LEÇON III
( Résumé )
Le tube digestif.
Sommaire : Considérations générales. Bouche et dents. Pharynx. Œsophage. Estomac. - r
Considérations générales. —Les aliments destinés à réparer les pertes de nos tissus ne sont pas en entier assimilables: une partie seulement est propre à la nutrition, mais ne peut être absorbée qu’après avoir subi une série de transformations diverses ; l’autre partie est inassimilable et doit être rejetée. Les organes de la digestion forment un long canal, canal ou tube digestif, étendu de la bouche à l’anus, dont le rôle est de séparer l’une de l’autre ces deux parties, de convertir la première en chyle absorbable, d’absorber ce chyle, et d’éliminer la seconde. — La présence du canal digestif est un des caractères de l’animal: dans les espèces inférieures, l’animal entier n’est qu’un sac alimentaire ; à mesure que l’on remonte l’échelle animale, ce sac se complique, se munit de deux ouvertures, s’allonge, se replie sur lui-même, se complète par l’adjonction de glandes digestives, enfin s’abrite derrière une charpente osseuse. Il est plus long chez les herbivores (vingt à trente fois la longueur du corps), beaucoup plus court chez les carnivores; chez l’homme il égale six à sept fois la longueur du corps (11 mètres environ).
Le tube alimentaire est situé au-devant de la colonne vertébrale, à laquelle il s’attache dans toute son étendue. — Il commence à la partie inférieure et médiane de la face, descend dans le cou, traverse verticalement la poitrine, entre dans l’abdomen, s’y replie et s’y installe de façon à le remplir presque entièrement, et enfin vient se terminer au-devant de la dernière vertèbre (coccyx). —
Il est formé de diverses portions qui sont, de haut en bas, la bouche, le pharynx, Y œsophage, Yestomac, Yintestin grêle et le gros intestin. Au point de vue physiologique, on peut le diviser en trois parties : la première, ingestive, destinée simplement à l’introduction des aliments, et composée de la bouche, du pharynx et de l’œsophage; la seconde, digestive, comprenant l’estomac et l’intestin grêle; la troisième, éjective, le gros intestin. — Enfin trois appareils glandulaires, les glandes salivaires, le foie et le pancréas, sont des annexes du tube alimentaire et complètent l’appareil de la digestion.
La structure générale du tube digestif est la suivante, d’un bout à l’autre de son trajet. On le trouve composé, en allant de dehors en dedans, de trois couches successives : l°une couche musculaire, destinée à lui imprimer des mouvements variés ; 2° une couche fibreuse, véritable charpente qui forme comme le squelette du tube; 3° une couche muqueuse, munie de glandes, qui se trouve en contact direct avec les aliments et joue le principal rôle dans la digestion : la muqueuse digestive se continue directement, à la bouche et à l’anus, avec la peau ; elle n’est que le prolongement de la peau à l’intérieur du canal alimentaire.
Il convient d’étudier successivement l’appareil digestif dans chacune de ces portions.
A. Bouche. — La bouche est une cavité qui forme la
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partie supérieure des voies digestives et des voies respiratoires. Elle est située enarrièredes lèvres, entre les joues, au-dessous des fosses nasales; elle constitue un appareil très compliqué destiné à la fois à la mastication, à 1 insalivation et à l’articulation des sons.
L’ouverture de la bouche est limitée par les lèvres: les lèvres sont un anneau musculaire, ou, comme on dit, un sphincter, qui en se resserrant, en se contractant, obture complètement l’orifice buccal, ou au contraire se dilate pour l’ouvrir tout grand. C’est sur les lèvres que la peau change de couleur et de caractère pour devenir membrane muqueuse.
Derrière les lèvres se trouvent les dents. On compte, dans l’âge adulte, trente-deux dents, seize pour chaque mâchoire. Division des dents en :
1° Incisives, dents plates et tranchantes, au nombre de huit, placées au milieu des mâchoires ;
2° Canines, faisant suite aux précédentes, dents petites et pointues, destinées à déchirer les aliments ; il y en a quatre ;
3° Molaires, dents larges, cubiques, henssees d aspérités, faites pour broyer et moudre les aliments ; il y en a vingt, se divisant en huit petites molaires, rangées a
Fig. 10. — Moitié gauche de la mâchoire supérieure.
la suite des canines, et douze grosses molaires, occupant le fond de la bouche. Les dernières molaires de chaque mâchoire se nomment dents de sagesse.
Ainsi, en partant du milieu de l’une ou de l’autre
Fig. 11. — Coupe d’une grosse molaire (grossie).
mâchoire et en suivant son bord jusqu’à son extrémité postérieure, on trouve successivement :
Deux incisives,
Une canine,
Deux petites molaires,
Trois grosses molaires.
Toutes les dents sont solidement implantées dans les
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maxillaires : chacune est logée dans une cavité qui lui est propre et qui se nomme l 'alvéole; une partie delà dent reste donc cachée au sein de l’os, c’est la racine; l’autre partie, la couronne, est libre et visible ; ces deux parties sont séparées l’une de l’autre par un léger rétrécissement, ou collet.
La muqueuse delà bouche, qui tapisse les maxillaires vient border chaque dent au niveau du collet, formant ainsi un fin bourrelet rose, qui est la gencive. Le nombre des racines varie avec les espèces de dents : les incisives, les canines et les petites molaires n’ont qu une racine ; les grosses molaires en ont deux, parfois trois, longues et fortes ; quand ces racines se recourbent en crochet, la dent est dite «barrée ». — Les dents de l’enfant, ou dents de lait , sont au nombre de vingt seulement, les grosses molaires faisant défaut : cette première dentition n’est pas permanente. Elle fait place, à partir de la sixième année, à la dentition définitive ; les dents de sagesse ne poussent que vers l’âge de vingt ans.
La bouche est limitée latéralement par les joues, paroi musculaire allant des os supérieurs de la face au maxillaire inférieur, et assez flottante pour permettre à ce dernier os d’aller et de venir librement. La laxité des joues fait de la bouche une cavité dilatable, où les aliments peuvent s’entasser avant de subir la trituration
des dents. , , , , . t ,
La voûte palatine forme le plafond de la bouche et la sépare des fosses nasales ; cette voûte osseuse offre aux aliments un plan résistant, sur lequel la langue les écrase pour les goûter; elle se continue en arrière par un prolongement membraneux, appelé voile du palais, qui jouit d’une certaine mobilité. ,
Le plancher delaboucheest en grande partie constitue
garhlangue. Lalangue est un organe formé de muscles et par conséquent susceptible de se contracter, de s’allonger
Fig. 12. — Pharynx et bouche: A, bouche; B, luette; C, langue; E, épiglotte; O, œsophage.
et de se mouvoir en divers sens. Sa forme est celle d’un cône recourbé ; la base du cône s’attache solidement à l’os hyoïde, à la mâchoire inférieure et à d’autres os delà face, tandis que la pointe flotte librement dans la bouche. Une enveloppe muqueuse, remarquable par ses papilles
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nerveuses (sens du goût), recouvre toute la langue et se continue avec le reste de la muqueuse digestive. Le rôle de la langue est triple : elle promène la bouchée alimentaire sous les dents, la rassemble, la lance vers le pharynx, — elle est l’organe du goût, — elle sert à articuler les sons.
B. Pharynx. — Le pharynx est une sorte de vaste entonnoir ouvert en avant, et qui sert de vestibule commun aux voies digestives et aux voies respiratoires. Quatre ouvertures aboutissent dans ce carrefour. Ce sont :
1° La bouche, en avant ;
2° Les fosses nasales, en haut ;
3° Le larynx (extrémité supérieure des voies respiratoires), en bas ;
4° L’œsophage, en arrière.
Le larynx vient s’ouvrir dans le pharynx en arrière de la langue, demanière que, pour atteindre l’œsophage, les aliments doivent nécessairement passer par-dessus le trou laryngé ; mais une soupape mobile, Yépiglotte, ferme ce trou au moment où la bouchée franchit ce passage. De même une seconde soupape, laluette, qui estleprolonge- ■ ment du voile du palais, vient, pendant ce passage, s’appliquer à l’ouverture des fosses nasales pour la boucher et empêcher aliments ouboissons de refluer vers le nez. Le trou béant de l’œsophage reste donc seul ouvert au bol alimentaire qui s’y précipite. — Le défilé légèrement rétréci par lequel la bouche s’ouvre dans le pharynx a reçu le nom d’isthme du gosier.
C. Œsophage. — Long canal musculo-membraneux étendu verticalement du pharynx à l’estomac. Il descend en avant de la colonne vertébrale, immédiatementderrière le larynx etla trachée, arrive dans la poitrine, passe entre les poumons et en arrière du cœur, traverse le diaphragme
et arrive dans l’abdomen où il se renfle en une énorme poche pour former l’estomac. Comme tout le tube digestif, il est composé d’un squelette fibreux revêtu d’une couche muqueuse en dedans, d’une couche musculaire en dehors ; cette dernière se compose de deux plans de fibres, les unes longitudinales, capables de raccourcir l’œsophage,
Fig. 13. — Estomac : a, cardia; b, pylore.
les autres annulaires, servant à le rétrécir. Le point où l’œsophage atteint l’estomac forme un défilé nommé le cardia.
D. Estomac. — L’estomac peut être considéré comme une énorme dilatation du tube digestif, et c’est aussi la portion de ce tube qui joue dans la digestion le principal rôle. — Forme : c’est celle d’un cône légèrement aplati et recourbé, dontla base serait à gauche et se continuerait avec l’œsophage, tandis que le sommet, situé vers la droite,
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aboutirait à l’intestin. Situation : il est situé immédiatement au-dessous du diaphragme et occupe la partie supérieure de l’abdomen, en empiétant sur la gauche, la droite étant remplie par le foie ; distendu par les aliments, il descend jusqu’au niveau du nombril. —Volume: entrêmement variable suivant l’état de vacuité ou de plénitude, et suivant que l’individu est gros mangeur ou qu’au contraire il subit des privations (on l’a vu tantôt réduit au volume du poing, tantôt remplir presque entièrement l’abdomen). — Structure: les trois couches déjà décrites. La couche musculaire, avec son double plan de fibres, peut faire exécuter à l’estomac des mouvements de contraction en tous sens, qui pétrissent les aliments. La couche muqueuse, très épaisse, est surtout remarquable par la présence de glandes particulières, les glandes à pepsine, qui donnent au sac gastrique ses propriétés digestives. A l’endroit où l’estomac se continue avec l’intestin, c’est-à-dire à son extrémité droite, on voit un solide anneau musculaire, le pylore, qui ferme l’issue de la poche stomacale et empêche les aliments de passer dans l’intestin avant leur complète digestion.
rÉCiüT — Anatomie.