‹ Cours d’anatomie et de physiologie humaines.- 2è édChapitre 19 sur 27 · LEÇON XIV · texte numérisé non relu

LEÇON XIV

(Modèle de leçon)

Lg système nerveux.

Sommaire.

Le système nerveux est l’organe de la volonté, de la sensibilité et de l’intelligence.

Structure du tissu nerveux. La cellule. La fibre. La cellule est le seul élément actif; la fibre est purement conductrice.

Aspect général de l’appareil nerveux. Il se compose de trois parties : une partie centrale, ou axe cérébro-spinal; une partie périphérique, destinée à recevoir les sensations ou à impressionner les muscles ; une partie conductrice, les nerfs, qui relie les deux premières. Comparaison de cet appareil avec un réseau télégraphique aboutissant à une station centrale.

Arrangement des deux éléments, cellules et fibres, dans les centres nerveux. Deux substances, la grise et la blanche. Écorce grise du cerveau; axe gris de la moelle.

La'physiologie du cerveau :

1° Perception.

2° Volition.

3° Intelligence.

Rapport du volume du cerveau avec l’étendue de l’intelligence.

La physiologie de la moelle. Mouvement réflexe. Étude du mouvement réflexe. Comment un mouvement primitivement volontaire peut devenir réflexe.

Résultat de l’ablation du cerveau.

Disposition de l’encéphale.

Le cervelet et ses fonctions. Les deux hémisphères cérébraux. Les circonvolutions.

Le cerveau est relié à la moelle et par elle au corps par des conducteurs croisés. Résultats de ce croisement.

La phrénologie. Les localisations cérébrales. Le centre cérébral de la parole.

Disposition de la moelle :

Cordons antérieurs ou moteurs. Cordons postérieurs ou sensitifs.

Le grand sympathique. Ses fonctions. Le domaine qu’il régit est hors de l’atteinte de la volonté.

Les nerfs.

Nerfs crâniens. Nerfs mixtes. Mode de naissance des nerfs rachidiens. Les racines des nerfs mixtes.

Il y a deux sortes de sensibilité : la sensibilité générale et la sensibilité spéciale.

Que sait-on sur la nature de l'argent nerveux ?

Messieurs,

L’animal, vous le savez, a pour attributs caractéristiques la faculté de sentir et celle de se mouvoir volontairement. Plongé dans le monde des objets extérieurs il reçoit de ces objets, par ses appareils de sensation (vue, tact, ouïe, odorat, goût) des impressions incessantes. Voilà la première de ces deux facultés. A son tour il réagit sur ces objets par ses appareils de mouvements, voilà la seconde. Ce n’est pas tout: à ces deux catégories de phénomènes il convient d’en ajouter une troisième, celle des phénomènes intellectuels (perception, pensée, mémoire, instincts, etc.) qui, à des degrés infiniment variables, depuis l’orgueilleuse raison de l’homme jusqu’au ténébreux instinct des êtres inférieurs, sont au même titre que la sensibilité et le mouvement, caractéristiques de l’animal.

Ainsi l’animal pense, se meut et sent. L’organe commun à ces trois fonctions et dont nous avons aujourd’hui à nous occuper, est le système nerveux. Cette étude est assurément la partie la plus attachante de ce cours, mais c’en est aussi la plus délicate, celle qui vous demandera, pour être bien comprise, le plus de sérieuse attention.

Commençons par examiner rapidement, comme nous

l’avons fait pour tous les systèmes organiques, la structure intime du système nerveux.

Quand on examine au microscope un fragment de substance nerveuse, on constate que l’élément fondamental de ce tissu est la cellule nerveuse (fig. 40). C’est une petite cellule irrégulière, possédant un noyau et munie de

prolongements ou filaments déliés, ténus, fort longs, que l’on appelle fibres nerveuses.

Ces fibres, issues des cellules nerveuses, s’accolent les unes aux autres, s’entourent d’une gaine, d’une enveloppe commune et voyageant à travers l’organisme constituent ces filets blanchâtres, nacrés, visibles à l’œil nu et que l’on nomme les nerfs. Ainsi un nerf est formé de 1 accolement de plusieurs fibres nerveuses unies et protégées

172 COURS D’ANATOMIE ET DE PHYSIOLOGIE, par une môme enveloppe, exactement comme un câble télégraphique est formé de plusieurs conducteurs de métal entourés d’une même gaine isolante de gutta-percha.

Cette comparaison, Messieurs, est plus juste et plus instructive que vous ne soupçonnez. Un nerf, en effet, comme le fil de métal, n’est qu’un simple conducteur, tandis que la cellule nerveuse est le véritable appareil actif, le vrai bureau télégraphique, bureau d’arrivée ou bureau d’envoi. Le nerf est tendu entre deux cellules placées chacune à l’un de ses bouts, exactement comme le fil de métal relie l’une à l’autre deux stations télégraphiques. De là cette conclusion : la cellule est le véritable organe nerveux, la fibre n’a qu’un rôle tout passif de conductibilité.

Voilà, dans ses traits principaux, la composition microscopique du système nerveux. Examinons-en la disposition générale.

Le système nerveux envisagé dans son ensemble apparaît composé de trois parties distinctes.

La première partie, composée principalement de cellules, occupe le centre, l’axe du corps; elle est logée, abritée dans ce long canal osseux que forment, en se superposant, les cavités vertébrales et la boîte crânienne: c’est Y axe cérébro-spinal, composé de la. moelle el du cerveau.

La seconde est également formée de cellules, mais au lieu d’être rassemblée en une masse unique, elle est distribuée et répartie un peu partout dans l’organisme. Elle est préposée à deux offices bien distincts : 1° placée à la surface de l’être vivant, dans les organes des sens, c’est elle qui forme les appareils récepteurs des sensations; 2° répartie à travers le système musculaire, c’est elle qui imprime aux muscles l’incitation qui les oblige à se contracter.

Enfin la troisième, composée des nerfs, va de la première à la seconde et les fait communiquer l’une avec l’autre. Cette communication, vous pouvez le prévoir, est de deux sortes. Tantôt le nerf est tendu de Taxe cérébrospinal à un appareil de sensation, œil, langue, oreille, etc.; dans ce cas, à travers ce nerf, la sensation voyage de cet appareil vers cet axe, et le nerf est dit centripète ou encore sensitif. Tantôt, au contraire, le nerf parti de Taxe cérébro-spinal se rend à un muscle; dans ce cas, à travers ce nerf, Tordre de mouvement voyage de Taxe vers le muscle, et le nerf est centrifuge ou moteur. Retenez bien cette distinction des nerfs en centripètes ou conducteurs de sensations, et centrifuges ou conducteurs d’incitations motrices. Cette différence de fonction résulte non point du tout d’une différence dans la constitution du nerf, mais uniquement de la nature de l’appareil qui le termine. Ainsi un même fil télégraphique pourra, selon l’appareil auquel vous le ferez aboutir, soit transmettre une dépêche, soit mettre le feu à une mine, soit aimanter des barres, de fer doux et actionner une machine.

Messieurs, représentez-vous, pour reprendre notre première comparaison, la moelle et le cerveau comme une sorte de bureau central établi au milieu de l’être vivant et fonctionnant en sûreté à l’abri de son logement osseux. De ce bureau des milliers de fils partent, divergent dans toutes les directions. Où vont-ils ? Les uns vont aux organes des sens; ceux-là vont chercher les impressions venues du monde extérieur, et les apportent incessamment au centre, qui les reçoit, les enregistre, les élabore, en tire parti. Les autres se rendent aux organes contractiles pour leur porter les ordres de mouvement.

Vous pouvez dès à présent embrasser d’un coup d’œil l’ensemble des fonctions du système nerveux. Appa-

reil d’une admirable complication, il sert à relier toutes les parties de la république organique à celle en qui réside le gouvernement vital. Présent partout par les filets innombrables de son réseau, il avertit à tout instant le pouvoir central de ce qui se passe en chaque point du territoire, et il porte partout aussi les ordres émanés du centre. Par lui les mille vies distinctes de toutes ces parties s’unissent, se confédèrent, se confondent en une seule vie. Par lui l’ordre, l’harmonie, l’unité régnent dans la machine vivante. Par lui enfin cette machine prend conscience de sa propre vie et la dirige à son gré.

■Voilà la vue d’ensemble; il faut naturellement que nous descendions plus avant dans le détail, que nous nous rendions un compte plus exact de la physiologie nerveuse. Toutefois auparavant il est nécessaire que nous examinions, au moins dans ses traits généraux, non point l’anatomie du système nerveux, laquelle est d’une complication infinie, mais la disposition, l’arrangement, la topographie sommaire de cet appareil. C’est par celle de l’axe cérébro-spinal qu’il faut commencer.

Je vous ai déjà dit que cet axe occupe la longue cavité . formée par le canal vertébral et par le crâne, et qu’il se compose de deux parties, l’une globuleuse, le cerveau, l’autre allongée et cylindrique, la moelle. Mais comprenez bien que ces deux parties se tiennent, sont continues, n’en font qu’une, en sorte que le cerveau n’est qu’une sorte de renflement de la moelle. L’un et l’autre forment un tout cohérent, qui se moule exactement dans la cavité crânio-vertébrale.

Le cerveau et la moelle ne sont pas tout entiers constitués par de la substance cellulaire, active. Cette substance, qui se distingue par une couleur gris cendré, ne compose au contraire qu’une faible partie de 1 axe

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