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SENS DD TOUCHER

Le tact, ou toucher , est un sens mixte, qui nous révèle en même temps : 1° la température des corps; 2° le degré de pression que ces corps exercent sur nos téguments.

LES SENSATIONS

Toutes les parties du corps possédant des nerfs sensitifs sont sensibles, c’est-à-dire susceptibles de percevoir les sensations de pression et de température. Mais 1 organe par excellence du toucher est. la peau, à laquelle

on peut adjoindre certaines muqueuses, celles des lèvre, et de la langue en particulier.

Structure de Vorgane du tact. — On a vu que l’une des parties constitutives do la peau (voy. leçon XII) es la papille. Les papilles sont de fines saillies du derme, que recouvre exactement l’épiderme. De volume variable, elles sont toujours fort petites. C’est dans l’intérieur de la papille que le nerf sensitif vient se terminer par un renflement tantôt ovalaire, tantôt conique, que l’on appelle corpuscule du tact.

Que ces corpuscules soient détruits, que les nerfs qui y aboutissent soient coupés, et les papilles sont frappées d’insensibilité, dégénèrent et se transforment en une petite masse graisseuse. Cette altération des papilles s’observe d

Fiü. 47. — Coupe de la peau, passant par deux glandes sudoripares et par quatre papilles, dont deux ne renferment que des vaisseaux, tandis que les deux autres contiennent les corpuscules du tact.

— a, épiderme ; c, papilles du derme ; g f, glande et son cana.

ans le derme des malades

frappés de paralysie de la sensibilité.

La délicatesse du toucher varie selon les régions. — Le sens du toucher est d’autant plus délicat, que la région

COURS D’ANATOMIE ET DE PHYSIOLOGIE, observée est plus richement munie de papilles. La pointe de la langue, le bout des doigts, les lèvres, la plante des pieds, sont les points du corps où le tact s’exerce avec le plus de perfection. L’instrument dont on se sert pour l’exploration de la sensibilité est un compas dont on ap¬

plique les deux pointes sur la mine, par des tâtonnements donner à ces pointes pour q

Fig. 48. — Corpuscule du tact.— A l’un de ces corpuscules entier; a papille ; b, corpuscule ; c, rameai nerveux.

région à étudier; on détersuccessifs, l’écartement à u’elles soient perçues séparément. C’est ainsi que pour provoquer cette double perception, il suffit, à l’extrémité de la langue, d’un écartement de 1 millimètre ; il faut 2 millimètres à la paume de la main ; il en faut 12 au dos de la main, 6 au bout du nez ; il faut 5 et 6 centimètres à la peau des épaules, de la poitrine, du dos.

La sensibilité des membres augmente à mesure qu’on se rapproche de l’extrémité. En d’autres termes, plus le segment est mobile, plus il est sensible.

C’est qu’en effet, plus une région jouit de mouvements étendus, plus elle doit être à même de tirer de ces mouvements et de ses contacts avec les objets extérieurs, les renseignements nécessaires : les extrémités digitales, placées à l’extrémité du plus mobile des leviers osseux, sont par excellence l’organe du tact.

LES SENSATIONS

Nature des sensations tactiles. — De la sensation de pression se tirent pour nous une foule de renseignements variés et précis, que l’habitude nous conduit à prendre pour des sensations spéciales. Ainsi, selon que la pression est ou n’est pas uniforme, nous jugeons que la surface d’un corps est lisse ou rugueuse, plane ou ronde, -etc. Le degré de pression nous fait apprécier la dureté ou la mollesse de ce corps, c’est-à-dire sa consistance; les yeux fermés, nous pouvons juger qu’un corps est solide ou liquide, pulvérulent ou en petits fragments. L’intensité de la pression nous donne la notion du poids 1 . En résumé, de la sensation unique de pression dérivent les notions de forme, de consistance, d’étendue et de poids.

La sensation de la température est distincte de celle de pression. Le dos de la main semble être la région la mieux constituée pour ce mode de la sensibilité tactile ; c’est à l’aide du dos de la main, non de la paume, que nous jugeons habituellement de la chaleur d’un corps vivant, de la pluie qui tombe, etc. Pour que cette faculté entre en jeu, il faut que les températures appréciées soient comprises entre zéro et 70 degrés. En deçà ou au delà de ces limites les sensations de froid ou de chaud se transforment en douleur. Encore est-ce entre 30 et 40 degrés que nous pouvons le plus délicatement apprécier les variations de température : ce qui revient à dire que

1. Cette notion ne dérive pas seulement de la sensation tactile. Des nerfs spéciaux, situés dans l’épaisseur de nos muscles, nous renseignent à chaque instant sur le degré de contraction de ces muscles, et par conséquent sur l’effort déployé. C’est ainsi que nous pouvons apprécier le poids d’un objet alors même que la peau de la main qui le soulève est parfaitement insensible : nous 1 évaluons dans ce cas à l’énergie de l’effort musculaire employé à soupeser l’objet.

nous apprécions mieux les températures qui se rapprochent de la nôtre propre. Chose curieuse : l’étendue •de la surface exploratrice n’est pas indifférente à l’exactitude de l’observation. Un doigt plongé dans un liquide à 30 degrés donne l’idée d’une chaleur moindre que ne fait la main entière dans un liquide à 25 degrés seulement. Autre remarque singulière : de deux objets d’égale température, le plus lisse nous semble le plus froid; de deux corps de poids égal, l’un chaud, l’autre froid, le premier nous semble le plus lourd.

L’organe du tact, outre les sensations de pression et de température, perçoit la douleur. La douleur est-elle une sorte de troisième sensibilité, ou n’est-ce que l’exagération des d*eux autres? La question n’est pas encore tranchée ; toutefois la plupart des faits observés semblent être en faveur de la première hypothèse.

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