‹ Cours d'instructions familièresChapitre 62 sur 70 · PART. III. INST, XX · texte numérisé non relu

PART. III. INST, XX

ticorum ciiràm non habet , p,dem negavit , et est înfidelî deterior (I. Tim. V, 8).

Cette grave et terrible vérité doit vous faire sérieusement réfii, chir sur riraporlance de vos devoirs, généralement si peu remaiqués et si négligés.

Je les réduis à trois sortes: devoirs 1* de justice, 2° de cliarité et 3° de piété ; ces trois devoirs renferment tout ce qui regarde le soin spirituel et corporel. Cette matière est assez étendue ; cependant j'espère la traiter suffisamment dans une seule instruction.

La justice vous oblige premièrement à reconnaître leur travail , à les nourrir et à leur payer exactement leur salaire. Rien de plus clair et de plus juste , puisque cette obligation est fondée sur un contrat rigoureux ou sur un quasi-contrat. Comme eux, en se niellant à votre service , contractent l'obligation rigoureuse de travailler pour vous ; ainsi vous , de votre côté , vous vous obligez à leur payer le gage convenu. Eux vous sacrifient leur temps , leur repos et leur liberté, et vous, réciproquement, vous devez fournir à leur entretien.

Ce serait donc une véritable et révoltante injustice de leur refu* série salaire convenu : et c'est une injustice que commettent ordinairement ceux qui sont les plus exigeants envers leurs domestiques. Vous ne pourriez pas même , en conscience , refuser de les payer, sous prétexte qu'ils n'ont pas fini leur temps ; dès que vous n'en souflVez aucun préjudice, ou que vous pouvez le réparer d'une autre manière , vous devez les payer à proportion du temps qu'ils vous ont servis. Et cette décision doit s'appliquer même au cas oii leur départ vous occasionnerait quelque tort, s'ils ont an motif juste et raisonnable de vous quitter.

C'est encore une pure injustice de leur diminuer leurs gages ou de leur en retenir une partie , sous le prétexte supposé de quelques négligences ou de quelques manquements , de quelques dommages ou de quelques torts que vous leur imputez sans motifs suffisants et sans donner des preuves pour le justifier. S'ils vous servent mal et s'ils ne vous conviennent pas, renvoyez-les de votre service, mais ne ïeur retenez rien de ce qui leur est dû.

Le délai seul du paiement n'est pas même exempt d'injustice. Dieu nous ordonne de payer ponctuellement nos dettes, quels que soient nos créanciers ; il exige de nous une exactitude spéciale à payer le salaire des pauvres journaliers , parce que ce sont ceux-là qui en ont le plus besoin et qui souffrent davantage du délai à recevoir leur journée. Ces SGites de gens sont obligés de contenir leUT

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femille de leur travail de chaque jour; c'est avec cela qu'ils paient leur loyer, qu'ils achètent le pain dont ils se nourrissent et les habillements qui les couvrent ; si vous ne les payez donc pas au temps convenu , ils sont obligés de contracter des dettes , et le ws misères deviennent insupportables.

Mais la justice oïige encore que vous leur donniez an salaire proportionné à la peine qu'ils ont et aiL\ services qu'ils vous rendent. Que les maîtres qui sont à l'étroit et qui ont peu d'aisance, soient , eu égard à leurs moyens, retenus et donnent de petits salaires,, cela peut se tolérer ; mais un tel abus ne peut pas se tolérer de la part de ces maîtres riches et aisés , qui ont tant à dépenser en choses vaines et superflues. Et ne venez pas dire que les domestiques se contentent du peu que vous leur donnez , car leur conscntemeul n'est pas parfaitement volontaire. Entie deux maux , ou de restée sans pain , ou d'en gagner au moins un peu , ils doivent choisir le Moindre ; mais c'est injustement et contre leur volonté q'a'ils sont dans cette dure alternative. En toute justice , la récompense doit être proportionnée à la peine , et votre intérêt demande pareille^ ment que le serviteur soit bien payé , afin qu'il ne soit pas tenté de vous être infidèle et de vous voler sous prétexte de nécessité.

Passons maintenant aux devoirs de ckariié^ Cette vertu vous oblige à traiter vos domestiques avec discrétion et à les assister dans leurs besoins. Les traiter avec diacrétion : je veux dire piendre gM-de de ne pas les mépriser , jusqu'à les charger de tiavaux excessifs , au détriment de leur sauté et au péril de leur vie. La santé et les forces du corps sont ordmairement les seuls biens de ceux qui servent ; les leur faire perdre par des fatigues excessives , c'est leur enlever le seul moyen de gagner leur vie. Cependant, combien ne voit-on pas de maîtres qui ont plus de compassion de leor cheval que deleursdomestiques; qui les accablent sans cesse de travail , sans leur donner le temps de respirer ! Mais un chev«l coûte de l'argent, et si on vient à le perdre , on ne peut le remplacer sans irais , comme on remplace un domestique. Voilà votre seule raison , raison qui fait bien peu d'honneur à un maître qui a de l'hum*nité el de la religion.

La discrétion exige en outre que vous vous absteniez de ces paroles et de ces traitements injurieux que se permettent certains Maîtres impérieux, hautains et impatients qui se considérant comme des hommes d'une espèce différente , traitent leurs domestiques avec te dernier mépris; quinesav";^V;n-'-iis co'^i"-»nr/1f^r ^y^j'avec dm'eté

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