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notre propre volonté dans une matière libre et purement de notre choix. Aussi, dès qu'il est fait avec maturité et prudence, et qu'il est fldèlenient observé , il ne peut manquer d'être agréable à Dieu , et d'un très-grand mérite pour nous. Dieu lui-même nous y exhorta dans les saintes Ecritures : Vovete etreddite Domino Deo vesn^c^ et il nous prouve combien il lui est agréable , par les grâces sign^.lées dont il le récompense. Jacob, quittant la Palestine pour aller en Mésopotamie , fit un vœu pour l'heureux succès de son voyage et Dieu lui accorda ce bonheur ; les habitants de Béthulie firent un vœu pour être délivrés du siège d'Holopherne et le siège fut levé ; le prophète Jonas, pour sortir du ventre de la baleine, et il en sortit; Anne, femme d'Elcana, en fit un pour avoir un enfant, et elle l'obtint; et combien d'autres exemples dont les Ecritures et les vies des Saints sont remplies.
Mais de ce que les vœux sont bons , louables j maints et récompensés de Dieu , il ne s'ensuit pas que vous deviez facilement vous obliger par des vœux. Il est facile de faire des promesses ; mais il n'est pas toujours si facile de les tenir. Aussi , au lieu d'honorer Dieu par les vœux , ordinairement on l'outrage , parce qu'on les fait avec trop de légèreté et qu'ensuite on les transgresse.
Dans le malheur , dans les maladies , dans les angoisses , on est prompt à faire des vœux , parce qu'alors on ne pense qu'à se délivrer de ces maux ; et pour y parvenir , on promet tout sans difficulté , sans calculer les conséquences d'un tel engagement , sans examiner si on pourra ensuite porter le fardeau qu'on s'impose. Mais une fois le malheur , la maladie , les angoisses passés , on oublie les promesses qu'on a faites ; ou bien si on se les rappelle , on commence à plier les épaules , on cherche mille prétextes pour s'exempter d'observer son vœu. N'en est-il pas ainsi ? Des personnes , dans certains moments de ferveur et de dévotion où il leur semble d'être ravies avec saint Paul , au troisième ciel , se lient facilement par des vœux , parce que dans cet accès de ferveur passagère , tout paraît aisé et facile à exécuter : mais si ensuite les : Circonstances changent , la volonté change , la ferveur cesse , et elles se trouvent ennuyées et dans pnp tentation continuelle de manquer à leur vœu. ^
Or, c'est là une vraie profanation du saint nom de Dieu , c'est se Bloquer de lui : Si nolucris poUicerî , je vous le répète , absque peccato eris \ personne ne vous oblige à vous engager ; mais vous iMtl promis , et promis à Dieu ; or on ne se moque pas de Dieu ,
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Deus non irrîdetur (Gai. vi , 7). Si c'est un péché de manquer de parole à un homme , à plus forte raison de manquer de parole à Dieu. Ah! une promesse infidèle et téméraire déplaît souverainement au Seigneur , dit l'Esprit saint ! Il vaut mieux ne pas s'engager que de ne pas accomplir sa promesse après un vœu : Displicet enim Deoinfidelis et stuUapromissio ; muttôque meliiis est non VO' vere quàm post votum promissa non reddere (Eccles. v, 43).
Quel est le fruit que nous devons retirer de cette instruction P Le voici en deux observations :
1" Prudence et réflexion sérieuse avant de faire des vœux , afin qu'ils ne deviennent pas un piège et un écueil pour notre âmew Si vous voulez que je vous dise ma pensée , il me semble que c'est déjà beaucoup pour un chrétie» de bien observer les promesses de son baptême, ce solennel renoncement qu'il a fait à Satan, au monde et à la chair. Ce sont là des promesses sacrées et inviolables qui obligent tout le monde et sur lesquelles tous seront infaillibleipent jugés. De même ce n'est pas non plus une petite affaire que l'observation des divins préceptes , la fuite du péché et des occasions dn péché , etc. Pourquoi donc nous imposer, encore d'autres liens , d'autres obligations que celles-là , dont nous ne pouvons nous dispenser et que cependant nous observons déjà si mal ? Je ne prétends pas pour cela mettre des bornes à votre ferveur, l'étouffer ni l'attiédir ; si vous vous sentez inspiré de Dieu à faire des vœux , pensez-y mûrement, surtout quand il est question de vœux difficiles et en particulier de vœux perpétuels , comme ceux de chasteté perpétuelle et d'entrer en religion. Ne vous fiez pas à vousmême , mais rapportez-vous-en au jugement de votre confesseur qui > s'il a la prudence et les lumières qu'il doit avoir , ne vous permettra que les vœux que vous pourrez accomplir , les vœux qui, tout en glorifiant Dieu, seront encore utiles et avantageux & votre salut T Avez-vous donné votre parole à Dieu? Vous ne pouvez plus la reprendre. Si vous avez de bonnes raisons pour être dispensé, manifestez-les à qui de droit ; autrement ne vous flattez pas , sous le vain prétexte d'une impossibilité imaginaire , que vous échapperei \ la colère de Dieu, vengeur sévère des vœux inaccomplis»
Je conviens que l'observation de votre vœu sera pénible et dlflU* elle ; mais si la peine est grande , le gain n'est pas petit et le œériffl que vous en aurez devant Dieu est très-grand. Car les théologien» enseignent, après saint Thomas, que le vœu donne un grand m«^« rite aux rrinrcs auxquelles il oblige ; de Sorte quê si le jeûne VôlOR*
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taire ou de précepte a sa valeur et son mérite, ce mente est bien plus grand , il est double en celui qui jeûne parce qu'il y est obligé par vœu. Ces considérations doivent vous animer à les accomplir fidèlement, avec une volonté sincère et pieuse , demandant à Dieu les forces nécessaires pour ne pas être infidèle auj promesses que vous lui avez faites.
INSTRUCTION X
Vrolgl^me eommantlement. — Sancflflcatlon dep tèie», CEdvrçs dérendaes»
Dans le premier commandement , Dieu nous a ordonné de l'adorer , c'est principalement le culte intérieur ; dans le second , il nous a prescrit la manière dont nous devons invoquer son saint nom , c'est le culte de la langue; dans le troisième, dont nous allons parler, il détermine le temps où nous devons spécialement lui adresser nos hommages , c'est proprement le culte extérieur ou le culte des œuvres.
Tous les jours , sans doute , sont à Dieu , et nous devons jusqu'à un certain point les sanciiûer tous ; mais tant que nous serons sur cette terre , nous ne pouvons penser continuellement à Dieu ; nous en sommes détournés par les soins qu'exige nécessairement notre Tie temporelle. Mais comme, d'un côté, les soucis temporels absorberaient toute notre attention , si nous n'étions de temps à autre rappelés à Dieu et aux exercices de la piété , et que de l'autre il est souverainement raisonnable de consacrer au dispensateur et au maître ée tous les jours , un jour en particulier pendant lequel l'homme •'occupe uniquement de l'adorer et de lui rendre le culte qui lui' est dû , voilà pouiquoi il a plu à Dieu de s'en réserver quelques-uns: et ceux-là , il veut que nous les sanctifiions d'une manière toutt particulière. Aussi, quoique ce soit pour nous un devoir de l'adorer, de le servir et de le glorifier tous les jours de notre vie ; néanmoins cette obllgatioD devient spéciale et très-spéciale dans les Jours de fête.
Nous avons donc deux choses à considérer sur ce précepte : 1" quels sont les jours que nous devons sanctifier ; 2* que faut-il faire pour accomplir ce précepte ?
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Quant au premier point , il faut d'abord remarquer que ce précepte est en partie naturel , et en partie positif divin. Que l'on doive consacrer quelquefois un temps particulier à reconnaître par un culte spécial , notre souverain Maître , les lumières naturelles et la raison nous le disent elles-mêmes. Aussi , toutes les nations, même les plus ignorantes et les plus barbares , quoique divisées entre elles de croyance et de culte , s'accordent toutes sur ce point ; îo:ites ont des jours particuliers consacrés au culte de la divinité. Qu'ensuite vous consacriez au Seigneur tel jour plutôt que tel autre, celui-ci ou celui-là, c'est là une loi purement positive que Dieu nous a donnée, et qui selon les circonstances, peut subir des changements , comme nous voyons en effet qu'elle en a subi.
Dans l'ancienne loij Dieu avait prescrit de sanctifier le dernier jour de la semaine , c'est-à-dire le sabbat : Mémento ut diem sabbati sanciipccs. Il avait choisi ce joiu' principalement en mémoire du repos mystérieux qu'il prit après avoir terminé la création du monde : d'où le mot sabbat , qui signifie repos. Ce n'est pas que Dieu , pour créer le ciel , la terre et toutes les créatures , ait eu de la peine , qu'il ait éprouvé quelque fatigue , et qu'il ait eu besoin de se reposer ; non sans doute. Toutes ces choses, si grandes, si étonnantes et si dignes de lui , ne lui coûtèrent qu'un seul acte de sa volonté toute-puissante : Ipse tlixît et facta sunt , ipse mandavît et creata sunt. Lorsque l'Ecriture dit donc que Dieu , après un tel ouvrage , se reposa , requîevit, cela signifie une seule chose , qu'il cessa de produire de nouvelles œuvres , requievit ab omni opère quod patraverat. Puis en l'honneur et en souvenir de ce repos, il ordonna de sanctifier le septième jour par la cessation de tout travail.
Une autre raison pour laquelle Dieu avait ordonné aux Hébreux l'observation du sabbat , c'est pour leur rappeler les miracles qu'il avait opérés en ce jour , en les délivrant de la servitude de Pharaon. Souvenez-vous , leur disait Moïse, que vous avez été esclaves en Egypte et que Dieu vous en a tirés à force de prodiges : c'est pour cela qu'il vous a prescrit d'observer le jour du sablJat. Les Juifs , en observant ce jour, honoraient donc Dieu comme créateur universel , et comme bienfaiteur de leur nation en particulier.
Mais dans la nouvelle loi , les apôtres , par l'ordre et l'autorité de Dieu , ont substitué au sabbat le dimanche , qui signifie jour du Seigneur. Us ont fait ce changement en mémoire de la résurrection de Jésus-Christ et de la descente du Saint-Esprit, qui se sont accom-
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plies en ce jour. L'Eglise catholique , en sanctifiant le premier jour de la semaine , qui correspond au premier jour de la création et aux deux mystères que je viens de citer , honore d'une manière particulière le mystère de la sainte Trinité. Elle honore Dieu le Père tout-puissant, comme créateur et conservateur de toutes choses} ellelionore Jésus-Christ, son Fils unique, comme notre Sauveur; elle nous rappelle qu'après avoir consommé l'œuvre de notre rédemption , par sa résurrection glorieuse , il entra dans le repos éternel ; elle honore enfin le Saint-Esprit , comme le principe de notre nouvelle création, création plus merveilleuse encore que la première, puisque par elle , nous avons reçu un nouvel être , une vie nouvelle et surnaturelle: Charitas Dei diffusa est in cordibusnostris pef Spiritum Sanctum qui datus est nobis (Rom. v, 5). Ainsi , le dimanche est proprement le jour du Seigneur, puisque Dieu l'a sanctifié en tant de manières.
Mais comme chez les Hébreux il y avait, outre le sabbat , d'autres fêtes à observer et qui avaient été établies par la Synagogue , parmi lesquelles les plus solennelles étaient la Pâque , la Pentecôte et ia fêle des Tabernacles , de même, parmi les chrétiens , outre le dimanche , il y a d'autres fêtes établies par l'Eglise , soit pour célébrer la mémoire des autres mystères de la religion , soit pour honorer la mémoire de la Vierge et des Saints. Nous parlerons plus en détail de ces fêtes , en expliquant les commandements de l'Eglise.
Voyons maintenant ce que c'est que la sanctification âes fêtes , OM ce qu'il faut faire pour les sanctifier. Dieu lui-même a pris soin de nous le dire : Vous travaillerez pendant six jours, mais le septième est le jour du repos consacré au Seigneur. Durant ce jour, vous ne ferez rien , ni vous , ni votre servante , ni votre serviteur , ni votre fils , ni votre fille , ni votre cheval , ni l'étranger qui est dans votre maison.
Voilà comment Dieu , dans sa sagesse , a su accorder nos emplois temporels avec le culte qui lui est dû. Il nous a laissé six joiirs par semaine , non pas pour les passer dans l'oisiveté et la paresse ; mais pour les consacrer à nos devoirs temporels , et il s'est réservé le jour du sabbat, pendant lequel nous devons cesser toute œuvre servile , pour nous livrer entièrement aiLx devoirs du culte et de l'adoration. C'est un jour de repos , mais de repos consacré à Dieu Ce précepte de la sanctification du dimanche nous prescrit donc deux obligations: 1' de nous abstenir de certaines œuvres, 2" de faire certaines pratiques. Nous devons iious abstenir des œuvres
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serviles , ou quasi serviles , comme incompatibles avec le culte de Dieu, et nous devons pratiquer les œuvres de piété et de religion qui constituent proprement ce culte qui est la fin du précepte.
Parlons d'abord des œuvres qui sont défendues les jours de fête : Non facietis omne opus in eo. Ce précepte était beaucoup plus rigoureux pour les Juifs que pour les chrétiens : car il leur défendait les œuvres qui semblent les plus nécessaires et les plus indispensables à la vie humaine. 11 ne leur était pas permis d'allumer du feu , îii de préparer leur nourriture : aussi, le vendredi s'appelait paras» ceve, mot qui signifie préparation , parce que c'est pendant ce jour qu'on préparait les vivres nécessaires pour le sabbat. Ils ne pouvaient ni vendre ni acheter ; ils ne pouvaient faire un voyage de plus ;Vun mille , lors même qu'il n'était question que de promenade et de délassement. Il leur était défendu de porter aucun fardeau , de faire travailler les esclaves ; Dieu voulait que le repos fût général et s'étendît même aux animaux ; il n'était pas permis d'atteler des bœufs ni des chevaux à des chars, et les plus grands personnages devaient aller à pied , s'ils voulaient sortir de leur maison : Non facietis omne optis in eo. Quelque rigoureux et quelque diihcile que fût ce commandement à raison de son étendue , il était universellement observé non-seulement avec exactitude , mais même avec le dernier scrupule. Quelle confusion pour tant de chrétiens qui le transgressent sans crainte , quoiqu'il soit aujourd'hui beaucoup moins rigoureux et infiniment plus facile ! Car je le répète , ce précepte n'est pas si rigoureux pour nous, puisqu'il ne défend pas toute espèce de travail , mais seulement , comme je l'ai déjà fait observé , les œuvres serviles ou quasi serviles.
On appelle serviles les œuvres qui occupent principalement le corps et dans lesquelles l'esprit a peu de part. Tels sont les travaux de la campagne , les arts mécaniques , les états de menuisier , de charpentier, de maçon, de cordonnier et autres semblables ; tels sont aussi tous les travaux manuels qui se font par les journaliers pour gagner leur vie, comme filer , tisser , broder , etc.
Les œuvres quasi serviles sont celles qui ne sont pas tout-h-fail ïnatérielles, mais qui occupant beaucoup l'esprit et le distrayant du culte divin , sont incompatibles avec la sanctification du dimanche : tels sont les diverses espèces de commerces et de trafics ; tels sont aussi tous les actes judiciaires , tous ceux des tribunaux. Je crois mutile d'entrer ici dans tous lesdétailsque l'on trouve ordinairement dans les théologies et dans certains catéchismes ; car vous pouve»