LES SÉCRÉTIONS
melon. Cette glande existe chez l’homme, mais à l’état rudimentaire et sans donner lieu à la production du lait. Le lait est un liquide blanc, opaque, de saveur sucrée ; la quantité de ce liquide sécrétée par vingt-quatre heures varie selon les femmes, mais on peut l’évaluer en moyenne à 1^,300.
Le lait renferme 12 pour 100 d’éléments solides. Ce sont d’abord environ ls r ,5 de sels sodiques et calciques,
2 gr am mes de graisse ou beurre i , puis 3 grammes de caséine, matière albuminoïde qui se coagule sous l’influence du suc gastrique (fabrication des fromages à l’aide de la présure), et enfin 4 grammes de sucre de lait, qui est l’élément dominant. Telle est la composition du lait de lemme. Dans le lait de vache, c’est au contraire la graisse qui prédomine, d’où une certaine indigestibilité qui rend nécessaire de l’étendre d’eau pour allaiter artificiellement les enfants.
Reins et urine. — Le carbone introduit par l’alimentation disparaît par la peau et par les poumons sous la forme d’acide carbonique. Mais l’azote, après qu’il a servi à l’entretien ou au fonctionnement de nos organes, s’élimine par l’urine, sous forme de composés hydrogénés, dont le principal est l’urée. Les reins sont donc préposés à l’élimination des résidus azotés : leur sécrétion est destinée à entraîner ces résidus au dehors, à en débarrasser l’organisme. Aussi porte-t-elle le nom à’excrétion, et les reins le nom de glandes excrétantes. Les reins (vulgairement appelés rognons) sont au nombre de
1. Ces matières grasses sont à l’état de fins globules sphériques, protégés par une mince enveloppe d’albumine. Par le repos, ils surnagent et viennent former à la surface du lait cette couche opaque et grasse appelée crème. Lorsque l’on bat violemment la crème, les enveloppes des globulins se déchirent, et la matière grasse s’en échappe pour se rassembler en une masse compacte, qui est le beurre
150 COURS D’ANATOMIE ET DE PHYSIOLOGIE, deux, situés de chaque côté de la colonne vertébrale, derrière l’estomac. Ils sont formés, comme la mamelle, d’une foule de petites glandes sphériques, dont les conduits viennent à une sorte de réservoir central, appelé bassinet. De chacun des deux bassinets part un canal,
Y uretère, qui descend verticalement le long de l’épine dorsale et va s’ouvrir dans la vessie. La vessie est un vaste réservoir situé dans le bas-ventre, et destiné à recueillir l’urine à mesure que ce liquide s’écoule goutte à goutte par les uretères.
Vurine renferme une très grande quantité d’eau, car c’est par l’urine que s’éliminent les boissons absorbées par la digestion et introduites dans le sang. Aussi est-elle plus abondante quand ces Fig. 35. — Coupe du rein : boissons sont prises en excès, A,feu glandulaire; e,bassinet; ou lorsque l’humidité de î, uretère. l’air entrave le dégagement
de vapeur d’eau par la peau ou par le poumon. Ce dernier point est important : il signifie que la peau et le rein sont plus spécialement chargés d’éliminer l’eau contenue dans le sang, et que lorsque l’un de ces organes ralentit ses fonctions, l’autre doit redoubler d’activité 1 . Outre Yurée, on trouve dans l’urine un autre résidu azoté, l’acide urique, dont l’accumulation excessive dans les tissus constitue la maladie appelée la goutte : la proportion de cet acide augmente dans la fièvre, en raison
1. La peau, disait un physiologiste célèbre, esf le vicaire du rein.
LES SÉCRÉTIONS. ’ lèl
de l’activité exagérée des combustions; de là 1 uriné dite fébrile, qui laisse un dépôt rouge d’urate de soude dans le-vase. Lorsque le foie malade fabrique du sucre en evcès, l’organisme s’efforce de s’en débarrasser par l’urine : l’apparition de ce produit dans l’urine constitue le diabète sucré. On a vu (leçon IX) que 1 acide urique peut se déposer dans la vessie en-fins graviers (grayelles) ou en calculs plus volumineux; d’autres produit* notamment des phosphates, peuvent aussi se précipiter, soit dans le rein, soit dans la vessie, et y former des pierres plus ou moins grosses. Le cheminement de ces pierres à travers l’uretère donne lieu aux atroces douleurs de la colique néphrétique. Une fois tombe dans la vessie le calcul, s’il est très volumineux, ne peut plus sortir que broyé par des instruments ou à travers une vaste incision (opération de la taille). ; .
La peau. — La peau est une membrane épaisse, souple, lisse, qui revêt exactement le corps, en moule tous les contours, et se continue directement avec les muqueuses en tous les points où viennent s’ouvrir a l’extérieur les cavités organiques. Elle adhéré aux tissus sous-jacents par des liens fibreux très résistants, mais assez, lâches pour lui laisser une mobilité relative, sauf en quelques points, tels que la plante des pieds, la paume
des mains. -
Structure de la peau. — La peau est constituée, comme les membranes muqueuses, par une trame fibreuse, disposée en couche épaisse, et qui soutient une couche superficielle de tissu épithélial. Dans la peau, comme dans les muqueuses, l’élément fibreux ni est que la charpente, l’élément épithélial forme le véritable tissu constituant. Ainsi la peau et les muqueuses sous le rapport de la structure, ne forment qu’une seule et unique
membrane, partout continue à elle-même, qui, après avoir habillé la surface extérieure du corps, se replie, pénètre par les orifices dans l’intérieur-iies^cavités orga-
FIG. 36. — Coupe de la peau : E, épiderme; 4, glandes sudoripares;
D, derme; 1, poil.
niques et en tapisse les parois. La couche profonde, fibreuse de la peau, se nomme le derme ; elle est destinée à supporter la couche superficielle, épithéliale, qui se nomme Y épiderme, et aussi à loger les vaisseaux sanguins de la peau, ses nerfs et ses glandes. La surface extérieure du derme n’est pas lisse : elle est hérissée de petites saillies ou papilles, qui sont recouvertes et comme