‹ Cours d'instructions familières (volume 2)Chapitre 33 sur 43 · INSTRUCTION XXXV · texte numérisé non relu

INSTRUCTION XXXV

antres effets particuliers de rextréme-oncttiro.

L'extrême-onction, comme nous l'avons vu dernièrement , rend la santé au malade lorsqu'elle est utile au salut de son âme ; la crainte qu'ont ordinairement les chrétiens de ce sacrement est donc une crainte insensée, vaine et pernicieuse. Mais cette guérison n'est que l'effet secondaire et conditionnel de ce sacrement, car elle n'est pas toujours avantageuse aux malades ni conforme aux desseins de Dieu. Il produit d'autres effets pourl'ame, effets certains si nous n'y apportons pas d'obstacle , et d'une si grande importance, qu'ils doivent être pour nous un motif plus puissant encore de ne pas différer de le recevoir en cas de maladie grave. C'est de ces effets qu'il me reste maintenant à vous parler. Or, quels sont-ils ?

Je ne parlerai pas ici de l'effet général commun à tous les sacrements des vivants , je veux dire de l'augmentation de la grâce sanctifiante : je ne vous parle ici que des effets particuliers à ce sacrement , des effets relatifs aux besoins du malade dans son état d'infirmité : et ceux-là peuvent se réduire à deux principaux : il efface le péché et les restes du péché , et il fortiûe contre les dangers de la mort.

Il a donc d'abord la vertu d'effacer le péché ; mais quel péché ? Le péché mortel ouïe péché véniel? Pour le péché véniel, cela est indubitable pourvu que le malade n'y conserve pas de l'affection et qu'il ne mette pas obstacle à cette grâce ; mais la vertu du sacrement ne se borne pas là , elle s'étend aussi au péché mortel. Ce n'est pas que l'extrême-onction soit le moyen ordinaire établi pour effacer ce péché ; nous savons que c'est la pénitence qui est établie pour cela : mais c'est que dans beaucoup de cas ce sacre- E?eut peut suppléer, et supplée en effet, au défaut de confession. Et ces cas ne sont que trop fréquents. Voilà une personne qui est tout à coup saisie par une maladie qui lui ôte l'usage de ses sens : la parole et louïe, et qui lui laisse cependant une pleine connaissance

Intérieure , qui la rend capable de produire en elle-même des sentiments intérieurs de contrition , quoiqu'elle ne puisse pas le manifester ni par paroles ni par signes : l'unique secours que puisse lui offrir l'Eglise , c'est l'extrême-onction qui do.nne de la valeur à ses actes internes et lui procure la rémission de ses péchés. Il faut dire la même chose de celui qui aurait tout-à-coup perdu l'usage de ses sens et de la raison , mais qui au moment où il a été surpris, avait une douleur suffisante de ses péchés. Il pourrait se faire encore qu'après s'être confessé on conservât sur sa conscience des fautes graves que l'on ne connaît pas ; ces fautes sont encore remises par l'extrême-onction pourvu qu'on en ait une contrition implicite.

Ainsi, quoique ce sacrement soit proprement un sacrement des vivants, destiné à augmenter la grâce sanctifiante , il peut par accident devenir un sacrement des morts , c'est-à-dire effacer le péché et rendre la grâce perdue. Si vous pouvez vous confesser, vous devez le faire; vous n'en êtes jamais dispensés ; mais lorsque vous ne pouvez vous confesser , ou que votre confession est involontairement défectueuse, l'extrême-onction supplée à ce défaut.

Cette doctrine est l'enseignement catholique fondé sur les paroles de saint Jacques qui attribue à ce sacremeat la vertu de remettre les péchés sans distinction : Et si in peccatis sit, remittentur ei; sur la forme du sacrement qui s'étend à tous les péchés véniels et mortels, sans exception: Indulgeat tibi Dominus quidquid per sensus deliquisti ; enfin sur le langage de l'Eglise et des Pères qui appellent l'extrême-onction , le supplément , la perfection et la consommation de la pénitence. Il faut conclure de là que l'on peut se sauver , et qu'il y a réellement des personnes qui se sauvent par le moyen de ce sacrement , et qui sans cela seraient damnées.

Outre le péché j'ai dit qu'il détruit aussi les restes du péché. Or que faut-il entendre par ces restes du péché ? Deux choses : les mauvaises disposition que le pèche, même pardonné, laisse dans l'âme , c'est-à-dire la faiblesse, la langueur et un certain penchant au mal qui rendent l'âme peu disposée à faire le bien et très-portée à retomber. Or quoique le sacrement ne détruise pas entièrement en nous les mauvaises habitudes déjà contractées, cependant il fortifie le malade pour le conserver dans la grâce sanctifiante qu'il a reçue.

On entend en second lieu , par reste du pèche , les peines tem»

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porelles dont nous sommes redevables à Dieu pour les péchés pardonnes quant à la coulpe. Ces peines sont remises par ce sacrement en tout ou en partie, selon la ferveur plus ou moins grande de celui qui le reçoit. En voilà assez sur le premier effet , passons maintenant au second.

Le second effet spirituel de l'extrême-onction , c'est de fortifier le malade contre les dangers de ce grand et terrible passage. Or il y a trois dangers principaux auxquels on est alors exposé.

Le premier vient des douleurs dont on est assiégé. Les violentes douleurs d'une maladie mortelle mettent la patience du malade à de si terribles épreuves qu'il faut véritablement une force extraordinaire pour les supporter chrétiennement. De cette espèce de martyre vient l'impossibilité ou au moins une grande difficulté pour produire les actes de religion , et, ce qui est plus malheureux encore , la tentation à de nouveau\ péchés dont nous sommes souvent témoins à notre grand regret, je veux dire les emportements, les colères, les fureurs, contre le mal et contre les personnes de la maison , ce qui renferme une révolte étrange contre l'adorable volonté de Dieu , et un véritable scandale pour tous les assistants.

Mais le sacrement vient au secours de notre faiblesse par une grâce spéciale dite de soulagement î et alleviàbit Dominas, grâce destinée à adoucir nos douleurs et à les rendre plus supportables ; ou bien à nous donner le courage et la force de les souffrir avec patience et de ne pas nous laisser vaincre et entraîner au péché. Aussi le Seigneur a-t-il établi l'huile pour matière de ce sacrement, parce que l'huile produit le double effet de fortifier les membres malades , et d'adoucir et de calmer les douleurs ; nous voyons en effet que les lutteurs s'en servaient autrefois pour le premier but, et que l'on s'en sert encore aujourd'hi pour le second de différentes manières. C'est l'effet que l'Eglise demande à Dieu dans la bénédiction de l'huile sainte : Ad evacuandos dolores et omnes infirmitates.

Le second danger plus grand encore pour le malade , c'est une certaine tristesse que produit en lui la vue de la mort et de la séparation nécessaire de tous les objets qui lui sont chers. Rien n'effraye l'âme comme l'approche de la mort. Si tant de personnes s'en épouvantent rien qu'en y pensant de loin , quelle ne sera pas la consternation et l'effroi de celui qui la voit à ses côté6 ? Quelle ne sera pas surtout la consternation et l'effroi de ceux qui ont mené

Une mauvaise vie ; quel surcroît de terreur ne produisent pas en eux les remords de la conscience, le sentiment de leurs fautes et le jugement de Dieu qui les attend, et qui, par son irrévocable sentence, doit décider dans quelques instants de leur sort éternel? Eu un mot ia vie qu'elle quitte et celle qu'elle va commencer, tout conspire à jeter l'âme dans le trouble et l'épouvante.

Mais nous avons encore ici une grande force et un puissant secours dans l'extréme-onction. Ce sacrement a la vertu de calmer ces terreurs en communiquant à l'âme un saint courage , en réveillant en elle une grande confiance en la divine bonté , en portant le calme •et la joie dans l'esprit et le cœur du malade. Nous avons pour gâtant de cette vérité la doctrine du Concile de Trente : Jigroti animant alleviat , magnam ineo diuince misericordiœ dduciam excitando.

Enfin le troisième danger vient du démon et de ses violentes attaques. Que le démon nous attaque au moment de la mort avec plus de violence et de fureur que jamais, il n'y a pas à en douter , puisque l'Ecriture sainte le dit formellement : Descendit ad vos diabolus kabens iram magnam, scicns quia modicum tempus habet. Sachant qu'il lui reste peu de temps pour nous perdre , et que cette proie est à lui pour toujours ou qu'il la perd à tout jamais , il redouble ses efforts , il déploie toutes ses ruses et tous ses pièges pour l'attirer dans ses filets.

A défaut d'autres moyens, il assaille !e malade dans son imagination , dans son esprit et dans son cœur; il lui rappelle les images dangereuses de sa vie passée ; il excite en lui des affections impures et des doutes contre la foi. Ces doutes sont très-faciles à exciter à l'approche de cette éternité qui trouble et qui effraie tant : Qui sait , lui dit-il , si tout ce qu'on nous dit , et tout ce qu'on nous prêche sur l'autre vie, est bien vrai ! Il fait tout cela, afin de surprendre un consentement coupable , et de consommer, avec la vie du malade, sa propre damnation.

Mais les moyens dont il se sert surtout pour perdre le mourant, c'est le désespoir et la présomption qu'il emploie tour-à-tour. Il jette la défiance dans le cœur des uns , en mettant sous leurs ! yeux l'horrible tableau de leur vie; il leur montre la justice divine outragée , menaçante et prête à les frapper; il écarte d'eu* toute pensée de la miséricorde divine, afin de les amener à mourir dans le désespoir comme Judas.

Et les personnes qui sont le plus exposées à cette tentation , iv. 18

sachez-le bien , ce sont précisément celles qui pendant leur vie présumaient tant de la divine bonté pour s'encourager à commettre le p C'ché. Mais alors la scène change : à cette confiance téméraire quVlies avaient eue jusque-là , succède une crainte et une défiance excessive. Oh ! qu'il est difficile alors au prêtre qui les assiste , de calmer leurs frayeurs, et d'exciter dans leur cœur un peu de confiance en Dieu ! Mais pourrais-je espérer , répondent-elles alors, que Dieu me fera miséricorde et qu'il me pardonnera mes péchés ? Ah! que de choses me fatiguent et me tourmeutent! tout me fait croire que je suis perdu ! Tel est alors le langage de ceux-là même qui se donnaient josque-là comme des esprits forts et qui semoquaientde tout, traitant les terreurs de la mort comme des scrupules et des préjugés. Ah ! si ce spectacle dont nous sommes les témoins secrets, était donné à tant d'autres qui leur ressemblent,!] serait assurément plus efficace que toutes nos prédications pour les ramener à la vertu. Tant il est vrai, chrétiens^ que dans ce moment suprême, on change de manière de penser et qu'on voit les choses d'une manière bien différente qu'auparavenl. La vie est un temps d'obscurité et de ténèbres par rapporta la foi et aux grandes vérités de la vie à venir. Les créatures , les passions , les amusements, les affaires, l'intérêt nous occupent et nous distraient tellement , qu'à peine nous en reste-t-il quelque lueur et quelque sentiment Mais , à la mort elles se présentent à nous dans toute leur évidence et avec tout ce qu'elles ont d'effrayant , et le démon ne manque pas d'en profiter pour étouffer en nous l'espérance, et nous persuader que nous sommes perdus sans ressource.

Avec d'autres le démon prend une voie toute différente, et au lieu de les jeter dans le désespoir, il leur inspire une fausse et une présomptueuse confiance en la bonté et en la miséricorde divine : c'est ce que nous voyons souvent à notre grande surprise. On voit des chrétiens qui vivent dans un continuel oubli de Dieu, livrés à tous les vices et à tous les désordres ; et cependant dès qu'ils ont reçu le sacrement de la pénitence et le saint viatique , on leur trouve à ce moment suprême, un air de tranquillité et d'assurance que n'avaient assurément pas à leur mort les solitaires de l'Egypte et de la Thébaïde , après trente ou quarante ans de pénitence dans le désert. D'où vient cela? Dieu, disent-ils, est bon, miséricordieux; il aura pitié de nous. C'est fort bien : on ne peut avoir Trop de confiance en la bonté et en la miséricorde du Seigneur ;

cette miséricorde est en effet infiniment au-dessus de notre malice: mais il faut , remarquez-le bien, que cette confiance soit jointe à une douleur sincère et surnaturelle des outrages qu'on lui a faits* Or comme cette douleur manque évidemment à ceux qui comprennent peu ou qui ne comprennent pas du tout la grièveté et Ténormité de leurs péchés , ainsi leur confiance est sans fondement , elle n'est qu'un prestige et une illusion du démon. Cette fausse et monstrueuse idée que le démon leur donne pendant leur vie , de la bonté divine, pour leur faire commettre le péché, elle multiplier sans fin, les accompagne encore à la mort, et le démon les y entretient de peur qu'ils ne viennent à reconnaître et à délester sincèrement leurs fautes. Les infortunés , ils ne tardent pas à se détromper ; car à peine ont-ils rendu le dernier soupir , qu'au lieu de la miséricorde qu'ils attendaient , ils se voient entre les mains de la justice inexorabtei

Or comment se prémunir et se défendre contre tant d'assauts et de tentations que ledéraon nous livre alors; ? J'avoue qu'ici , comme pour tout le reste, vous tirerez surtout de grands secours de l'assistance d'un bon prêtre auquel vous ouvrirez votre cœur, et auquel vous ne cacherez rien de ce qui se passe dans votre âme; mais vous devez en attendre de plus puissants encore du sacrement de Fextrème-onction qui a été établi, dit le Concile de Trente , pour donner au malade les moyens de résister, avec plus de succès et de facilité, aux efforts et aux artifices de l'esprit infernal: Ut tenta* tionibus dœmonis calcaneo insidiantis faciliùs résistât.

Quels sont ces moyens ? ce sont certains secours particuliers et propres à cette fin, des lumières pour l'esprit, de pieux mouvements pour le cœur, et surtout la grâce de se tenir prudemment dans un juste milieu, entre l'espérance et la crainte, entre la douleur de ses péchés et la confiance en Dieu, de manière que la contrition des péchés, quelque vive qu'elle soit, ne diminue point la confiance que l'on doit avoir en Dieu, et que la confiance n'affaiblisse pas non plus la douleur et la crainte que doit produire la vue de ses fautes grâce figurée par l'huile même qui par sa nature fortifie et amollit pour nous apprendre que l'onction intérieure de la grâce coû férée par le sacrement,, fortifie le cœur du pécheur en bannissant la crainte et la défiance, et amollit la dureté et l'insensibilité de ce cœur en le pénétrant d'une salutaire componction.

Sans m'étendre a cet égard, vous voyez assez combien sont précieux les fruits et les avantages de ce sacrement. Puisqu'il en est

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ainsi, il est donc extrêmement important de s'en munir dans le besoin afin de se fortifier pour supporter ses souffrances, de bannir de son esprit les terreurs de la mort et de vaincre toutes les attaques du tentateur.

De là vous devez conclure non-seulement l'importance, mais encore la nécessité de ce sacrement. Ce n'est pas qu'il soit d'une nécessité absolue et indispensable, puisqu'un malade, qui meurt sans avoir pu le recevoir, n'est pas exclu du ciel pour cela. Cependant ceux, qui pouvant le recevoir, le négligent par leur faute se rendent coupables d'un péché grave : 1° parce qu'ils désobéissent au précepte de Jésus-Christ formellement exprimé dans ces paroles de saint Jacques : Infirmalur guis in vobis, inducal presbyteros ecclesiœ, etc. ; 2° parce qu'ils se privent volontairement des grâces qui y sont attachées et qu'ils prouvent qu'ils en font peu de cas ; 3° parce qu'ils s'exposent volontairement au plus grand de tous les malheurs, au danger de faire une mauvaise mort.

Il nous reste maintenant à voir les dispositions requises pour le recevoir. Or, il y en a deux : l'une est de nécessité rigoureuse pour Ja validité du sacrement et l'autre est simplement de convenance, cette dernière est requise pour que le sacrement produise plus de fruits.

La disposition de nécessité rigoureuse, c'est l'état de grâce, fruit d'une bonne confession qui nous délivre du péché mortel ; ou tout au moins, si l'on ne peut se confesser, une sincère douleur de ses péchés. Si vous êtes en état de grâce avec Dieu, l'extrême onction, comme je l'ai déjà dit, vous donnera une augmentation de grâce fanctiliante. Si vous êtes en état de péché et que vous ne puissiez vous confesser, ce sacrement vous remettra vos péchés, pourvu toutefois que vous en ayez la contrition. L'Eglise a coutume de le donner même aux malades qui ont entièrement perdu la connaissance ; et elle ne le leur donnerait pas s'ils ne pouvaient en retirer aucun fruit : mais pour qu'ils participent aux grâces du sacrement, il faut qu'avant de perdre la connaissance, ils aient eu une douleur suffisante de leurs fautes , puisque devant Dieu, aucun péché n'est pardonné sans une vraie contrition.

Or, pour que ce sacrement produise de plus grands fruits, outre la grâce sanctifiante ou au moins la contrition de ses péchés, il faut de plus que le malade joigne à l'action du prêtre des sentiments de piété et de dévotion ; je veux dire : 1" un grand désir de le recevoir; 2* une ferme confiance d'en retirer les effets qu'il est capable de

produire ; 3° qu'il unisse autant que possible ses intentions et ses prières à celles du prêtre et de l'Eglise, et surtout qu'il renouvelle des sentiments de douleur de ses péchés, à chaque onction que fait le prêtre, demandant sincèrement pardon à Dieu des péchés qu'il a commis par chacun de ses sens en particulier ; k° enGn, qu'il produise de fréquents actes de foi, d'espérance et de charité ; de détachement total du monde, du sacrifice volontaire de sa vie, d'une libre et généreuse acceptation de la mort en union de cette mort bien plus amère et plus cruelle que Jésus-Christ, l'innocence même, a endurée pour lui. Plus ces sentiments seront intimes et parfaits, plus la grâce du sacrement sera abondante.

Or, il vous est facile de voir qu'il est impossible de faire tout cela, si l'on ne sait pas parfaitement ce que l'on fait, si l'on ne jouit pas de toute sa connaissance, si enfin on n'a pas l'entier usage de sa raison ; ce qui vous montre toujours plus la nécessité de ne pas attendre les derniers instants pour le recevoir. Outre que vous vous exposeriez par ce retard au danger de mourir sans le recevoir, puisqu'il arrive si souvent à ceux qui renvoient tant, d'être prévenus par la mort, vous vous priveriez très-certainement des grands fruits que l'on en retire lorsqu'on le reçoit en pleine connaissance et avec un cœur bien préparé.

Je finis en vous demandant: Que peut désirer un chrétien en proie à une grave maladie et sur le point de mourir, sinon ou de recouvrer la santé ou de faire une sainte mort ? Or, on obtient infailliblement l'une ou l'autre de ces grâces en recevant ce sacrement avec les dispositions requises. Ou il éloignera la mort en rendant la santé à votre corps, ou bien il placera votre âme dans un excellent état pour paraître au tribunal de Dieu.

Qu'est-ce donc qui peut tant vous faire renvoyer? Quels ne devraient pas être, au contraire, votre ardeur et votre empressement à le recevoir dans le besoin? Prouvons donc alors que nous n'avons pas perdu la raison, la prudence et la foi , et pendant que nous sommes en santé, demandons sans cesse à Dieu qu'il nous rende dignes de recevoir à la mort cette grâce précieuse de l'extrêmeonction, destinée à être le sceau d'une vie chrétienne et à nous mettre en sûreté dans ce terrible et inévitable moment d'où dépend notre éternité. Ne faut-il pas que ce moment arrive tôt ou tard "> Heureux ceux qui se trouver ont alors parfaitement préparés !

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