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VERTU DB RBUOIOH : MAGNÉTISME ET SPIRITISME

« sonnes s'attachent aujourd'hui, moins dans Tinté- « rêt des sciences naturelles, que dans la persuasion « que Ton peut découvrir les choses cachées, éloi- « gnées ou futures, par les prestiges du magnétisme, « par le moyen surtout de certaines femmes qui sont « sous la dépendance du magnétiseur... La perversité « humaine a été portée à ce point, que des hommes « négligent l'étude régulière de la science, et, cherci chant à satisfaire la curiosité au grand détriment « des âmes et de la société, se glorifient d'avoir trouvé a un moyen de prédire et de deviner. De là ces pres- « tiges du somnambulisme, et de ce qu'on appelle la « claire intuition, par lesquels des femmes qui, dans « leurs gestes, n'observent pas toujours la modestie, « prétendent voir toutes sortes de choses invisibles, « et ont, dans leur audace téméraire, la présomption « de parler de la religion, d'évoquer les âmes des « morts, de recevoir des réponses, de découvrir des « choses inconnues ou éloignées, et de pratiquer « d'autres superstitions de ce genre. Quel que soit « l'art ou l'illusion, comme on emploie des moyens 1 Physiques pour obtenir des effets qui ne sont pas « naturels, il y a dans ces actes une déception tout à 8 fait illicite , une pratique contraire aux principes « de la foi, et un scandale contre l'honnêteté des u mœurs. Pour réprimer efficacement un si grand

* mal..., que les évoques emploient, autant qu'ils « le pourront, avec le secours de la grâce, tantôt des

* avertissements paternels , tantôt de sévères avertissements , tantôt les moyens de droit, selon 1 qu'ils le jugeront utile devant le Seigneur, en te- « nant compte des circonstances, des lieux, du temps

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a et des personnes; qu'ils mettent tout leur soin à a écarter les abus du magnétisme, afin que le trou* « peau du Seigneur soit protégé contre les séductions « de l'homme ennemi, que le dépôt de la foi soit oona serve sauf et intact, et que les fidèles soient préser- « vés de la corruption des mœurs. »

IV. Ce que le Saint-Siège dit ici du magnétisme s'applique également aux phénomènes des tables tournantes, dont on s'est occupé, il y a quelques années, dans les État-Unis d'Amérique et en Europe. Il n'y a eu très-probablement, dans un grand nombre de faits, qu'un jeu de rimagination, une hallucination de* spectateurs. Cependant, quand on examine les rapports venus de tant de pays divers, rapports tous uniformes pour le fond, malgré la variété infinie des incidents, il est difficile de ne pas admettre qu'il soit arrivé quelquefois qu'une table mise en mouvement sans aucune cause apparente, a répondu, ou par des À signes tracés sur du papier avec un crayon, ou par un nombre régulier de coups correspondant aux lettres de l'alphabet, à des questions qui lui ont été faites sur des choses tout à fait ignorées des personnes qui l'interrogeaient. La table a répondu sur rage de tel individu qu'en lui nommait, sur ce que tel autre avait ou faisait dans sa maison, sur la vie ou la mort d'un absent, sur l'état d'un défunt, sur les mystères de la religion '.

Nous sommes très-convaincu que Ton ne doit pas s'amuser à faire tourner les tables et à les interroger, parce que, si l'effet se produit, il ne peut être attribué qu'à l'intervention des esprits. Ne cherchons p* 3

1 Dans une circonstance particulière qui nous est bien connue, une douzaine de personnes s'étaient donné ua rendez-vous 9°^

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d'ailleurs quels motifs les démons pourraient avoir de venir se mêler à ces fantaisies, et donner aux hommes une sorte de passe-temps. L'esprit de mensonge se prête aux curiosités indiscrètes des hommes, en vue d'un mal qu'il leur dissimule. Dans les manifestations du magnétisme et des tables, il peut avoir 'eu le dessein d'affaiblir la foi dans la révélation, de nous faire attribuer à des causes naturelles les effets de la grâce

faire ensemble l'expérience de ces phénomènes, et elles avaient prié instamment un ecclésiastique de venir avec elles. Le prêtre tfy, refusa d'abord, et il ne consentit enfin à se rendre à cette soi* rée que. sous la condition qu'il serait simple spectateur, sans prendre aucune pari à ce qui se ferait pour provoquer les mouvements de la table; il avait offert le saint sacrifice de la messe pour demander à Dieu qu'il daignât manifester la vérité, s'il y avait dans ces phénomènes quelque illusion des mauvais esprits. Au moment convenu, les personnes invitées se rangent autour dune table, se tenant par la main les unes les autres, pour former la chaîne. Le guéridon demeure immobile pendant une demiheure, et tous ceux qui sont là, ennuyés et impatients d'attendre, vont se séparer, quand le meuble commence à se mouvoir. Le mouvement, d'abord assez lent, augmente peu à peu; il devient en quelques minutes si précipité, si brusque, si violent, que toutes les personnes présentes réunissent leurs efforts pour l'arrêter et ne peuvent y réussir, ce qui leur cause une étrange surprise. Le prêtre, qui était demeuré seul dans un coin du salon, s'approche alors, prend son chapelet, le pose sur la table en di» sant: Je lui ordonne de s'arrêter, et elle s'arrêtera. Instantanément, le mouvement s'arrête, la table reprend sa situation nature; le prêtre retire le chapelet quelques. instants après, et les mouvements convulsifs recommencent. Persuadé qu'il y a dans ces effets une cause surnaturelle, cet ecclésiastique, désireux que la vérité soit connue detous, ordonne à l'agent caché de ces mouvements de dire son nom. La table se remue avec une violence inaccoutumée, elle se soulève, elle tombe, elle se tord en tous sens et ne donne aucun signe ; le prêtre insiste, et lui ordonne une seconde fois de dire Son nom, la table désigne alors une à une les lettres de son nom : Démon. Je laisse à penser quelle fut la stupeur de tous ceux qui étaient présents, et l'empressement qu'ils mirent à quitter ces jeux diaboliques.

dans les saints, de porter la perturbation dans plusieurs familles.

V. Nous pouvons maintenant apprécier le iptn tisme. On pense moins aujourd'hui aux tables tour nantes, qui étaient devenues, pendant quelque temps l'objet de préoccupations presque générales; maisk superstition subsiste ; elle prend d'autres formes, e tend à se propager. « Rien de plus ordinaire, dans le. ( « siècles d'incrédulité, que de voir une fausse révé- « lation se substituer à la vraie, et les intelligences mé « priser les enseignements de l'Église pour s'adonnei « à l'étude de la divination et des sciences occultes.., a A mesure que le rationalisme envahit la raisor « publique, les âmes sevrées du surnaturel se ré- « fugient dans les mystérieuses assemblées du spi- « ritisme. » Ces réflexions, faites par l'un de nos vénérables évoques, nous montrent l'étrange illusion de ceux qui prétendent communiquer avec les esprits.

Nous ne blâmerons pas ces hommes de croire aux esprits, nous y croyons comme eux, mais nous admettons d'une manière plus complète ces traditions antiques sur la distinction des esprits. Nous l'avons vu dans cette leçon, il en est de bons, il en est aussi de mauvais ; il est essentiel de distinguer les uns des autres. A quelle marque pouvons-nous donc les discerner ?

L'Apôtre bien-aimé de Notre-Seigneur, saint Jean, nous dit : « Ne croyez pas à tout esprit, mais éproua vez si les esprits sont de Dieu. Voici à quoi vous re- « connaîtrez qu'un esprit est de Dieu : tout esprit qui « confesse que Jésus-Christ est venu dans une chair « véritable, est de Dieu; et tout esprit qui nie Jésus-

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