‹ Cours d'instructions familières (volume 2)Chapitre 15 sur 43 · INSTRUCTION XVI · texte numérisé non relu

INSTRUCTION XVI

Nécessité, justice et utilité de la eoufe^loii.

D'après la division que j'ai adoptée dès le principe, et qui eyt fondée sur la doctrine du Concile de Trente , les actes du pénitent se réduisent à trois : la contrition, la confession et la satisfaction, contritio cordis, confessio oris et satisfaclio operis. Jusqu'ici je ne vous ai encore parlé que de la contrition , qui renferme deux choses : la douleur du passé et le bon propo3 pour l'avenir.

Quelques personnes trouveront peut-être que je me suis trop étendu sur cette partie, mais je ne suis pas de leur avis. Quelque long que j'aie été, je n'ai rien dit de trop ; car le plus grand défaut des confessions, le défaut le plus commun et le plus général, c'est le défaut de contrition. Voilà la source de tous les abus qui se commettent dans le sacrement de pénitence. On sent quelquefois le besoin de se confesser , mais on n'éprouve pas une vraie volonté de se convertir; on ne voudrait pas se charger d'un sacrilège, mais on ne voudrait pas non plus s'obliger à un véritable changement ; telle est la raison pour laquelle on commence à se tromper soi-même dans l'examen de sa conscience , en attendant qu'oa trompe le ministre de Dieu dans l'accusation de ses propres fautes. Tout cela n'aurait pas lieu si on avait une vraie eontrition.

Voilà pourquoi je me suis appliqué à battre et à rebative en tant ie manières cet important sujet, et si je pouvais me flatter d'avoir réussi à yous en bien pénétrer, je croirais presque inutile de vous parler des autres parties. Mais je ne puis les passer sous silence.

Le mot confession, dans son sens général et le plus étendu, comprend tout ce qui est relatif au sacrement de pénitence ;. m;»i« dans un sens plus restreint et plus propre , nous appelons confession cette seconde partie du sacrement qui consiste dans l'accusation de ses péchés, faite à ira prêtre établi pour les juger et les remettre, en vertu du pouvoir ciui lui a été donné par Jésus-Christ

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Xous avons donc ici deux choses à considérer : 1° la nécessité, la justice et l'utilité de la confession ; 2e la manière de la faire.

Et d'abord il n'y a rien que les hérétiques, les libertins et les mauvais chrétiens délestent tant que la confession ; aussi ils ont toujours fait et font tous leurs efforts pour la décréditer et la détruire. La confession , disent-ils , est un joug, une tyrannie insupportable, une torture pour la conscience , une invention des prêtres, etc. Vous-mêmes n'avez-vous pas entendu plusieurs fois, de la bouche des impics : Quelle nécessité de se confesser à un prêtre, d'aller lui raconter ses propres faib'esses, de se prosterner et de s'humilier devant lui ? C'est là une pratique bonne pour les simples et les imbécilles. Voilà ce qu'ils disent pour avilir et décréditer la confession ; mais ils ne s'aperçoivent pas que plus ils la peignent sous des couleurs rebutantes, plus ils en prouvent la vérité. Comment serait-il possible, en effet, qu'une pratique si humiliante, comme ils l'appellent , et si mortifiante pour l'orgueil, ait cependant pu se soutenir et être respectée pendant le cours de tant de siècles , c'est-à-dire depuis Jésus-Christ jusqu'à nous , si elle ne venait pas directement de lui et si elle ne prenait passa source et son principe dans l'origine même du christianisme? Mais si cette pratique n'a pas Jésus-Christ pour auteur , 'si elle est postérieure à lui, si elle est d'invention humaine , c'est à eux à nous dire à quelle époque a été introduite une nouveauté si rebutante, et cornaient elle a pu s'établir sans opposition ni réclamation. Mais c'est en vain qu'on leur demande cela. Or, s'ils ne peuvent nous assigner l'époque de l'invention de la confession , nous la leur dirons, nous; car nous la voyons dans l'Evangile d'une manière claire et évidente. Rien de plus précis et de plus formel que les paroles déjà citées de Jésus-Christ à ses apôtres, et sur lesquelles tous les saints Pères et tous les théologiens établissent la nécessité de la confession. Après leur avoir communiqué le Saint-Esprit par le souille mystérieux de sa bouche , il les fit en outre dépositaires et participants de sa divine autorité en leur disant : Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez : Insu/pavil ineos etdixil : Accipite Spiritum Sanctum; quorum remiseritis peccala, remittuntur eis ; et quorum relinueritis, retenta sunt. (Joan. xx, 28.)

Il suit de ces mémorables paroles, premièrement, que les prêtres ont véritablement le pouvoir de remettre les péchés ; pouvoir que Jésus-Christ a encore signifié par le symbole matériel des

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clefs, symbole qui, chez les Hébreux, signifiait un pouvoir et une autorité conférée, et qui donne de plus à entendre que nul ne peut entrer dans le ciel fermé par ses péchés, si la porte ne lui en est ouverte par les ministres de l'Eglise.

Il suit, en second lieu, que ce pouvoir conféré aux prêtres doit s'exercer par forme (V examen et de. jugement ; car ils sont charge* jion-seulement de délier, mais aussi de lier; non-seulement de re- Jnettre, mais aussi de retenir : Quorum remiseritis, quorum retinutritis. 11 est donc nécessaire de distinguer entre péché et péché, entre pénitent et pénitent, dans l'usage de cette divine autorité, et de ne s'en servir que conformément aux instructions et aux desseins de Dieu ; les prêtres ne peuvent donc en user d'une manière purement arbitraire.

Mais comment feront-ils une pareille distinction, s'ils ne connaissent pas en détail les péchés ? Et comment connaîtront-ils ces péchés, si le pénitent lui-même ne les déclare pas exactement ? Ils ont bien reçu le pouvoir de remettre les péchés, mais ils n'ont pas reçu celui de connaître le fond des cœurs.

Voilà donc la nécessité de la confession fondée sur la nature même de ce sacrement que Jésus-Christ a établi en forme de jugement. Les prêtres sont les juges des consciences ; or, quel est le juge qui puisse prononcer une sentence sans connaissance de cause?

Prétendre que Jésus-Christ leur a donné le pouvoir d'absoudre aveuglément tous les hommes , sans connaître leur état, c'est une révoltante absurdité, directement opposée aux paroles que j'ai citées. 11 faut donc convenir qu'il y a une obligation pour les pécheurs de manifester leur propre conscience aux prêtres , afin qu'ils puissent porter une sentence raisonnable. Ce raisonnement est si clair, si décisif et si péremptoire, que jamais on ne pourra ni le réfuter ni le convaincre de fausseté.

Quelque idée que vous vous formiez de la confession', quelque pénible et difficile qu'elle vous paraisse, il doit vous suffire de savoir que Dieu l'exige, pour que vous reconnaissiez l'obligation de vous y soumettre : Divino imonante preecepto obediendum est. Si vous exceptez le cas où elle est impossible, la confession est l'unique voie pour rentrer en grâce avec Dieu. Et lors même que la contrition parfaite nous justifie avant même de nous confesser, cependant elle ne produit cet effet, qu'autant qu'elle est accompagnée du désir et de la résolution de le faire aussitôt qu'on !e pourra. Or, je

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vous le demande, quand un remède, dans une maladie grave , est réputé Tunique moyen de la guérir, ne cherche-ton pas à se le procurer à tout prix ? Pourquoi donc ne dirons-nous pas la même chose de la confession ?

Mais est-il vrai que ce précepte soit aussi dur et aussi pénible que vous voulez bien le dire ? Ah ! mes chers frères , parler de la sorte, c'est bien mal connaître la grâce que Dieu nous donne en nous accordant le pardon des outrages qne nous lui avons faits. Si nous comprenions et si nous estimions , comme il le mérite, un si grand bienfait, an lieu de nous plaindre de ce précepte s nous nous étonnerions qu'un Dieu infiniment grand, indignement outragé par de si viles créatures, daigne leur rendre sa grâce à des conditions si faciles et si peu onéreuses. Quel prodige de bonté, qu'il nous suffise de nous avouer coupables avec la contrition de nos péchés aux pieds d'un de ses ministres , pour en recevoir de lui le pardon, quels que soient le nombre et l'énormité de nos crimes , et cela en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance !

Mais , dites-moi, obtient-on aussi facilement des hommes le pardon des injures qu'on leur a faites? Combien n'y en a-t-il pas qui refusent absolument de pardonner à celui qui les a offensés ! Combien qui ne pardonnent qu'à force de prières , de supplications et de services ! Combien qui, après avoir pardonné, conservent toujours quelque ressentiment de la froideur et de la désunion passée ! Et si on renouvelle les offenses , combien qui perdent patience et se livrent sans frein à tous les emportements de la vengeance ! Or, Dieu n'en agit pas ainsi ; il nous déclare formellement qu'il est prêt à nous remettre nos péchés, pourvu que nous les confessions au prêtre avec le regret de les avoir commis, et il les pardonne, quels qu'en soient la grièveté et le nombre, serions-nous même retombés des milliers de fois ; et il les pardonne d'une manière si parfaite, qu'il ne reste plus en lui la moindre aversion, la moindre haine ; il ne conserve pas même le souvenir de nos fautes ; il ne conserve plus que de l'amour pour nous, plus que la volonté de ■ous faire du bien. Quelle différence , chrétiens ! Devant les tribunaux de la terre , l'aveu d'un crime, fait même avec le repentir, attire sur le coupable le supplice qu'il a mérité ; c'est pour cel* que tant de criminels nient avec tant de fermeté et d'obstination les imputations qui leur sont faites , tandis qu'à ce tribunal , l'aveu produit le pardon et la grâce. Toutes les prisons seraient vidées à l'inàtanj, s'il suffisait, noar en être délivré" , de faire aiaA ai: J::gi

Taveu de son propre crime. Et cependant, Dieu ne nous demande pas antre chose.

Que ce soit donc une démarche humiliante d'être obligé d'ouvrir notre conscience au prêtre et de lui révéler quelquefois des choses que nous voudrions, s'il était possible , pouvoir nous cacher à nous-mêmes , j'en conviens ; mais quelle proportion y a-t-il et peut-il y avoir entre une légère honte et la peine éternelle que nous avons méritée par nos péchés ? Dieu n'aurait-il pas pu , sans nous faire la moindre injustice , nous obliger à une confession publique ? n'aurait-il pas pu attacher notre pardon à des conditions beaucoup plus dures , et nous imposer, par exemple, des disciplines, des jeûnes , des macérations et des pénitences très-longues? Or, quelle est la condition qui pourrait nous paraître trop dure quand il est question d'échapper à un malheur éternel ? Un malfaiteur condamné à mort, que ne ferait-il pas pour échapper à un pareil supplice ? Quelle reconnaissance ne devons-nous donc pas à Dieu pour nous avoir olïert un moyen si facile de nous délivrer» non de la mort temporelle, mais de la mort éiemelle ?

On pent donc, et avec plus de raison encore, faire à beaucoup de chrétiens l'observation que les serviteurs de Naauwn faisaient au ministre du roi de Syrie, lorsqu'il refusait d'aller, selon l'ordre du prophète Elisée, se laver sept fois dans le Jourdain pour guérir la lèpre dont il était couvert depuis les pieds jusqu'à la tète : Mais, Seigneur, lui disaient-ils par intérêt pour sa santé, si le prophète vous avait ordonné une chose difficile , vous devriez cependant le faire pour vous délivrer de cette maladie ; or, vous refusez d'essayer un remède si facile, que de vous baigner à plusieurs reprises dans le Jourdain? Si rem grandem dixisset tibi propketa, certe facere debueras ; quanta magis nunc, quia dixit tibi : Lavare et mundaberis. (IV. Reg. v, 13.) Il fut assez heureux poursuivre ce conseil, et à l'instant il fut guéri. Je dirai la même chose à ces chrétiens) qui montrent tant de répugnance pour ce Jourdain mystique, je veux dire pour la confession. Si Dieu avait attaché le pardon de vos péchés, cette lèpre horrible, à des conditions plus difficiles et plus rigoureuses , vous devriez vous y assujétir à tout prix , afin d'obtenir ce pardon ; et maintenant qu'il [ne vous demande pas autre chose que d'aller confesser avec regret vos fautes à son ministre, quelle difficulté trouvez-vous à user d'un pareil remède ? D'autant plus que vous pouvez choisir vous-même votre juge, tan-

disque dans ce monde on est obligé de se tenir à celui qui nous est Imposé. Dans les tribunaux de ce monde, les crimes deviennent publics et notoires, tandis que dans celui-ci ils restent ensevelis sous un secret inviolable. N'est-ce donc pas un tribunal plein d'indulgence, de clémence et de bonté ?

Mais, enfin, que n'aurions-nous pas à dire des avantages immenses de la confession? Lors même que Dieu ne l'aurait pas ordonnée, les avantages seuls qu'elle procure devraient suffire pour nous la faire pratiquer. Je ne parle pas ici précisément des effets que le sacrement produit dans l'âme de celui qui le reçoit; sans doute ces effets nous montrent de plus en plus la miséricorde du Seigneur dans ce sacrement, comme nous le verrons plus tard ; mais je parle de tant d'avantages, même temporels, qu'elle procure à la société.

Et d'abord , qui de nous ne voit que la confession est un frein puissant et très-efficace pour arrêter le péché ? La seule obligation d'aller déclarer les fautes les plus honteuses et les plus abominables, est une mortification si humiliante pour l'orgueil, qu'elle suffit seule pour arrêter beaucoup de crimes. La répugnance qu'on éprouve à les découvrir, la difficulté que l'on éprouve pour les accuser d'une manière convenable, le respect qu'inspire le ministre sacré, la crainte de ses réprimandes , des pénitences et d'un refus d'absolution en cas de rechute, voilà tout autant de motifs qui influent puissamment sur l'amour-propre et contribuent , avec la grâce, à fortifier nos résolutions et à nous préserver de retombe!-.

Savez-vous ce qui arriva, au XVe siècle, alors que les hérétiques furent parvenus à l'abolir dans certains pays? Le fait est certain et incontestable : on vit en peu de temps une telle dépravation de mœurs et un tel débordement de scandales , de corruption et de désordres, que, honteju de tant d'excès et pénétrés de frayeur , ils eurent eux-mêmes recours à la puissance civile pour rétablir la confession. Tant il est vrai que cette confession est une digue puissante contre le vice. D'ailleurs, une seule réflexion suffit pour le prouver : tous ceux qui veulent marcher dans la voie large et prendre librement le chemin du vice , commencent toujours par abandonner la confession , et ils n'y reviennent que lorsque, rentrant en eux-mêmes, ils pensent à revenir à une vie meilleure.

Un autre avantage de la confession, qui en comprend plusieurs, c'est de nous soumettre à la direction d'autrui. Si dans les affaires temporelles un peu scabreuses, nous sento°vî h V«oin d'un bon

guide, d'un sage conseiller , d'un ami Adèle , d'un consolateur et d'un soutien, à plus forte raison en avons-nous besoin dans la vie spirituelle et dans le chemin du salut.

Or, voilà précisément les avantages que nous trouvons dans la confession. Le ministre de Dieu auquel nous ouvrons notre intérieur, est une personne qui nous apprend nos devoirs , qui nous découvre les dangers qui nous menacent , qui dissipe nos erreurs, qui nous éclaire dans nos doutes, qui nous encourage et nous for« tifie, et qui nous conduit comme par la main dans la bonne voie.

Quels avantages n'obtient pas un bon directeur pour le bien des individus et pour celui de la société ! Certaines âmes , pour rentrer en grâce avec Dieu et s'y maintenir, ont de grands sacriûces à faire ; il est nécessaire qu'elles renoncent à des objets qui sont dangereux, mais auxquels elles sont très-attachées ; qu'elles restituent le bien mal acquis , qu'elles fassent certaines réparations très-pénibles, qu'elles pardonnent toutes les injures reçues, même les plus atroces, et qu'elles fassent bien d'autres choses semblables et également difticiles ; or, elles arrivent à tout cela avec le secours de leur confesseur, qui leur indique les moyens , qui les anime , les soutient et leur inspire la conûance et le courage; dont elles ont besoin. Mais comment obtiennent-elles ces résultats ? Par une grâce spéciale que Dieu accorde à ses ministres pour la conduite des âmes , et par un ordre établi de Dieu, qui ne veut pas, dans la voie ordinaire , sanctifier les âmes par lui-même immédiatement , mais en les soumettant à la conduite d'autres hommes , et même quelquefois d'hommes qui ont moins de lumière , de perfection et de vertu, et cependant sous la direction desquels se formeront des saints de premier ordre , des saints qui seront canonisés par l'Eglise.

Or, quels effets salutaires n'a pas produits et ne produit pas chaque jour un pareil ministère ! Les mauvaises occasions éloignées, les scandales réparés, les restitutions accomplies , les dommages réparés, les discordes apaisées , les inimitiés éteintes , les époux réunis, les familles pacifiées, les secours de charité secrètement procurés aux pauvres honteux, les malheureux de toute espèce encouragés sous le poids de leurs tribulations, et détournés des mauvais desseins auxquels les auraient portés le désespoir de leurs affaires , les personnes égarées, dans tous les sexes et dans toutes les conditions, ramenées à la vertu et au devoir; enfin une multi-

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tude infime de crimes empêchés et le nombre des malfaiteurs diminué : tels sont les effets de la confession.

Qui de vous oserait me nier que tout cela ne soit un grand bien pour les particuliers et pour la société ? Mais tout cela est l'ouvrage , et l'ouvrage secret du confessionnal; enlevez ce sacrement, vous, n'avez plus un seul de ces effets. Ce tribunal , jugeant non-seulement les mauvaises actions , mais jusqu'aux pensées, aux affections et aux désirs, tarit le mal dans sa source même : ce que n'obtiendront jamais les lois humaines , qui ne règlent que l'extérieur et qui n'atteignent pas le cœur. Les avantages de la confession sont donc infinis ; et ces avantages nous font admirer dans son institution un trait particulier de la sagesse et de la bonté de Dieu. Et après tout cela vous aurez encore le courage de la combattre et de la tourner en dérision !

Mais, ine direz-vous , qu'ont à faire toutes ces considérations pour la défense de la confession ? Elles serviront à vous en inspirer une grande estime et à ne pas vous laisser ébranler par les sarcasmes et les railleries que vous entendez sortir de la bouche de certaines gens qui parlent sans savoir ce qu'ils disent, et qui versent à pleine bouche le ridicule sur les choses les plus vénérables et les plus saintes. A la vue de cette liberté de pensée et de langage qui domine aujourd'hui parmi nous, lorsque je viens à traiter certaines matières, je ne puis me borner à les expliquer en simple catéchiste ; mais je suis parfois obligé d'entrer dans la controverse , afin de défendre et de soutenir les vérités, les dogmes et les pratiques qui aont l'objet spécial des attaques des libertins, et que l'on cherche à tourner en ridicule aux yeux des gens simples, j'ai donc voulu vous prémunir contre les fades plaisanteries de ces libertins qui s'étant égarés du droit chemin , voudraient aussi égarer les autres avec eux, et leur enlever cet unique moyen de salut, la confession.

Outre ce que je vous ai dit jusqu'ici, il me reste encore à vous faire remarquer deux choses qui ôtent toute force à leurs plaisanteries et à leurs dérisions- .

1" Leur conduite. Si les personnes qui se moquent ainsi de la confession , avaient au moins une certaine probité , une certaine, honnêteté ou une certaine vertu naturelle, leurs discours pourraient faire quelque impression -, mais comme leur conduite prouve que ce sont des gens qui ne donnent pas signe de religion , qui n'oit pas plus de culte que les mahomélaus et les païens, les gens livrés

aux vices les plus infâmes , surtout aux plaisirs des sens , des gens capables de toute espèce de fraude , d'injustice et de fourberie , il est donc facile de comprendre quelle est la source de leur haine pour la confession : cette haine prend sa source dans un cœur gâté, dans ia corruption et nmmoralité de leur conduite.

2° La seconde chose à observer et qui est encore plus remarquable, c'est la fin de Leur vie. Après avoir durant leur vie tourna la confession en ridicule, n'est-il pas vrai que la plupart d'entre eux lorsqu'ils se sentent gravement malades et qu'ils voient la mort approcher , cessent leurs plaisanteries sur ia confession et sur les confesseurs , et ne dédaignent pas alors de faire appeler un prêtre pour devenir le dépositaire de leurs propres fautes ? A quoi peut leur servir une pareille confession dans cette extrémité , je l'ignore; mais ce que je sais, c'est que cette démarche tourne à l'honneur et à la gloire de la religion qu'ils ont méprisée : car on voit parfaitement alors, le cas qu'il faut faire des blasphèmes qu'ils ont vomis pendant qu'ils étaient en santé , pendant qu'ils étaient dans le feu des passions et dans l'ivresse du crime.

Cette rétractation de leurs principes et ce démenti donné à leurs discours, dans ces moments décisifs, dans ces moments de vérité et de lumière, sont la plus péremptoire réfutation de tous leurs discours. Mais il est temps de finir.

Conservez , mes ciieis frères , un grand respect pour une pratique que Dieu lui-même a établie et qui par conséquent est d'une nécessité indispensable , pour une pratique pleine de miséricorde et de pardon , par conséquent sainte et salutaire sous tout rapport : voilà le fruit de cette instruction ; dans la prochaine , nous verrou» comment il faut la faire.

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