‹ Cours d'instructions familièresChapitre 6 sur 70 · IS PART. II. I>ST. XII · texte numérisé non relu

IS PART. II. I>ST. XII

Dieu. Et dans celte demande comme dans toutes celles qui la suV vent, nous confessons que nous ne pouvons faire aucun bien sans la grâce et le secours de Dieu. Mais le secours de Dieu suppose toujours notre coopération, voilà pourquoi nous ne disons pas sanctifiez votre nom, mais Qu'il suit sanctifié ; parce que si Dieu veut être glorifié, il ne veut pas iVtie par lui seul, mais il veut que nous coopérions avec lui à sa gloire.

Vo3'ons donc quelle coopération est nécessaire de notre part, pour bien faire cette demande. On sanctifie le nom de Dieu de plusieurs manières : par les pensées , en concevant une haute idée et une grande estime de lui, et par suite de cela , en excitant el en entretenant dans son cœur des sentiments de respect, d'adoration, d'amour et en désirant que tous les hommes le servent. Ce désir, s'il est sincère, produira toujours une vive douleur de le voir offensé, et au conirairs une grande consolation de le voir glorifié.

Par les paroles , en le louant , en le remerciant , en parlant de lui de manière à manifester aux autres les sentiments de religion dont noire cœur eut animé pour lui.

Enfin par les œuvres, en évitant avec le plus grand soin toute espèce de faute , en observant exactement sa sainte loi , et en nous appliquant à faire toutes nos actions dans la vue de lui plaire.

Mais en outre, pour sanctifier le nom de Dieu, il ne suffit pas de le glorifier en nous-mêmes ; il faut encore travailler à le faire glorifier par les autres. Nous ne glorifierons pas en effet parfaitement et réellement le Seigneur, si tout en l'honorant en nous, nous le laissions déshonorer par les autres ; et comme il ne raériie pas le nom de bon serviteur celui qui ne travaille pas à conciliera son maître le respect qu'il mérite ; de même on n'est pas bon serviteur de Dieu quand on n'est pas zélé à le faire glorifier par les autres. Quand il estqui^slion de Dieu et de sa gloire, quiconque est indiUerent, est par là même son ennemi.

Or , de quelle manière devons-nous procurer la gloire de Dieu ? En n'épargnant rien pour empêcherqu'il ne soit offensé, pour retirer les hommes du mal et les porter au bien. Ne croyez pas que ceci ne regarde que les i)rêtres elles ministres du Seigneur. Non ceci, i^egarde tous les hommes, parce (jue tous peuvent en quelque manière l'acconiplir; aussi Jésus-Christ met-il dans la bouche de tous indistinctement celle demande : Sunctificetur nonien tuum. Nous pouvons remplir ce de\oir par nos paroles, en instruisant, en conseillant, en corrigeant, en forliûant noire prochain. Un conseil

DE l'oraison dominicale. 19

donné à propos , un avis dicté par la charité , une correction opportune , une parole , un souvenir rappelé , que de biens ne produisent» ils pas et ne peuvent-ils pas produire pour remettre une personne sur la bonne voie ! Et combien ne se présentent-il pas de ces occasions dans la journée !

Sans rien dire même nous pouvons arriver à ce but par le bo» exemple en nous appliquante édifier le prochain , à faire des œuvres telles qu'elles répandent une lumière de sainteté et qu'elles portent le prochain à glorifier Dieu en les imitant , selon le précepte de Jésus-Christ : Sic luceat lux vestra coram hominibiis , ut videant opéra vestra bona et glorificent Palremvestrum qui incœlis est. (Matth. V, 16.) Qui ne sait quelle est la puissance de l'exemple, pour nspirer l'hcneur du vice ? Or le bon exemple est un moyen à la portée de tout le monde ; tous ont la facilité, les talents, la capacité et l'occasion pour cela ; et si nos discours , nos conversations et nos actions sont vertueuses, convenables et chrétiennes, il est impossible qu'il n'en résulte pas un grand avantage pour le prochain et une grande gloire pour Dieu,

Enfin , si nous ne pouvons employer les paroleseties exemples, il nous reste un autre moyen irès-efficace , et c'est la prière ; offrons sans cesse à Dieu des prières pour le salut et la conversion des pécheurs. Au lieu d'aller auprès des uns et des autres qui ne peuvent y apporter aucun remède , faire des déclamations et des plaintes «ur les désordres dont nous sommes témoins, parlons-en plutôt à Dieu dans l'oraison; exposons-lui les maux qui affligent l'Eglise, la corruption des mœurs, la multiplication des scandales , et l'affaiblissement continuel de la foi ; et prions-le d'éclairer tant de personnes égarées , de ranimer la piéié et la foi , de susciter de bons ministres à l'Eglise , de multiplier et de bénir leurs travaux. Oh! les moyens de procurer la gloire de Dieu ne manquent pas; ce qui manque, c'est le zèle , le dévouement et les sacrifices pour les intérêts de Dieu. Si nous ne pouvons faire qu'il.soit glorifié par tout le monde, travaillons au moins à le faire glorifier dans l'intérieur de noti'« maison , par nos enfants, nos domestiques et nos inférieurs.

Voici donc quel est l'esprit avec lequel nous devons faire à Dieo celte demande , et quel est le devoir qu'elle nous impose. Nous de* Vons la faire avec un désir ardent de consacrer notre vie à la gloire de Dieu, de le glorifier en nous-mêmes et de le faire glorifier dans les autres. Or, dites-moi, je vous prie , ne trouvez-vous pas qu'une pareille demande est une contradiction dans la bouche de ces chré-

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