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Tome II

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fères (46) , les <»ppariéées (47) , les fàmarîacées (48), et quelq«es 'papaveracées (49) , que les bords des carpelles' qui lae rentrent pas à rintérîeur on qui n'y rentrent que |)ar une lame très-mmce, sont cependant tellement soudés ensemble , qu'As ne peuvent se séparer à la maturité. Ces bords soudés joints aux placentas forment des espèces de nervures épaisses et consistantes ; la rupture, dams ce cas, s'opère d'un et d'autre côté , le long de cette nervure, toute la partie intermédiaire dp carpelle se détache et reçoit le* nom de valve y et le filet composé des deux placentas , soudés aux bords des carpelles , reçoit le nom de placenta intervahulaire. Un phénomène analogue a lieu dans les orchidées.

6.* Il arrive dans quelques genres à placenta dît central^ que les carpelles tendent à s'alonger après la'fécondatton aU-delà du placenta^ et qu'en même-temps les cloisons tùtérieures sont très-minces et faciles à rompre, tandis que les parties extérieures des carpelles sont fortement soudées ensemble et par leur base et par Içur sommet ; dans ces circonstances compliquées, et dont la réunion est par-conséquent rare, la rupture s'opère transversalement dans le milieu des carpelles: c'est ce qu'on nomme la déhiscence transversale (circumscissa), ou en hotte à sa' (^o7i7ie//e,donu le pourpier, le mourbn, etc. (5o), offrent des exemples. On la retrouve dans les lécythidées (5i),' avec une combinaison particulière.

(46) DC. , TWérn. -finie. . pi. 2.

(47) Gaertn. fr. i, t, j6. Gleome.

(48) Ibid, fr. a, t 11 5. Capnoidesf.

(49) Ibid,, t. II 5. Chelidonium.

(50) Grew. Anat. , pi. 71, f. i, a. AtiagalUs Gwrtn fr. pi. 128. (5'} Turp. Dict. se. nat. allas. Gouroupila.

OrtGAN£8 beproductecrs» 55

4.'" Parmi les genres à placenta central, dont la capsule s'alonge après la fécondation, et qui par là semble unilocolaire , au-QK>in» vers le sommet , il arrive encore A)uvent que les parties extérieures des. carpelles restent soudées ensemble dans la plus grande partie de leur longueur, mais que par leur extrémité supérieure, elles ten« dent, soit à se s^arer les unes des autres , sdt à se fendre le long de leur nervure moyenne: c'est ce qui constitue la déhiscence apicilaire. On Tobserve dans un grand nombre de caryophylléès (52>: le nombre des dents esC égal à celui des carpelles, quand chacun de ceux-ci reste entier , double de ce nombre quand il y a fissure de la ner* vure moyenne. La même sorte de déhiscence est prodmte dans les pavots (53) par une cause dififér ente : Texiitence du torus qui à l'état de membrane, encetnt les carpelles*

5**" L'inverse a aussi quelquefpis lieu, comme dans Lescus« cutes(54)par exemple, ou lescarpelles sont plus soudés par le sommet que par la base ,et se séparent à la mirturké par leur extrémité inférieure ; c'est ce qui constitue la déhis* cesce basilaire^ qui est presque toujours un peu irréguliére, et se confond presc[ue avec la dâûscence en boite à savonnette*

6.0 ^nfifl , il arrive qudquefois , même dans les fruits «eçs et polyspermes , que les.carpeUes sont tellement sourdes entre eux , que par aucune partie de leur surface Hs ne peuvent se désunir ni se fendre régulièrement ; alors il se détermine ordinairement, vers le haut de d^ique car* pelle des espèces de pores ou de ruptures irrégulîères

(62; Gaertn. fr. a, pi. i3o, f. i, a, 4f 5^6^ 7^3,9.

(53) DC. , Mém. nymph. , pi. a.

(54) Gaertn. fr. i, pi. 6a.

byGôQgk

36 OBGANES BEPBODUCTEUBS.

qui donnent passage aux graines , mais qu'on ne pourrait placer parmi les déhiscences qu'en l'appelant déhiscence irrégulière ; c'est cé qu'on voit dans le linarla (55) , par exemple, et dans quelques autres personnées.

- D^ms les fruits indéhiscens, la vraie nature des carpelles est masquée par des causes différentes des précédentes : tantôt les fruits ne s'entrouvent point ^ parce que les péricarpes sont membraneux ou comme desséchés, et alors il y a d'ordinaire avortement de plusieurs parties ; tantôt les fruits sont indéhiscens parce qu'ils sont charnus, et ici nous retrouverons les mêmes distinctions que parmi les fruits à carpelles isolés: la chair, qui n'est que le développement du mésocarpe , se trouve en dehors des loges ; la pulpe se trouve dans l'intérieur des loges : il est des fruits , comme le coing, qui ont à-la-fois de la chair et de la pulpe. En général , dans les fruits charnus , on ne peut pas fecilement reconnaître la position et la place originaire des carpelles , parce que les soudures y sont beaucoup plus intimes.

Une cause fréquente d'erreur dans la manière d'apprécier la S3rmétrie des fruits à carpelles soudés, est l'avortement de certains carpelles en tout ou en partie. Ainsi tel fruit qui, comme le coco des Maldives (56), devrait avoir six lobes, se trouve n'en avoir plus que deux ou trois par Tavortement habituel des autres. Tel fruit de rubiacée , qui devrait avoir deux loges égales et un style partant du centre, sq trouve avoir, comme le pleurogaster, une seule loge avec un style latéral. Tel fruit qui devrait' avoir trois loges complètes , se trouve, comme dans la pistache, avoir

(55) Gaertn. fr. i , pi. 53. Anti^hinum.

(56) Sonner. Vojr. à la Nouy.-Guin. , pi. 3— 7.

ORGANES REPRODUCTEURS. Zj

une seule loge fertile et deux autres à demi ou complètement avortées (67) , etc. , etc. Le nombre de pareils exemples pourrait être Immense; car il est peu de familles chez lesquelles on n'en puisse rencontrer.

La manière dont les carpelles sont placés relativement à' l'axe , mérite encore de nous occuper un instant ; l'axe qui supporte les carpelles, tel que celui qu'on observé dans les.magnoliacées ou les anonacées (58)^ ne devient partie intégrante du fruit que lorsque les carpelles se soudent après la fleuraison j l'axe des malvacées (5g) , qui est en général très- visible , porte les carpelles adhérens par leur bord interne, et les styles carpeliaires sont ou lS)res ou appliqués contre lui ; c'est ce qu'on voit aussi dans les géraniacées(6o), et en général dans tous les fruits qui ont un véritable axe. Mais il arrive quelquefois que les carpelles sont articulés sur un corps qui fait partie intégrante du style, et au travers duquel doivent nécessairement passer les vaisseaux qui apportent la matière fécondante ; c'est ce qu'on observe dans les ochnacées (61), par exemple, et c'est ce renflement de là base du style que f ai appelé gynobase.Quelqnes naturalistes ont tenté de le confondre avec l'axe proprement dit; mais il y a entre ces deux organes cette différence importante, que le cordon pîstillaire ne traverse point l'axe que je considère comme un prolongement du pédicelle destiné à soutenir

(5'7) DC, Mém. legum. , pi. a, f. 7,

(58) Gaertn. fr. 3 , pL 1 78, f. s. c. ; pi. i38, f. 5, 6.

(59) /ôid. ,pl. i36.

(60) Ibid. fr.i,pl. 79, f. s. 66.

(61) DC. , Mon. ochn., pi. i, 3, 4? 5, 8 , 9, lo, 12, i3; 17, 18, 20.

$S ORGANES REPBODUCTEUBS.

les carpelles, tandis qu'il traverse le gynobase, qui n'est autre chose qu'an renflement extraordinaire de la base des styles carpellaires , soudés ensemble. Le véritable axe est ordinairement alongé; mais il est presque globuleux dans plusieurs anonacées (62); il prend cette même forme et une consistance charnue dans la fraise (63), où il offre de plus la bizarrerie de se détacher d'une espèce de base plus solide qui est dans son centre; les carpelles de la fraise sont les petits corps granuleux et stylifères , dispersés & la surface du corps charnu qui sert d'aliment, et celui-ci n'est autre qu'un axe arrondi, auquel quelques au^ teurs ont donné le nomdepofypAore.il ne faut point confondre ces axes avec les thécaphores ; ceux-ci font partie d«s carpelles y dont ils sont comme les pétioles : Jes axes sont au contraire des prolongemens du pédicelle de la fieurk

Jusqùe>*ici |'ai touioui^ parlé des carpelles comme étant ^es feuilles pltées en dedans, ou sur leur face supérieure ; œab il semblerait que Torganisation inverse a lieu dans les Cttcurbitacées ; quand on coupe en travers les jeunes fruits de cetl^ famille 9 on trouve les carpelles dont le dos regarde le centre du fruit , et dont les ovules sont dirigées du côté du calice adhérent. Ces carpelles seraient - ils courbés en sens inverse de tous les autres végélauic, ou se tordraiefit-ils sur eux-mêmes avant leur développement , de manière à avoir la face supérieure de la feuille carpellaire dirigée du côté externe du fruit ? C'est ce que j'ignore. J'oserai ajouter ici une observation au moins singulière : M. Seringe a trouvé des fleurs de courge dont

(6a) G«rtn. fr. a, pi. , 1 4, f. 3.

(63) Ibid, f. I , pi. 73.

Digiti

ORGANES &CPRODUCTEURS. 3^

les anthères .portaient accidemellemem des ovules j ces ovules étaient dirigés à Textéricur, puisque les aMJbéres sont extrorses. Y aurait-il on rapport entre la directioa extrorse des anthères et des carpelles des cucurbitacées ? Ce rapport existerait-il dans d'autres familles ? Y a-t-il quelque relation entre cette position extrorse des anthères et des carpelles et la disposition de cer^ines feuilles à rouler en dehors les bords de leur linbe ? Ce sent 4e6 tpAestlons que je livre aux botanistes accoutumés St l'étude des analogies, mais sur lesquelles je n'ose encore hasarder une opinion.

ARTICLE IV

Des carpelles considérés dans leur rapport avec les parties de la fieur qui persistent ou se soudent au^ taurd^eux.

Nous venons de voir, dans l'article précédent, ce qui résulte de la soudure naturelle des carpelles entre eux; msiis cela ne suffit point pour prendre une idée complète des modifications du fruit ; il faut encore étudier les pièces de la fleur qui font partie ou semblent faire partie du fruit à sa maturité ; savoir : le torus , le calice ou le périgone.

Le torus, avons nous dit , est la base des parties mâles et corollaires des fleurs. H se prolonge quelquefois autour du fruit , ou soûs forme d'écailIes pétaloides distinctes , comme dans l'ancoKe (i) ; ou de filets piliformes , comme dans plusieurs cypéracées (2) , et alors il ne peut produire aucune illusion; ou sous la forme d'un godet mem-

(ij Barr. ic. , pi. 617, 619,620,621, 628, Q^ù, 63o. (a) Scbkuhr. bot. handb. , pi. 7. Schœuus, pi. 8. Scirpus et Eriophorum.

4o OBGANBS REPRODUCTEURS.

braneux qui entoure les carpelles , sans adhérer ou en adhérant avec eux. Ainsi, dans le pœonia moutan var. papaveracea (3) , ce godet est mince , membraneux ; il enveloppe les carpelles sans y adhérer \ il est ouvert à son extrémité, pour donner passage aux stigmates, et tant qu'on ne l'ouvre point , il semble faire partie du fruit dont il est cependant bien distinct. Dans les carex (4)) on trouve un semblaUe godet , ouvert au sommet et renfermant le carpelle unique sans y adhérer, quoiqu'il le serre de près. ' '

Dans les nuphars , ou nénuphars à fleuris jaunes (5) y on trouve un godet épais, vert et lisse à l'extérieur, clos au sommet, et qui eqtoure les carpelles membraneux polyspermes et verticillés, lesquels forment le véritable fruit. Pendant lafleuraison et la maturation, il semble adhérer strictement aux carpelles; mais il s'en détache par la base à la maturité , et alors on voit clairement la distinction de ces èrganest

Il en est à-peu-près de même du pavot (6) : ici le torus se présente sous la forme d'une lame mince qui entoure les carpelles et adhère strictement avec eux , maïs qui ne parvient pas tout-à-fait jusqu'au sommet de l'ovaire-, les valves du fruit ^ lorsqu'elles tendent à s'ouvrir par leur sommet , sont retenues en place par cette gaine adhérente du torus,

(3) DG. , Mém. soc. h. nat. Gen. i, p. aa4» P^* i> ^* 3* (.4) Schknhr. handb. f. a86. A. a. ssss,

(5) DC., Mém. soc. h. nat. Gen. i, p. 224* pl» ï> %• ^* Voyez surtout pi. 43» £. I et a de cet oavrage> qui représente ce fruit à sa maturité.

(6) Gre^. Anat. , pi. 70, f, r, a. DC., Mém. soc. h. nat. Gen. I, p. aa4, pi. 2, f. 9.

OROANBS REPBODUCTEUBS» 4*

et c'est ce qui détermine cette débiscence du pavot sous forme de dents ou valvules très-courtes , et non dans toute la longueur des valves , comme chez les autres papaveracées.

L'orange (7) ne semble différer des exemples précédens qu'en ce que le torus, qui est épais et glanduleux à textérieur, entoure complètement les carpelles jusques à l'origfne du style 9 et adhère avec eux au moyen d'un tissu cellulaire trés-Iâche; enlevez ce torus continu de toutes parts, et vous trouvez les carpelles vertîcillés autour d'un axe fictif, séparables sans déchirement , de consbtance membraneuse j et étiolée comme tous les organes abrités, rempUs à l'intérieur d'une espèce particulière de pulpe , qui diffère de celle de tous les autres fruits, en ce qu'elle est renfermée en des espèces d'utricules qui prennent naissance des parois des carpelles.

Dans les capparîdées, les passiflorées et quelques légumineuses , le torus n'adhère qu'au thécaphore , et le fruit lui-même e&t complètement à nu.

Tels sont les principaut exemples où l'on voit le térus adhérer ou entourer le fruit, sans que le calice ou le périgone suive le même sort. Dans les nympliasa (8) ou nénuphars à fleurs blanches, les étamines et les pétales sont soudés par leur base avec le torus, d'où résulte qu'ils semblent être adhérens à l'ovaire ; ils se détruisent après la fleuraison , et le torus qui enveloppe le fruit se trouve marqué de leurs cicatrices. Je ne connais pas d'autre exemple où l'on puisse trouver ces organes adhérens au fruit. Mais souvent ils persistent sans tomber et entourent la base du fruit ,

(7) Grevr. Anat. , pi. 66, f. i, 2.

(8) DC. y Mém. soc. hist. nal. Geo. i, pL iy f. 7. a.

byGoogk

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