‹ Cours d'instruction réligieuse, ou, Exposition complète de la doctrineChapitre 46 sur 82 · CB QUI EST DBFBH1WJ PAR LB VI* COMMANDEMENT · texte numérisé non relu

CB QUI EST DBFBH1WJ PAR LB VI* COMMANDEMENT

domine bon tous semblera. C'est de Dieu seul que vous tenez votre corps, vos sens et les biens extérieurs; c'est lui qui, par sa volonté souveraine et infiniment sage, a déterminé l'usage que vous en devez faire, et qui a condamné l'abus que vous seriez tentés de commettre. Vous l'offensez toutes les fois que vous violez l'ordre qu'il a établi, et qui nous est connu par la révélation et par l'enseignement de l'Église.

Nous ne pouvons entrer dans un détail qui nous mènerait trop loin, pour exprimer tout ce qui est permis et tout ce qui est défendu par la loi de Dieu. Il y a des choses qui ne sont légitimes qu'entre des par* sonnes unies par le tien sacré du mariage ; il en est d'autres qui «ne le sont jamais, que l'on ne peut par conséquent se permettre dans aucun cas et pour quelque raison que ce soit. Dans le doute, il y a deux '^moyens de s'éclairer : l'un est de consulter avec simplicité le prêtre qui est chargé de diriger notre conscience ; il nous instruira : ce moyen est le plus facile et le plus sûr. L'autre est de consulter notre conscience et de voir ce qu'elle réprouve.

Les choses défendues de Dieu se font connaître à ces divers caractères : d'abord, nous nous sentons attirés vers elles par l'attrait du plaisir; ensuite, quand nous voulons en jouir, au lieu de nous procurer une véritable satisfaction, elles portent le trouble dans notre âme, elles nous agitent, elles nous ôtent le calme, la sérénité, la paix; enfin, elles laissent après elles un fonds d'inquiétude et de honte, parce que nous sentons que nous avons mal fait. Heureux ceux qui consultent cette voix de la conscience, qui

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suivent en enfants dociles les avis de leur père spirituel, qui veillent sur eux pour plaire à Dieu, pour éviter tout ce qui peut offenser ses regards. Ils sont bénis de Dieu ; ils s'épargnent à eux-mêmes de bien amères afflictions.

III. Dès la vie présente, tout esprit qui sort de l'ordre trouve en lui-même le châtiment de ses excès. Cette sorte de justice, que Dieu exerce sur les âmes pécheresses, est surtout sensible dans le cas dont nous parlons ici; on ne peut pas en supposer de plus humiliante pour l'homme, ni de plus inévitable. L'âme, qui devrait régir le corps et le dominer, perd son énergie à mesure qu'elle se laisse aller, contre l'ordre de la Providence, à l'amour du plaisir sensible; son action s'affaiblit graduellement, elle tombe dans la chair et finit par être dominée par elle, de sorte que c'est la partie animale dans l'homme qui régit et gouverne; la partie spirituelle est sous l'asservisse- '1 ment des sens. Pour constater cette loi, il suffirait d'en appeler à l'expérience; on verrait dans toutes les classes de la société le spectacle hideux de ces âmes usées, sans force, sans énergie morale. Et qu'on ne pense pas que nous désignons seulement ici les hommes qui semblent devenus incapables de penser, ou qui môme se trouvent souvent réduits à l'état de brutes par d'énormes excès qui leur ont ôté la raison; nous parlons aussi de ceux qui, avec de la science, un esprit cultivé et des apparences de vertus morales, sont néanmoins à divers degrés les esclaves dé la convoitise des sens. Quand on a l'occasion de pénétrer dans l'intérieur de ces hommes et de voir leurs habitudes privées, leur vie intime, quelle faiblesse on y trouve,

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que d'inclinations vicieuses, que de pensées, de désirs» de préoccupations de chair et de sang! Ces hommes, qui paraissent si supérieurs par leur esprit dans les sciences ou dans les affaires humaines, sont quelquefois bien petits en réalité, bien abaissés vers la terre ; leur vie est telle, qu'ils en rougiraient si le Toile qui la cache venait à se déchirer. Ils ont trop de lumières pour ne pas condamner eux-mêmes ces désordres; maisils n'ont pas assez de force morale pour les arrêter et rendre à la conscience ce qu'elle demande, à l'âme ce qu'elle a perdu.

D'où vient que cette force les a abandonnés, et qui nous expliquera la raison première de cet asservissement de l'âme sous l'action des organes, sous rempire du corps? La foi et la connaissance que nous avons de l'homme nous révèlent ce mystère.

La foi nous dit que, placée entre le monde des es- Hlprits et le monde des corps, entre deux forces qui tendent en sens inverse, l'une à la contemplation et à l'amour du vrai et du bien, l'autre au plaisir sensible, notre âme doit chercher son appui en Dieu, qui l'aidera à triompher des sens, la pénétrera, la vivifiera de son esprit. Là est la lumière qui l'éclairé, la sagesse qui la dirige, l'action surnaturelle qui la soutient. Que l'âme se sépare de Dieu en reportant ses affections sur la créature, infailliblement il arrivera dans le cours naturel des choses que Dieu, sans l'abandonner absolument, se retirera néanmoins d'elle, et que par suite elle éprouvera une faiblesse très-grande ; elle n'aura plus ni les lumières pures de la foi qui lui montraient si bien l'usage qu'elle devait faire des biens créés, ni cette énergie de vertu qui devait la faire

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triompher de l'influence des sens. Sa faiblesse, et par conséquent son malheur, vient donc surtout de ce qu'elle s'éloigne de Dieu. Le corps s'affranchit des lois qui le maintiennent dans la dépendance de l'âme, l'équilibre est rompu; il en résulte accablement de l'esprit, servitude plus ou moins profonde selon le degré de la rébellion qui s'est emparée des sens.

•L'Apôtre saint Paul nous expose dans plusieurs de ses épitres les funestes effets de cet asservissement de Tâme, et il les exprime tous en deux mots, quand il dit : Celui qui sème dans la chair moissonnera la corruption. Tout ce que l'homme pense, dit et fait sous la seule direction du plaisir sensible, est, selon le langage de l'Apôtre, une semence de la chair; car c'est la chair, c est le sens animal qui alors le fait penseV et agir, ce n'est pas la raison, bien moins encore la foi. Qr tout cela ne produit que la corruption, c'est-à-dire toute sorte de péchés qui souillent 1 l'âme de plus en plus, lui ôtent tous les traits de sa dignité, et lui attirent de la part de Dieu un châtiment sévère. Véritablement l'homme livré à l'amour du plaisir a méconnu sa dignité, et, se laissant dominer par les sens, il est devenu, disent les saintes Écritures, semblable aux brutes dépourvues d'mtelligonee.

J-e seul moyen d'éviter sûrement les chutes, c'est la vigilance et une sage réserve dans les jouissances même permises. 11 est rare qu'un homme s'égare du premier coup, et qu'il tombe par uneprenrière chute au fond de l'abîme, mais il s'y engage p*r degrés insensibles. L'amour du plaisir, les habitudes d'une vie dissipée et molle, J'énervent; et, quand une tentation

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