‹ Cours d'instruction réligieuse, ou, Exposition complète de la doctrineChapitre 39 sur 82 · OBLIGATIONS SPÉCULES DES PARENTS · texte numérisé non relu

OBLIGATIONS SPÉCULES DES PARENTS

L'obligation des parents est plus étroite et plus grave sous tous les rapports, puisque Dieu les a spécialement chargés du soin de former leurs enfants à la vertu, en même temps qu'ils doivent veiller sur leurs nécessités matérielles.

L'éducation consiste surtout à former le cœur de l'enfant et à lui faire contracter de bonnes habitudes.

Pour peu que Ton étudie l'enfant d'un œil attentif et chrétien, on ne tarde pas à voir en lui les traces de la corruption originelle, et à soupçonner l'action du démon qui le pousse au mal. Tout n'est cependant pas altéré en lui : il y a aussi des traces précieuses de la droiture primitive, des restes de bonnes inclinations; et, ce qui est infiniment plus précieux, il y a dans cet enfant les dons surnaturels de la grâce, tous les éléments de la vie chrétienne que le Saint-Esprit a mis en lui parle baptême.

L'éducation consiste donc à combattre par une action douce, mais soutenue, les défauts de caractère et de tempérament; à écarter les obstacles à la vertu, à favoriser le développement des bonnes inclinations et l'œuvre de la grâce.

« L'éducation ainsi considérée est une œuvre di- ; « vine, » dit un écrivain récent qui a consigné ses * longues observations sur l'éducation dans un livre dont on peut recommander la lecture à tous ceux qui s'occupent des enfants, « elle entre dans l'économie « de la sagesse divine, qui, après avoir associé à sa « providence le père et la mère pour donner la vie « temporelle à un enfant, les appelle, ainsi qua les « maîtres et les institutrices, à seconder l'action sur- « naturelle de sa grâce pour donner à cet enfant une « naissance spirituelle : la première l'ayant fait naître « à la vie corporelle, la deuxième, infiniment plus « précieuse, le faisant naître à la vie spirituelle, en « lui inspirant l'amour de la vérité et de la vertu. Une « mère, n'est donc mère qu'à moi tié r elle n'a point « le véritable sentiment de la tendresse maternelle, si « sa sollicitude pour la destinée morale et surnatucours d'instr. m. 14

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« relie de son enfant n'égale au moins les soins maté- « rielset temporels dont elle se montre constamment a prodigue envers lai * . »

Mais quand commence pour les parents cet impérieux devoir ? Il commence, on peut le dire dans un . sens très-véritable, avec la naissance de l'enfant. « Malheureusement, observe l'auteur que nous ve- « nous de citer, les parents sont si peu convaincus de « cette vérité, qu'ils laissent les plus mauvais pence chants s'enraciner dans leurs enfants, et qu'ils sem- « blent les gâter à plaisir dans le premier âge, pour « avoir, quelques années plus tard, à défaire leur « propre ouvrage. En sorte que l'éducation, quand « ils jugent à propos de la commencer, n'a le plus « souvent pour objet que de combattre ces défauts « dont ils ont eux-mêmes favorisé le développement.»

Que les parents ne donnent à leurs jeunes enfants que de bons exemples, et qu'ils ne les entourent que 4 de personnes vertueuses, autant qu'il dépend d'eux. Dans son premier âge l'enfant reçoit facilement des impressions; tout ce qui se fait ou se dit devant lui se grave dans son âme. Heureux si ses yeux ne rencontrent que le spectacle d'une vie pure et calme I II comprendra mieux, il goûtera sans peine les conseils qu'on lui donnera plus tard; et, quand il aura passé ses premières années dans le sein de sa famille, il sera moins ému des mauvais exemples du dehors , parce qu'il aura eu le temps de s'affermir dans le bien, et que les premières impressions de son enfance, sou-

1 Rèflexiont et conseils pratiques sur C éducation f par M. Yatibê Balme Frézol, 1. 1, ckap. vi, art. 1*'.

tenues des avis de ses parents, l'auront préparé, de loin, à soutenir l'épreuve du scandale.

Mais l'exemple n'est pas tout ; nous avons dit que les parents doivent étudier le caractère, les défauts naturels, les inclinations de l'enfant. S'ils le flattent dans ses goûts; si, pour lui épargner quelques contrariétés, ils le laissent suivre ses inclinations et ses caprices, il viendra- un temps où des défauts qui avaient d'abord peu fixé leur attention auront pris un développement qui les rendront difficiles à corriger. On arrache sans peine un arbrisseau planté dçpuis peu, il faut de longs et de pénibles efforts pour arracher l'arbre qui a jeté de profondes racines en terre. Uen est de même des défauts de notrenature. Combien de pères et de mères ont eu à déplorer les suites fuf nestes d'une éducation négligée 1 * Comme la plupart des parents ne peuvent seuls Suffire à ce travail qui a pour but de former l'enfant, I ils se voient dans la nécessité de le partager avec des étrangers; ils appellent auprès de lui un instituteur, ou bien ils placent l'enfant, soit dans une école, soit dans une pension. Là se continue l'éducation et se développe l'instruction : deux choses qui ne se doivent jamais séparer l'une de l'autre, et dont on ne sent pas assez généralement l'étroite liaison.

L'éducation, ainsi que nous venons de le dire, forme le cœur et les bonnes habitudes de la vie; l'instruction orne l'esprit de connaissances utiles et rend apte à remplir une position convenable dans la société. Si l'instruction est négligée, l'enfant demeure incapable de soutenir convenablement la positien de sa famille et de remplir les fonctions auxquelles il

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semblait destiné. Si l'éducation est défectueuse, les conséquences seront bien plus graves, puisque les qualités du cœur sont à tous égards préférables à celles de l'esprit. Le bonheur de la vie présente, et, ce qui esl bien autrement grave, le bonheur éternel d'un enfant, dépendent beaucoup des semences de vertu que Ton a répandues de bonne heure dans son âme, du soin que des parents ou des maîtres chrétiens auront de l'élever dans l'estime et l'amour du bien, de la vérité, de la probité, de le former dès ses plus tendres années à la piété chrétienne.

Ces principes n'étant pas contestés, nous ne concevons pas que des parents puissent choisir une pension pour leurs enfants, sans avoir acquis l'assurance que ces enfants y recevront une éducation chrétienne. Les familles tiennent à l'instruction littéraire et aux bonnes mœurs ; elles désirent aussi, dans une certaine mesure, l'instruction religieuse ; mais que la? maîtres soient véritablement pénétrés de la haute importance de la religion pratique; que dans la maison il y ait un esprit chrétien, que la vertu y soit en honneur, que les exercices de piété y aient la part qu'ils doivent avoir, c'est ce dont on ne se préoccupe pas avec la sollicitude que demande une affaire aussi grave. On suppose que tout est bien; on le présume sur le témoignage de personnes qui en sont ellesmêmes peu informées, ou qui ne sentent pas assez l'importance de la chose.

L'expérience dit ce qui résulte ensuite de l'entrée de l'enfant dans ces maisons où Dieu n'est pas honoré. L'enfant, témoin de l'indifférence religieusede ses maîtres et des mauvais exemples de ses compagnons

d'étude, s'habitue insensiblement à penser comme les ans, à faire comme les autres. Les principes de la foi s'affaiblissent, le respect pour la religion diminue, de funestes préjugés prennent peu à peu la place des premières idées que l'on avait reçues de la famille, les bonnes mœurs s'altèrent : elles étaient sous la sauvegarde de la foi et des pratiques chrétiennes, il est naturel qu'elles se perdent avec l'abandon des principes et des exercices de la piété. C'est ainsi que tous les ans sortent de la plupart de nos collèges et de plusieurs établissements privés, des générations de jeunes gens incrédules et corrompus ; ils ont perdu les principes religieux qu'ils avaient reçus dans leur enfance, et leurs mœurs sont gravement altérées. Les parents qui les ont placés dans ces maisons ont pris devant Dieu une grande responsabilité.

Nous avons dit, en peu de mots, les obligations des supérieurs dans l'exercice de l'autorité qui leur est confiée. Ils rendront tous un jour un compte sévère de l'usage qu'ils en ont fait. Si ceux qui aspirent à des positions élevées dans la société, si ceux qui, sans prétendre aux emplois publics, ne pensent qu'à se former une famille, concevaient bien la grandeur et la sainteté des devoirs qui vont leur être imposés, et réfléchissaient en présence de l'avenir sur cette responsabilité, il y aurait sans doute moins déconsidération dans les uns, moins d'ambition dans les autres. Selon les maximes chrétiennes, par conséquent dans la vérité, l'idée du pouvoir, l'idée de l'autorité, à quelque degré qu'elle doive s'exercer, renferme nécessairement celle de l'abnégation de soi-même et du dévouement au bonheur des autres; c'est pour cela que

QUATRIÈME COMJUNDBMRNT

dans l'Église, où tout est enseignement pour nous, celui qui occupe le rang le plus élevé prend le nom de Père, et il se déclare, en tête des actes solennels de sa suprême juridiction, le serviteur des serviteurs de Dieu. Aimons, sachons respecter cet ordre de providence.

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