‹ Cours d'instructions familièresChapitre 42 sur 70 · PART, III. INST. II · texte numérisé non relu

PART, III. INST. II

Et à propos de ces paroles, remarquez bien que Jésus-Chrîst parle des vrais adorateurs et non pas des adorateurs quelconques, jjour nous donner à entendre qu'il y aura toujours dans le christianisme beaucoup de faux adorateurs qui , négligeant l'essentiel du culte qui est dii à Dieu , ne lui offriront qu'un simulacre de culte. Celte prophétie ne se vérifie que trop visiblement sous nos yeux; car toute la piété et toute la dévotion, dans la pensée et la conduite de certains chrétiens , ne se réduisent-elles pas à quelques pratiques matérielles ? Pour celles-là , ils montrent une ardeur extraordinaire ; voilà pourquoi , malgré la corruption des mœurs toujours croissante , les églises ne cessent pas d'être fréquentées et pleines deûdèles. Avoir celte affluence , on dirait que la religion est plus florissante que jamais et que le culte de Dieu est parfaitement pratiqué ; et cependant les mœurs deviennent toujours plus scandaleuses ; on accorde tout aux passions et rien à Dieu ; on ne hait pas le péché.

On n'a de religion que dans l'église; hors de là, on n'entend pas que celte religion dirige ses affections , qu'elle réprime ses appétits déréglés, qu'elle coml)atte ses inclinations et qu'elle règle sa conduite. Voilà comment on concilie la dévotion avec l'amour des plaisirs , du monde et du péché. On veut vivre chrétiennement et religieusement ; mais tomjours à la manière des mondains et des pécheurs.

Dites-moi , n'est-ce pas là la vérité ? Or nous pouvons bien noos tromper nous-mêmes et tromper aussi les autres par ces belles démonsti'ations de piété ; mais nous ne saunons tromper Dieu. Pour lui , il distingue parfaitement ses véritables adorateurs , de ceux qui n'en ont que l'apparence , et c'est le grand nombre.

Voici maintenant la conclusion de mon discours. Soyez fidèles aux pratiques extérieures , ne les négligez jamais , selon l'erreur dangereuse de ceux qui , sous prétexte de purifier , de simplifier et de spiritualiser la religion , ne cherchent qu'à la détruire et à l'anéantir ; mais attachez-vous par-dessus tout au culte intérieur qui forme l'essence , le fond et l'âme de la religion. C'est le culte que Dieu demande principalement de nous ; c'est le seul qui soit capable de donner du prix, de la valeur et du mérite à nos œuvres. C'est dans l'union de ces dcu^ choses , et nulle part ailleurs, qu& consiste radoratiofl que Dieu exige de nous par le premier commandômeau

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OSTRUCTION ÎÎI,

on temps où l'on doit adorer Dieu, et de» pécîit's <ia» l'on eommot contre ce devoir par oiuissiuia.

Reprenons d'abord la suite des pensées et des matières ; or nous avons vu, dans la dernière instruction, que l'adoration que Dieu nous prescrit dans le premier commandement renferme la pratique des quatre vertus , de foi , d'espérance , de charité et de religion. Cette dernière, la seule dont il me reste à parler en ce moment, et à laquelle on donne plus particulièrement le nom d'adoration , a pour objet les actes par lesquels nous rendons à Dieu l'honneur et le culte qui lui est dû. Ce culte doit être essentiellement intérieur et extérieur tout à la fois ; mais il doit être surtout intérieur, parce que c'est ce dernier qui est l'âme de notre vie et que c'est celui que Dieu exige principalement. Voilà, en peu de mots, la matière de l'insîruction précédente.

Aujourd'hui , je me propose de vous expliquer deux choses : 1° en juel temps nous devons adorer Dieu et pratiquer les actes de la vertu de religion ; 2* les manquements qui se commettent le plus souvent en cette matière.

Quant au premier point , Dieu étant toujours et en tout temps notre maître, notre conservateur et notre bienfaiteur, et nous, dépendant de lui , ayant besoin de lui et jouissant de sa bonté toujours et à chaque instant de notre vie, nous devrions aussi , à chaque moment de notre existence , être occupés à le bénir , à le révérer et à l'adorer. Mais comme notre condition présente nous impose d'autres soins indispensables , eMe ne nous permet pas cette adoration continuelle ; il nous suffira donc de le faire de temps en temps et dans certaines circonstances. Et que sont-elles ?

1° Ce sont les jours de fêtes spécialement consacrées au culte do Seigneur. Dieu s'est réservé ces jours ; et comme pendant les autres jours, il nous permet de nous occuper principalement de no» devoirs d'état (je dis principalement et non pas uniquement et exclusivement), ainsi il veut que les jours de fêtes soient spécialement consacrés aux ceuvres destinées à l'honorer , sans eicJure cependant les occupa»

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