secours actuels, par les excitations de son Saint-Esprit, à produire les actes propres à ces vertus. Il nous a donné, en nous créant, des facultés en rapport avec notre fin essentielle, la faculté de connaître et d'aimer : il a mis en nous certaines dispositions naturelles, telles que le désir de connaître la vérité, l'inclination à aimer le bien, à rechercher le bonheur. Lorsqu'il a voulu nous communiquer une vie nouvelle par la grâce de la régénéra- , tion, il a ajouté à nos facultés naturelles des vertus l d'un ordre supérieur, les vertus surnaturelles, parmi f lesquelles nous distinguons d'abord la Foi, I'Espérance et la Charité. « L'homme, dit le concile de « Trente, reçoit infuses, avec la rémission des péchés, « ces trois vertus, la Foi, l'Espérance, la Charité, par « Jésus-Christ, auquel il est uni. »

L'Église exprime ici, avec une admirable précision de langage, l'origine des vertus surnaturelles, la grâce qui nous les obtient et le but auquel elles se rapportent. Ces vertus sont véritablement infuses : nous ne les avons pas formées en nous par des actes per- ! sonnels; elles nous viennent directement de Dieu, comme les facultés que nous avons reçues de lui en naissant. Ce ne sont pas des mérites antérieurs qui nous les auraient obtenues, car, avant notre justifi-

cation, nous étions pécheurs, et dès lors incapables de mériter ; nous ne devons et ne pouvons les attribuer qu'aux mérites de Jésus-Christ. C'est en nous unissant à Jésus-Christ comme à notre chef, comme à la source de la vie, que le Saint-Esprit les a établies dans nos Ames.

Les vertus infuses nous préparent aux actes de la vie chrétienne : elles nous y disposent, sans pourtant qu'elles puissent nous les faire produire, s'il n'intervient un secours actuel. Dans Tordre naturel , nos organes ne s'exercent que sous l'excitation des causes extérieures, telles que l'air, la lumière ou les molécules des divers corps qui les affectent : l'intelligence non plus ne se met en activité, ne se développe, ne réfléchit, ne raisonne, qu'autant qu'elle a été d'abord excitée par les rayons de la lumière spirituelle qui l'ont pénétrée. II en sera de même dans l'ordre surna- j turel : les vertus demeureront en nous à l'état de 1 simples facultés et de dispositions, tout aussi longtemps ! que le Saint-Esprit ne viendra pas les exciter par son action prévenante.

Ce que le Saint-Esprit fait dans l'âme du petit enfant régénéré par le baptême, mais sans usage encore de la raison, pendant ces temps où l'âme n'a point conscience d'elle-même, nous l'ignorons; mais il ne faut pas douter que, tenant cette âme unie à Dieu, il n'agisse sur elle par des impulsions secrètes, à mesure qu'elle devient capable d'y correspondre. Il inspire à un enfant le goût des choses célestes en l'inclinant vers Dieu, en le disposant à croire en lui et à l'aimer, quoique cet enfant ne puisse pas se rendre compte de ce qui se passe dans son intérieur, ni corn-

ment d'un sentiment irréfléchi d'abord et comme spontané il parvient par degrés à produire les actes des vertus chrétiennes : c'est le travail de la grâce, et du libre arbitre coopérant à la grâce.

Ces premières notions nous suffisent pour l'intelligence de la doctrine dô l'Église sur les vertus infuseg en général. Pour ce qui concerne la distinction dés vertus théologales et des vertus morales^ contentons» nous de remarquer que, parmi les dispositions surnaturelles que le Saint-Esprit a mises en nous, les unes se rapportent directement à Dieu, en ce sens que Dieu est leur objet immédiat, tandis que les autres se rapportent directement aux devoirs que nous avons à remplir à l'égard du prochain, ou à l'usage que noua devons faire des créatures. Les premières vertus sont appelées théologales, et Ton donne aux autres le nom de vertus morales. La Foi, l'Espérance et la Charité sont des vertus théologales, puisqu'elles ont toutes trois Dieu pour objet immédiat : nous croyons en Dieu, nous espérons en lui, nous l'aimons. La Justice et la Tempérance, pour ne citer que ces Ideux exemples, sont dés vertus morales : l'objet de la justice est le droit du prochain que nous devons respecter; parla tempérance, nous usons modérément des biens de ce monde.

Ces explications données, occupons-nous maintenant de la Foi.

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