INSTRUCTION XII
0e la pénitence. —Moyens pour obtenir la coctrltlon.
Si, pour avoir la douleur de nos fautes. il suffisait de comprendre ce que c'est que la contrition et quelles sont les qualités qu'elle doit avoir, ce serait bien vite fait ; mais il y a une grande différence entre connaître cette disposition et l'avoir , et le repentir n'est pas une chose aussi facile que se le figurent certaines personnes qui croient qu'on a la douleur de ses péchés quand on le veut.
Il ne servirait donc de rien de vous avoir appris longuement et en détail la nature et les qualités de la contrition, si je ne vous enseignais pas la méthode à suivre ou les moyens à prendre pour l'exciter en vous.
Il faut d'abord établir pour fondement de toute cette instruction, une vérité de foi dont on est peu persuadé dans la pratique , c'est que la douleur du péché doit venir de Dieu , et c'est encore en ce sens qu'elle doit être surnaturelle. S'il est incontestablement vrai, s'il est de foi que nul ne peut rentrer en grâce avec Dieu sans une véritable conversion et un sincère repentir, il est aussi de foi qu'il ne peut y avoir ni repentir sincère ni vraie conversion sans le secours de la grâce divine. Le Concile de Trente l'a formellement décidé : Si quis dixerit : sine prœveniente Spiritûs Sancti inspiratione atque ejus adjutorio , hominem credere, sperare aut ,pœnitere posse, sicul oportet , ut ei justi/icationis gratta conferatar, anathema sit. Oui , la contrition est un don de Dieu, un 'Jon spécial, un don extraordiaaire et qu'il ne nous doit pas.
Elle est un don de Dieu : il n'est donc pas en votre pouvoir de
tous la procurer. Vous pouvez bien tomber seul et par vous-même, mais vous ne pouvez vous relever par vos seules forces ; vous pouvez donner la mort à votre âme par le péché; mais, de même qu'un cadavre ne peut se rendre la vie par lui-même, ainsi une âme morte à lu grâce ne peut recouvrer la vie spirituelle par elle-même : elle a besoin, pour cela , de ces secours surnaturels qui l'excitent , la touchent et la réveillent de son sommeil de mort.
Et ce don n'est pas une grâce commune et ordinaire, mais une grâce spéciale et très-grande, une faveur aussi grande que l'est la grâce de notre pardon et de notre sanctification. Qui pourra digne» ment apprécier la valeur et le prix intrinsèque d'une grâce qui nous fait passer de l'état du péché, de la haine de Dieu et de la damnation éternelle, à la sainteté et à l'amitié de Dieu, c'est-à-dire, du plus grand des malheurs à la suprême félicité ? Or, la contrition, qui est la disposition prochaine pour obtenir un si grand bien, n'est assurément pas une grâce moins précieuse que ce bien même.
Mais il y a plus, c'est que ce don particulier, ce don de privilège est en outre un don purement gratuit , je veux dire un don que Dieu nous accorde par une pure libéralité, qu'il peut refuser à qui bon lui semble, et le refuser sans lui faire la moindre injustice. En eTet, le péché nous constituant dans un état d'inimitié avec Dieu, nous fait perdre par là même tout droit à ses grâces.
Oh ! si nous comprenions bien cette vérité , que nous serions effrayés dans l'état du péché, lorsque nous viendrions à réfléchir que dans cet état de perdition nous ne pouvons nous être d'aucun secours à nous-mêmes, et que nous resterons toujours dans ce malheureux état si Dieu ne jette pas un regard de compassion sur nos misères ! Je dis un regard de compassion puisque, tant que dort en nous l'état de péché , il ne saurait nous regarder avec un œil de complaisance et d'amour.
Qui aurait jamais la hardiesse et le courage de commettre le péché, s'il comprenait bien ces vérités? Car pécher, c'est se mettre dans un état de damnation par elle-même irréparable et éternelle, dans un état d'où nous n'avons ni la force de sortir , ni le droit de l'obtenir de Dieu.
Qui surtout aurait la témérité de pécher par l'espérance de s'ea confesser, comme cela se voit si souvent? Je commettrai ce péché et puis je m'en confesserai bien. Ceux qui parlent ainsi, ou ne comprennent pas ce que c'est que se confesser, ou ils le comprennent bien peu. Si vous croyez que se confesser n'est autre chosa
que raconter vos fautes à l'oreille d'un prêtre, vous vous trompez L'ien grossièrement ; si au contraire vous pensez que se confesser, c'est se convertir sincèreaient à Dieu, alors vous parlez en insensé eu en présomptueux. En insensé : car, que veulent dire ces paroles: je ferai ce péché, je m'en confesserai bien plus tard, sinon: je ferai ce péché, et puis je m'en repentirai, et puis je serai marri ce l'avoir commis? Mais n'est-ce pas là une vraie folie ? Si je veux détourner une personne d'une mauvaise entreprise, il me suffit cle parvenir à lui persuader qu'elle s'en repentira ; et vous , au contraire, c'est par la vue de vous en repentir plus tard que vous vous excitez à pécher ! Au lieu de dire : Non, je ne le ferai jamais, parce que je sais qu'il faudra m'en repentir, vous en tirez une conclusion tout opposée.
Au moins s'il était en votre pouvoir de vous repentir quand vous voulez ! Mais n'est-ce pas une présomption infernale de compter, en péchant, sur une grâce qui est entre les mains de Dieu et dont vous vous rendez positivement indigne par votre péché ? Savcz-vous si vous aurez la grâce de vous en repentir ? Ainsi, au lieu de dire : Je puis bien commettre ce péché , je m'en confesserai , résistez, au contraire, à la tentation en disant : Qui sait si j'aurai le temps de m'en confesser, sije m'en confesserai bien, si Dieu me donnera un cœur vraiment contrit ! Voilà un langage plus raisonnable et plus sage , un langage qui pourra être un frein puissant pour vous retenir sur le bord du péché.
Pour revenir maintenant à mon sujet, puisque la contrition est un don de Dieu , que devons-nous faire pour l'obtenir ? Trois choses : renoncer au péché , la demander avec ferveur, et enfin méditer sérieusement les motifs de contrition.
Il faut premièrement cesser d'offenser Dieu, car le péché est !e plus grand obstacle à la grâce du repentir. Chose singulière ! On trouve des fidèles qui dans le temps même qu'ils pensent à se confesser et même qu'ils se fixent le jour pour exécuter leur résolution, continuent cependant leur conduite accoutumée, ne cessent pas de commettre leurs péchés ordinaires, même mortels , jusqu'au jour où ils s'approchent du tribunal sacré. Mais comment est-il possible que Dieu touche leur cœur, s'ils se chargent toujours de nouvelles fautes, et s'ils provoquent toujours davaniage la colère du Seigneur? Il n'est pas surprenant qu'ensuite de tels pénitents manquent de la douleur nécessaire. Et certainement elles ne peuvent être que bien suspectes , les dispositions de ces pénitents qui pè«
chent jusqu'au moment de la confession et qui se présentent au tribunal avec des péchés qui sont à peine terminés et dont les vapeurs sont encore toutes fumantes sur leur âme. Comment pourrait se faire un changement si subit ? est-il possible d'être tout à la fois pécheur et pénitent , de haïr maintenant ce que l'on aimait il n'y a qu'un moment, et de passer sans délai d'une extrémité à Pauire ? Cela pourrait arriver par un coup extraordinaire de la grâce? mais, <:ela n'arrive pas ordinairement.
En règle ordinaire, il faut que le pécheur prépare les voies et prépare son âme à la grâce de la contrition : Parate vias Domini, rectas facile semitas vesiras. Or , la première disposition, disposition négative, c'est de renoncer d'abord au péché. Jamais deux puissances ennemies ne font la paix sans avoir fait auparavant une trêve , un armistice, une suspension d'hostilités. Appliquez cette tomparaison à votre cas, à l'état d'inimitié ou vous êtes avec Dieu, et au désir que vous avez de vous remettre en paix avec lui.
Le second moyen que nous devons employer, c'est la prière. Lu prière, vous le savez, est un moyen sûr et universel, un moyen auquel sont promises toutes ies grâces et toutes les miséricordes du Seigneur : Petite et accipietis ; à plus forte raison la grâce précieuse et très-spéciale d'un vrai repentir : Couverte me, Domine, et convertar ad te.
Il est donc nécessaire, quand nous nous approchons du tribunal de la pénitence, de nous recueillir auparavant en nous-mèaies pour connaître les misères de notre état et l'impuissance absolue où nous sommes d'en sortir par nous-mêmes, par conséquent de nous adresser au Seigneur, et de le supplier avec ardeur de verser, dans notre intelligence et dans notre cœur , ces lumières et ces grâces dont nous avons besoin pour connaître le péché tel qu'il est eu nous et tel qu'il est aux yeux de Dieu, et pour en concevoir la plus vive douleur. 11 faut aussi recourir à l'intercession de la sainte Vierge, de notre ange gardien et de nos saints patrons. Voilà quelle serait la première chose à faire ; mais ce n'est pas ordinairement ce que l'on fait.
D'ordinaire, ceux qui viennent à l'église pour se confesser, après avoir fait un signe de croix et récité quelques Pater et Avet se mettent de suite à faire l'examen de leurs fautes. Mais pouvezyous espérer que Dieu éclaire votre esprit pour bien connaître vos péchés , et surtout qu'il touche votre cœur pour les bien délester, si vous ne daigne/, pas même le lu* *l€iua*uler ? Vous vous
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conduisez peut-être ainsi parce que vous avez appris qu'il y a cinq choses requises pour la confession, dont la première est l'examen : voilà pourquoi vous commencez par cet examen. Mais remarquez bien qu'on ne compte pas la prière parmi ces cinq choses , parce qu'elle est toujours sous-entendue par sa nature même. Qui ne sait, en effet, que la prière est nécessaire pour toutes «os actions, même pour celles qui n'ont pas cette importance ? A combien plus forte raison serait-elle nécessaire pour obtenir de Dieu !a grâce spéciale et privilégiée d'une vraie conversion ? Est-ce là une grâce moins précieuse (pie tant d'autres pour lesquelles vous avez recours à Dieu ? S'il est question, par exemple, de vous guérir d'une maladie, que de prières et de pratiques de dévotion ne faites-vous pas? Et vous croirez pouvoir guérir d'une maladie spirituelle, la pire de toutes, sans vous recommander de tout votre cœur à Dieu ?
Prière donc, je le répète, prière; et cette prière doit être d'autant plus vive et plus fervente, que le besoin où vous êtes est plus grand. Oui, vous surtout qui sentez en vous-mêmes une certaine difficulté et une certaine répugnance à vous convertir, vous devez prier avec une plus grande ardeur, avec plus d'instance, afin que Dieu pénètre votre cœur, le touche et en amollisse la dureté. L'ardeur de la prière est toujours en proportion du désir qu'on a d'être exaucé ; et ce désir est aussi toujours proportionné u besoin que l'on éprouve. Si par des prières ferventes on pouvait se délivrer des maladies corporelles, j'ose assurer qu'il n'y aurait i lus un seul malade dans le monde ; parce que nous sentons le poids de ces maladies, nous avons un vif désir d'en être délivrés. Faites c'onc de même pour votre âme, examinez bien votre misère et le danger extrême où vous vivez , alors vous prierez avec tant de ferveur , que Dieu ne manquera pas de vous exaucer.
Mais la prière toute seule ne suffit pas. Comme en tout Dieu .nige notre coopération, ainsi il faut ajouter en troisième lieu, à ce noyen, U méditation sérieuse des motifs capables d'exciter dans notre cœur la contrition de nos fautes.
En effet, nous devons concevoir du péché une haine profonde et souveraine, une haine telle, qu'elle produise en nous une volonté ferme et arrêtée de l'éviter et de n'y pas retomber. Mais une haine de cette nature n'entre pas dans notre volonté, si notre intelligence n'est pas auparavant bien convaincue et persuadée de la grandeur et delà malice du péché. Or, cette intime persuasion n'est pas l'ouvrage d'un moment ni l'effet d'un coup-d'œil rapide et superfi-
ciel ; il faut, pour l'obtenir, plus de temps et de recueillement , et des réflexions plus sérieuses.
Sur ce point essentiel, il se commet encore beaucoup de défauts. Vous, après avoir examiné vos fautes, vous vous mettez à réciter de bouche ou de cœur votre acte de contrition ; vous cherchez à le dire de cœur , vous voudriez en quelque sorte forcer ce cœur à se repentir. Mais permettez : vous prétendez produire un effet sans cause. Comment est-il possible de forcer votre volonté à détester le péché, si auparavant vous n'appliquez pas sérieusement et spécialement votre intelligence à méditer la malice et les suites du péché? C'est bientôt dit : Je me répons d'avoir , par mes péchés , offensé un Dieu si bon, d'avoir perdu le ciel et mérité l'enfer ; ;nais comprenez-vous bien ce que c'est que ce Dieu que vous avez offensé, la grandeur de l'injure que vous lui avez faite , les biens immenses que vous avez perdus, et l'étendue des peines que vous avez méritées ? Ce sont là des vérités que vous voyez en général; mais pour bien les comprendre et les savourer, il faut les ruminer et les digérer lentement : en un mot, autre chose est de savoir en spéculation les motifs de la contrition ; autre chose est de les sentir vivement, d'en sentir tellement la force, qu'ils influent sur noire volonté. Voyez ce petit enfant auquel la mort vient de ravir son père , il continue cependant à rire, à jouer, à s'amuser tout comme auparavant, tandis que ses frères plus âgés fondent en larmes et sont inconsolables. D'où vient une telle différence ? Ce petit enfant ignore-t-il qu'il a perdu son père ? Non, sans doute ; au contraire, il le sait et le voit aussi bien que les autres, mais le défaut de réflexion et de jugement fait qu'il ne comprend pas comme eux son malheur et la grande perte qu'il a faite en perdant son père.
La ittêàïe chose arrive à une foule de pénitents. Eux aussi connaissent très-bien oar la foi les motifs qu'ils ont de détester le péché ; mais parce qu'ils ne les approfondissent pas avec soin et de manière à les sentir, semblables à cet enfant, ils sont insensibles à leur malheur , à la perte de Dieu et aux maux si graves qu'ils font à leur âme, tandis que tant d'autres, animés d'une foi vive, se consument de repentir devant Dieu. Voyez donc quelle différence il y) a entre savoir les choses et en être pénétré, et combien il importe de faire entrer bien avant dans son cœur les motifs de contrition.
Revenez-y donc sans cesse, jusqu'à ce que vous vous sentiez ébranlé; par ces coups réitérés vo;;s tirerez de voire cœur une «ouicf abondante de contrition. Mais si, sans faire aucune réflexion,
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vous vous contentez de dire : Mon Dieu, je me repens de vous avoir offensé et je voudrais plutôt être mort que de l'avoir fait, il sera bien difficile que vous disiez vrai. Et remarquez bien que, pour obtenir le pardon de vos péchés, il ne suffit pas que vous pensiez de dire vrai ; cela pourra suffire pour que votre confession ne soit pas sacrilège , mais elle sera toujours invalide et vous laissera tous vos péchés sur la conscience.
| Il faudra donc , me direz-vous, beaucoup de temps pour exciter en soi cette douleur. Voici ma réponse : Il faudra tout le temps nécessaire pour pouvoir croire avec fondement que la contrition est dans votre cœur et que votre volonté est pénétrée de repentir. On ne peut ici fixer de règle générale pour tous , étant question d'une, ebose qui dépend de l'état de la conscience de chacun.
Si vous me parlez de ces âmes pieuses qui mènent une vie de foi et qui vivent habituellement dans la haine du péché , il leur faudra peu de temps pour l'exciter en elles : une simple réflexion , un regard, une élévation de cœur vers Dieu leur suffira souvent. Mais si vous me parlez des pécheurs d'habitude, il leur faudra plus d'efforts pour l'obtenir ; et pour ceux-là même il en faudra plus ou moins, à proportion de leur malice et de leur perversité, il est certain que les pécheurs invétérés, qui vivent depuis longtemps dans l'habitude du péché, qui sont fortement dominés par le vice , ayant besoin d'une plus grande grâce, ont besoin aussi, pour obtenir cette grâce, de plus de préparation, de méditation et de prière.
C'est ce que Jésus-Curist a voulu lui-même nous enseigner par les diverses manières dont il a opéré les résurrections dont il est parlé dans l'Evangile. Il ressuscita la fille de Jaïre lorsqu'elle venait d'expirer et qu'elle était dans sa maison ; mais il se contenta de la toucher légèrement delà main : Tenuit manum ejus et swrexit puella. (Matth. ix, 25.) Il ressuscita le fils de la veuve de Naïno pendant qu'on le portait de sa maison au tombeau ; il le fit par un ordre formel qu'il lui adressa : Adolescens, tibi dico : Surge (Luc. vu, l£), lève-toi de cette bière; et il se leva immédiatement. Mais lorsquil ' en vint à la résurrection de Lazare, déjà enseveli depuis quatre jours, oh! alors ce fut autre chose : l'Evangile nous dit que Jésus-Christ se troubla et pâlit, qu'il pleura et frémit en lui-même; puis, d'un ton de voix à étourdir les assistants, il l'appela et le fit sortir de son tombeau : Floravit, turbavit seipsum, infremuit spiritu et ex* clamavit voce magnd : Lazare, veni foras ! (Joan. xi, 43.) Mais pourquoi une telle préparation pour un miracle de la uiéine.
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espèce? Lui était-il plus difficile de rendre la vie à Lazare qu'aux deux autres ? Non , sans doute; mais ce qui n'était pas nécessaire pour le miracle , disent les saints Pères, était nécessaire pour notre instruction, et cette instruction, la voici : Les deux premiers morts nui venaient de rendre le dernier soupir , étaient la figure de ces pécheurs qui perdent la vie spirituelle en se laissant quelquefois entraîner dans le péché par l'impétuosité de la passion , par surprise, par la violence de la tentation, mais qui cependant n'ont pas encore le cœur gâté et corrompu, qui, en un mot, ne sont pas dans l'habitude du péché. Pour ceux-là, il est plus facile de les réveiHer, de les remuer et de les ressusciter à un vrai repentir et à une véritable vie. Lazare , au contraire, déjà enseveli depuis quatre jours, déjà en proie aux vers et à la corruption , nous représente ces pécheurs d'habitude , endurcis clans le mal et livrés à toute la corruption du vice , surtout du vice impur. Oh ! si malheureusement nous étions de ce nombre, il ne nous suffirait pas de quelques légers efforts pour ressusciter. Il nous faut une grâce extraordinaire, une grâce puissante., un miracle, et par conséquent nos efforts doivent aussi être proportionnés à cette grâce ; ils doivent être grands et extraordinaires. *
Je n'ai pas assez mauvaise opinion de vous pour vous croire de ce nombre ; en tout cas je devais vous avertir, afin que vous preniez bien vos précautions et que vous ne négligiez aucun des moyens que je vous ai indiqués pour vous procurer, à tout prix, cette douleur qui seule peut vous obtenir le pardon de vos péchés, et avec ce pardon la paix et le bonheur pour cette vie et pour l'autre.