PART. III. INST. III
tiens qui, par leur nature, ne sont pas réprouvées par la sainteté de ces jours , ni les amusement» honnêtes , comme nous le verrons spécialement dans le troisième commandement.
Outre les jours de fêle, nous devons adorer Dieu chaque jour, le matin et le soir. D'abord le matin ; il est bien juste , en eDfet , de consacrer les prémices de notre journée, à Dieu de qui nous l'avons reçue gratuitement en don et de reconnaître la bonté de celui qui nous a conservé pendant la nuit. De quel front, dit saint Chiysostôme , oserez-vous ouvrir les yeux à la lumière du soleil , sans un regard d'amour vers ce Dieu qui, par cet astre, éclaire l'univers entier; vers ce Dieu en qui , ajoute saint Paul , nous avons la vie , le mouvement et l'être : In quo vivimus , movemur et sumus. (Act. xvii, 28.)
La des caractères que nous donne le Saint-Esprit , pour reconnaître le juste , c'est-à-dire le bon chrétien , c'est qu'il se lève de bon matin et consacre les premiers moments de sa journée à l'adoration et à la prière : Juslus cor suiim Iradet ad vigilandum diliculo , od Deum qui fecit illum et in conspcctii Altissimi deprecabitur. (Eccl. xxxis, 9.) Nous devons donc alors, et avant de rien entreprendre, nous prosterner devTint Dieu, lui oaVir notre cœur, nos actions et nos peines , et lui demander les secours et les grâces dont nous avons besoin.
La prière n'est pas moins nécessaire le soir. Nous ne devons pas finir noU-e jom-née et aller prendre notre repos , sans témoigner notre reconnaissance à Dieu, doatl'amoar nous a conservés pendant le jour : il faut donc le remercier des bienfaits que nous avoas reçus et lui demander pardon des fautes que nous avons commises. C'est là une excellente pratique , bien capable de nous préserver d'une mauvaise mort.
Mais si nous voulons ne pas être trop avares avec Dieu , ne pouvons-nous pas , sans nuh'e à nos devoirs , l'adorer encore souvent pendant le jour ? La foi nous enseigne que Dieu est partout , qu'il nous est toujours présent , et qu'en tout lieu, il nous voit et nous entend. Qui vous empoche donc , au milieu de vos travaux journalieis, d'élever de temps en temps votre esprit , votre ccem- et vos aOeciions vers lui ? N'est-ce pas là un véritable exercice d'adoration ? Voilà ce qui constitue la grande différence qui existe entre deux chréiien^: livrés aux mêmes travaux temporels ; l'un , dans ses travaux, s'occupe de choses matérielles qui ne peuvent lui produire qu'un gain temporel; l'autre , élevaut souvent son cœur vers Dieu, y
trouve en outre un trésor d'hommages pour Dieu et de ra;5rites poui lui. Mais ce que fait le second , le premier ne peut-il pas aussi le faire?
Si, de plus, nous avons le temps et la facilité d'entendre la sai jj^g Messe, nous ne devons pas manquer d'y assister. De tous lesact ^g ie religion, le plus auguste , le plus grand , celui par lequel, ^j. sent les théologiens « on reconnaît le plus parfaitement la souverai .^.^ excellence de Dieu , c'est le sacriûce de la Messe. Là , en offrant à Dieu, la victime qui lui est la plus chère, c'est-à-dire son Fils unique, nous l'adorons de la manière la plus parfaite que nous puissions le faire. Si donc les circonstances vous le permettent , vous ne devez pas négliger une telle pratique , ni vous faire une habitude et comme une loi de ne jamais assister à la sainte Messe hors les jours de précepte. Sur ce point , il faut le dire , combien de pauvres journaliers et d'ouvriers font honte aux riches , eiu qui , accablés de besoins, de travaux et de fatigues , ne laissent pas d'assister chaque jour au saint Sacrifice.
Ce que je dis de la sainte Messe doit s'appliquer , à proportion, aux autres actes de religion que nous devons nous empresser d'accomplir lorsque l'occasion favorable s'en présente : par exemple , assister aux bénédictions , aux iriduum , aux neuvaines , accompagner le saint Viatique , visiter Jésus-Christ dans le très-saint Sacrement. Un chrétien vraiment pieux ne doit pas se laisser dominer par un esprit de tiédeur et de paisse ; mais il doit profiter de toutes les occasions qui se présentent pour se porter avec empressement à glorifier le Seigneur.
Enfin , pour conclure , selon la nature des préceptes affirmatifs, l'adoration par des actes formels et positifs ne saurait être pour nous une afl'aire de tous les instants , et il n'est pas possible de fixer avec précision les circonstances plus ou moins fréquentes oii elle oblige ; cependant, il est certain que nous ne serions pas exempts de fautes graves , si nous laissions passer un temps considérable sans la pratiquer et sans reconnaître la souveraine excellence de cet être premier, infini, divin, principe et source de notre vie , et aussi principe et source de tous les autres biens.
Je passe maintenant aux manquements qui se commettent ordinairement en cette matière. On peut manquer à l'adoration de quatre manières : par omission , par distraction volontaire , par irrévérence et par mépris.
i' Par omission , et e'est là le péché de tant de chrétiens qui, con.