‹ Cours d'instruction réligieuse, ou, Exposition complète de la doctrineChapitre 59 sur 82 · LEÇON XVI · texte numérisé non relu

LEÇON XVI

Huitième emnmanéeinent. — ne pas noire à le imputation dn procneln ; ne net llaantre en errenr par «et i

Les hommes de bien préfèrent à leur fortune la bonne réputation dont ils jouissent dans la société ; plusieurs la préfèrent même à leur liberté et à leur vie. L'estime de ses semblables est d'autant plus précieuse et honorable pour un individu, qu'elle repose iur l'idée que ceux qui le connaissent se sont formée ae sa vertu et de ses autres mérites personnels. On ne l'estime pas parce qu'il est riche et puissant. Les richesses, comme la puissance, peuvent n'être que le fruit de l'injustice, de la cupidité, des intrigues; elles excitent la jalousie, elles inspirent la crainte, elles attirent les services et les adulations de ceux qui espèrent s'en servir à leur profit; mais elles ne concilient par elles-mêmes ni l'estime, ni l'affection des hommes à celui qui les possède.

L'estime, la bonne réputation est donc bien supérieur à la fortune; c'est ce bien que Dieu nous ordonne de respecter, par le huitième précepte du Décalogue. Il nous a défendu, par les cinquième, sixième et septième commandements, de porter atteinte à la vie du prochain, à l'innocence de ses mœurs, à sa fortune;. cours d'instr. m. Dg tized by Gc$?gl(

par le huitième il nous défend de nuire à sa réputation : TU NE PORTERAS PAS DE FAUX TÉMOIGNAGE CON- TRE le prochain. Un Apôtre nous déclare, conformément à cette défense, que les médisants ne posséderont pas le royaume de Dieu \ Ailleurs, le Saint-Esprit nous montre l'étendue de la loi en cette matière, en nous avertissant qu'il ne Haut jamais ni mentir, ni tromper le prochain 8 . Qu'est-ce donc que le mensonge? qu'estce qua la calaurae ai la m&Ùsaïuft? que iaul-il penser des jugements téméraires?

§, 1. — IX MEKSDNfiB ; IL N'j&T JAJftMS PERMIS DE âlENTIR.

Si les hommes ne peuvent pas exiger que nous leur découvrions toujours la vérité tout entière, ils ont du moins le droit que nous ne les trompions jamais en leur parlant contre notre pensée. Il est écrit: Vous ne mentirez pas, et personne ne trompera sonpro-+ çhain.

La parole n'a été donnée aux hommes que pour se communiquer la vérité les uns aux autres en manifestant leurs pensées. Le menteur abuse de la parole pour tromper; voilà pourquoi le mensonge est un mal. Qui doute que l'esprit humain ne soit fb.it pour connaître la vérité, et qu'il n'y ait en lui un désordre, quand, sous l'image trompeuse du vrai, il accepte l'erreur? Celui qui nous trompe blesse donc notre nature d'être raisonnable, et de plus il viole l'ordre de la Providence. Comme l'ouïe est destinée à entendre tes sons, et la vue à voir des objets extérieurs, ainsi

» Saint Paul, I» Éjl aux Corinthien*, vi, tQ. * Lévi tique, xix, 11. Non mentUmini, née decipiet unusquùqwf yreximum sumn,

£■ mœora» 348

la parole nom est donnée pour manifester an dehors ce quevow pensons, et pour mettre, par celte communication, les hommes dans des rapports de société* S'il était permis de mentir, non-seulement on userait da langagepourune fin directement opposée k cette que Dieu e'esft proposée, Mais il n'y aurait plus de sécurité dans le cMmercede la vie, on ne devrait plus compter sur la parole de l'homme, même le plus honnête, puisque la probité la plus sévère n'interdirait pas de tremper les autres, toutes les fois que Ton croirait twrées raison* de le faire.

Saint Augustin, qui est celui des docteurs de l'Église qui a traite pins à fond la question du mensonge, dit: « Tout mensonge est un péché, parce que l'homme « doit toujours, qu'il se trompe ou qu'il connaisse « la vérité telle qu'elle est, parler conformément à sa * pensée : or celui qui ment parle dan» l'intention de « tronper les autres, il parle contre la pensée .qu'il « a dans l'esprit; et certes les paroles ne sent pas « instituées pour que les hommes se trompent les « uns les autres, mais pour qu'ils se communiquent « réciproquement leurs idées... Il y a plusieurs sortes « de mensonges; nous les devons tous universelle» « ment détester, pares qu'il n'y en a pas un qui ne « seit contraire à la vérité. Comm^la lumière et les « ténèbres, la piété et l'impiété, la justice et l'iniquité,

• le bien et le mal, la vie et la mort sont opposés, « de même le meneeoge et la vérité sont contraires; « et autant nous devons aimer l'une, autant ions de-

* vous haïr l'autre... p

k D ne faut pas se persuader, ajoute ce saint docteur, <Itfa soit quelquefois permis de mentir, parée que l'on

peut, dans certaines circonstances, rendre service au prochain par un mensonge ; il n'y a pas de motif qui puisse justifier ce qui est mal.

Saint Augustin parcourt en détail toutes les circonstances qui sembleraient le plus favorables au mensonge, et il n'en admet pas une seule. Mais quoi donc? se demande-t-il, si l'on cherche un homme pour le mettre à mort, et que je sache où il est ; si on me le demande, serai-je faux témoin ou traître? et il répond: Je ne trahirai pas cet homme, mais je ne mentirai pas non plus. Il ne veut pas qu'il soit permis de mentir) alors même qu'il s'agirait de surprendre l'hérésie et de l'arracher aux ténèbres dont elle s'environne ; il ne peut pas souffrir que l'on ait recours à un mensonge pour amener les hommes à la véritable religion, ni pour leur faire accepter plus facilement la doctrine du . salut. Il n'y a, dit-il, aucune cause qui nous y autoV rise ; car, si une fois on altère tant soit peu l'autorité de la vérité, toutes choses demeureront douteuses. Il sera donc permis au prédicateur, dans les discours qu'il adresse pour instruire et pour édifier, il lui sera permis de taire pour un temps ce qu'il ne jugerait pas convenable de dire, mais jamais de mentir.

Voici comment saint Augustin conclut: « Il importe « sans doute beaucoup d'examiner pour fjuel motif, « en vue de quelle fin, dans quelle intention une chose « se fait; mais sous aucun prétexte de louable motif, « pour aucune fin honnête, dans aucune intention, « quelque légitime qu'elle paraisse, il ne faut faire les « choses que Ton sait être des péchés... Qui soutien- « drait le contraire, sinon celui qui veut bouleverser « toutes les choses humaines, les mœurs et les lois?

Ll MBK80NGB 345

i « Quel est eu effet le crime, quel est le sacrilège que « Tonne parviendrait pas à justifier, si nous accor- • dons une fois que, dans toutes les œuvres mauvaises « des hommes, il faut considérer, non ce qui se fait, « mais dans quel but on agit, et ne pas condamner « comme mauvaises les actions que l'on trouve avoir « été faites pour de bons motifs '. »

Saint Augustin était cependant très-éloigné de croire que tout mensonge soit un péché mortel ; il admettait la distinction des mensonges joyeux et des mensonges officieux, que. Ton s'accorde à ne considérer que comme des fautes vénielles. « Il y a, «dit-il, deux sortes de mensonges dans lesquels il «ne se trouve pas un mal grave, bien qu'ils ne « soient pas sans péché : ce sont ceux que nous fai- « sons pour nous amuser, ou pour rendre service à « quelqu'un *. » Saint Grégoire le Grand expose la même doctrine dans le commentaire qu'il a fait du

•livre de Job. Il dit : « Il faut éviter avec un grand «soin tout mensonge, bien qu'il y ait parfois un « genre de mensonge qui ne renferme qu'une faute «légère, comme celui que Ton dirait pour sauver « la vie d'un homme. Mais, parce qu'il est écrit que « Dieu condamne tous ceux qui mentent, les hommes «parfaits fuient cette espèce de mensonge, ils ne « voudraient pas le commettre pour protéger par des « tromperies la vie de qui que ce soit, craignant de «nuire à leur âme, tandis qu'ils chercheraient à «défendre la vie temporelle du prochain. Nous

1 Lib. contra mendaciwn, cap. m, n° 4, cap. vu, n« 18; Enchiridioa, cap. xxu ; De mendacio, cap. x, xiu, xxi. 1 EnarraU in Paalm., v, n* 7.

346 Humàua x3û»ij«and«ment

« croyons* néanmoins, que l'on obtient frotafleat • « la pardon de ce péché *• »

Il n'est donc jamais permis de mentir, pour quelque cause que ce puisse être ; et, quoique, ta mensonges >y*?n* et officieux ne soient de leur nature que des fautes vénielles* et que le measonge pernicieux ne soit grava qu'autant qu'il cause an préjudice notable au prochain, les eu&irts de Dieu doivent user d'une telle cireenspeeiien dans leurs paroles, que jamais le mensonge ne «oit surpris sur leura lèvres. Il leur suffit de savoir qiee* mortel ou véniel, c'est toujours un péché. Sur ce point il n'y a pas le moindre doute ; les motifs que nous avens présentés le prouvent, l'autorité des saints docteurs nous es convainc. Le Saint-Siège a condamné cette proposition : « Il y a une cause juste d'user d'amphibo- « logies, toutes les fois que cela est nécessaire ou « utile à la conservation de la vie, de l'hotuieur, de « la fortune, ou pour tout autre acte de vertu, de t . « sorte qu'il soit expédient alors de cacher la vérité ft . » Si les paroles équivoques, les restrictions mentales» ne sont pas permises, le mensonge le sera bien moins, puisqu'il est {dus directement opposé à la vérité.

§ 2. — p&ROLfts JQtrrooQtfes : KBSTKto m m aanmiss.

I. Pour comprendre le sens de ce décret du Saint* Siège, il est nécessaire de considérer l'usage que l'oa

* Livre des Mordes sur Job, XVIII, en. ivw

* Décret d'Innocent XI, ann. «STi, pp,

BQUIftQnff, KtTUOTWWI MPfTALBS 3ft7

r fart dans la société de» termes équivoque* et de* «■trierions mentales.

Use parole est équivoque lorsqu'elle" a deux sens:; il peut arriver qu'oo l'emploie dans un sens, et que ceux à qui l'on s'adresse l'entendent dans un am& différent. Nous trouvons un exemple de parole équivoque dans le rérit que nous fait l'Évangile au sujet delà mon de Lazare. «Jésus dit à ses disciples:: «Netre ami Lazare dort, mais je vais l'éveiller. Ses « disciples lui répondirent : Seigneur , s'il dort, il « sera guéri. Mais Jésus entendait parler de sa mort, « au lieu qu'eux pensèrent qu'il leur parlait du som- « mes ordinaire. Jésus dit alors clairement: Lasare «est mort. »

Il y a restriction mentale quand une proposition prise dans ses termes est fausse, mais devient véritable si l'on restreint, par la pensée, le sens des

1 jparotea. Ainsi, qu'un homme pressé de donner de l'argent à un pauvre qui demande l'aumône, réponde : Je n'en ai pat, sa proposition sera fousae, prise dans le sens naturel des paroles, s'il a réellement de l'argent sur lui; elle deviendrait vraie £il ajoutait ces mots : pour vous donner, ou que jepwte *<m drnmtr ; cette réserve, il ne l'exprime pas extérieurement, ii la fait dans son esprit ; on l'appellera <tonc une restriction mentale. Il nous est permis de citer encore ici comme exemple ce que Notre- Seigneur a dit du jour du jugement : « Pour œ qui «est de ce jour et de cette heure, personne n'en sait *rien, ni les anges dans le ciel, ni le Fils \ il n'y a «que le Père. » Il est incontestable que le Fils. de Weu connaît le jour du jugement ; il est donc néess-

îigitifedbyC

saire de sous-entendre, dans la réponse do Notre- ' Seigneur, qu'il ne connaît pas ce jour pour le manifester. Il restreint par là le sens de sa proposition.

Les exemples que nous venons de citer prouvent qu'il y a des équivoques et des restrictions mentales très-légitimes; d'autre part, il n'est pas douteux qu'il n'y ait des équivoques et des restrictions qui ne diffèrent pas du mensonge, et qui ont été trèsjustement condamnées par l'Église ; comment discerner les unes des autres?

IL Les équivoques et les restrictions doivent être condamnées comme des mensonges, quand il n'y a rien, ni dans les usages de la société, ni dans le discours de celui qui parle, ni dans les circonstances où il se trouve, qui avertisse les auditeurs de prendre sa parole dans un sens autre que celui que les termes indiquent, ou du moins de se tenir sur leurs gardes pour n'y être pas trompés. Dans un cas pareil, l'usage des restrictions entratne tous les inconvénients d *

. mensonge, et ne s'en distingue que par une pure subtilité ; la loi divine deviendrait illusoire, s'il était permis de tromper le prochain par ces dissimulations.

Les restrictions mentales et les équivoques sont permises quand les circonstances sont de nature à fixer le véritable sens de la phrase, ou du moins à prévenir l'auditeur de se tenir en réserve, pour ne la

i pas prendre dans un sens contraire à la vérité.

Un domestique ne ment pas quand il répond à celui qui demande si son maître est chez lui : M<#' f eteur n'y est pas; l'usage général détermine le sens de cette réponse, qui n'est au fond qu'une manière

BQUIVOQUBS, RBSTaiCTIONS MKMTALBS 340

honnête de dire que cette personne ne peut pas recevoir au moment où l'on se présente.

Un confesseur interrogé si son pénitent a commis telle faute, s'il lui a déclaré tel péché, ferait bien de répondre simplement qu'il n'a point à s'expliquer là- dessus, et de se tenir dans ce système d'un refus simple et absolu ; mais il ne mentira pas s'il répond : Je ? ignore, je n'en sais rien, puisqu'il ne le sait pas d'une science qu'il puisse communiquer.

Ce que nous disons ici du confesseur peut s'entendre de tous ceux qui, à raison d'un ministère public, sont tenus de garder sous le secret ce qu'on leur a confié ; et même de ceux qui, en vertu d'une promesse faite, ou par un devoir rigoureux de charité, sont obligés, en conscience, de garder le silence sur ce qu'on leur demande.

Il y a une obligation du secret qui nous est imposée par le droit naturel, toutes les fois que nous ne pourrions manifester ce que nous savons du prochain, sans lui causer un vrai préjudice, soit pour sa réputation, soit pour ses iutérêts matériels ou spirituels, et que d'ailleurs nous n'avons aucune raison de faire une révélation.

Nous sommes également obligés au secret en vertu de l'engagement que nous avons pris de ne pas dire ce que nous savions, ou à ne pas communiquera d'autres ce que l'on nous révèle à nous-mêmes. Si, antérieurement à notre promesse, nous connaissions le fait, et que, dans la suite, des motifs d'un ordre su* périeur nous missent dans la nécessité de le manifester, comme, je suppose, dans le cas où l'autorité légitime nous interrogerait, dans celui encore où la

no

cfctrité nous ferait un devoir de parler, il nous sertit permis de révéler le seeret. Au premier instant que Bons a* on» connu la chose de manière à pouvoir la dire, la société a eu te droit de nous en demande* la communication, si des motifs impérieux de bien public le requéraient : or nous n'avons pu nous soustraire à cette obligation, ni priver la société de ce droit, par la promesse que nous avons faite datte la suite, car il n'est ni permis ni même possible de s'engager ainsi pour l'avenir d'une manière absolue. La promesse nous lie sans doute, elle doit être respectée ; mais cette promesse n'a pu se faire que sous les «•serves que bous indiquons ici.

Nous ne sommes pas aussi facile à admettre des réserves pour les secrets qu'on nous a communiqués sous la condition préalable que nous les garderons fidèlement. Ceci a lieu non-seulement quand on s'adresse à des hommes publics, tels que ceux dont nous arvons déjà parlé, mais de plus toutes les fois que l'oa recourt à une personne dans le but de recevoir d'elle les conseils, la consolation, le soutien dont en a besoin, et que dans cette vue on lui confie, sous la garde du secret, la connaissance d'une chose qu'elle ignorait. Le secret est alors un véritable dépôt : c'est le bien propre de celui qui Ta confié; on ne peut s'en servir sans son agrément. Il n'a pas donné son secret, il l'a seulement confié; il doit lui appartenir tou~ entier.

Le bien? public, autant que la sainteté des engagements contractés, demande que le dépôt ne soit pas *iolé. Il y a sans doute des cas particuliers où il semblerait nécessaire de révéler ces secrets, soit pour

èQumwuw, mmamam mïntalbs ffci

obéir aux injonctions de l'autorité, «rit pour détourner les maux dont sont menacées des personnes auxquelles nous portons intérêt ; mais, si nous nous élevons de la vue de cet intérêt particulier à un principe général, nous verrons bientôt et nous demeurerons convaincus qu'un intérêt tout autrement grave exige que bous lui sacrifiions ces considérations particulières. Le bien public demande, en effet, qu'il j ait dans la société des hommes auxquels on puisse s'adresser avec une confiance entière pour recevoir d'eux les conseils dont on a besoin, dans tes circonstances délicates où l'on peut m trouver, soit pour la conscience, soit pour de graves intérêts de famille.

Combien peu de personnes qui puissent se suffire à elles-mêmes, et qui n'aient pas quelquefois, dans la vie, besoin de recourir à un ami fidèle, à un homme sage et expérimenté ! Si vous voulez que cette veie 4 soit ouverte, il faol que Ton puisse y entrer avec une sécurité entière, et qu'en déposant un secret qui pourrait compromettre, on doive compter air la discrétion parfaite de celui à la conscience duquel on le confie; il faut donc que cette sorte de secrets soit inviolable.

Revenant maintenant au point dont nous étions pasrti, nous dirons que ceux qui, à quelque titre que ce soit, sont obligés de garder un secret, peuvent dans la pratique, si on les interroge sur ce point, user de réserve, de détours, de paroles équivoques et de ces restrictions qui, sans tromper le prochain, lui laissent cependant ignorer ce que l'on ne veut pas et ce qu'on ne doit pas lui dire. Un honnête homme ne doit attendre de nous que des communications que notre

362 HUmÈMH COMMANDEMENT

conscience nous permette de lui faire et qui ne soient pas de naturo à nous compromettre; c'est une condition nécessairement sous-entendue dans la conversation. Lors donc que nous répondons que nous ne savons pas, que nous ignorons telle chose, ceux qui nous questionnent doivent simplement conclure ou que nous ne la savons réellement pas, ou que nous sommes relativement à eux comme si nous l'ignorions, par la nécessité morale où le devoir nous met de ne la point faire connaître.

Il y a d'autres circonstances où l'usage permet d'employer des expressions qui paraîtraient au premier abord des mensonges, et qui n'en sont point, parce que le sens en est assez déterminé pour qu'elles ne doivent tromper personne.

En dehors de ces cas déterminés par l'usage , et quand nulle nécessité ne commande la réserve, nous devons parler avec simplicité, parce que, rien alors « n'avertissant les auditeurs de se tenir sur leurs gardes, ils doivent prendre nos paroles dans le sens le plus naturel, et que nous les tromperions par des équivoques. Les hommes qui s'enveloppent de mystères; qui mettent tant de finesse dans leurs paroles et qui ont toujours quelque arrière-pensée, s'éloignent de l'esprit chrétien; ils se rendent' insupportables dans la société.

Page 1