‹ Cours d'instructions familièresChapitre 45 sur 70 · J PART. IIÎ. INST. III · texte numérisé non relu

J PART. IIÎ. INST. III

religion , les regardant comme une faiblesse d'esprit et une superstition , et par conséquent qui se rient des pratiques de la piéié , se moquent des personnes pieuses et religieuses , et se raillent des choses saintes. C'est ce qu'on appelle proprement esprit d'impiété, esprit diamétralement opposé à l'esprit de religion qui doit nous porter à honorer Dieu en lui-même, par toute sorte d'hommages , et à l'honorer aussi dans les choses qui lui sont consacrées ou qui servent à son culte de quelque manière que ce soit. Cette impiété est un péché énorme.

Dans les choses qui regardent le culte de Dieu , la négligence est un grand mal , l'irrévérence un plus grand encore ; mais le plus grand de tous, c'est le mépris , les dérisions et les railleries , parce que , dans ce dernier cas, ce n'est plus un péché de fragilité , mais de pure malice ; c'est un péché qui suppose une foi déjà éteinte , ou qui est au moins une disposition très-prochaine à la perdre; car la foi ne peut subsister longtemps , si l'esprit de religion vient à s'éteindre et à se perdre en nous ?

Et cependant , ce mépris n'est-il pas général d« nos jours ? Si on le trouvait seulement dans des personnes avancées en âge , et endurcies dans le vice , par les années , ce ne sef ait pas si étonnant ; mais de le remarquer chaque jour dans des jeunes gens à peine sortis de l'enfance, de voir ces jeunes gens faire ostentation d'un mépris insultant pour tout ce qu'il y a de saint et de sacré : voilà ce qui doit nous remplir avec raison d'horreur et d'épouvante. La légèreté, la dissipation , l'indévotion , furent toujours et partout le défaut de la jeunesse ; mais cette impiété effrontée , cette sacrilège impudence est le trait caractéristique de notre époque, tant sont grands et funestes les progrès que l'immoralité et l'incrédulité ont fait et font encore journellement parmi nous.

Pour nous , chrétiens , évitons soigneusement tous les défauts dont je viens de parler.

1° Appliquons-nous à faire souvent des actes d'adoration. Le temps ne vous manquera jamais, si vous savez régler vos journées avec ordre et méthode. Si des affaires majeures et des occupations importantes vous forcent de laisser quelque chose à faire , ayez soin que ce ne soit pas vos pratiques de reUgion. Abrégez , dans ces cas, vos autres occupations, mais ménagez-vous toujours un peu de temps pour vos exercices de piété , et notamment pour la prière , qui est si nécessaire au chrétien.

2* Comme ces pratiques de piété que nous voulons oîTrir à DlM

DU DÉCALOGTJE. 227

B€ peuvent lu! être agréables , si elles ne viennent du cœur , si elles ne sont produites et animées par Fesprit intérieur qui est seul capable de les rendre méritoires à ses yeux , a.vez donc soin , en second lieu, qu'elles partent du cœur.

3° Si votre cœur les aime et les estime , il nV aura plus de danger d'irrévérence et d'outrage. Car l'irrévérence n'est que la conséquence nécessaire des dispositions intérieures , je veux dire d'un cœur qui n'aime pas Dieu, qui est froid et indifférent pour lui. Alors votre tenue et votre attitude dans les églises et dans les actes publics de religion serviront d'édification au prochain , et seront pour lui une preuve infaillible de votre piété intérieure.

U° Enfin, gardez-vous (le tout mépris pourles œuvres de piété et de religion. Si vous n'avez pasle courage de les pratiquer, tant pis pour vous ; mais au moins conservez-en toujours l'estime que vous devez en avoir , et ne les regardez jamais comme des choses petites , viles et méprisables. Ah ! dans tout ce qui se rapporte au culte de Dieu , il n'y a rien de petit ; tout est aussi grand que le Dieu que nous adorons : ils ne sont pas petits non plus , les chrétiens qui montrent de l'empressement à pratiquer les œuvres relatives au culte divin.

Ceux qui se montrent évidemment petits , frivoles, légers et ignorants , ce sont les libertins, quis'en moquent ; et ils le sont en effet, quoiqu'ils veuillent passer pour des gens sensés. Comment? Ils trouvent raisonnables le culte et l'honneur que l'on rend à ses parents , à ses maîtres , aux magistrats , aux princes , aux souverains , et on devra refuser tout hommage à ce Dieu de qui vient toute autorité , de qui nous avons reçu l'existence , de qui nous dépendons à tout instant, et entre les mains duquel nous devons tomber infailliblement tôt ou tard ? Et cela s'appelle avoir de l'esprit? C'est de la folie et du délire; c'est un monstrueux renversement d'idées.

La meilleure manière de confondre de pareils êtres , et de venger la religion de leurs outrages , c'est de faire , de notre côté , une profession ouverte, solennelle et publique de piété, par notre «ssiduité et notre dévotion à fréquenter les églises , à recevoir les sacrements , à faire les œuvres de piété et de religion , sans nous inquiéter nullement de leurs sarcasmes ; c'est enfin de leur rendre mépris pour mépris.

Je voudrais surtout que les jeunes gens s'apppliquassent cet avis, ces jeunes gens dont je condamnais tout-à-rheure l'orgueillease

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