SENS DD GOUT
Sensations gustatives. — Ce sens n’a pas le caractère de spécialité que présentent l’ouïe, l’odorat et la vue t la preuve en est que l’on divise généralement les saveurs en agréables et désagréables. La vérité c’est que la langue jouit d’une double sensibilité, l’une générale, tactile, l’autre spéciale, gustative. Parmi les nombreuses saveurs que l’on a énumérées, les unes relèvent de l’odorat et non du goût : ce sont les saveurs alcooliques, aromatiques, etc. ; elles ne sont pas perçues quand, pour une cause ou pour une autre, l’odorat ne fonctionne pas ; les autres, saveurs farineuses, gommeuses , fraîches, ne sont évidemment que des impressions tactiles; d’autres, saveurs âcres, tanniques, acides, sont une véritable douleur causée par un commencement de destruction
LES SENSATIONS
de la muqueuse. Les deux seules sensations incontestablement gustatives sont celles du doux (ou sucré) et de Y amer.
Siège du goût. — La langue est 1 organe exclusif du goût. Malgré les locutions populaires, le palais n’y a point de part. Mais, dans la langue même, certaines régions, la partie antérieure du dos et toute sa surface inférieure, sont inactives. Le siège unique des sensations gustatives est la base de la langue, c’est-à-dire la partie postérieure, qui répond à l’isthme du gosier. C est done à l’endroit où s’opère le réflexe de la déglutition, et où s’arrête l’empire de la volonté, sur le seuil même du domaine des actes involontaires, que siège le goût : véritable portier, qui ouvre ou ferme aux substances la porte au delà de laquelle elles cessent de nous appartenir et de pouvoir être rejetées. C’est en ce lieu que l’on trouve des papilles spéciales, en forme de calices, et qui renferment l’extrémité des nerfs gustatifs.
Conditions de la perception des ^ La langue. -
saveurs .— Pour que les corps sa- ^ luette; c, épiglotte; pides soient perçus, il faut qu’ils d, papilles en calice. soient dissous. Voilà pourquoi la
gustation entraîne la salivation, et pourquoi la vue, l’idée seule d’un mets savoureux fait venir « l’eau à la bouche ». Il faut, en effet, que les molécules sapides pénètrent, à travers la trame de la muqueuse, jusqu’aux nerfs des papilles. Il n’est même pas besoin que poui y arriver elles passent par la surface buccale : un chien.
204, COURS D’ANATOMIE ET DE PHYSIOLOGIE, quand on lui injecte du lait dans les veines, se pourléche les lèvres ; quand on lui injecte de la coloquinte, il bave et essuie ses mâchoires.