‹ Cours d'instructions familièresChapitre 58 sur 70 · S16 PART. III. INST. XIT · texte numérisé non relu

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monde de plus grand bonheur et de satisfaction plus douce et plus chère , que de secourir, de tout son pouvoir, ses parents, et de leur rendre une partie au moins des biens qu'il a reçus d'eux. Mais l'effet ordinaire du vice et d'une vie désordonnée étant de dénaturer et d'abrutir , il ne faut pas être surpris si tant d'enfants, ne pensant qu'à eux-mêmes et à leurs plaisirs , laissent languir dans le besoin ei fa misère un père et une mère qui se sont ruinés pour eux.

Cela est si vrai que, parmi les avis que TEsprit saint a donnés aux parents , il leur a recommandé de ne pas compter sur la reconnaissance de leurs enfants, et de ne jamais se mettre volontairement dans le cas d'avoir besoin d'eux. Il vaut mieux, dit-il en terminant, que vos enfants dépendent de vous que vous dépendre d'eux. Cet avis ne nous apprend que trop combien l'ingratitude est commune f rmiles enfants.

Je n'ignore pas les raisons et les prétextes qu'on apporte pour se juilifieretse disculper ; mais quelles raisons? Je ne vois point de raison qui puisse vous excuser, sinon la pauvreté personnelle où vous êtes vous-mêmes. Je dis votre pauvreté personnelle : je n'excepte ni votre femme, ni vos enfants, si vous en avez, car vos parents doivent leur être préférés, puisque vos devoirs envers eux sont antérieurs iitout autre. Non, je n'excepte pas même votre femme, quoiqu'elle ne fasse qu'une seule et même chose avec vous et qu'il soit écrit : Itelinquet liomo patrem suum et matrem sicam, et adhcerebit uxori suœ (Matth. xii, 5). Ce texte doit s'entendre de la cohabitation, et non de l'amour , de l'assistance et du respect ; car, pour ces devoirs il faut mettre les parents avant tous les autres , lorsque la nécessité est égale. Prima diligcndus est Deiis, dit saint Ambroise, 5e<:undô parentes , posteà filii et domestîci : voilà la règle établie de Dieu,

Nous ne devons pas seulement à nos parents un secours temporel, la nourriture, le logement et les autres soulagements qui sont dans l'ordre de la vie présente , mais encore les secours spirituels et relatifs à leur salut éternel. Celte assistance est d'autant plus impor« tante, que l'âme est plus précieuse que le corps ; et cependant elle e«t encore plus négligée que la première. La raison en est que» comme ordinairement on a peu et très peu de soin de son âme , bien moins encore en a-t-on pour l'âme des autres. Aussi, il n'est pas rare de voir des enfants qui ne négligent rien pour la vie temporelle de leurs parents , qui ont bien soin de leur santé, veillent à ce qu'ils soient bien noun^ls et qu'ils ne manquent de rien; mais

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quoiqu'ils sacîienî parfaitement que ces parents vivent mal , qu'ils ont de mauvaises habitudes, que même, sous leurs clieveui blancs, ils ont encore tous les vices de la jeunesse , qu'ils marchent visiblement à une mauvaise mort , ils voient tout cela et ils ne s'en in» quiètent nullement. Quelle contradiction ! Cette conduite ne prou* ve-t-elle pas que vous êtes sans religion , pour ne pas dire tout-àfait impies? Si la foi n'est pas éteinte en vous, le salut étant incontestablement le plus grand bien de vos parents , il doit donc être le premier objet de vos soins et votre premier devoir , vous ne pou» vez y manquer , sans manquer essentiellement à l'assistance que vous leur devez. Déployez donc tous les moyens et toutes les industries que la charité tous suggérera pour les ramener à Di«u , s'ils se sont écartés du droit chemin. Employea donc à cette lin vos prières auprès de Dieu et vos exhortations auprès d'eux, sans ja» mais vous décourager , si vous ne réussissez pas de suite. Redoublez vos soins dans leur dernière maladie et n'omettez rien pour leur procurer les secours de la religion.

Gardez-vous bien de les tromper par des promesses et des artifices coupables et de les empêcher ou de les détourner de faire des dispositions qui bien souvent sont nécessaires pour décharger leur conscience ; ce serait vouloir les précipiter en enfer pour un vil intérêt.

N'allez pas , par une compassion mal entendue , leur cacher ta gravité de leur maladie et les envoyer en l'autre vie sans préparation ; ce serait de votre part une horrible trahison ; ce qui n'arrive malheureusement que trop souvent , à ceux surtout à qui on devrait le moins épargner l'avertissement clair et formel dispone domui lues , parce que ce sont des hommes dont la vie est loin d'avoir été régulière et agréable à Dieu , et dont l'axistence n'a été qu'un tissu de crimes. Connaissant trop la peine et l'effroi que doit leur occasionner un tel avis , on ne veut pas les épouvanter ; par conséquentf ou bien on dissimule le danger où ils sont , ou bien on le leur cache 2n grande partie, par cette précaution ordinaire, que si on les engage à mettre leur conscience en règle , ce n'est pas qu'il y ait une nécessité absolue ; mais c'est uniquement pour plus de sûreté. Cependant ces pauvres malades très-portés à se faire illusion , et d'autant plus qu'ils ont plus mal vécu, se prêtent à tout d'une manière irès-superflcielle , et ainsi ils arrivent en très mauvais état au tribuaal de Dieu et se trouvent perdus sans ressource. Ce sont là de» ievoirs auxquels peu de personnes réfléchissent; cependant ils coul«

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