LEÇON XY
( Résumé )
Les sensations.
Le tact. Le goût. L’odorat. L’ouïe.
sommaire: Mécanisme des sensations. Loi de l’extériorité des sensations.
Sens du toucher : structure de l’organe ; la délicatesse du toucher varie selon les régions ; nature des sensations tactiles.
Sens du goût: sensations gustatives; siège du goût; conditions de perception des saveurs.
Sens de l’odorat: siège de l’odorat; sensations olfactives.
Sens de l’ouïe : organe de l’ouïe ; mécanisme de l’audition ; les sensations auditives ; la surdité.
Mécanisme des sensations. — Quelle que soit la sensation produite, le mécanisme de cette sensation se décompose en trois temps distincts :
1° L'ébranlement de l’organe sensible par une excitation extérieure ;
2° La transmission de cet ébranlement au centre percepteur cérébral le long du conducteur nerveux ;
3° La réception ou, comme l’on dit, la perception de cet ébranlement par le centre cérébral.
Loi de l'extériorité des sensations. — Étant donné un organe sensible, un conducteur nerveux chargé de transmettre les sensations de cet organe, et un centre cérébral chargé de les percevoir, quel que soit le point du trajet qui est ébranlé, le cerveau reporte l’ébranlement
•198 COURS D’ANATOMIE ET DE PHYSIOLOGIE, à l’organe sensible périphérique, il extériorise la sensation.
Par exemple, lorsqu’une personne se heurte la partie du coude où passe l’un des nerfs de la main, elle ressent une vive douleur, non point au coude, mais bien au petit doigt, région où vient se terminer le nerf lésé. Un amputé, dont le moignon est enflammé et douloureux, se plaint de souffrir, non pas du moignon, mais du pied, de la main qu’il a perdu. Le malade auquel on a refait un nez avec la peau de son front, reporte au front toutes les sensations, tous les chocs qui viennent frapper son nouvel appendice nasal.
Alors même que le point excité est le centre percepteur lui-même, la sensation est reportée par ce centre à l’organe sensible périphérique. Exemple : le malade déjà cité dans la leçon précédente, qui, atteint d’une tumeur cérébrale située au voisinage des centres percepteurs de l’odorat, de l’ouïe et de la vue, se plaignait d’être incommodé d’une odeur de tonnerre vert. Il suit de là que le cerveau, sous l’influence de troubles particuliers de sa circulation, de sa nutrition, de sa vie, peut percevoir des sensations qui n’ont aucune réalité objective, c’est-à-dire qui ne proviennent pas d’un objet extérieur. Ces perceptions de sensations mensongères constituent le phénomène de Vhallucination. L’hallucination se produit lorsque, sous l’influence d’un état morbide particulier, les centres cérébraux voient, entendent, sentent, touchent des choses ou des êtres imaginaires, fantastiques.