INSTRUCTION XXX
Enormité il u sacrilège.
La première et la plus essentielle disposition pour bien communier , je vous l'ai montré dernièrement , c'est la grâce sanctifiante, la pureté de conscience, l'exemption eniin de tout péché mortel, Sans cette disposition la communion ne serait plus qu'un horrible sacrilège. Avant donc de vous parler de la seconde disposition , il est à propos de traiter et de bien vous faire comprendre deux choses très-importantes : 1° I'énormité d'une communion sacrilège, 2° le danger et la facilité de s'en rendre coupable.
Quant au premier point, je trouve dans saint Paul deux textes d'une grande énergie, et qui nous peignent vivement l'horrible caractère de ce péché : ces textes sont rendus avec des expressions capables de faire trembler quiconque conserve la moindre étincelle de foi. Il nous dit d'abord que celui qui communie indignement, se rend coupable du corps et du sang de Jésus-Christ : Quicumgue manducaverit panem hune vel biberit Galicem Do-
mini indigné, reus erit corporis et sanguinis Domini. La foi nous apprend que Jésus-Chrisl est la sainteté même ; or cette vérité suffit pour nous faire toucher au doigt l'opposition intrinsèque qui existe entre lui et le péché. Jésus-Christ et le péché, ce sont deux termes qui se répugnent tellement qu'on ne peut les réunir en soi sans devenir aux yeux de Dieu un objet d'horreur et d'abomination. Quelle union en effet peut-il y avoir, dit saint Paul, entre la lumière et les ténèbres, et quelle alliance peut-il exister entre Jésus-Christ et Béiial (II. Cor. xvi etxv) ? Voilà donc un péché dont la malice intrinsèque est énorme. Le même apôtre ajoute en second lieu que celui qui communie indignement , boit et mange sa propre condamnation : Qui manducat et bibit indigné, judicium sibi manducat et bibit (I. Cor. xi, 29 ) : et voilà un péché affreusement terrible dans ses suites. Pénétrez-vous bien de ces deux vérités, afln de concevoir une salutaire horreur de ce crime. Hélas! cette monstrueuse alliance ne se réalise cependant que trop en celui qui va communier avec une conscience chargée de péchés mortels et habitée par le démon ! N'est-il pas vrai que la nature et la propriété de ce sacrement est d'introduire Jésus-Christ personnellement en nous, de nous unir à lui, et de l'incorporer en nous ? Or, le recevoir en état de péché mortel, qu'est-ce autre chose que de lui offrir l'habitation la plus indigne de lui et la plus abominable, et le forcer malgré lui d'habiter avec le démon ? Mais peut-on imaginer un crime plus horrible ? Si le pécheur méprise Dieu lorsqu'il foule aux pieds sa loi sainte et sa volonté divine , que dirons-nous de celui qui l'outrage directement et dans sa propre personne ? Si tout homme qui profane une chose sainte ou consacrée , commet un péché horrible , que dirons-nous de celui qui ne profane pas seulement les vases sacrés , les reliques, les autels ; mais le Saint des saints lui-même , le corps et le sang du divin Sauveur ? Si enfin chaque pécheur se rend véritablement coupable de la mort de Jésus-Christ , en tant que par son péché il en fait revivre la cause impie, crucifig entes in sibimetîpsis FitinmDei, quel nom donner au crime de celui qui l'attache dans son propre cœur , à une croix mille fois plus déchirante que ceile du Calvaire ?
Oui , ces paroles du saint Paul , liens erit corporis et sanguinis Domini , expriment «ne malice égale au déicide. Et , en effet , être coupable du corps et d sang du Seigneur, n'est-ce pas la même chose que de l'avoir tué ? C'est le sens que leur donne l'Eglise : Hoc est , ac si Christian occident , punieliïr. C'est aussi en ce
Sens que les ont entendues les saints Pères qui comparent le crime de l'indigne communion au crucifiement de Jésus-Christ par les Juifs, et ils y trouvent même un ensemble de circonstances qui le rendent encore plus grave. Car enfin les Juifs crucifièrent Jésus-Christ sans le connaître ; et s'ils l'avaient connu, dit saint Paul , ils ne l'auraient jamais crucifié ; ils le crucifièrent lorsqu'il avait encore un corps passible et mortel : et en le crucifiant ils accomplissaient , sans le savoir, la volonté du Père qui, par cette mort, voulait opérer le salut du monde, et glorifier davantage Jésus-Christ ; tandis que le sacrilège élève au milieu de son cœur une croix à Jésus- Christ, quoiqu'il règne déjà en gloire dans le ciel , et qu'il le reconnaisse et l'adore comme le seul vrai Dieu ; il lui élève une croix que ce bon Sauveur n'accepte pas , mais qu'il abhorre ; une croix destinée non à procurer le salut de ce malheureux , mais sa perte éternelle , et rien que sa perte ; croix qui , loin de glorifier Jésus- Christ , le couvre de mépris , d'outrages et d'ignominie: et cela au moment où ce bon Sauveur lui témoigne le plus d'amour, lui accorde dans sa tendresse extrême un bienfait si merveilleux qu'il ravit le ciel , et, je dirais presque, l'enfer même d'élonnement ; au moment où Jésus-Cliristentre dans son cœur pour verser dans son âme tous les trésors de ses grâces, et se donner lui-même tout entier. Oh! quel excès donc de méchanceté, d'ingratitude, de perfidie et de trahison ! Qui pourrait l'expliquer ! Tout cela est renfermé dans ces paroles de l'Apôtre, Jieus erit corporis et sanguinis Dominii et ne craignons pas que ce soit ici une exagération : non, c'est une vérité fondée sur la parole même de Dieu qui ne peut nous tromper ; parole que nous devons bien retenir et croire, lors même que nous ne comprendrions pas la manière dont elle s'accomplit.
Mais si telle est Ténormité de ce péché, quelles n'en seront pas les conséquences? Elles sont assurément très-funestes, elles sont effrayantes. Saint Paul les a exprimées dans cet autre texte : Qui manducat et bibit indigné, judicium sibi munducat et bibit.
On ne peut, sans frissonner, lire dans l'histoire ecclésiastique le moyen elTrayant dont le saint pontife Théodore se servit, au concile de Latran, peur condamner l'hérésiarque Pyrrhon. En célébrant» selon l'usage, le saint sacrifice dans celte auguste assemblée, il fit apporter vers son trône le calice déjà consacré ,et, trempant une plume dans le sang du Rédempteur du monde , il se servit de ce sang qui a justifié et racheté les hommes, pour souscrire la condamnation et l'excommunication de cet infortuné. A celte vue, tous
les Pères frémirent d'horreur et tous les assistants furent saisis d'épouvante.
Mais le sort de celui qui communie indignement est bien plus horrible encore ; car pour lui il n'écrit pas simplement sa condamnation sur du papier avec le sang de Jésus-Christ, mais il se la grave lui-même dans les entrailles. Il l'avale lui-même ; de sorte qu'elle se mélange avec lui, elle s'incorpore à lui , elle s'identifie avec lui comme la nourriture et la boisson qui sont digérées dans son estomac: Judiciiim sibi manducat et bibit. De même qu'un poison que vous aurez sucé porte tout de suite la mort dans votre corps , et qu'une fois que vous l'avez bu et que vous en êtes pénétré, il est très-difficile de vous en débarrasser, de même la divine Eucharistie, reçue en état de péché, devient un vrai poison qui porte partout ses ravages, qui s'identifie avec vous, se mêle à votre chair et à votre sang, de sorte qu'il devient bien difficile de s'en débarrasser. Or, quel funeste et déplorable renversement ! Jésus-Christ, la source des bénédictions et des grâces, l'aliment de noire vie spirituelle, la force et les délices de notre âme , le gage du bonheur éternel , le ciel sur la terre, devenu un poison fatal, une nourriture de mort, un sujet de ruine et un sceau de réprobation ! Et pourtant c'est la vérité : J udicium sibi manducat et bibit, non dijudicans corpus Domini.
Mais ce n'est pas encore tout : celte malédiction que le sacrilège s'incorpore, qu'il porte gravée dans ses entrailles, ne peut manquer d'étendre ses horribles effets et sur l'âme et sur le corps. Oui, même sur le corps , par les langueurs, les infirmités et la mort prématurée qui en sont les suites. Aussi l'Apôtre ajoute : Si parmi vous il y en a beaucoup qui sont malades, languissants et paralysés dans leurs membres , beaucoup même qui sont frappés de ces morts subites qui deviennent si fréquentes de nos jours, c'est que dans ce sacrement de vie , ils mangent leur propre condamnation : Ideà inter vos midli înfirmi et imbecilles et dormiunt mulii (I. Cor. vr, 30).
Ces châtiments extérieurs et corporels ne se réalisent pas toujours et en tous , mais les punitions intérieures et spirituelles ne manquent jamais d'arriver d'une manière qni, pour être moins sensible, n'en est que plus effrayante. Quelles sont ces punitions? L'aveuglement de l'esprit, l'endurcissement du cœur, la stupidité et l'insensibilité de l'âme , l'abandon de Dieu , l'entier et total assujétissement au démon : tout cela précipite de crime en crime , d'ex-
eès en excès, et mène à grands pas à l'impénitence finale. Tels sont Jes horribles effets de ce jugement que vous engloutissez en vousmême par l'indigne communion.
Rappelez-vous Judas, qui le premier a donné l'exemple de ce péché et qui , le premier aussi, a été la preuve des redoutables châtiments de la justice divine. Quoiqu'il fût avare , méchant et sans charité , quoiqu'il eût déjà , de plusieurs manières , donné accès au démon dans son cœur , cependant il ne lui fut pleinement et entièrement livré qu'au monent où il eut l'audace de communier indignement : Post buccellam partis introivit in eum Satanas, dit l'Evangile. (Joan, xnr, 27.) Ce fut alors que le démon l'aveugla et le détermina à consommer l'horrible dessein qu'il avait conçu de vendre son divin Maître , mais que, par un reste de conscience, il n'avait pas exécuté jusque-là, et le poussa tout de suite à aller conclure avec les ennemis de Jésus-Christ le marché de son infâme trahison : Exivit continua ; ce fut alors que le démon le conduisit à cette fin malheureuse que tout le monde connaît, c'est-àdire, à se pendre de désespoir. Méditez bien cet exemple, vous qui vous abandonnez au sacrilège. Ah ! si quelqu'un d'entre vous était tenté de s'approcher indignement de la table sainte, il devrait sentir ses pieds chanceler sous lui et ses entrailler se glacer de frayeur î
Je ne veux pas dire sans doute que ce péché soit irrémissible et irréparable, et que quiconque s'en reconnaît coupable doive, comme Judas, s'abandonner sans ressource au désespoir. Non; parmi cc-ux même qui crucifièrent Jésus-Christ sur le Calvaire, en accablant sa personne sacrée de tant de clameurs et d'outrages , nous savons que quelques-uns s'étant véritablement repentis , trouvèrent leur pardon et leur salut dans le sang même qu'ils avaient indignement versé. Si donc ceux-là aussi ont une sincère contrition de ce crime, ils peuvent encore se convertir et se sauver, quoiqu'ils aient renouvelé la perfidie des bourreaux du Sauveur. Ce que vous devez conclure de tout ce que nous venons de dire , c'est qu'on ne saurait trop craindre le crime énorme d'une indigne communion, ni trop le pleurer et le regretter devant Dieu quand on a eu le malheur de s'en rendre coupable.
— Mais, me direz-vous , ma conscience ne me reproche pas un pareil crime , et j'espère bien être en état de grâce chaque fois que je m'approche de la table sainte. — C'est un autre point sur lequel vous avez besoin d'être éclairés. Tout ce qi?e je vous ai dit jusqu'ici de l'énormité du sacrilège, serait inutile et ne produirait pas en vous
iZh PART. IV. INST. XXX.
la moindre frayeur, si je ne venais pas examiner avec vous le pré» texte à l'aide duquel une foule de chrétiens se croient exempts d'un tel péché : et si , après vous en avoir montré l'énormité, je ne vous parlais pas aussi du danger et de la facilité d'y tomber.
Je ne veux pas vous inquiéter mal à propos, me:f "seulement vous inspirer une juste défiance. Sachez donc qu'il y a <*■- sortes de personnes qui tombent dans le sacrilège : les unes &™mi fort bien qu'elles sont en état de péché mortel , et cependant elles se laissent aller, par respect humain ou par tout autre motif, à communier hardiment en cet état; celles-là sont assurément plus coupables, car elles agissent avec plus de malice et de réflexion ; mais ij est rare de rencontrer des âmes qui portent la^ scélératesse et l'en* durcissement à ce point. Les autres se flattant, sans fondement rai» sonnable , d'être en état de grâce avec Dieu, vont à la table sainte avec une entière confiance ; et celles-là bien plus nombreuses , sont encore sacrilèges ; moins coupables , que les premières , j'en conviens, mais cependant elles sont coupables d'une véritable profanation. Leur ignorance ne saurait les excuser ; étant volontaire , elle n'empêche pas qu'elles n'aillent réellement et sciemment à la table sainte avec d'assez mauvaises dispositions. Et en effet , sur quel fondement s'appuient-elles pour se croire en état de grâce avec Dieu? Sur la confession qui a précédé leur communion. Mais , je vous le demande^ les confessions sont-elles toutes bonnes, saintes et salutaires ? Toute confession suffit-elle pour nous rendre la grâce sanctifiante et nous préserver d'une communion sacrilège ? Non, sans doute. Il faut donc voir si vous pouvez prudemment vous tranquilliser après votre confession ; si vous n'avez point encore des inquiétudes de conscience et des remords qui ne sont pas à mépriser : votre confession, par exemple, n'a-t-elle pas été faite avec précipitation , avec peu de soin et de réflexion, sans nul changement intérieur et extérieur ? Ne conservez-vous pas en vous des haines mal éteintes ? Les passions impures ne sont-elles pas encore vivantes au fond de votre cœur ? N'êtes-vous pas encore enchaîné par des attachements et des liens que vous n'avez pas brisés où que vous n'avez brisés qu'à demi? N'y a-t-il pas des occasions prochaines que vous n'avez pas quittées ou que vous n'avez suspendues qu'avec la secrète intention de les reprendre plus tard ; des restitutions auxquelles vous êtes tenu, que vous avez promises et que vous n'accomplissez jamais; des défauts et des manquements assez graves que vous accusez par habitude et par routine , sans jamais vous en corriger „ et ainsi du reste I
Toutes ces choses, comme vous levoyez, ne sont pas de vains scrupules ou de vaines appréhensions à mépriser ; ce sont, au contraire, des remords réels et bien fondés qu'il faut déposer avant d'aller à la sainte table. Or, je vous le demande, les avez-vous déposés par votre confession, ou bien vous restent-ils encore ? Si vous les avez déposés, je n'ai rien à vous dire; mais s'ils vous restent sur la conscience, si vous les étouffez à dessein, à quoi vous sert une confession qui n'a pas d'autre effet que d'endormir votre conscience et non pas de la purifier et de la tranquilliser ? N'est-ce pas là fermer volontairement les yeux pour ne pas voir ?
Mais, supposé que votre conscience ne vous reproche pas formellement des fautes graves , vous n'avez cependant pas non plus la paix et l'assurance requises pour communier ; et c'en est assez pour profaner le sacrement , car c'est toujours le profaner que de s'exposer volontairement à faire une mauvaise communion.
— Mais je me suis confessé, me direz-vous. — Fort bien : c'est-àdire que vous avez fait deux sacrilèges , l'un par la confession et l'autre par la communion.
— Mais mon confesseur m'a donné l'absolution. — C'est vrai ; mais pourquoi vous l'a-t-il donnée ? Parce que vous ne vous êtes pas expliqué avec toute la sincérité requise, ou parce que le confesseur, ne vous confessant pas ordinairement, ne vous a pas connu, ou enfin parce que Dieu, pour vous punir, a permis que vous rencontrassiez mal et que vous fussiez absous^ quelque indigne que vous fussiez de l'absolution. Quei qu'en soit le motif, comment osez-vous compter sur une absolution reçue malgré tant et de si fortes raisons de croire que vous en êtes indigne ?
— Mais enfin , je suis dans la bonne foi ; lorsque je vais communier, je crois être en état de grâce ; la bonne foi ne suffit-elle pas pour me préserver de faire un sacrilège ? —Sans doute, je conviens que la bonne foi suffit pour cela ; mais il faut qu'elle existe réellement. Or, l'avez-vous ? Votre bonne foi n'est-elle pas une confiance mal fondée et présomptueuse , une erreur volontaire et coupable et une illusion grossière qui n'aurait certainement pas lieu, si vous vous éprouviez sincèrement, sévèrement et loyalement , comme l'exige l'Apôtre : Probet aulcm seipsum homo, et sic de pane Mo edat et de calice bibat.
Voilà ce que je voudrais bien faire comprendre à ces chrétiens qui vivent loin des sacrements et dont la vie est souillée de tontes sortes de vices.
Je sais quelle est l'efficacité d'une bonne confession pour réconcilier le pécheur avec Dieu : mais je sais aussi combien ils soM rares ceux qui, vivant habituellement dans le péché et demeurant dans cet état jusqu'au jour de leur communion, se confessent bien alors et sont pénétrés de cette salutaire componction qui change les cœurs et détruit tous les obstacles : de là il arrive qu'ils vont à la table sainte , confessés , mais non justifiés. Ah ! combien , sous ce rapport, le nombre des communions indignes est plus grand qu'on ne pense !
Mes très-chcrs frères , réfléchissons à nos communions ; ce n'est pas un pain ordinaire que nous allons recevoir, et en le recevant mal on s'expose aux plus grand dangers. Eprouvons-nous donc sévèrement nous-mêmes ; faisons auparavant une confession aussi exacte et aussi fervente que nous voudrions l'avoir faite à la mort. Soyons bien persuadés qu'il ne faut pas un cœur moins pur pour aller recevoir Jésus-Christ que pour aller paraître au tribunal de Dieu. Cette pensée seule devrait suffire pour nous faire préparer de manière à ne jamais nous rendre coupables d'une indigne communion
Mais il faudrait bien vous garder de tomber dans un autre excès, et sous prétexte d'éviter le sacrilège, de Vous abstenir totalement de la sainte communion. Il y en a, en effet, beaucoup qui s'en éloignent sous prétexte de leur propre indignité , et qui ont la prétention de se faire un mérite de cet éloignement comme d'un acte de respect et de religion envers Dieu. Mais dès qu'ils ne travaillent pas à détruire les obstacles qui les empêchent de communier, il est évident que leur respect est faux, et qu'ils transgressent ce précepte d'une autre manière.
C'est un faux respect. Sans doute le péché mortel est un obstacle à la sainte communion , mais c'est un obstacle que l'on peut détruire. Si vos péchés vous arrêtent , repentez-vous-en, détestezles, effacez-les par une bonne et salutaire confession, et alors l'obstacle sera levé. Si vous ne l'ôtez pas , comment pouvez-vous vous flatter que c'est le respect qui vous retient ? Vous montrez par là que vous tenez plus à vos péchés que vous ne tenez au corps et au sang de Jésus-Christ , que vous préférez renoncer à Jésus- Christ qu'à vos péchés ; et vous appelez cela respect ? Aon , ce n'est pas respect, c'est aveuglement, c'est haine de votre âme, c'est enfin un funeste attachement à vos fautes.
Mais de plus , vous transgressez aussi ce précepte ; car il est
bien certain qu'il vous oblige de temps en temps , au moins à Pâques. Or, le précepte nous oblige de communier et de communier dignement ; on peut donc recevoir ce sacrement sans tomber dans l'abus dont je viens de parler.
Mais pour communier , il ne faut pas se contenter de l'exemption du péché mortel ; nous ne devons pas seulement, en communiant, nous proposer d'éviter le sacrilège , mais de faire une bonne et sainte communion. Pour cela, il faut quelque chose de plus que l'état de grâce et l'exemption du péché mortel. Que faut-il donc ? Nous le verrons dans l'instruction suivante.