‹ Cours d'instructions familières (volume 2)Chapitre 10 sur 43 · INSTRUCTION X · texte numérisé non relu

INSTRUCTION X

De la pénitence. — De la donlear snrnaf nielle.

Lors même que la douleur de nos péchés a proprement sa source ns ie cœur et dans une volonté pleinement détachée du péché , -pendant elle ne sera pas capable de produire la grâce du sacrement , si elle n'est pas excitée en nous par les motifs qui doivent .a produire. La contrition ne doit pas donc être seulement hué-

DES SACREMtsîSr* G7

rçreure comme je vous l'ai expliqué dernièrement, il faut encore qu'elle soit surnaturelle : car la rémission des péchés et la grâce it un don surnaturel , la douleur, qui est la disposition prochaine pour obtenir cette grâce , doit correspondre à cet effet et être du même ordre, et conséquemment surnaturelle aussi. Voyons donc ce que Ton doit! entendre oar une douleur surnaturHIc

D'après l'enseignement des théologiens , elle doit être surnata» relie sous un double rapport, et quant aux motifs qui l'excitent en nous , et quant aux principes d'où elle vient. Elle doit venir de Dieu et être excitée en nous par sa grâce : c'est un article de foi que sans le secours de Dieu et par nos forces naturelles, nous sommes incapables de l'avoir. Nous traiterons ce second point plus en détail dans une autre instruction ; pour aujourd'hui je me contenterai seulement de vous montrer que la contrition doit être surnaturelle dans ses motifs , c'est-à-dire que ces motifs doivent être surnaturels et non pas naturels.

Distinguons d'abord deux sortes de motifs qui peuvent produire la contrition, les uns naturels et les autres surnaturels.

Les motifs naturels de repentir sont tous les torts, les malheurs, les pertes que le péché nous attire ici-bas , comme la perte de l'honneur, des biens, de la santé, la honte du vice, la tyrannie des passions, l'inquiétude , la tristesse et la confusion , la syndérèse et le remords. Une douleur excitée par de semblables motifs est appelée douleur naturelle. Telle fut celle de Saûl, qui ne provenait que de la crainte de perdre l'estime du peuple et la couronne ; telle fut celle d'Antioehus, qui n'était excitée que par le désir d'être délivré des affreux châtiments dont Dieu l'avait frappé : telle est aussi celle d'une foule de pénitents qui se présentent au tribunal arec des soupirs et des larmes , mais qui dans le fond, si on les examine de près, montrent assez que tout le sujet de leur douleur, ce sont les misères et les malheurs qu'ils se sont attirés par leurs péchés.

Or, je dis que si vous vous repentez de vos fautes pour un de ces motifs, lors même que votre repentir serait parfaitement vrai et sincère, il est inutile. Combien y en a-t-il qui en sentant ainsi par leur propre expérience le poids de leur péché , maudissent le jour et l'heure où ils ont péché ? Mais ces sentiments n'honorent pas Dieu et n'ont aucun mérite devant lui : ils n'obtiennent pas le pardon du péché, parce qu'ils viennent de motifs trop bas et qu'ils

constituent une douleur tout humaine, telle que pourrait 1'avoh un païen qui n'aurait aucune connaissance de Dieu.

Je ne veux cependant pas dire que de tels sentiments soient à mépriser. Ils sont utiles et avantageux, ils inspirent la haine et l'horreur du péché, et par conséquent ils ouvrent la voie à la conversion. Dieu lui-même ne se sert-il pas des disgrâces temporelles pour nous faire rentrer en nous-mêmes et nous ramener à la vertu ? Ces malheurs peuvent donc bien servir d'occasion au repentir , mais ils ne doivent pas en être tout le motif. L'enfant prodigue n'aurait jamais pris la résolution de retourner vers son père, s'il n'avait pas été réduit aux horreurs de la faim et de la misère. Ce fut le motif qui lui donna la pensée du retour, mais ce ne fut pas le motif dt son repentir. Le vrai motif de son repentir fut la bonté de ce père qu'il avait quitté, et l'indignité de sa propre conduite ; c'est en. effet celui qu'il exprime clans ces paroles : Pater, peccavi in ctf«lum et coram te , jam non sum dignus vocari filius tuus. (Luc. w, 18.) Appliquons ceci à votre cas : les suites temporelles, les malheurs et les afflictions dans lesquels vos péchés vous ont jeté, peuvent bien vous servir de motif pour retourner à Dieu ; mais ilsne doivent pas constituer toute la raison de votre repentir. En reconnaissant que ces châtiments vous viennent de la main vengeresse de Dieu et qu'il vous les envoie pour vous corriger, vous devez arriver à détester vos péchés par rapport à lui, je veux dire par les motifs de la révélation, par des motifs connus et crus parla foi.

Ces motifs peuvent être différents, selon les divers points de vue sous lesquels la foi nous présente l'énormité, la malice et les dangers du péché. Cependant, pour vous donner un motif qui les embrasse et les réunit tous, il suffit de dire qu'il faut détester ïe péché parce qu'il offense Dieu ; c'est en ce sens que David le comprit et le détesta : Peccavi Domino ,• tibi soli peccavi; il ne dit pas autre chose.

Cependant , comme ce Dieu que nous avons offensé peut être considéré ou comme bon en lui-même par son amabilité intrinsèque et infinie, et comme bon pour nous , parce qu'il est le premier auteur de tous nos biens et la première source de toute notre félicité, ainsi de ce double point de vue proviennent deux sortes de douleur : la contrition et l'attrition. Toutes les deux sont surnaturelles , mais l'une est plus parfaite que l'autre. Remarquez bien cette différence, parce que l'effet est aussi différent.

Si le repentir est excité dans votre cœur par le motif que vous avez offensé un Dieu souverainement bon en lui-même , un Dieu infiniment aimable et digne par lui-même d'un amour infini, d'un amour tel , que vous ne cesseriez pas de haïr le péché comme le souverain mal, lors même qu'il n'y aurait pour vous ni enfer à craindre ni ciel à espérer , une telle douleur, produite par la charité surnaturelle , c'est-à-dire par le pur amour de Dieu , est un acte de contrition parfaite. Et cet acte est tellement agréable au Seigneur, qu'il a la vertu de détruire et d'anéantir dans rame tous les péchés dont elle peut être coupable, de les détruire à l'instant même, et de la remettre parfaitement en grâce avec Dieu avant même de s'approcher du sacrement. Et, en effet, il n'est pas possible qu'une personne revienne à Dieu avec un tel sentiment d'amour, sans que Dieu la regarde avec la même charité ; mais l'amour de Dieu envers nous ne peut exister avec le péché ; il est toujours accompagné de la grâce sanctifiante : Qui diligit me, diligetur à Pâtre meo. (Joan. xiv, 21.) 11 arrive donc aux âmes qui sont dan* cette disposition ce qui arriva aux dix lépreux de l'Evangile : pendant que , par l'ordre de Jésus-Christ , ils allaient se présenter aux prêtres pour être guéris de leur lèpre , ils ,>o trouvèrent tout-à-coup guéris et purifiés au milieu de leur route : pàm irent, mundali sunl. ( Luc. xvn, 14, )

Cependant, ces âmes ne doivent pas pour cela se croire exemptes de l'obligation de st confesser : premièrement , parce qu'elles ne sont pas certaines de la contrition parfaite . qui est un don trèsrare ; et ensuite, parce que. si leur contrition est véritable , elle doit renfermer la résolution de se confesser.

Si, ei; second lieu, vous vous excitez à détester vos fautes parce que vous avez offensé un Dieu qui est votre souverain bien, parce que le péché vous prive de la grâce, de l'amitié de Dieu , de la qualité d'enfant de Dieu et de l'héritage du ciel, parce qu'il vous expose à des malheurs infinis dans l'enfer, cet acte est. appelé acte de contrition imparfaite ou d'attrition. On l'appelle imparfaite, non qu'elle soit une douleur mauvaise ou inutile, comme l'ont prétendu certains hérétiques , mais parce que son motif est moins oarfait que le premier, puisqu'il est produit par un amour d'espérance, ou autrement par un amour intéressé.

D'ailleurs, si cette, douleur n'est pas capable de sanctifier par elle-même, parce qu'elle n'est pas assez parfaite, elle produit la grâce quand elle est jointe au sacrement, pourvu toutefois qu'elle

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exclue ia volonté de pécher: Si voluntatein peccandi excluant, dit le concile de Trente.

Cette condition, formellement exprimée par le concile, nous apprend que l'attrition excitée par la crainte de l'enfer et de ses supplices, ex gehennœ et pcenarum metu, peut exclure la volonté de pécher ou ne pas l'exclure. Elle peut Yexclure ; on ne peut donc soutenir l'opinion des théologiens qui prétendent que l'atirition, excitée par cette crainte , n'a pas la vertu de changer la volonté du pécheur et de détruire en lui l'affection peccamineuse ; et qui, pour cela, la déclarent incapable de produire la grâce, même dans le sacrement. La déclaration du concile de Trente doit pour nous avoir plus de poids que toutes leurs raisons ; car on ne peut pas supposer que le saint concile ait donné une condition chimérique et impossible à réaliser.

Mais si î'attrilion peut exclure l'affection au péché, elle ne l'exclut cependant pas non plus toujours pour cela. En effet, elle ne l'exclut pas lorsque, vous repentant de vos péchés par la crainte de l'enfer, vous n'avez en vue que la peine directement et en ellemême, sans haïr la malice du péché par rapport à Dieu, qui a décrété cette peine : Malitiam autp.m non odivit. Une douleur de cette nature n'est assurément pas suffisante pour obtenir le pardon du péché, même lorsqu'elle est unie au sacrement.

La raison en est qu'une pareille douleur est une douleur mercenaire et servile qui peut fort bien s'allier avec l'affection au péché. Quiconque , en effet , s'abstient d'une chose uniquement par la crainte d'être puni, la ferait s'il n'avait à craindre aucun châtiment , et cette disposition à la faire est une disposition mauvaise et permanente dans son cœur. Le voleur et l'assassin s'abstiennent bien aussi quelquefois du crime, uniquement par la crainte du bagne ou de la potence : dira-t-on pour cela qu'ils haïssent véritablement le vol et l'assassinat ?

En un mot , vous craignez , dit saint Augustin, parlant sur ce sujet, v©us craignez de brûler, mais vous ne craignez pas de pécher : Times ardere et non limes peccare ; et il confirme sa pensée par la comparaison frappante d'un loup qui rôde autour d'un troupeau de brebis pour en enlever une, mais qui, épouvanté par les menaces du berger arnu d'un bâton et par les cris des chiens, abandonne son entreprise et se retire en tremblant : direz-vous pour cela, continue le Saint, que ce loupa changé de caractère eî ■fle volonté ? Non . sans doute , c'est toujours îe même loup , ton-

iours également avide de sa proie, soit qu'il attaque le troupeau, w)it qu'il fuie' : Lupus fremens, lupus tremens, semper lupus, Ainsi devons-nous juger de cette sorte de pénitents. Epouvantés à la vue des châtiments éternels qui les attendent, ils renoncent a", péché ; mais ils y renoncent par force , gardant toujours dans le cœur le désir et la volonté de pécher , s'ils pouvaient le faire impunément. Ils voudraient, en un mot , d'une certaine volonté implicite, qu'il n'y eût point d'enfer, pour pouvoir pécher librement. Et cela pourra s'appeler haïr le péché, être détaché du péché !

Autre chose est donc de ne craindre que l'enfer, et autre choss de se résoudre, par la crainte de l'enfer, à haïr le péché et l'outrage fait à un Dieu juste qui punit ce péché par des châtiments éternels. Ce second motif est nécessaire pour que l'atlrition nous obtienne le pardon de nos péchés dans le sacrement de pénitence.

Une autre condition qui n'est pas aussi certaine que celle-là, mais qui est cependant assez fondée, et à laquelle il faut s'attacher dans la pratique, c'est que l'atlrition doit renfermer un principe et un commencement d'amour de Dieu ; soit que cet amour soit u:i amour de charité proprement dit, excité par la bonté intrinsèque; et absolue de Dieu en lui-même ; soit que ce soit un amour c'.e reconnaissance produit par la vue de sa bonté à nous accueillir et à nous pardonner, malgré notre indignité; soit enfin que ce soit ru amour d'espérance, produit par l'attente du souverain bonne; r qu'il nous prépare. Comme l'Eglise n'a rien décidé sur la nature de cet amour, je ne me permettrai pas de le décider non plus : je me contente de vous dire qu'il exige une tendance affeclueu .3 de notre cœur vers Dieu.

Et en effet, laissant ici de côté les questions scholastiques , q;i ne servent ordinairement qu'à embrouiller et à obscurcir les questions les plus claires, et consultant seulement les lumières de Sa raison, comment peut-on s'imaginer pouvoir devenir ami de Dieu sans l'aimer ? Donneriez-vous votre amitié à quelqu'un qui ne vobb montrerait aucune affection ? Et s'il y a une circonstance où nous devionséprouver un tel amour, n'est-ce pas alors que Dieu daigne nous rendre sa grâce, tout indignes que nous en sommes? Es outre, l'amour de Dieu, qui est le premier commandement de l loi, maximum mandatum, qui doit animer toute la vie du chrétien, qui est incontestablement nécessaire pour être sauvé, ne (.oit-il pas encore être plus nécessaire pour apaiser le Seigneur et rentrer e:i grâce avec lui ? Il me semble même que dan? ce cas U

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conscience des outrages que nous lui avons faits, et le désir d'en obtenir le pardon, devraient donner une plus grande vivacité el une plus grande ardeur à notre amour. Je vous laisse le soin dt bien peser ces réflexions.

En attendant, si nous ne voulons pas exposer, sur des opinionj incertaines, et la validité du sacrement et notre salut, tâchonî d'accompagner toujours notre douleur d'un sentiment d'amour poul Dieu.

Et pour arrivera la pratique, commençons par l'attrition, qui est plus facile, et efforçons-nous ensuite d'arriver à la contrition , qui est plus diflicile. Les motifs de ces deux espèces de douleurs ne s'excluent pas ; mais au contraire ils se fortifient mutuellement. Il n'est pas nécessaire , en effet, pour faire un acte de contrition, d'exclure toute vue de Votre propre intérêt ; mais il est indispensable de ne pas vous arrêter à ce motif et de renfermer dans cet acte et la bonté de Dieu par rapport à nous , et sa bonté en lui-même. Je ne suis donc pas d'avis qu'en vous excitant au repentir de vos péchés, vous vous exprimiez en ces termes : Seigneur, je me repens de mes péchés, non à cause du ciel que f ai perdu, nia cause de C enfer que j'ai mérité , mais uniquement à cause de C offense que j'ai faite à votre infinie bonté. C'est un langage qui peut être sincère dans un moment , dans un transport de sublime charité; tant de saints brûlants d'amour de Dieu ont éprouvé une pareille douleur : mais pour un grand nombre de personnes , il y aurait beaucoup à craindre que ce langage ne fut que sur les lèvres et non dans le cœur. Comment, en effet, pouvez-vous être indifférent à la perle du souverain bien et à la possession du souverain

mal?

Repentez-vous donc aussi par la vue du bien éternel que vous avez perdu et du mal éternel que vous avez mérité ; mais que ce ne soit pas là l'unique motif de votre attrition ; faites-vous-en comme une échelle pour arriver à la bonté de Dieu, qui est prête et disposée à pardonner un si grand mal et à vous donner un si grand bien. C'est sur celte bonté et sur ce Dieu que vous devez fixer votre esprit et votre cœur. Faites que Dieu offensé, Dieu infiniment bon en lui-même soit le premier et le principal motif de votre douleur, et alors votre contrition sera une contrition très-parfaite.

Et pour me faire encore mieux comprendre sur un point si important , remarquez la progression des actes par lesquels on peut arriver, comme par autant de degrés, à une douleur parfaite.

Après avoir médité la grièveté et la multitude de nos fautes, commençons à effrayer notre âme par la crainte des jugements de Dieu que la foi nous représente ; disons-nous à nous-mêmes : Dieu pouvait me frapper de mort dans cet état ! Où serais-je maintenant, s'il Pavait fait ? Dans l'enfer , livré à un désespoir éternel : Nisi Deus adjuvisset me , paulominùs in inferno habitâsset anima mea. (Ps. xcm, 17.) Combien il y a , dans cet enfer, d'âmes moins coupables que moi !

Réfléchissons ensuite que Dieu nous a supportés et nous supporte encore par pure bonté, parce qu'il a des vues et des desseins de miséricorde sur nous : Expectat ut misereatur nostri. Ou ! quelle bonté de la part de Dieu à l'égard d'un pécheur aussi indigne ! Et j'ai pu outrager un Dieu si bon ? Voilà comment la crainte de l'enfer, qui seule et par elle-même ne suffit pas, si elle est purement servile, pour former un acte de contrition, commence cependant à faire entrer dans notre cœur un peu de regret et de remords d'avoir ofi'ensé un Dieu si patient, si bienfaisant, si plein d'amour pour nous, un Dieu qui, malgré tous les outrages que nous lui avons laits, nous tend encore les bras et nous offre encore ses miséricordes.

Pour exciter toujours plus en nous ces regrets et ces remords, allons plus loin et considérons ce qu'est Dieu et ce que nous sommes , quelle est la bonté de ce tendre père pour nous , et quelle est l'ingratitude de ses enfants envers lui. Méditons surtout avec soin le grand bienfait de la rédemption , et rappelons-nous comment Jésus-Christ est descendu du ciel sur la terre, comment il est mort sur une croix , nous figurant que nous le voyons à l'agonie et rendant le dernier soupir, pour nous sauver et nous conduire avec lui dans le ciel, quoiqu'il n'eût aucun besoin de nous.

Ces réflexions nous feront toujours plus sentir l'indignité de notre conduite envers un Dieu si plein d'amour pour nous , elles changeront notre cœur, elles nous inspireront la haine et l'horreur du péché, et nous forceront à nous dire en nous-mêmes : Oh ! quel grand mal j'ai commis! Quelle ingratitude ! Avoir offensé un Dieu si bon , un père si tendre ! Je m'en repens ; je voudrais bien ne l'avoir pas fait; je le regrette de toute mou âme et de tout mon cœur.

Jusque-là, il n'y a pas encore la contrition ; mais de la considéra- «ï-on de la bonté de Dieu envers nous , il est facile d'aller plus loin, de considérer la grande bonté de Dieu en lui-même , de compren-

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dre combien il mérite lui-même d'être aimé. Si Diea est si bon envers moi qui suis si méchant, s'il est si aimant pour un être si ingrat, quoiqu'il n'ait aucun intérêt à m'airaer et à me faire du bien, oh ! il est donc un Dieu d'une bouté infinie , d'une bonté sa;si. borne et sans mesure,! Et je pourrais ne pas l'aimer ! J'ai mène ef) l'audace de l'olfenser si souvent ! Hélas ! pourquoi mon cœ>u- n'a est-il pas brisé de douieur ? Mais, ô mon Dieu, plus de péché; mai i'amour et l'amour seul : Deus cordis viei el pars mea Deus in iœcula: Deus meus et omniu. Voilà la contrition produite parie parfait amour de Dieu.

Telle est, chrétiens, la méthode à suivre pour donner à notre douleur la pï.is grande intensité possible et la rendre parfaite. Deux raisons doivent nous porter à ne pas la négliger.

D'abord , en prenant cette marche, si nous n'avons pas toujours une douleur accompagnée de cette charité parfaite qui justifie même avant la réception du sacrement, nous pourrons au moins espérer d'avoir celle qui justifie dans le sacrement. Si, au contraire, nous voulons nous contenter de l'attrition, nous nous exposerons au danger de ne l'avoir pas même suffisamment pour être justifiés dans le sacrement.

Ensuite, il pourrait vous arriver de vous trouver en danger de mort sans pouvoir vous confesser, soit par défaut de temps, soit par défaut de confesseur : or, dans ce cas, il ne vous resterait d'autre moyen de salut que la contrition parfaite. Mais pour l'avoir lorsque vous en aurez besoin, il faut vous y habituer, car il est bien difficile que vous puissiez faire alors une chose que vous n'avez jamais faite, et qui d'ailleurs n'est pas si facile.

Que celte instruction vous apprenne donc à vous exciter tonjours vivement à la contrition , lorsque vous vous approchez d ". tribunal de la pénitence , surtout en méditant et en considéra que la bonté intrinsèque de Dieu mérite que nous l'aimions autan: que nous en sommes capables.

De cette manière , il ne vous restera aucun doute sur la valeur de cette contrition, et vous pourrez même entendre au fond de votre cœur les douces et consolantes paroles nue Jésus-Christ adressa autrefois à Madeleine : Remiituntur et peccata milita , quoniam dilexit multùm,

BES SACaEKENïS. 75

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fte la pénitence. — De la donlenr universelle et onverain©.

Nous avons déjà vu que la douleur de nos péchés doit être inté* Tieure et surnaturelle , il nous reste à examiner ses deux autres qualités : elle doit être de plus , comme je l'ai dit en commençant, iiaiverselle et souveraine. Ce sont ces deux qualités que nous allons examiner aujourd'hui.

Quand on dit que la douleur doit être universelle, on entend qu'elle doit s'étendre à tous les péchés mortels sans exception. Je dis à tous les péchés mortels; car pour les péchés véniels, quoiqu'il soit souverainement désirable, surtout pour un chrétien qui aime Dieu, de se repentir de ces sortes de péchés qui, quoique véniels , sont cependant toujours des offenses à Dieu, au moins des plus notables et des plus graves, cependant, à la rigueur, cela n'est pas absolument nécessaire, puisqu'ils ne privent pas de la grâce sanctifiante, et qu'ils peuvent être effacés par d'autres moyens que par l'absolution.

Mais pour les péchés mortels que l'Ecriture sainte appelle iniquités , afin de les distinguer des autres, il n'y a point d'exception. L'Esprit saint ne nous permet pas d'en douter : Projicite, dit-il, omnes iniquitates vestras ; agite pœnitentium de omnibus iniquitatibus vestris. (Ezech. xvni, 31.) La raison elle-même nous l'assure, car chaque péché mortel est absolument incompatible avec l'amour et avec la grâce de Dieu; Dieu ne peut donc les pardonner les uns sans les autres , comme nous ne pouvons [as les détester les uns sans les autres.

Si vous eu exceptez un seul, la douleur que vous vous imaginez avoir des autres, serait fausse et illusoire ; on ne pourrait plus l'appeler surnaturelle; en voici la raison : de la même manière que celui qui croit tous les articles de foi, excepté un seul, n'a plus la foi, parce que le motif de la foi étant surnaturel , c'est-à-dire, \z révélation de Dieu, embrasse tous les articles et n'admet aucune ex*

cepiion; ainsi, quiconque déteste tous ses péchés excepté un, n'a plus de contrition , puisque le motif surnaturel de la contrition étant l'offense de Dieu, il embrasse tous les péchés et n'admet aucune exception. Il faut donc nécessairement les détester tous.

Mais quel est le chrétien , me direz-vous, qui, se repentant de ses péchés, ne voudrait pas se repentir de tous ? Gela ne paraît pas possible. Et cependant, dans la pratique , on fait beaucoup d'exceptions, sinon de bouche, au moins de cœur. Savez-vous quand cela arrive? C'est lorsque le pénitent se trouve coupable de quelque péché auquel il est attaché par des liens particuliers ; péché qui enchaîne spécialement son cœur et qu'on peut appeler en toute vérité son péché favori. Alors il déteste facilement les autres auxquels il est moins attaché , et dont il attend moins de plaisir ou d'avantage ; mais il conserve secrètement un fond d'affection et d'amour pour ce péché qui le domine davantage : voilà le péché qu'il voudrait épargner.

Pour l'un, ce sera une sordide avarice, qui si par miracle , elle ne le porte pas à l'injustice, à la fraude et au vol , le rend au moins tout-à-fait tenace, sans charité envers les pauvres , dur et exigeant avec sa famille, devient une source intarissable de plaintes et de murmures par la parcimonie excessive avec laquelle il fournit aux besoins de la maison et par le refus de faire les dépenses les plus nécessaires et les plus indispensables.

Pour un autre, ce sera une secrète jalousie conçue et entretenue dans son cœur contre quelqu'un. Si cette jalousie ne se traduit pas au dehors par des hostilités et des vengeances évidentes, ell<> produit cependant à tout instant en lui des sentiments assez graves de malveillance, de haine, surtout dans les circonstances où il lui arrive de voir son ennemi et de s'en souvenir, sentiments incompatibles avec la charité chrétienne etblessant notablement cette venu.

Pour un autre, ce sera une affection sensuelle, une liaison criminelle avec une personne de différent sexe ; une liaison peut être exempte de certaines infamies et de certaines turpitudes, mais qui, malgré cela, est pour lui une source continuelle de complaisances impures et de désirs sensuels gravement peccamineux.

Ces péchés et les autres vices particuliers sont précisément ceux qu'on se cache dans son examen et qu*on aû'ecte de ne pas voir , par la crainte de trouver cette plaie qu'on ne veut pas guérir ; ce sont aussi ceux dont on ne s'occupe pas en s'excitant à la contrition; on les considère comme rien «n comparaison d'autre* bien

moins graves, parce que le cœur y tient plus fortement et qu'il ne voudrait pas y renoncer.

liais si votre douleur doit être universelle, elle ne doit donc pas les exclure; elle doit même comnencer par ceux-là , puisqu'ils so:it la grande plaie de votre conscience et la source ordinaire des autres péchés. Ce sont précisément ceux auxquels vous vous seniez plus spécialement attachés, que vous devez avoir en vue d'une manière particulière dans votre contrition. Vous, avares, vous devez surtout détester vos avarices , vos concussions , vos gains illicites ou tout, ou moins douteux pour la conscience ; vous, ambitieux , les profusions et les dépenses que vous faites au préjudice de tant de créanciers que vous ne payez jamais ; vous , sensuels, vos liaisons criminelles el vos passions brutales; vous, vindicatifs , vos emportements , vos rancunes et vos haines acharnées ; vous , ivrognes , vos ivrogneries et les mauvaises maisons que vous fréquentez. Je vois bien qu'il vous sera difficile de vous décider au sacrifice de vos inclinations et de vos affections ies plus chères ; mais enfin, conserver l'affection à un seul péché, c'est les garder tous sur votre âme et vous attirer la malédiction que mérita Saiil, lorsque Dieu lui ayant ordonné de passer tous les Amaléciies au fil de l'épée, il voulut épargner le roi.

Ce roi épargné vous représente d'une manière frappante votre péché de prédilection, votre passion dominante. Projicite donc , vous dirai-je avec le Saint-Esprit', omnes iniquitates vestras, si en vous confessant vous avez pour but de vous réconcilier véritablement avec Dieu, et non pas seulement d'endormir votre conscience et d'étouffer ses remords par une confession purement hypocrite. Je n'en dis pas davantage, persuadé que vous comprenez suffisamment cette troisième qualité, et je passe à la dernière.

La douleur du péché, enfin, doit être souveraine ; elle doit nous faire détester le péché plus que tout autre mal ; si elle n'arrive pas à ce degré , elle ne sera jamais suffisante pour le sacrement. La raison en est que la douleur doit avoir une certaine proportion avec la grandeur du mal, qui est le péché. Or, comme h? péché est le plus grand de tous les maux, et même un mal infini en tant qu'il s'opposeià Dieu, bien infini, et qu'il nous fait perdre ce Dieu et mériter l'enfer , le plus grand de tous les malheurs ; ainsi on devrait le haïr, s'il était possible, d'une haine infinie ; mais comme nous sommes incapables d'une telle douleur , il faut au moins que la nôtre soit supérieure a toutes les autres douleurs ;

autrement nous ne ferions ni de Dieu ni de notre âme l'estime que nous devons, puisqu'il y aurait au monde quelque chose que nous détesterions plus ou autant que le péché.

Nous devons donc être plus fâchés d'avoir offensé Dieu, d'avoir perdu sa grâce et son amitié, que nous ne le serions de la perte de tous nos biens, de l'affront le plus sanglant, de la perte de la personne qui nous est la plus chère au monde, et même de la perte de notre propre vie. Et quoiqu'il ne soit pas nécessaire de descendre on particulier à ces comparaisons , de parcourir par la pensée les autres mau\ et de nous dire à chacun , que l'offense de Dieu nous touche et nous peine plus que tel ou tel malheur, ce qui pourrait devenir dangereux, il est cependant nécessaire, pour la contrition, que nous haïssions et que nous détestions plus le péché que toute autre chose.

Mais s'il en est ainsi, me dira quelqu'un, j'ai bien sujet de me défier de ma douleur ; car , à dire vrai, il ne me semble pas de sentir pour l'offense de Dieu l'affliction que j'ai éprouvée et que j'éprouve encore dans les malheurs temporels. Ceux-ci me touchent bien plus vivement que l'offense de Dieu. Comment oserai-je donc me flatter que ma douleur est souveraine ou supérieure à toute autre douleur ?

Je comprends parfaitement ce que vous voulez me dire. Or, je dois ajouter, pour votre instruction et en même temps pour votre consolation, que lorsque nous disons que la douleur doit être supérieure à toute autre, nous entendons qu'elle doit être supérieure, non par une certaine affection tendre et sensible, mais par la préférence et l'estime, dans le même sens que nous disons de l'amour de Dieu qu'il doit être supérieur à tout autre amour. Pour accomplir le* précepte d'aimer Dieu par-dessus [tout, il n'est pas nécessaire d'avoir pour lui cet amour sensible que nous éprouvons pour les personnes qui nous sont chères : il suffit que l'amour de Dieu nous rende dans la pratique disposés à préférer toujours Dieu et son amitié à toute espèce de personne , de plaisir et d'intérêt. Voilà l'amour qu'on appelle appréciatif, c'est-à-dire amour d'es- *: ne, amour solide, sage et raisonnable qui dans la conduite nous fait préférer Dieu à tout le reste. Si nous avons cette disposition intérieure, nous aimons véritablement Dieu par-dessus tout , lors même que peut-être nous n'éprouverions pas pour lui cette affection sensible que nous éprouvons pour d'autres choses.

Or, il faut dire la même chose de la douleur d'avoir oQ'ensé Dieu;

peur qu'elle soit souveraine, il n'est pas nécessaire qu'elle soit la plus sensible ; il suffit qu'elle produise en nous celte disposition de pouvoir dire avec sincérité : je voudrais ne pas avoir offensé Dieu, quel que fût le ma! qui me fût arrivé en ne l'offensant pas , quel que soit le bien que j'aie retiré du péché, et je suis fermement résolu, quoi qu'il m'en coûte , de ne plus l'offenser. Cette préférence est assez formellement exprimée dans cette formule ordinaire, qui est excellente, si elle est dite de cœur : Je voudrais plutôt être mort que d'avoir offensé Dieu. Par là on préfère la perte du plus grand des biens temporels, qui est la vie, à la perte de la grâce de Dieu et au péché. C'est ainsi que la douleur peut être au fond et en elle-même supérieure à toute autre, quoiqu'elle ne le soit pas dans la vivacité du sentiment. Un exemple bien familier va vous faire toucher au doigt cette vérité.

Voyez une mère qui à deux enfants , l'un encore jeune, tout petit, et l'autre déjà grand et raisonnable ; vous la voyez déployer autour du premier toutes les industries , les attentions , les .soins de sa tendresse ; on dirait qu'elle ne pense pas à l'autre. Direzvous pour cela qu'elle soit plus attachée au petit qu'au grand ? Non, certainement. Arrive le cas où elle soit réduite à l'inévitable nécessité de perdre l'un ou l'autre , elle préférera perdre le premier plutôt que le second, parce que, quoiqu'elle ait pour le petit plus de tendresse sensible, elle estime cependant plus l'aîné, parce qu'il est déjà formé et qu'il est déjà le soutien et l'appui de la maison ; cependant elle se décidera avec peine , à la vérité , mais avec raison, à en faire le sacrifice pour conserver l'aîné à la famille. Voilà comment il peut y avoir dans la douleur une véritable préférence, sens que cette douleur soit plus vive par le sentiment.

Ne vous affligez donc pas si votre cœur n'éprouve pas ces mouvements tendres et sensibles qui résident dans la partie sensitive de nous-mêmes ; il suffit que la conscience vous rende le témoignage sincère que vous haïssez le péché comme le plus grand de tous les maux, et que vous êtes prêts à tout plutôt que d'y retomber.

Permettez-moi, cependant, de faire ici une observation trèsjuste : la doctrine que je viens de vous exposer est très-vraie en spéculation ; cela n'empêche cependant pas qu'il ne faille attribuer à notre peu de foi cet état de sécheresse et d'aridité extrêmes, pour ne pas dire d'insensibilité et de stupidité surprenantes], dans lequel nous laisse la vue et la considération de nos fautes. Est-il

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possible, en effet, qu'un si grand mal que le péché , un mal d* vant lequel tout autre mal ne mérite pas ce nom, ne produise pas en nous ces émotions, ces sentiments et ces regrets que nous font éprouver les affections temporelles ; que nous ne poussions pas un gémissement , un soupir ; que nous ne versions pas une larme pour ces fautes si énormes, tandis que nous sommes inconsolables de la perte de nos biens, de la mort d'un parent , d'un ami ou d*u:ie autre personne qui nous est chère ? D'où cela vient-il ? De ce que nous ne sommes pas pénétrés d'une foi vive sur la grandeur de ce mal ; sans quoi nous éprouverions bien certainement ces vifs sentiments de componction et de douleur que l'histoire sainte nous fait admirer dans tant d'illustres pénitents. D'où je conclus que si l'absence de ce degré de douleur sensible ne doit pas par elle-même nous inquiéter et nous faire défier de la vérité et de l'intensité de notre douleur, ce sera cependant tosjours pour nous un juste sujet d'humiliation et de regret devant Dieu, de nous sentir si peu émus et si peu touchés de l'outrage que nous avons fait à Dieu , tandis que, dans tant d'autres occasions, pour les choses de la terre , et souvent pour des bagatelles, nous montrons la plus grande affliction et la plus vive sensibilité.

Voilà les quatre qualités requises pour la contrition. Toute douleur qui manque d'une de ces conditions est une douleur essentiellement défectueuse, ou quanta l'essence, ou quant au motif, ou quanta l'étendue, ou quant au degré. Beaucoup d'auteurs respectables en ajoutent une autre : ils veulent que cette douleur soiï accompagnée de l'espérance du pardon, ou qu'elle soit confiante. Il semble que cette espérance doit se supposer dans quiconque s'approche du sacrement, comme on doit lui supposer la foi.

Cependant, comme le concile de Trente en fait spécialement mention , lorsque , parlant de la douleur , il dit formellement qu'elle doit être jointe à l'espérance, cum spe veniœ, j'en dirai quelques mots en terminant cette instruction.

Supposons donc le cas où quelqu'un se repentirait de toutes ses fautes de la manière que nous venons d'expliquer, mais où , effrayé à la vue de ses péchés., il désespérerait d'en obtenir le pardon ; cette douleur serait-elle suffisante devant Dieu ? Non, sans doute; elle serait même un nouveau péché ; car, si d'un côté elle honore la majesté et la justice de Dieu par le repentir du péché , elle offense, de l'autre, sa bonté et sa miséricorde par la défiance du pardon. Telle fut la douleur de Caïn qui regarda son fratricide

comme un crime si grand , qu'il ne pouvait pas être pardonné : Major est iniquitas mea qnàm ut veniam merear, (G en. rv, 13.) Telle fut aussi la douleur de Judas qui livra son divin Maître : il ne manqua à sa contrition , pour être sainte et salutaire, que Tes» pérance du pardon. En effet, il avoua clairement et hautement son horrible forfait: Peccavi ; il protesta ouvertement de l'innocence d<j< Jésus-Christ qu'il avait livré : Peccavi, tradens sanguinem justi. Bien plus, il reporta , plein de repentir, l'argent qu'il avait reçu en récompense de sa trahison : Retulil triginta argenteos (Matth. xxvu, 3), et ne trouvant personne qui voulût recevoir cet argent, il le jeta avec horreur aux pieds du sanhédrin.

Que pouvait-on désirer de plus pour le croire sincèrement repentant ? C'est vrai; mais il désespéra de son pardon, et ce manque d'espérance au cœur miséricordieux de son divin Maître fut une offense plus grande encore que sa trahison, et consomma sa réprobation. Hélas ! si tant de pécheurs qui restent découragés, effrayés et accablés sous le poids de leurs péchés, connaissaient mieux tout l'amour de Dieu pour eux, ils ne tarderaient pas à courir , avec la plus grande confiance, se jeter dans ses bras.

Quel que soit donc votre état, quels que soient le nombre et l'énormité de vos péchés, ne laissez jamais entrer dans votre cœur des sentiments de défiance. Si vous détestez sincèrement vos fautes, vous avez un motif et un fondement certain d'espérer votre pardon, puisque Dieu l'a promis expressément au pécheur converti. Il n'y a de péché irrémissible que celui que vous ne rétractez pas par une sincère contrition. Si vous n'avez pas une semblable douleur, ne venez pas me vanter la miséricorde de, Dieu. Que Dieu soit disposé à recevoir le pécheur, c'est un article de foi ; pourvu, cependant, que le pécheur revienne à lui avec un cœur repentant : Si impius egeritpœnitentiam ab omnibus iniquitatibus suis, vitd vlvet. Entendez-vous? Si egeritpœnitentiam; c'est la condition formelle et indispensable qui doit se trouver en vous, si vous vouiez pouvoir justement vous appuyer sur la miséricorde divine, au» freinent vous l'espérez sans motif et sans raison.

Comme les pécheurs , qui ne sont pas assez ignorants pour sq figurer en Dieu une bonté aveugle, stupide et tout-à-fait indigne d«t| lui, désespèrent souvent par la difficulté qu'ils voient à se convertie au Seigneur, quoique d'ailleurs ils soient persuadés qu'il les recevra bien dès qu'ils reviendront à lui par une véritable conversion : ainsi, poiw détruire celte difficulté, je vous suggérerai dans la prochaine v. 6

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instruction les moyens que vous devez prendre pour obtenir un vrai

repentir de vos fautes.

En attendant, confiance et douleur, douleur et confiance. Le repentir sans confiance vous jetterait dans le désespoir ; la confiance sans contrition vous rendrait présomptueux. Tenons-nous donc également éloignés de ces deux extrêmes, et nous trouverons la grâce et le salut.

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