INSTRUCTION XX
De ceux <iuJ manquent par milice àl'intéïrké-fle 1» cos»f«s«kwi. De l'huinMite de la confession et de ses antres qualité»
Après vous avoir parlé, dans ma dernière instruction, des pénitents qui manquent à rintégrité de la confession par oubli, par ignorance ou par honte , je vais aujourd'hui vous parler de ceux qui manquent à cette qualité par malice. Il est rare qu'on cache volontairement et à dessein quelque faute grave en confession; mais il n'est pas rare qu'on trahisse inalicieuseœetft la vérité do bien d'auires manières.
Premièrement , on manque de sincérité lorsqu'on s'obstine à vouloir qu'une chose soit permise et licite, quoiqu'elle ne le soit pas, et que malgré les doute? , les inquiétudes et les remords que l'on éprouve, on ne veut pas en faire part à son confesseur. Par exemple, vous pouvez très -bien voir que telle liaison n'est pas innocente ; vous le comprenez évidemment par les mauvais eflèts qu'elle produit en vous et par le temps qu'elle vous fait perdre ; mais parce que vous craignez qu'en en parlant à votre confesseur, il ne vous oblige à la rompre , vous cherchez des motifs pour vous persuader qu'il n'y a point de mal. Dites la même chose de ce jeu, de cette conversation, de ce gain qui n'est pas du tout selon les règles de la justice. Mais cela, qu'est-ce autre chose qu'une ruse par laquelle vous voudriez vous tromper vous-même et cacher vos fautes à vos propres yeux, afin de n'être pas obligé de les déclarer à votre confesseur?
Et en effet , vous taisez cette faute , cette circonstance , vous flattant qu'il n'y a pas grand mal là ; mais, je vous le demande, n'est-il pas vrai que vous éprouvez une grande répugnance et une grande difficulté à la déclarer ? C'est donc une raison pour vous de croire qu'il ne s'agit pas de peu de chose, car un simple péché véniel, une faute légère ne saurait exciter en vous de si grands remords.
E» outre, dites-moi, si vous vous trouviez à l'article de la mort, tuiriez-vous cette faute , cette circonstance ? Non , sans doute , me dites-vous; au contraire, alors je voudrais prendre le parti le plus sûr. Vous devez donc l'accuser aussi maintenant, parce que l'intégrité de la confession et l'intérêt de votre salut vous obligent toujours de la même manière, et vous devez les assurer aussi bien pendant la vie qu'à là mort.
En un mot, si votre conscience se trouve dans des inquiétudes et dans des doutes sur quelque point, à moins que vous ne puissiez prudemment déposer ce doute, vous êtes obligé de consulter votre confesseur ; autrement, • de même que c'est un péché d'agir contre sa conscience, de même c'est un sacrilège de taire une chose en confession , contre cette même conscience.
On manque en second lieu à la sincérité lorsque , sans cacher totalement ses fautes, on ne les dit qu'à moitié, ou bien qu'on les embrouille tellement, qu'en réalité on ne les déclare pas du tout. Il y a des gens qui ont trouvé le moyen de se confesser sans se confesser ; ils en disent assez pour endormir leur conscience et \iour se persuader faussement qu'ils se sont confessés ; mais en réalité ils ne se sont pas confessés, puisque le portrait qu'ils ont fait d'eux-mêmes ne ressemble en rien à celui qu'ils voient.
Je veux parler de certaines accusations imparfaites et tronquées, que quelques personnes font au tribunal, dans lesquelles elles déclarent le péché ; mais elles taisent les circonstances les plus graves de ce péché : elles disent les mauvaises actions, mais elles cachent les motifs et les intentions qui les leur ont fait commettre et qui en augmentent considérablement la malice ; elles découvrent leurs plaies, mais non l'occasion prochaine qui les tient continuellement ouvertes, mais non l'habitude ; elles agissent ainsi malgré les interrogations du confesseur., qui leur demande tout cela la première fois qu'elles se présentent à lui.
Jev3ux parler encore de certaines accusaiions vagues et générales qui, par un mot, renferment une multitude de fautes et He
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laissent rien de net et de précis dans l'esprit du confesseur. Vous vous accusez, par exemple, d'avoir été ambitieux, orgueilleux, jaloux, etc.; mais ce sont là des passions susceptibles du plus ou du moins, selon qu'elles dominent plus ou moins en vous : expliquez-m'en donc la nature, le degré et les suites. Vous vous accusez de vous être laissé emporter par la colère ; mais a-t-elle été grave ou légère ? a-t-elle été ajcompagnée de mépris, d'affronts, d'imprécations, de désirs de vengeance? et de quelle vengeance? combien de temps a duré cette colère ? etc. Il faut vous expliquer. Vous vous accusez en général d'avoir eu de mauvaises pensées, d'avoir dit des paroles grossières; mais vous ne précisez rien, vous ne dites rien de ces mille circonstances qui peuvent changer l'espèce et augmenter la grièveté du péché. De même, voilà une femme qui vient s'accuser de vanité ; mais cette vanité peut n'être qu'un désir excessif de paraître qui n'excède pas certaines limites; ce peut être une passion tout-à-fait déréglée et tyrannique qui vous fait perdre un temps considérable à vous parer, au préjudice de vos devoirs d'état ; qui vous porte à des nudités scandaleuses, à des modes inconvenantes, à des dépenses excessives et ruineuses, etc. : de tout cela on n'en dit rien ; mais ceci est bien autre chose que de la vanité.
Combien de pénitents cherchent des expressions et des tournures pour pallier leurs fautes aux yeux de leur confesseur ? La grande application de certaines personnes, ce n'est pas de bien faire connaître leurs fautes , mais de trouver des termes et des formules pour arranger leur confession et s'expliquer avec le moins de précision possible. Tel individu vient s'accuser d'éprouver quelque penchant, quelque affection pour une personne de l'autre sexe, tandis qu'il devrait avouer nettement et formellement qu'il est dominé par une passion violente, par une passion déclarée , etc.
Quedirai-jeeufln de ceux qui entortillent et embrouillent à dessein les choses, afin de n'être pas compris ; qui passent rapidement et à la course sur certaines fautes honteuses et abominables, afin que le confesseur n'ait p^s le temps de faire des réflexions là-dessus; ou qui parlent d'une voix si basse, qu'on a grand'peine à comprendre ce qu'ils disent ; ou qui se servent de détours et de termes ambigus dont on ne peut comprendre le sens propre et véritable ? Craignant tout à la fois et de confesser leur péché et de ne pas le confesser, elles s'expliquent de manière à ne faire en réalité ni l'un ni l'autre. Telles sont les sottes ruses des pénitents ; mais ordinairement les confesseurs n'en sont oasduoes; ils savent
deviner l'état de ces pénitents : un mot échappé par hasard de leur bouche suffit pour aller en avant , découvrir le terrain et en faire sortir toutes les misères qui sont cachées au fond de la conscience.
Mais que peut-il résulter d'une telle manière de se confesser ? On double mal. D'un côté vous avez la peine de faire une confession très-ennuyeuse en elle-même, quelque tronquée et entortillée qu'elle soit ; et de l'autre vous n'en retirez aucun fruit et aucune consolation. D'où vient , en effet, qu'en vous retirant du tribunal vous vous trouvez peu contents de vous-mêmes, que vous ne jouissez pas de cette paix et de cette sérénité de conscience qui est le fruit ordinaire d'une bonne confession ; et qu'il vous reste toujours au fond du cœur une inquiétude secrète ? Cela vient de ce que votre conscience vous reproche de n'avoir pas été parfaitement sincères, de ne vous être pas montrés franchement à votre confesseur tels que vous vous sentez en vous-mêmes. Oui, quiconque se confesse ainsi avec artifice et duplicité , quoiqu'il cherche à se tranquilliser sur sa confession, n'y réussit pas, et sa conscience lui reproche toujours de manquer de sincérité.
Il nous reste enfin à parler d'une autre dasse de pénitents, qui ne manquent pas à la vérité en cachant ou en déguisant leurs fau-» tes, mais en les excusant et en les justifiant. C'est là un vice aussi .mcien que le péché ; car dès le commencement du monde, x\da:n ayant été repris de son péché, s'excusa tout de suite sur sa femme, et la femme sur le serpent : Mulier quant dedisti sociam dedlt mihi de ligno et coniedi. Serpens iecepit me, et comed'. (Gen. m, 12 et 13.) Cette funeste habitude s'est étendue à une Toule de ses descendants qui recherchent toujours des prétextes pour justifier leurs transgressions. Les uns rejettent leur faute sur leur tempérament , qui est trop passionné ; les autres sur leur condition, qui les expose à tant de dangers, ou, ce qui est pire, sur le prochain , convertissant ainsi leur confession en de véritables médisances. C'est ainsi que les parents attribuent leurs fautes aux enfants et les enfants aux parents , le mari à la femme et la femme au mari, le maître aux domestiques et les domestiques aux maîtres. Mais ne voyez-vous pas que de telles excu« ses ne servent qu'à vous rendre indignes de la miséricorde de Dieu ? Auprès des hommes, pour recevoir le pardon de ses fautes, on s'en excuse ; mais c'est le contraire auprès de Dieu , en sexcu* santon devient indigne de pardon. Voilà pourquoi le saint roi Da- 'id disait : Confitebor adoersum me injustitiam meam Domino,
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Oui, je confesserai mon iniquité contre moi, et en la confessant je ne l'attribuer m ni à l'instigation des autres , ni à la force de la- tes* tation, nia la qualité de mon tempérament; non, je me l'attribuerai» tout entière et je dirai que je l'ai commise parce que j'ai voulu lu commettre, que je suis moi seul le coupable elle pécheur : Gonfv» tebor atkoersiim me injustitiam meam Domino. (Ps. xxxi, 3k)
Ce n'est pas que je prétende pour cela condamner toutes sortes d'excuses :: il y a- des excuses qui; sont admissibles, convenables et même requises pour l'intégrité de la confessiom Et quelles sontelles 3 Ce- sont celles qui sont fondées et qui: servent à diminuer la malice du péché et à changer notablement le jugement du; ootifes^ seur. Ainsi, si, dans le péché que vous avez commis* il n'y a. pas ein pleine advertance ou parfnit consentement, dites-le; car souvent cette circonstance rend vénielle une chose' qui autrement serait mortelle.
Mais il faut bannir toutes les excuses qui sont contraires à> la- mérité ou qui ne diminuent en rien le mal du péché ; car, dans le premier cas, on manque à l'intégrité de la confession , et dans le se» cond on anéantit la contrition. Si ces excuses ne sont pas vraies, vous manquez à l'intégrité de la confession. Vous vous, accusez, par exemple, de n'avoir pas jeûné les jours de précepte , et vous allégiez la faiblesse de votre santé ; si ce motif est vrai:, vous n'avez» pas fait un péché, et vous pouviez vous dispenser d'en parler ; mais s'il n'est pas vrai , vous venez nier votre péché dans le moment même où vous deve?' le confesser. Dites-en autant de tout autre précepte que vous auriez transgressé, et dont vous justifiez la trans» gression par des raisons fausses et sans fondement.
Si vos excuses sont vraies , mais qu'elles ne diminuent en rien ta malice du péché, comme serait le mauvais caractère d'une personne avec laquelle vous êtes obligé de vivre, la violence des tentations, vottte mauvais naturel, ete., toutes choses qui peuvent bien porter au péché, mais; qui ne nous y forcent pas, puisqu'on peut les vain/ cre avec la grâce de Dieu, alors ces excuses anéantissent le rep-en-j tir. Comment, en effet, vous repentir ? comment délester véritable^ ment des fautes que vous cherchez à diminuer et presque à justiûer à vos propres yeux ?
Ces observations me conduisant d'elles-mômes à vous parler de la seconde qualité qui doit accompagner la confession , c'est-à-dire de Vkv.milité , de cette disposition sans laquelle vous n-'aun* jar mais la force de surmonter le plus grand de tous les obstacles à la
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sincérité de la confession. Quelle est, en effet, la source de ces détours, de ces excuses et de ces ruses dont se servent les pénitents pour éviter la confusion qu'ils ont méritée, si ce n'est ce fond d'orgueil qui les accompagne jusqu'au tribunal de la pénitence ? Ils voudraient bien s'accuser, mais ils ne voudraient pas se diffamer , ou tout au moins ils voudraient, autant que possible, ménager leur amour-propre ; de là tant de ruses et d'artifices. Il sera donc bien difficile que vous soyez sincère, si vous ne portez au tribunal un véritable sentiment d'humilité.
Mais, en outre, quelle condition est plus convenable et plus nécessaire que celle-là? Lorsque nous allons auprès du ministre sacré, du représentant de Dieu, pour nous accuser de nos fautes, nous sommes des criminels, nous nous reconnaissons pour tels, et nous nous accusons aussi comme tels. C'est en cette qualité que nous recourons à la miséricorde de Dieu pour lui demander grâce et pardon. Or, que penseriez-vous d'un sujet rebelle qui comparaîtrait devant son souverain avec un air allier et superbe, sans repen* tir et sans soumission ? Au lieu de l'apaiser, il ne ferait que l'irriter davantage.
L'humilité est donc essentiellement requise ; mais il faut une humilité intérieure et de cœur, qui vous fasse bien voir, sentir et dé» tester votre état ; par laquelle vous vous reconnaissiez pour pécheurs,. et qui vous porte à vouloir passer pour tels aux yeux de votre confesseur même; une humilité qui se isanifeste dans votre contenance, dans votre démarche, dans votre langage et dans tout votre extérieur ; il faut que vous soyez semblables à ce publicain qui, plein de confusion à la vue de ses péchés, était prosterné dans un coin du temple et n'osait pas même lever la tête et les yeux vers le ciel.
Voilà surtout la disposition qui manque souvent à certains pénitents, qui viennent se confesser avec un certain air d'audace et d'effronterie, et qui déclarent leurs péchés comme [ils raconteraient une histoire qui ne les regarde pas. Quel fond peut-on faire sur leurs dispositions ? S'ils étaient pénétrés de la connaissance et de l'horreur de leurs fautes, leur maintien, leur modestie , l'humilité et la confusion avec laquelle ils découvriraient les fautes graves qu'ils auraient commises, délivreraient bien jvite le ministre de Jésus-Christ des inquiétudes qu'il éprouve relativement jà leurs dispositions. Mais un grand nombre de chrétiens s'imaginent que pour recevoir le pardon de ses fautes , il suffit de les déclarer ave« sincérité , et ils s'inquiètent peu de la détestation et de la contrU
tion qui est cependant, on ne saurait trop le répéter, le plus nécessaire des actes du pénitent : aussi leurs confessions ne sont accompagnées d'aucun sentiment d'humilité.
Si vous voulez donc faire une bonne confession, portez au tribunal la sincérité et l'humilité. L'humilité montrera la haine souveraine que vous avez du péché , elle prouvera que vous avez un vrai repentir ; la sincérité vous préservera de rien cacher à votre confesseur. Ce n'est qu'à la déclaration humble et sincère de nos fautes que Dieu a promis le pardon : les confessions faites avec ces conditions mortiûeront peut-être un peu notre amour-propre; mais elles seront bien plus agréables à Dieu, et bien plus efficaces pour guérir les plaies de notre âme et nous procurer la vraie pais et le vrai contentement du cœur.
Quoique les autres qualités ne soient pas nécessaires pour la validité du sacrement, elles sont cependant très-utiles et très-convenables ; je ne puis donc les passer entièrement sous silence. Parmi celles que nous trouvons encore dans les théologiens, il y en a surtout deux dont nous devons dire quelques mots.
Premièrement, la confession doit être simple, c'est-à-dire , qu'il faut la dépouiller de toutes les explications insignifiantes, inutiles et étrangères à la déclaration même de ses fautes. C'est un vrai supplice pour un confesseur que de rencontrer ces pénitents qui , au lieu de dire leurs péchés avec précision et sans tant de préambules, veulent auparavant lui raconter le fait tout entier , toute l'histoire qui en a été la source. Mais à quoi bon toutes ces paroles et tous ces détails ? Ils ne servent qu'à faire perdre le temps , à fatiguer et à scandaliser ceux qui attendent autour du confessionnal. On ne doit dire en confession que ce qui regarde la confession même, ce qui est un péché ou pourrait l'être, sans aller s'étendre à des explications fatigantes et hors de propos.
Je sais que, pour votre propre satisfaction , pour la paix et la tranquillité de votre conscience, qui est proprement le but de la confession, le confesseur doit quelquefois tolérer, surtout dans les personnes ignorantes , certains détails ennuyeux ; mais cependant cela n'empêche pas que vous ne deviez retrancher de vos accusations tout ce qui est indifférent et superflu, et vous en remettre avec docilité, sur ce point, à la décision de votre confesseur.
Une autre qualité plus importante encore, c'est que la confession soit prudente : prudente, en premier lieu, dans la manière de s'accuser sur certaines fautes d'impureté , ayant soin d'éviter de se
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servir d'espressioas peu décentes et fol blessent la modestie ; prudente en second lieu , par rapport au prochain , a-fin de ne pas nuire à sa réputation qu'il faut respecter dans le tribunal de la pénitence aussi bien qu'ailleurs. Gardez-vous donc bien de jamais découvrir les complices de vos péchés, de dire le nom des personnes avec lesquelles vous les avez commis ; bornez-vous à dire leur état ; si c'est avec une personne mariée ou non , parente ou no». Pour les circonstances nécessaires à exprimer, si vous ne pouffez les déclarer à votre confesseur sans faire connaître la personne avec laquelle vous êtes tombé, vous devez vo«s adresser à ua autre , auquel cette personne soit inconnue ; à moins que vous ne puissiez pas b foire sans un grave inconvénient ; cardans ce cas vous pouvez dire cette circonstance même , malgré la diflamatioE qui en résulte pour cette personne, parce qse l'intégrité de 1a confession et l'intérêt de votre âme doivent être préférés à la réputa* tion^Tun tiers.
Je dois encore ajouter une observation, c'est que, quoique votre confesseur aurait l'habitude de vous exciter à la contrition avant de vous donner l'absolution, vous ne devez pas manquer «ïe vous y exciter vous-même avant d'entrer au tribunal ; autrement vous vous exposeriez à vous confesser sans douleur de vos péchés. D'après la nature du cœur humain et l'économie de la grâce de Dieu, on comprend que la contrition n'est pas une chose qui se conçoive si subitement ; vous imaginer donc que les seules paroles de votre confesseur la produiront en vous, c'est fane véritable te> mérité.
Cependant, comme ses réflexions peuvent servir puissamment à l'exciter toujours plus , il est bien important qu'après avoir terminé votre accusation, tous écoutiez avec beaucoup d'attention tes avis qu'il vous donne, et que vous n'alliez pas , pendant ce temps-là, fouiller encore votre conscience pour voir si vous n'auriez rien oublié et si vous avez tout dit. Chose singulière ! votre ronfesseur travaille à vous bien préparer à l'absolution , il vous représente les dangers de votre âme, la grandeur de l'offense que vous avez faite à Dieu, les châtiments éternels qui vous menacent ; et vous , à tout instant , vous venez l'interrompre et lui dire : Je m'accuse encore de tel péché dont le souvenir me revient; je me rappelle encore tel autre ; vous montrez par cette conduite qu'uniquement occupés de rechercher vos péchés, vous ne dermes pas la moindre attention à ses paroles. C'est là une ruse du démon ;
iî tourne tous vos soins du côté de l'accusation de vos fautes , qui l'inquiète peu lui-même, pourvu qu'il détourne votre pensée de tout ce qui peut exciter la componction dans votre cœur.
Pendant que vous vous inquiétez de vos fautes , et que vou? avez l'esprit tout occupé à voir si vous n'en avez point oublié , vous ne réfléchissez point aux motifs de contrition qui vous sont suggé- : -s ; or, si vous manquez de contrition, à quoi servira l'exactitude ce votre accusation ? S'il vous revient à l'esprit quelque nouveau [éché, déclarez-le ; mais ce n'est plus alors le temps des recherches et des examens, c'est le moment de faire de bonnes réflexions pou* vous assurer une vraie douleur.
Ces quelques explications que je viens de vous donner suffisent, ',2 pense, pour vous faire connaître la vraie manière de se confesser et les défauts que vous devez éviter en le faisant.