‹ Cours d'instructions familières (volume 2)Chapitre 7 sur 43 · INSTRUCTION VI · texte numérisé non relu

INSTRUCTION VI

ne la confirmation. — De sa nature, de ses effets, etc.

Après le baptême, dont je viens de parler , se présente le sacrement de confirmation, ainsi appelé, parce qu'il affermit et perfec* tionne en nous ce que le baptême a commencé.

Il ne suffit pas d'avoir reçu la vie spirituelle dans le baptênnî ;. cette première grâce suffit pour les enfants qui meurent avant l'âge de raison ; mais elle ne suffit pas pour ceux qui survivent et qui restent exposés à tant de dangers de perdre la grâce sanctifiante. Or, qui pourrait compter ces dangers ? Dangers extrêmes et au de- /danset au dehors de nous : au dedans de nous, de la part des passions, qui se développent avec l'âge, et de ce fond de malice et de corruption qui souvent même prévient les années; au dehors de nous, de la part des mauvaises compagnies, des exemples contagieux , des maximes et des insinuations corrompues du monde. Oh ! qu'il est facile à une jeunesse faible et sans expérience de se tourner promptement vers le mal ! Et si les commencements sont mauvais, quelles en seront les conséquences ? Les enfants donc, quoique baptisés , ont besoin d'un nouveau secours qui affermisse en eux la vie spirituelle qu'ils ont reçue dans le baptême, et qui est trop faible et trop fragile pour se conserver d'elle-même.

Il faut raisonner dans l'ordre de la grâce comme on raisonne dans l'ordre de la nature : il ne suffit pas à un enfant d'avoir reçu la vie corporelle, il faut qu'il croisse et se fortifie ; car, quoiqu'il jouisse d'une véritable vie naturelle, il est encore faible et incapable de se défendre par lui-même; de même il ne suffit pas au chrétien d'avoir reçu la vie spirituelle par le baptême; il a besoin d'être fortifiu dans cette vie spirituelle pour pouvoir la conserver et se défendre contre les dangers de la perdre, auxquels il est sans cesse exposé.

Ces forces nous sont préparées dans le sacrement de la confirmation, qui pour cela est appelé le compilent et la perfection du baptême. Il en est fait une mention expresse dans les Actes des Apôtres, où nous lisons que les apôtres , qui demeuraient à Jérusalem, ayant appris que le diacre Philippe avait converti à l'Evangile et baptisé beaucoup de Samaritains, envoyèrent dans ce pays saint Pierre et saint Jean, afin que ces nouveaux chrétiens fussent confirmés et reçussent le Saint-Esprit, comme nous voyons en effet que cela arriva : Imponebant manus super illos, et accipiebant Spiritum Sanctum. (Act. vin, 17.)

Nous trouvons dans ce texte l'usage d'administrer ce sacrement, ce qui suffit pour nous en prouver l'institution divine , quoique nous ne sachions pas d'une manière précise le temps où il a été institué. Il est certain que les apôtres ne sont les auteurs d'aucun sacrement, ils n'en sont que les dispensateurs, dispensalores mys->

tcrionnn Dei; et, d'un autre côté , il est très-certain que Dieu seul a le pouvoir d'attacher à des signes matériels et sensibles la vertu de produire la grâce.

La confirmation est donc un sacrement qui confère au baptisé le Saint-Esprit avec l'abondance de ses grâces , pour le rendre parfait chrétien et lui donner le courage de confesser en toute circonstance sa foi en Jésus-Christ.

Selon le sentiment le plus commun, appuyé sur la coutume et la pratique, la matière de ce sacrement consiste dans l'onction du saint chrême qui est faite sur le front; et la forme, dans ces paroles qui l'accompagnent : Signo te signo crucis et confirmo te chrismate salutis in nomine Palris et Filii et Spiritiïs Sancli.

Cependant , comme il y a des théologiens qui prétendent, et non sans fondement, que l'essence du sacrement consiste dans l'imposition des mains que l'évêque fait au commencement sur tous ceux qui doivent être confirmés, et qui signifie la descente du Saint- Esprit qui vient se reposer sur eux, et dans la prière qu'il fait en même temps et qui exprime les grâces et les dons que le Saint- Esprit répand dans leur cœur ; il suit de là que ceux qui veulent recevoir ce sacrement ne doivent pas négliger de se trouver à cette imposition des mains et à cette prière. Lors même qu'il ne s'agirait pas d'assurer le sacrement, il serait toujours avantageux d'y assister ; car le saint concile de Trente déclare que ce n'est pas en vain que l'évêque prononce ces paroles : Accipite Spiritum Sanchim. Or, ce n'est qu'au commencement que l'évêque prononce ces paroles.

L'évêque seul est le ministre ordinaire de la confirmation : c'est pour cela que deux apôtres , Pierre et Jean , furent envoyés aux chrétiens de Samarie , c'est qu'ils étaient revêtus du caractère é iscopal. La raison en est que ce sacrement devant conférer la pi Miitude du Saint-Esprit et de la sainteté chrétienne , il n'appartient qu'à ceux qui possèdent la plénitude du sacerdoce, c'est-àdire aux évêques, de le conférer.

Ce sacrement produit deux effets : il imprime dans l'âme un caractère particulier qui est ineiTaçable comme celui du baptême ; et par conséquent comme le baptême, on ne peut le recevoir qu'une fois. Ce caractère est comme un sceau par lequel nous sommes enrôlés dans la milice de Jésus-Christ ; et comme le caractère du baptême nous fait chrétiens, ainsi le caractère de la confirmation nous fait soldats de Jésus-Christ, et, en celte qualité de soldais» nous

sommes obligés de défendre la foi en toute circonstance, même au péril de notre vie.

C'est la fin pour laquelle le Saint-Esprit nous est donné avec l'abondance de ses grâces et de ses dons , second effet de ce sacrement.

Il est bien vrai que tous les sacrements nous donnent le Saiirt- Esprit, mais il ne produit pas le même effet dans tous ces sacrements; il varie admirablement ses divines opérations, selon la nature des sacrements. Dans le baptême, il nous donne une grâce de pureté , de simplicité , de candeur et d'innocence qui, selon le langage de saint Paul , nous rend semblables à des enfants qui viennent de naître, sicut modo geniti infantes ; et dans la confirmation, il nous donne une grâce de force qui affermit en nous la foi, l'espérance et la charité, vertus qui avaient été infuses en nous par le baptême ; une grâce qui nous fortifie et nous donne le courage de confesser Jésus-Christ et par nos paroles et par nos œuvres, pour nous faire persévérer dans la piété , malgré toutes les tentations que nous suscitent le monde, le démon et la chair. In hoc sacramento, dit saint Thomas, datur plenitudo S/Jî'riïtîs Sancti ad robnr graliœ.

Voulez-vous voir d'une manière sensible la différence qu'il y a entre la grâce du baptême et celle de la confirmation ? Regardez les apôtres. Oh ! qu'ils furent différents après la descente du Saint- Esprit sur eux, le jour de la Pentecôte, de ce qu'ils étaient auparavant ! Avant d'avoir le Saint-Esprit, se cachant, timides et portant la lâcheté jusqu'à abandonner Jésus-Christ et à le renier, afin de ne pas passer pour ses disciples ; après, au contraire, intrépides en présence des puissants de la terre , courageux comme des lions, prêchant sans crainte le nom de Jésus-Christ sur les places publiques, ne craignant ni les menaces, ni les supplices ni la mort. Or, comme la confirmation n'est pas autre chose pour nous que la pentecôte des apôtres, cet Esprit qu'ils reçurent alors pour remplir leur mission, nous le recevons dans ce sacrement pour remplir les obligations de parfaits chrétiens : esprit de force, de courage, de générosité, de zèle et d'ardeur pour pratiquer constamment 1 évangile, pour le défendre et le soutenir devant les libertins et les scandaleux, toujours si nombreux en ce monde.

Mais , direz-vous , nous avons reçu ce sacrement, et cependant nous n'avons pas éprouvé de pareils effets. Mais je vous dirai d'abord : Favez-vous reçu avec les dispositions et la préparation con-

venables ? ne Favez-vous pas mal reçu } comme cela n'arrive que trop souvent ? Puis remarquez que lors même qu'on le reçoit bien,, la vertu du sacrement ne se reçoit que comme in raclice. Je m'explique. Une personne douée d'une force extraordinaire ne s'aperçoit de sa force que lorsqu'elle s'en sert. La même chose arrive dans le cas présent ; c'est dans l'occasion qu'on éprouve la vertu du sacrement, comme l'éprouvèrent les premiers chrétiens au moment des persécutions ; et on l'éprouve infailliblement, pourvu qu'on n'y mette pas obstacle par le péché ; car, comme le péché arrête la grâce du sacrement dans le moment qu'on le reçoit, de même il arrête l'elTel de cette grâce dans le moment où on devrait s'en servir.

Tout ce que nous avons dit jusqu'ici sur les effets de ce sacrement, doit vous en prouver la nécessité. Il n'est pas nécessaire , il est vrai, comme le baptême, de nécessité de moyen ; mais il l'est de nécessité de ■précepte. Quiconque donc néglige de le recevoir, pèche, puisqu'il désobéit à Jésus-Christ, qui ne l'a pas institué pour qu'il soit inutile ; et parce qu'aussi il se prive volontairement des grâces qui y sont attachées. Que diriez-vous d'un voyageur qui, devant passer par des chemins infestés de voleurs et de bêtes féroces, refuserait de prendre les armes qu'on lui offre pour se défendre ? Ce voyageur est l'image du chrétien exposé aux périls de ce monde ; Jésus-Christ lui a préparé dans la confirmation une arme spirituelle et puissante, il lui ordonne de la recevoir : Accipite ar~ maturam Dei ut possitis resistere. (Ephes. vi, 13.) S'il le néglige, outre qu'il se rend coupable , il s'expose encore au péril évident d'être vaincu par ses ennemis spirituels.

Ils sont donc coupables , les parents qui ne s'inquiètent pas de faire confirmer leurs enfants quand ils sont en âge de l'être. Si vous tenez tant à procurer à vos enfants une grande force de corps, ne devez-vous pas encore plus tenir à leur faire acquérir une grande force d'âme ? Avec le baptême seul , ils resteront toujours des enfants dans la vie spirituelle , ils ne deviendront des chrétiens mûrs et parfaits que par la confirmation.

Il nous reste enfin à voir quelles sont les dispositions requises pour bien recevoir ce sacrement , d'après la discipline actuelle de l'Eglise. Autrefois on le conférait aux enfants aussitôt après leur baptême , et alors il produisait toujours la grâce aussi bien que le caractère; mais l'Eglise en a ensuite disposé autrement. Soit pour prévenir le danger de le recevoir deux, fois, en le recevant dans un

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âge où Ton peut oublier de l'avoir reçu , soit pour nous rendre capables de le recevoir avec plus de fruit, en le recevant dans un âge où l'on a plus de connaissance, et à l'époque surtout où les tentations commencent, l'Eglise a ordonné qu'excepté le cas de mort ou tout autre cas extraordinaire , on ne le donnât qu'à ceux qui ont un discernement suffisant , c'est-à-dire qui sont arrivés à l'âge de sept à huit ans.

Mais si, pour bien le recevoir, il faut avoir un discernement suffigant, ne pourrait-il pas aussi y avoir alors danger de le profaner, puisque les enfants , à cet âge , ont assez de malice pour faire une faute grave ? Je ne le pense pas , parce que s'ils ont par le péché perdu l'innocence baptismale, ou s'ils doutent de l'avoir perdue, il» devront la recouvrer par une bonne confession, ou tout au moins, dans le cas de nécessité, par la contrition parfaite ; car la confirmation étant un sacrement des vivants, est destinée à augmenter la grâce et non à la donner ; et comme un enfant ne saurait croître dans la vie naturelle, s'il est mort, de même le chrétien qui est dans le péché mortel, ne peut croître dans la vie spirituelle.

Il faut, en second lieu, quelle que soit l'innocence des enfants, qu'ils aient la connaissance des principaux mystères et des vérités de notre foi; car cette instruction est d'obligation rigoureuse à cet âge , et s'ils en sont' dépourvus , ils ne sont pas même capables d'absolution. Comme , d'un autre côté, la grâce du sacrement est en proportion de la préparation qu'on y apporte , on exhorte les enfants à se tenir , à l'imitation des apôtres , dans un pieux recueillement , à se prémunir contre l'extrême dissipation que produisent ordinairement ces réunions si nombreuses occasionnées par l'administration solennelle de la confirmation.

Telle est la préparation que vous devez apporter à la réception de ce sacrement, vous tous qui désirez le recevoir. Mais comme la connaissance des cérémonies que l'évêque pratique pour le conférer peuvent aussi vous être d'une grande utilité, je vais vous en expliquer en quelques mots la signification.

L'imposition des mains signifie la présence et la protection du Saint-Esprit qui couvre votre âme de son ombre : Virtur, Altissimi obumbruns vos. L'onction du saint chrême signifie la grâce multiforme du sacrement. Le saint chrême est une composition d'huile d'olive et de baume , consacrée par l'évêque le jeudi-saint. Or, comme l'hiriie a la propriété d'adoucir et de fortifier, de même la grâce intérieure du Saint-Esprit fortiûe notre âme contre les enne-

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mis du salut, et nous adoucit tout ce qu'il peut y avoir de pénible et de difficile à la nature dans l'accomplissement des devoirs du christianisme. De même aussi , comme le baume préserve de la corruption et répand une odeur agréable, de même la grâce de ce sacrement nous préserve de la corruption du péché et nous fait répandre la bonne odeur de Jésus-Christ, par une vie sainte et édifiante pour le prochain. Cette onction se fait en forme de croix, sur le front, qui est le siège de la pudeur et la partie la plus visible du corps , pour nous apprendre que la croix est le drapeau du chrétien et que nous ne devons jamais en rougir. Enfin l'évèque frappe légèrement la joue de celui qu'il a confirmé, pour lui apprendre qu'il doit être prêt à supporter toutes sortes de contradictions pour l'amour de Jésus-Christ; et c'est en cela que consiste la vraie paix du cœur qu'il nous souhaite en nous renvoyant.

Après avoir reçu la confirmation , que devez-vous faire ? Vous devez remercier Dieu et vous appliquer à pratiquer l'avis que vous donne saint Paul, de ne pas coutrister le Saint-Esprit dont vous portez le caractère sur le front : Notite contristare Spiritum Sanctum in quo signati estis. (Eph. vi, 30.J II a pris possession de votre âme le jour de votre confirmation ; gardez-vous donc de le chasser de votre cœur par de nouveaux péchés , mais appliquezvous à conserver et à augmenter la grâce que vous avez reçue. Tout dépend du commencement : si votre enfance et votre jeunesse sont réglées et chrétiennes, la vertu et la sainte crainte de Dieu vous accompagneront dans tous les âges, et les prémices de votre vie que vous aurez offertes à Dieu, sanctifieront le reste de vos jours. Mais si vous avez le malheur de vous égarer dès le commencement, vous rendrez inutile la grâce de sainteté que vous avez reçue au baptême, la grâce de force qui vous a été donnée par la confirmation ; et le démon, ne trouvant plus aucun obstacle et aucune résistance, vous conduira jusqu'au dernier excès du vice, et il mettra des obstacles insurmontables à votre retour dans la bonne voie. Cultivez donc in grâce que vous avei reçue , vous qui avez reçu la confirmation depuis peu.

Et pour nous tous qui l'avons reçue depuis longtemps , n'oublions pas de prier souvent le Seigneur qu'il daigne ranimer en nous la grâce de la confirmation, surtout dans les moments où nous sommes exposés à certaines épreuves.

Je m'explique : grâce à Dieu, nous ne sommes plus à ces temps où il fallait confesser sa foi devant les persécuteurs et les tyrans et

en face des échatauds , mais il ne manque pas , dans ]» sein de l'Eglise, de combats à soutenir : ces combats nous sont livrés par les libertins et les incrédules qui répandent de mauvaises doctrines, qui exaltent le vice et tournent en ridicule la piété et les pratiques religieuses. Sous ce rapport nous avons un combat continuel à soutenir pour notre foi et notre religion ; et il y a pour nous une obligation rigoureuse de nous déclarer formellement , ce que nous ne pouvons faire sans essuyer des difficultés , des haines et des persécutions. Or, pour nous mettre au-dessus de tout cela, la grâce de Dieu nous est mdispensablement nécessaire, et c'est dans la confirmation que cette grâce nous est accordée. Oh ! combien qui, pour un vil respect humain, trahissent les intérêts de Dieu et de leur conscience, se détournent du bien et prennent le chemin du péché ! Mais si le regard d'un misérable homme suffit pour nous faire trahir notre devoir, que serait-ce donc de nous si nous étions sans cesse, comme les premiers chrétiens, en face du martyre et de la mort ? Ne serions-nous pas autant d'apostats et de déserteurs de la foi ?

Mais sans parler des circonstances où nous devions tenir tête aux méchanis, de quelle force n'avons-nous pas besoin pour conserver l'intégrité de la foi au milieu de cette incrédulité qui domine notre siècle ; pour conserver la pureté des mœurs au milieu de tant de scandales qui nous environnent , et parmi lesquels nous sommes forcés de vivre ; pour ne pas nous laisser entraîner par le torrent de la corruption du monde ; pour conserver enfin la sainte crainte de Dieu , la ferveur et le recueillement au milieu du relâchement général et de cette absence totale de piété ! Tout ici-bas conspire contre nous pour nous séduire et nous perdre.

Voilà donc la nécessité de nous recommander à Dieu et de le prier d'augmenter toujours plus en nous cette grâce de force et de courage qu'il nous a donnée dans la confirmation : Confirma, Deus, quod operatus es in nobis. Ainsi nous saurons soutenir en temps et lieu les intérêts de Dieu , confondre même et faire rougir les impies ; nous ne craindrons ni les sarcasmes ni les dérisions ; nous ne nous laisserons détourner de nos devoirs par aucune considération humaine ; nous laisserons dire et nous ferons hardiment le bien, comme il convient à un bon soldat de Jésus-Christ : Sicut bonut miles Ckrisli. (IL Tim. H, 3.)

Et pour fortifier nos résolutions, rappelons-nous la sentence d.§ Jésus-Christ, qui se rapporte précisément aux obligations qui nous,

lont imposées par ce sacrement, je veux dire, à l'obligation de confesser ouvertement et librement notre foi et notre religion : Si quis confitebitur me coram hominibus , confitebor et ego ewn toram Pâtre meo qui in cœln est ; si quis negaverit me coram hominibus, negabo et ego eum vcordm Paire meo qui in cœlis est. (Matth. x, 33.)

Viendra donc un temps où nous serons tous reconnus ou méconnus de Jésus-Christ, éternellement marqués du sceau de ses amis ou de ses ennemis ; ce temps viendra infailliblement, et même bientôt. N'en perdons pas le souvenir; et que ce souvenir nous décide à nous déclarer maintenant pour lui, à ne jamais nous en laisser imposer par le respect humain dans tout ce qui intéresse la gloire de Dieu, la cause de la religion, notre devoir enfin , en qualité de chrétiens et de soldats de Jésus-Christ. Tel est le fruit que nous devons retirer de cette instruction.

(1) Pour de pins amples détails sur les dons du Saint-Esprit , voir l'art. VIII do Symbole, tom. i, p. 233.

INSTRUCTION VH.

De la pénitence. — Instruction préliminaire.

Après avoir été faits chrétiens et enfants de Dieu par le saint bap- .cme, et même après avoir été confirmés en grâce par la confirmation, nous pouvons encore déchoir d'un tel état, nous pouvons encore pécher, et par le péché retomber dans l'esclavage du démon, et par conséquent mériter de nouveau la damnation éternelle. Mais si ce malheur nous arrivait, etil n'est que trop fréquent, quel remède nous resterait -il pour le salut, puisque ces deux sacrements, imprimant caractère, ne peuvent se réitérer ? Le remède, nous l'avons dans le sacrement de pénitence qui est destiné à effacer les péchés commis après le baptême; et c'est un remède dont nous pouvons user à toute heure, si nous en avons besoin. Voici comment le saint concile de Trente s'explique sur ce sujet ;

Le sacrement de pénitence, dit-il, serait inutile si les chrétiens étaient assez heureux pour conserver toujours la grâce du saint baptême ; mais Dieu, dont les miséricordes sont infinies, Dieu qui connaissait notre fragilité et qui prévoyait nos chules, a bien voulu

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établir un remède pour rendre la vie à ceux qui, après ce sacrement, s'abandonneraient de nouveau à la servitude du péché et à l'esclavage du démon. Ce remède estle sacrement de pénitence, que pour cela les saints Pères appellent une seconde planche après le naufrage , c'est-à-dire Tunique ressource offerte au chrétien pour se sauver , lorsqu'il a eu le malheur de perdre l'innocence baptismale.

C'est de ce sacrement que je me propose de vous entretenir au-^ jourd'hui. Je vous en parlerai d'une manière très-détaillée, parce qu'il s'agit, d'un sacrement dont l'usage doit être très-fréquent pour nous; d'un sacrement indispensable au salut pour tout homme qui est tombé dans le péché mortel; d'un sacrement enfin qui exige de nombreuses dispositions pour s'en appliquer les salutaires effets* Il est donc de la dernière importance de vous instruire à fond sur celte matière.

Dans l'ordre naturel, la nourriture dont notre corps a besoin chaque jour, précède les remèdes et les médecines, qui ne sont nécessaires que dans le cas de maladie ; il semble donc aussi que dans l'ordre spirituel on devrait parier de l'Eucharistie, qui est la nourriture de notre âme, avant de parler de la pénitence, qui n'en est que le remède. C'est, en effet, probablement la raison i;our laquelle les catéchismes, dans l'ordre des sacrements, mettent l'eucharistie avant la pénitence. Mais si l'on réfléchit que malheureusement les maladies de l'àine sont bien plus fréquentes que celles du corps, et que d'ailleurs une âme affaiblie ou morte par le péché ne peut se nourrir de la sainte Eucharistie, si elle n'a pas été guérie auparavant par la pénitence, on verra qu'il convient de parler de ce dernier sacrement en premier lieu , puisqu'il doit servir de préparation à l'autre. Pour aujourd'hui je me bornerai à un petit nombre d'observations préliminaires, pour vous faire bien connaître la nature de ce sacrement et dissiper certains préjugés trèsfunestes et en même temps très-communs sur cette matière.

Pour se former une juste idée de ce sacrement, il faut considérer la pénitence sous deux rapports, comme vertu et comme sacrement. Lorsque, effrayés à la vue de vos fautes, vous en concevez du remords et de la douleur, et que vous formez la résolution de les éviter et d'en offrir à Dieu une satisfaction convenable , vous avez alors la vertu ou l'esprit de pénitence ; lorsqu'ensuite , pénétrés de ces sentiments , vous allez vous jeter aux pieds du prêtre, faire une confession exacte et pleine de repentir , et qu'il vous

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donne l'absolution, alors vous recevez le sacrement de pénitence.

Le sacrement n'a pas toujours été nécessaire ; mais la vertu de pénitence a toujours et en tout temps été indispensable. Pour se réconcilier avec Dieu , il a toujours été nécessaire de délester ses péchés, d'avoir un ferme-propos de ne plus les commettre et d'avoir la volonté d'eu faire pénitence. Il y a toujours eu des péchés dans le monde ; mais comment les pécheurs en obtenaient-ils le pardon avant la venue de Jésus-Christ qui a établi ce sacrement? Ils ne l'obtenaient et ne pouvaient l'obtenir que par la vertu de pénitence. Vous ne trouveriez pas dans toute l'Ecriture que Dieu ait une seule fois pardonné le péché sans contrition.

Cette vertu fut donc nécessaire , non-seulement dans tous les temps, mais encore pour toutes les espèces de péché. Le péché, quel qu'il soit, grave ou léger, mortel ou véniel, n'est jamais remis sans un véritable sentiment de componction , pas même dans les adultes qui reçoivent le baptême après avoir commis des fautes actuelles : Pœnitentiam agite et baptizetur unusquisque vestrûm. (Àct. il, 38.)

Enfin cette vertu est nécessaire non-seulement à ceux qui se trouvent actuellement dans le péché, mais encore à cent qui y ont été autrefois, lors même qu'ils n'y seraient plus ; parce que eux aussi doivent toujours porter dans leur cœur le remords et la douleur des péchés commis , quoique confessés et pardonnes , et conserver le désir et la volonté d'en faire à Dieu une satisfaction convenable. Voilà la marque qui distingue infailliblement les vrais des faux pénitents.

Mais depuis que Jésus Christ, l'auteur de la nouvelle loi, a institué un sacrement pour la rémission des péchés , cette vertu de pénitence ne suffit plus pour en obtenir le pardon ; il faut de plus avoir recours au moyen qu'il a établi. Remarquez l'institution de ce remède dans ces paroles solennelles qu'il adresse à ses apôtres après sa résurrection : Comme mon Père m'a envoyé, dit-il, je vous envoie; et en prononçant ces paroles il souffle sur eux, pour leur communiquer, par ce souffle, son divin Esprit ; puis il ajoute : « Sachez que les péchés seront remisa ceux à qui vous les remettrez et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez : » Insufflavit super eoset clixit : Accipite Spiritum Sanctum; quorum remiseritispeccata,remittuntiir eis;et quorum re limier itis, re» ténia mni, (Joan, xx, 23.)

Ub PART. IV. INST. VII.

Que signifient ces paroles ? Elles signifient que Jésus-Christ a établi dans son Eglise un tribunal permanent et perpétuel , devant lequel doivent comparaître tous les pécheurs, pour obtenir le pardon de leurs péchés; que sur ce tribunal siègent en qualité de juges ks apôtres et leurs successeurs, qu'ils prononcent leur sentence au nom de Jésus-Christ; et cette sentence nous délie de nos péchés eu nous laisse ensevelis dans ces péchés ; elles signifient enfin qu'il a établi ce sacrement sous la forme d'un jugement. Nous ne pouvons donc nous soustraire à ce tribunal ni à ce jugement, si nous désirons obtenir le pardon de nos fautes. Tout autre moyen san3 celui-là serait insuffisant.

Mais irons-nous nous imaginer qu'après l'institution de ce sacrement , et après le pouvoir divin donné aux prêtres, la vertu de pénitence scit devenue moins nécessaire ? Oh ! voilà la grande erreur que l'on commet : on attache trop de vertu à l'absolution du prêtre, et on néglige ce qui est bien plus important , je veux dire l'esprit intérieur de pénitence, qui seul peut nous rendre l'absolution efficace. La nécessité de la pénitence est ' mjours aussi grande, et même elle est aujourd'hui une partie du sacrement, qui pour cela est appelé sacrement de la pénitence.

Sachez qu'il faut la réunion de deux choses pour former ce sacrement : il faut l'action du pénitent et l'action du prêtre. De la part du prêtre, il faut l'absolution. Mais si cette absolution seule suffisait, il faudrait dire que tous ceux qui la reçoivent sont véritablement réconciliés avec Dieu. Et cependant nous savons indubitablement que la sentence que le prêtre prononce sur la terre n'est pas toujours ratifiée dans le ciel ; qu'un grand nombre sont condamnés dans le ciel, quoiqu'ils aient été absous par le prêtre sur la terre. Or, d'où vient cela ? Ce n'est pas d'un défaut de pouvoir dans le prêtre, car ce pouvoir est très-réel, puisqu'il est fondé sur la parole infaillible de Dieu ; c'est donc du défaut de ces dispositions que Dieu exige dans le pénitent pour la réception du sacrement.

Cela est évident; et cette vérité nous est clairement enseignée dans les paroles de Jésus-Christ que je vous ai citées plus haut ; car il n'a pas donné uniquement le pouvoir d'absoudre, mais d'absoudre et de ne pas absoudre , quorum remiseritis peccata, quorum retimierilis; ce qui suppose qu'ils ne doivent pas accorder indistinctement à tous le bienfait de l'absolution ; mais qu'ils doivent faire un discernement, une distinction entre pénitent et péni«

DES SACREMENTS. jj9

tent ; distinction qui n'est pas certainenieot arbitraire, mais cjtii est fondée sur les dispositions intérieures, d'après lesquelles ils les jugent dignes ou indignes de la grâce du sacrement.

Voilà donc l'autre partie du sacrement, celle qui dépend du pénitent. Or, celle-ci ne consiste pas uniquement dans l'accusatiop des péchés ; cette accusation est requise, à la vérité , car le confes-; seur, en qualité déjuge, ne peut décider de l'état de notre con« science sans connaissance de cause : mais elle consiste principale" ment dans la contrition du cœur qui , prise dans toute son accep« tion, embrasse et la détestation des péchés commis, et la résolution de les éviter à l'avenir , et la volonté de réparer l'injure faite à Dieu. Cette contrition, en réalité, n'est autre chose que la vertu de pénitence., 'que nous avons dite être d'une indispensable nécessité pour rentrer en grâce avec Dieu. Bien loin de vouloir , par l'institution de ce sacrement , nous dispenser de la vertu de pénitence, Jésus-Christ a même établi la pénitence, manifestée extérieurement par l'accusation et la douleur de nos fautes, comme une partie essentielle du sacrement, et c'est pour cela, comme je l'ai déjà remarqué, qu'il est appelé sacrement de pénitence. Le Sauveur , en l'instituant, n'a fait que joindre à cette pénitence, l'action du prêtre qui reçoit la confession de nos fautes , les absout en son nom et nous impose une pénitence proportionnée. Cette vertu subsiste donc encore dans toute sa force; et Jésus-Christ , en parlant d'elle, disait indistinctement à tous les chrétiens : ISisi pœnitentiam egeritis, omnes shniliter peribitis. (Luc. xni, 15.)

En deux mots, pour obtenir le pardon de nos fautes, la pénitence doit être en nous sous ces deux rapports, comme vertu et comme sacrement. La pénitence, comme vertu, ne suffit pas aujourd'hui sans le sacrement comme elle suffisait autrefois , parce que le moyen établi par Jésus-Christ pour la rémission des péchés, c'est le sacrement.Par conséquent, quelles que soient votre contrition et votre douleur, il faut que vous receviez le sacrement ; ou, si vous ne le pouvez, il faut au moins que vous ayez le désir de le recevoir : Ant in re, aut in voto. Mais le sacrement ne suffit pas davantage sans la vertu de pénitence : car , quoique Jésus-Christ ait donné à l'absolution du prêtre une efficacité véritable et souveraine pour effacer le péché, cependant elle reste nulle et sans effet, s'il ne se trouve pas en nous un véritable esprit de pénitence. Elles sont donc toutes les deux également nécessaires, le sacrement comme moyen, et la vertu comme disposition. Voilà pourquoi on définit la péni«

Inttr. fam. it. 4

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tence, un sacrement dans lequel le chrétien contrit et confessé dflt fies péchés, en obtient le pardon de Dieu par l'absolution du prêtre. Qu'il n'y en ait donc aucun parmi vous qui s'approche du tribunal sacré sans y apporter l'esprit de pénitence. Je vais plus loin , et je ne crains pas d'ajouter que cette disposition est tellement indispensable, qu'elle est plus nécessaire que le sacrement même, et en voici la raison. Que le pécheur doive s'accuser de ses fautes aux pieds du prêtre et en recevoir l'absolution pour en obtenir le pardon, cela n'est nécessaire qu'autant que Dieu, dans l'état présent des choses, ne veut pas accorder ce pardon sans cette condition; mais cette condition , de sa part, était tout-à-fait libre et arbitraire ; il pouvait en dispenser comme il en avait dispensé sous l'ancienne loi, et comme il en dispense encore aujourd'hui , en se contentant du seul désir du sacrement , lorsque l'on ne peut le recevoir, et que d'ailleurs on a les dispositions requises. Mais la conversion du cœur , l'horreur et la détestation des péchés, en un mot, l'esprit de pénitence est d'une nécessité telle, que Dieu même ne peut en dispenser sans cesser d'être Dieu. Etant la sainteté même, il ne saurait ne pas haïr le péché d'une haine implacable , nécessaire, infinie , et par conséquent il ne peut se réconcilier avec ie pécheur tant que celui-ci ne renonce pas au péché et ne se conforme pas à sa sainte volonté par la haine et la fuite de ce même péché. En un mot, la vertu de pénitence peut suppléer au sacrement; mais rien ne peut suppléer à la pénitence ou à la contrition; sans elle, toutes les absolutions ne servent de rien.

De tout ce que j'ai dit jusqu'ici , il faut, conclure que la nature de ce «noremeiit est bien peu connue d'un grand nombre de chrétiens.

Elle est premièrement bien peu connue de ceux qui s'imaginent que le prêtre soit tellement l'arbitre et le maître de l'absolution, qu'il puisse la donner à sa volonté. C'est cette ignorance qui est !a cause qu'ils plaident et discutent pour l'obtenir , lorsque le confesseur qui, de son côté, serait fort aise de pouvoir la donner à |!eines mains, à tout le monde, voit qu'il n'a pas de preuves suffisantes qu'ils sont convertis et disposés, que même il a des preuves formelles du contraire, et que par conséquent il est intimement persuadé qu'il ne peut l'accorder sans profaner le sacrement, charger gravement sa conscience, et leur nuire gravement à euxmêmes.

Profaner le sacrement: julepr -fa 'fiai m*A ce sacrement, e&

DES SACHEMErVTS. 5Î

le recevant sans les dispositions requises ; charger sa conscience , car, dans ce cas , il ne ferait que lier la sienne sans délivrer la leur ; leur nuire gravement, car, outre qu'il les exposerait à faire un sacrilège, il les mettrait dans une fausse et pernicieuse confiance que leurs péchés sont effacés devant Dieu , tandis qu'ils ne le sont pas du tout.

Enfin, la nature de ce sacrement n'est pas connue de tous ceux, en général (et ils sont nombreux), qui le font consister tout entier dans la simple accusation de leurs fautes et dans l'absolution du prêtre, sans un véritable changement du cœur et de la volonté. Je crois que ce qui contribue puissamment à cette illusion , c'est le nom de confession que l'on donne ordinairement à ce sacrement, comme si tout se réduisait à se confesser. Mais remarquez donc que si on l'appelle confession a cause de la partie de l'accusation, qui est la partie la moins essentielle, il s'appelle, avec bien plus de raison , dans le langage des saints Pères et des divines Ecritures, sacrement de pénitence , à cause de la nécessité bien plus indispensable du changement intérieur.

C'est à quoi on ne réfléchit pas ; aussi , pourvu que 1 on s'accuse de ses péchés tant bien que mal, on regarde tout le reste comme une pure cérémonie. La douleur est une pure formule qui ne consiste que dans la récitation de quelque acte d'attrition ou de contrition qu'on récite tels qu'on les a appris , ou tels qu'on les trouve dans quelque livre de piété. Tout an plus les accompagne-t-on de quelques instants de sensibilité, ou de quelque expression de sentiment, ou de quelques larmes qui sont bientôt taries et qui ne produisent aucun changement dans le cœur.

Le bon propos n'est qu'une protestation extérieure que l'on fait à Dieu de ne plus l'offenser, mais qui n'inquiète pas, parce qu'elle n'engage à rien et qu'elle ne produit aucune conséquence pratique. Si une telle volonté était sérieuse et formelle, elle devrait beaucoup vous inquiéter , puisqu'il n'est question de rien moins que de renoncements, de sacrifices et de détachements qui coûtent beaucoup et que l'on s'impose, afin de ne plus offenser Dieu. Mais comme tout se résume en paroles , ainsi on promet tout sans difficulté. La satisfaction que l'on devrait à Dieu pour les graves injures qu'on lui a faites, se borne à quelques prières faciles à réciter, que le confesseur impose, et qui, n'ayant aucune proportion «vec le nombre et la grièveté de nos péchés, ne doivent servir qu'à

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nous avertir des pénitences que nous devons ensuite nous imposer nous-mêmes.

Mais quels sont les pénitents qui s'inquiètent et se font un depoir de suppléer a l'insuffisance de ces satisfactions ?

Or, dites-moi franchement , au milieu de tout cela , où est ce cœur pénitent qui seul mérite les regards et les complaisances de Dieu, et à qui seul est promis le pardon du péché ? Faut-il s'étonner ensuite si on ne retire aucun ou presque aucun fruit d^ses confessions; si elles nous laissent toujours dans le même état , et si elles ne produisent jamais en nous un véritable changement de vie ? Pour moi , je n'en suis pas étonné ; et en effet, quels fruits salutaires peut produire une pénitence qui n'en est pas une , qui n'est qu'un vernis, un masque de pénitence?

Je n'ai fait aujourd'hui que vous donner un simple aperçu de la matière que j'ai entrepris de vous expliquer ; je vous en ferai connaître dans la suite distinctement les diverses parties.

En attendant, je unirai en vous disant que ce n'est pas précisément l'absolution du prêtre qui met votre conscience en sûreté ; ce sont les bonnes dispositions de votre cœur qui doivent assurer l'effet de l'absolution sacramentelle. C'est donc celles-là, c'est donc votre cœur que vous devez considérer, si vous voulez avoir une espérance fondée que vos Jpéchés vous sont pardonnes. Autrement vous vous exposerez au malheur affreux, et malheureusement si commun , de vous croire guéris et parfaitement sains, tandis qu'aux yeux de Dieu vous êtes plus malades que jamais.

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