Voyez la leçon suivante
LA LOCOMOTION. 167
fonctionnent automatiquement en vertu d’un mécanisme particulier que nous examinerons en étudiant le système nerveux. Ils constituent dans l’organisme un domaine soustrait au gouvernement du moi, complètement étianger à la vie volontaire, presque entièrement étranger à la conscience et dont les fonctions ne peuvent être ni provoquées ni enrayées par la volition. La bouchée de pain qui a franchi l’isthme du gosier échappe désormais à notre empire, et de ce moment jusqu’à celui où elle sera éliminée de notre tube digestif, elle exécute un long voyage, dont chaque étape est déterminée en dehors de notre vouloir et sur le trajet ou la rapidité duquel nous ne pouvons exercer d’action. Grâce au jeu automatique de ces muscles, les grandes fonctions ne relèvent point de notre commandement; elles s’accomplissent à notre insu, échappant ainsi au péril des intermittences de notre volonté, au danger des distractions. La machine végétative est montée, réglée, mise en branle en dehors de nous ; nous n’avons en quelque sorte rien à y voir. Un trait notable de la physiologie du muscle lisse, c est que sa contraction est très lente, à la différence de celle du muscle strié qui est instantanée.