‹ Cours d'instructions familièresChapitre 23 sur 70 · PART. II. INST. XXIII · texte numérisé non relu

PART. II. INST. XXIII

joars, non pas matériellement , mais avec intelligence , et par con» séquent avec de grands sentiments d'admiration, de reconnaissance, d'invocation et de louanges ; puisqu'en elle sont renfermées toutes ?cs grandeurs de Marie , la source de toutes les grâces et le fondeiienl de toutes nos espérances.

Réjouissons-nous donc avec Marie de cet immense trésor de grâces squi l'a rendue si agréable aux yeux de Dieu ; et , à la vue de notre pauvreté , de notre misère , de notre corruption , prions-la de nous obtenir au moins le pardon de nos fautes et de nous faire passer du péché dans l'amitié de Dieu.

Réjouissons-nous ensuite avec elle de ce que , depuis le preœuer instant de son existence , elle a toujours été étroitement unie à mea, toujours l'objet de ses complaisances spéciales ; et en conséquence prions-la de nous obtenir que l'amour de Dieu s'empare tellement de notre cœur que nous ne nous séparions jamais de lui et qu'il ne se sépare jamais de nous.

Enûn réjouissons-nous de tous ses dons et de tous ses privilèges , reconnaissant et confessant avec l'Archange qu'elle est singulièrement aimée de Dieu, qu'elle est bénie et privilégiée au-dessus de toutes les créatures ; et par cette graude puissance qu'elle a reçue pour nous secourir , prions-la de se souvenir de nos besoins et de nous mériter la grâce d'être comptés parmi les enfants de Dieu, parmi les enfants bénis de lui, en ce monde et en l'autre.

Voici maintenant la conclusion de toutceque je viens d'expliquer et de tout ce qui me reste à vous exposer sur cette prière que je ne puis TOUS expliquer parfaitement en si peu de temps ; concevons une haute estime de cette sublime créature , de cette merveille inouïe des mains de Dieu , de ce chef-d'œuvre de sa toute-puissance ; joignons à cette estime un vif et inaltérable sentiment de respect , d'amour et de dévotion. Disons-lui avec une tendre affection : Je vous salue , ô fille toute belle du Père éternel; je vous salue, ô digne Mère du Fils, Je vous salue , ô chaste épouse du Saint-Esprit , temple auguste de la très-sainte Trinité. Que Marie, après Dieu, soit le premier objet de nos hommages et de nos bénédictions , et alors nous aurons le bon* bear d'être aussi l'objet de ses bénédictions et de son amour*

DE LA SALUTATION ANGÉLIQUE." lOS

INSTRUCTION XXIV

De la salatation asséliqoc. Explication is!o la seconde ei de 3a troisième partie.

Nous venons d'expliquer la premère partie de Y Ave Maria, con» çue oa ces termes : Je vous salue , Marie , etc. Passons à Texplicatioa des pai'oles de sainte Elisabeth qui, après avoir répété l'éloge donné à Marie par l'Ange, vous êtes bénie entre toutes les femmes , ajouie, et béni le fruit de vos entrailles, benedictus fructus verttris tid.

Sainte Elisabeth proféra ces paroles lorsqu'elle reçut la visite de Marie. Voici le fait en peu de mots : Marie et Elisabeth étaient parentes; toutes deux étaient devenues mères par un miracle, mais d'un ordre dilTérent, puisque Marie avait conçu dans son sein la Fils de Dieu par l'opération du Saint-Esprit , et que l'autre , dans ao âge déjà avancé et où elle ne pouvait plus naturellemeni espérer d'avoir des enfants, était devenue enceinte de saint Jean, précui'seur de Jésus-Christ.

àîarie fut donc inspirée d'aller visiter sa cousine Elisabeth qui était au sixième mois de sa grossesse , et elle y fut portée par une impulsion secrète de son divin Fils qui voulait, dès le sein de sa mère, sanctifier son précurseur (Jansle sein d'Elisabeth. Aussitôt que celleci la vit et eiUe;r il sa voi:, quoique le mystère de l'Incarnation opéré en Marie ne lut encore connu de personne , elle fut éclairée d'en haut et reconnut sa cousine pour Mère de Dieu. Elle reçut cette connaissance en sentant tD.ii-à-coup saint Jean faire un mouvement bien marqué et tressaillir d"allégresse dans son sein : Ut audi* vit salulationem Maries Elisabeth , cxuUacit infans in utero e jus. Et c'est alors qu'elle s'écria avec un profond sentiment d'admiration: Vom êtes bénie entre toutes les femmes , et le fruit de vos entvail' les est béni ; indiquant par ce fruit, le Verbe éternel renfermé dan* son sein et très-proprement appelé son fruit t puisqu'il avait été conçu en elle, de sa propre substar.ee , par l'opération du Saint- Es-| prit.

Ces paroles sont tout à la fois un acte de louange à Marie et un acte de louange et de reconnaissance à Dieu.

lOU PART. II. INST. XXIV.

De louange à Marie , parce qu'elle est digne de bénédiction et d'honneur , non-seulement eu elle-même , mais surtout à cause dtt fruit sacré de ses entrailles qui est Jésus-Christ. De même que la bonté du fruit est l'honneur de l'arbre qui l'a produit ; de même les prérogatives et les perfections de ce divin Fils tournent à la gloire de la mère qui l'a conçu , et] rendent mille fois privilégié et béni le seiii très-pur de celte divine Mère qui le porta neuf mois au dedans d'ellc-mcrae et l'enfanta avec tant de gloire pour elle.

J'ai ajouté que c'est aussi un acte de louange et de remercîment à Dieu , parce que ce fruit est vraiment béni , et pour Marie et pour nous.

Béni pour Maine ; puisque ce fut pour elle la source de tous les dons , de toutes les faveurs et de tous les privilèges. C'est comme si sainte Elisabeth disait : Vous êtes bénie entre toutes les femmes» parce que le fruit de vos entrailles est béni ; et quelle sorte de grâce pourrait vous manquer à vous qui portez dans votre sein l'auteur de toute grâce et la source de toute bénédiction ? Et c'est ce que proclama Marie elle-même dans ce fameux cantique du Magnificat , où, prenant tout-à-coup la parole , elle se met à rappeler les faveurs dont Dieu l'a comblée , elle proteste que son esprit tressaille en Dieu son Sauveur , c'est-à-dire , qu'elle reconnaît que le principe et la source de toute sa grandeur venait de Dieu incr.rné dans son sein: Et exidtavit spiritus meus in Deo salutari meo.

Bénie aussi pour nous, pour qui il a été la source de toutes les grâces et de toutes les bénédictions. Il suffit de dire que ce fruit est Jésus, bcnedictus fj-uctus ventris tui Jésus ^ c'est-à-dire , noire Sauveur , notre libérateur, notre rédempteur ; celui-là seul don- le nom peut nous sauver et sans lequel il n'y a de salut pour personne : riullum aliud nomen datum est hominibus in quo oportcat nos salves ficri. (Act. iv, 15.) Ce nom de Jésus a été ajouté ici par l'EgUse pour marquer que le Fils de Marie est le vrai Sauveur du moncle» le Messie promis en qui toutes les nations de la terre devaient être bénies ; nom qui lui fut donné par l'Ange lorsqu'il annonça ce crand mystère à Marie, vocabis nomen c jus Jesum. (A!atlh. i, 12.)

Avec quel sentiment ne devons-nous donc pas prononcer ces itato]es, benedictusfructusvetitris tui Jésus l Lorsque nous proclamons ÎMarie, bénie entre toutes les créatures, nous devons, à l'cÂernpie d'Elisabeth, nous attacher particulièrement à Jésus,le considérant renfermé dans le sein virginal de Marie, non-seulement comme la source de toutes les faveurs pour elle , mais aussi comme le principe

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