‹ Cours d’anatomie et de physiologie humaines.- 2è édChapitre 9 sur 27 · LEÇON IX · texte numérisé non relu

LEÇON IX

(Résumé)

Vaisseaux sanguins. Vaisseaux lymphatiques.

Sommaire : Vaisseaux sanguins : artères, capillaires, veines (tableau d’ensemble). — Vaisseaux lymphatiques et lymphe.

A. Vaisseaux sanguins.

(a) Petite circulation. — Elle se compose: 1° de l’artère pulmonaire, qui part du ventricule droit, et se divise en deux artères plus petites, dont chacune suit l’une des deux grosses bronches et se ramifie avec elle ; 2° des capillaires pulmonaires, sur le rôle desquels nous ne revenons pas (voy. leçons VI et VIII) ; 3° des quatre veines pulmonaires, qui viennent déboucher dans l’oreillette gauche.

Il faut remarquer qu’en dépit de son nom, l’artère pulmonaire est un vaisseau veineux, de même, qu’en dépit du leur, les veines pulmonaires sont des canaux artériels. Ces fausses dénominations qui datent d’une époque où la constitution des deux sangs était inconnue, tiennent à ce que l’on appelle artères tout vaisseau sortant des ventricules, et veines tout vaisseau aboutissant aux oreillettes.

(b) Grande circulation. — Elle se compose (voy. leçon VIII) d’un réseau artériel, auquel fait suite un

réseau veineux. Il faut étudier séparément ces trois genres de vaisseaux.

1 0 Artères. Structure des artères. — Les parois artérielles ont ceci de remarquable qu’elles se composent d’un mélange de fibres élastiques et de fibres musculaires. De là les conséquences suivantes : les fibres élastiques maintiennent le vaisseau toujours ouvert, béant, et laissent ainsi libre passage à la colonne sanguine; les fibres musculaires, étant contractiles, permettent à l’artère de se contracter légèrement après chaque ondée (systole artérielle) et d’entretenir ainsi l’élan du torrent sanguin.

Description. — Il serait inutile de donner ici en détail le tableau des branches artérielles. Il suffit d’en expliquer la distribution générale; nous omettons à dessein de donner les noms spéciaux des différents troncs, qui ne feraient que Fig. 29.—Tronçon surcharger inutilement la mémoire d’artère ouvert. de l’élève.

Que l’on se représente le réseau artériel comme un arbre analogue à ce que nous avons appelé l’arbre respiratoire (voy. leçon VI). Le tronc de cet arbre immense est une grosse artère, Yaorte, qui naît, nous le savons, du ventricule gauche; les dernières branches sont, on peut le dire, partout dans notre organisme. Ce tronc s’est divisé à l’infini, de façon à fournir des subdivisions à chaque point de chaque organe. A peine née, l’aorte fournit deux grosses branches qui montent de chaque côté du cou, pour porter le sang à la tête, et deux autres

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branches qui se dirigent vers les bras et les suivent jusqu’aux bouts des doigts. L’aorte descend alors le long de , la colonne vertébrale, fournissant des branches aux parois du tronc, à l’estomac, aux intestins, enfin à tous les . viscères abdominaux ; puis, au niveau des vertèbres lom-. baires, elle se bifurque et donne ainsi une branche à chacun des membres inférieurs; chacune de ces branches terminales, comme les artères des bras, court le long du membre inférieur, s’y ramifie et se prolonge jusqu’aux orteils. Voilà, en quelque sorte, le squelette du réseau artériel, les grosses branches de l’arbre. Mais il faut se figurer les innombrables branchettes qui naissent de ces divisions principales et divergent dans tous les sens.

On comprend que plus on s’éloigne du cœur, plus les divisions de l’aorte deviennent grêles ; les dernières divisions artérielles sont invisibles à l’œil nu. On comprend aussi que, dans ces mêmes vaisseaux éloignés, le cours du sang s’est régularisé, et, de saccadé, est devenu continu.

Ce qui précède suffit à expliquer le danger spécial de la blessure d’une artère : le vaisseau, maintenu béant par l’élasticité de ses parois, n’a nulle tendance à se fermer et laisse s’écouler le sang. On comprend également que pour arrêter l’hémorragie artérielle, il faudra comprimer le vaisseau entre le cœur et la plaie (s il s agit d une artère des membres, par exemple, on liera fortement le membre au-dessus de la blessure).

2» Capillaires. — Les capillaires sont des vaisseaux de très petit calibre; les plus déliés d’entre eux ont une lumière à peine assez grande pour laisser passer un globule du sang. Il faut la loupe et le microscope pour les apercevoir. Les parois de ces vaisseaux sont d’une extrême ténuité.

L’étroitesse de leur calibre y ralentit forcément, le cours du sang, ralentissement nécessaire pour laisser aux phénomènes d’échange le temps de s’accomplir. L’impulsion venue du cœur s’est de plus en plus affaiblie. en se brisant contre les innombrables éperons des

Fig. 30. — Préparation microscopique montrant un réseau capillaire intermédiaire à un lacis artériel et à un lacis veineux. Un gros tronc artériel traverse le champ de la préparation.

subdivisions du réseau artériel. Aussi dans les capillaires le sang n’avance plus que par ce que l’on nomme la vis a tergo, c’est-à-dire la poussée qu’imprime à la colonne liquide chaque ondée successive arrivant par derrière.

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Il y a des capillaires partout dans nos tissus, ce qui se comprend de soi, puisque ces vaisseaux sont le siège des phénomènes d’échanges, et que ces phénomènes, sont nécessaires en tout lieu, en tout point de 1 organisme. Une pointe d’aiguille enfoncée en quelque endroit du corps que ce soit, déchire toujours quelques vaisseaux de ce réseau.

3° Veines.— Les veinessontles vaisseaux qui rapportent au cœur droit le sang devenu veineux dans les capillaires. Ici encore il faut se représenter le réseau comme un arbre aux mille branches : les branches sont partout, et le tronc aboutit à l’oreillette droite (seulement ici le tronc est double, au lieu d’être unique, puisque deux troncs veineux, les deux veines caves, viennent déboucher dans l’oreillette). Ainsi l’arbre veineux et l’arbre artériel sont en quelque sorte abouchés par leurs branches, en sorte que le sang, au sortir du réseau capillaire, passe dans les dernières ramifications veineuses, et, conduit par elles, va convergeant vers les deux troncs veineux qui le ramènent au cœur droit. ,

Structure. — Les veines se distinguent des artères en ce que leurs parois ne contiennent presque pas de fibres élastiques, de sorte que ces canaux n’ont aucune tendance à rester béants. De là vient que la blessure d’une veine donne lieu à un écoulement moindre de sang, et a. une tendance naturelle à se fermer. Mais les parois -des veines contiennent de nombreuses fibres musculaires qui permettent à ces vaisseaux de se contracter et de comprimer le sang. Or cette contraction, grâce aux valvules des veines, a pour résultat de faire progresser le sang vers le cœur. Les veines, en effet, sont munies ne valvules, sortes de poches flasques, placées à l’interieur du calibre du vaisseau, et dont la concavité est tournée

110 COURS D’ANATOMIE ET DE PHYSIOLOGIE, vers le cœur. Quand le sang les franchit, il les applique et les efface contre les parois de la veine ; mais dès qu’il les a dépassées, il remplit leur concavité, les distend, et elles s’opposent ainsi à ce qu’il revienne sur ses pas. Les valvules sont un puissant auxiliaire à la progression du sang, en ce qu’elles empêchent la masse sanguine, retenue par la pesanteur, de s’accumuler et de distendre à l’excès les parois de la veine.

Le réseau veineux est, en général, partout disposé parallèlement au réseau artériel; il le suit, l’accompagne en tout lieu.

Ainsi, tandis qu’une grosse artère, issue de l’aorte, court le long de la cuisse et s’y subdivise pour irriguer tout le membre inférieur jusqu’aux orteils, un réseau veineux, partant des orteils, ramène le sang du membre et aboutit à un tronc veineux parallèle à l’artère. Il en est de même en toute région de l’organisme.

Fig. 31.—Lam- Les veines venues de la tête et du cou, beau de veine e t celles qui arrivent des bras et des parties valvules. supérieures de la poitrine se jettent les unes dans les autres, comme des ruisseaux dans une rivière, et finissent par former un tronc unique et volumineux qui se jette dans l’oreillette droite : c’est la veine cave supérieure.

Les veines qui ramènent le sang des membres entrent dans l’abdomen, parallèlement aux artères qui ensortent, et se réunissent à un gros tronc qui vient des régions inférieures du bassin ; ce tronc continue à monter le long de la colonne vertébrale, ramassant sur son chemin toutes les veines des viscères abdominaux, traverse

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le diaphragme, pénètre dans la poitrine et va se jeter dans l’oreillette droite. On lui donne le nom de veine, cave inférieure.

Système de la veine porte .—Une seuleveinefait exception à ce tableau sommaire : c’est la veine qui recueille le sang des capillaires de l’intestin grêle. Au lieu d’aller se jeter directement dans le tronc de la veine cave inférieure, cette veine, nommée veine porte, se dirige vers

p IG . 32__Une portion du réseau vasculaire du foie : vq, rameau de

la veine porte; cb ,rameau de l’artère hépatique ;rq, réseau capillaire.

le foie, et s’y résout en un véritable réseau capillaire. Mais ce réseau lui-même aboutit à des troncs veineux qui vont déboucher dans la veine cave. De la sorte la veine porte (c’est une particularité unique dans tout l’organisme) est intermédiaire à deux réseaux capil-

laires, placés l’un dans les parois intestinales, l’autre dans le tissu du foie. Le sang qui vient des intestins se îend bien au cœur droit par la veine cave, mais après avoir traversé le foie. Cette disposition est en rapport avec 1 absorption des aliments : ce sang charrie une partie du chyle et le porte au foie qui l’élabore.

Résumé. — Ainsi l’on peut envisager le système compliqué des vaisseaux sanguins de la grande circulation, comme formé de deux réseaux parallèles, l’un charriant du sang rouge, 1 autre du sang noir. Chacun de ces réseaux a pour origine un ou deux vaisseaux énormes, qui vont se divisant et se subdivisant à l’infini en branches de plus en plus grêles et nombreuses. Entre les extrémités déliées et innombrables de ces deux réseaux est un troisième système de canaux sanguins, les capillaires, qui établit la communication de l’un à l’autre. A la racine des deux réseaux veineux et artériel se trouvent les deux cœurs droit et gauche, puissantes pompes aspirantes et foulantes, qui donnent le branle à la masse sanguine et la forcent d’exécuter son éternel voyage.

B. Vaisseaux lymphatiques.

Un autre liquide que le sang circule à travers notre organisme dans un réseau qui lui est propre. Ce liquide c’est la lymphe; ce réseau est celui des vaisseaux lymphatiques.

La lymphe est un liquide fort semblable au sang par sa composition, mais qui en diffère par sa couleur. Elle est incolore ou blanchâtre et contient en suspension une grande quantité de globules blancs, identiques à ceux du sang. Outre les globules qui représentent la partie solide, la lymphe est formée d’une partie liquide assez analogue au liquor du sang: on y trouve en effet de la fibrine, susceptible de se coaguler spontanément, ét de l’albumine, sans compter une forte proportion de sels.

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Origine de la lymphe. — Elle semble se former dans tous les organes du corps ; elle résulte probablement en grande partie des déchets des tissus épithéliaux, c’est-àdire des vieilles cellules mortes et fondues des glandes, des muqueuses, des séreuses et de la peau.

Les vaisseaux lymphatiques sont des canaux fort déliés que l’on trouve dans tous nos tissus et qui y pompent la lymphe. Ils sont transparents ou blanchâtres, très flexueux, noueux et munis de valvules semblables à celles des veines.

A certains endroits ils se pelotonnent de manière à former une petite masse que l’on appelle ganglion lymphatique.

(Ce qu’on appelle vulgairement les glandes du cou n’est autre chose que les ganglions du réseau lymphatique du cou.) Il y a des lymphatiques partout, mais ces vaisseaux abondent davantage en certaines régions ; ainsi la peau des mains, de la mamelle, du cou, la muqueuse des intestins en possèdent des réseaux très riches.

D’où qu’ils viennent, les vaisseaux lymphatiques, se jetant les uns dans les autres, finissent par aboutir tous à deux gros troncs : l’un, le canal thoracique (représentant à peu près ce qu’est la veine cave inférieure pour le système veineux), est formé par la réunion des troncs lymphatiques venus des deux membres inférieurs, de l’abdomen, du bras gauche, de la moitié gauche, de la pécaut. — Anatomie S

Fig. 33. — Ganglion et vaisseaux lymphatiques.

sseaux et ganglions lymphatiques dn tronc : 1, canal ine sous-clavière [ droite; 2, confluent des chylifères.

thoracique; 3,

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tête et de la moitié gauche de la poitrine : il monte le long de la colonne vertébrale comme la veine cave inférieure, et va se jeter, non pas dans le cœur directement, mais dans une des branches de la veine cave supérieure. L’autre tronc, nommé grande veine lymphatique , recueille la lymphe du bras droit, du cou, de la moitié droite de la tête et de la moitié droite du thorax, et va se jeter dans une autre branche de la veine cave supérieure. Ainsi la lymphe venue de tous les points du corps va se déverser dans le réseau veineux et se mêle au torrent sanguin.

Les lymphatiques de l’intestin ont un rôle tout particulier. On les nomme d’un nom qui indique leur fonction, vaisseaux chylifères. Ils naissent delà tunique interne, muqueuse de l’intestin, et plus particulièrement des villosités intestinales (voy. leçon IY), et ont pour fonction de s’emparer d’une partie du chyle et de la charrier jusqu’au canal thoracique, par où il va se mêler au sang. C’est donc par cette portion du réseau lymphatique qu’une grande partie des produits de la digestion est assimilée et répandue dans l’organisme. Ce sont surtout les graisses qui suivent la voie des chylifères ; la couleur blanche de ces liquides dessine nettement le réseau de ces vaisseaux, en sorte qu’au moment de la digestion on les voi t former sur la muqueuse un lacis laiteux aisé à distinguer.

Ainsi le système lymphatique n’est qu’une annexe du système sanguin. Il constitue une partie spéciale du vaste réseau de canaux qui sillonne et irrigue l’organisme tout entier. Le liquide qui circule dans cette portion spéciale ne reste pas distinct du sang, il s’y mêle au bout d’un temps fort court, et constitue ainsi l’une des origines, l’une des voies de régénération de la-masse sanguine.

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