PART. UU IN6T. XSI
«utre vous-même et le traiter comme un frère : Si est tibi servtu fidelis , sit tibi quasi anima tua , et quasi fratrem tuum , sie ■eurn tracta (Eccli. xxiu, SI). Avis qui doit être écouté avec d'autant plus d'attention de nos jours, que cette marchandise est devenue ,piu6 riitte.
INSTRUCTIOT? XXI.
<C;<Matina«tt<Mi iln quatrième comiuandcitteiit» ~ Oevolrisi de* domestiqueji.
Que parmîles hommes , les uns soient destinés par la Providence à gouverner, et les autres à servir, c'est, dit saint Augustin, non j)as une condition de notre nature , mais une conséquence du péché qui a introduit dans le monde l'inégalité des états , et a condamné taiît de personnes à travailler et à servir. Cette inégalité doit nécessairement exister ; mais elle n'empêche pas que chacun ne puisse se sanctifier dans son état particulier , par l'observation des devoirs qui lui sont propres ; et le salut est encore plus facile dans une vie d'humilité, d'obéissance et de travail, puisqu'elle est plus conforme à celle de Jésus-Christ , qui protestait de lui-même qu'il était venu pour servir et non pour être servi: Filius liominis non venitministrari, sed ministrare (Matlh. xx, 28),
Après vous avoir parlé dernièrement des devoirs des maîtres envers leurs domestiques , je vais aujourd'hui vous parler des devoirs des domestiques envers leurs maîtres. Ces devoirs se réduisent à trois ; une scrupuleuse fidélité dans l'administration de leurs biens ; une ^yraïKle exactitude aux occupations de leurs charges ; et une ïoumission et une obéissance respectueuse à leurs maîtres,
La première et la plus essentielle des qualités requises dans celui qui est en service , c'est la ^délité : Non fraudantes , dit saint Paul , spd in omnibus fidem bonarn ostendentes (Tit. ii, 10). En effet les maîtres abandonnent leurs biens et tout ce qui leur appartient entre les mains des domestiques , ils se reposent tranquillement sur eux et ils ne se tiennent pas en gai de contre eux comme contre les étrangers ; il est donc juste qu'ils soient de irès-fidèlcs gardir:" ' "•n rVs vn!oarr> ; a-itremerii , outre qix'Us c-onl injustes
DU DÉCALOGTJE, 571
de celle injiislîce qui est commune à tous les vols , ils trahissent encore la foi et abusent de la confiance d'autrai : voilà pourquoi les Yoi:, des domestiques sont plus graves et plus coupables et , en cette qualité, soûl punis plus rigoureusement, même par les lois humaines. Cette Cdélilé a donc plus d'extension par rapport à la conscience, qu'on ne le croit communément , et elle renferme une multitude de tlioses. La première obligation qu'elle impose , et ceci s'étend à tout , c'est de ne jamais rien prendre de ce qui apparti«it aa maître , CiUime font quelques-uns qui s'approprient secrètement des denrées, de l'argent ou d'autres choses , ou bien qui , achetant pour leurs uaîires, accusent une dépense plus grande qu'elle n'est en réalité, et gardent le surplus. Lors même qu'il ne s'agit que de petites soustractions , c'est encore un péché dont vous devej vous faire le plus grand scrupule : parce que si , dès le commencement , l'injustice n'est pas grave , à cause delà légèreté de la matière , elle le devient ensuite, et parle préjudice qu'elle cause , et par la mauvaise intealion de continuer ces vols.
En conséquence si, dès le principe, tobs prenez la résolution en \ous-même de profiter de toutes les occasions qui se préseaterout , vous commettez un péché grave , par le premier vol que vous faites , non pas à raison de la matière qui est légère ; miais à raison de l'intention que vous avez de faire , avec le temps , an tort considérable. Si vous n'avez pas cette intention , mais qu'ayant l'occasion de faire un vol léger aujourd'hui , an autre demain , vous en profitiez , vous ne péchez :nortellement ni la première, ni la seconde ni la troisième fois ; mais votre péché sera grave lorsque ces petits vols seront arrivés à constituer une matière notable ou un préjudice considérable.
Quand la mesure est remplie, si voos continuez de la même manière , vous persévérez alors dans l'habitude du péché mortel. C'est là une doctrine qui ne souffre pas la moindre exception.
N'allez pas dire, pour vous justifier, que vous le faites poarvouf compenser de vos peines qui , selon vous , sont bien au-dessus du salaire que vous recevez. Cette espèce de compensation ne peut se pratiquer en conscience ; elle a même été formellement condamnée par les souverains Pontifes : car si vous croyez que votre salaire ne Boit pas proportionné à votre travail. Dieu ne vous défend pas de fous procurer une meilleure condition ; mais dès l'instant que vous êtes convenu de tel gage et que vous vous en eues contenté , vous ne pouvez exiger davantage et le ma-Te ne vous fait point d'injustice