‹ Cours d'instruction réligieuse, ou, Exposition complète de la doctrineChapitre 42 sur 82 · I HOMICIDE : DUEL · texte numérisé non relu

I HOMICIDE : DUEL

sirent, pour faire ce serment, le jour de la Pentecôte, espérant que le Saint-Esprit qui, à pareil jour, avait rempli les Apôtres d'un courage invincible pour détruire le règne de Satan dans le monde, leur donnerait à eux-mêmes la force d'y être fidèles jusqu'à leur dernier soupir. Dans ces dispositions, ils firent, dans la chapelle du séminaire, au milieu d'un grand concours de témoins distingués, entre les mains de M. Olier, cette promesse, que chacun d'eux voulut signer :

« Les soussignés font, par le présent écrit, décla- « ration publique et protestation solennelle de refuser « toutes sortes d'appels et de ne se battre jamais en « duel, pour quelque cause que ce puisse être, et de « rendre toute sorte de témoignage de la détestation « qu'ils font du duel, comme d'une chose tout à fait < contraire à la raison, au bien et aux lois de l'État, <i et incompatible avec le salut et la religion chrétienne, m sans pourtant renoncer au droit de repousser, par « toutes voies légitimes, les injures qui leur seront . « faites, autant que leur profession et leur naissance « les y obligent ; étant aussi toujours prêts de leur part . « d'éclairer de bonne foi ceux qui croiraient avoir lieu tt de ressentiment contre eux, et de n'en donner sujet « à personne. »

Cette protestation fit une impression extraordinaire dans le monde. Le grand Condé, étonné de la démarche du marquis de Fénelon, ne put s'empêcher de lui dire : « Il faut, monsieur, être aussi sûr que je le suis * de votre fait sur la valeur, pour n'être pas effrayé « de vous avoir vu rompre le premier une telle glace. » to marquis tint ferme. Peu de temps après il se vit provoqué, et refusa le duel avec une noble intrépidité,

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ce qui accoutuma les autres seigneurs de la cour, ainsi que les officiers les plus distingués de l'armée, à s'élever au-dessus des préjugés de leur siècle. Les maréchaux de France approuvèrent la déclaration faite à Saint-Sulpice, et ils exhortèrent les gentilshommes du royaume à la souscrire. M. Olier eut ainsi la consolation de réprimer un scandale qui perdait un grand nombre d'âmes, et il vit enfin ses vœux pleinement satisfaits, en obtenant que le premier acte de la majorité de Louis XIV fût une ordonnance contre les duels, ordonnance qui fut religieusement observée pendant le long règne de ce prince 1 .

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