ORGANES B£ P BODV G T EU RS
comme on le voit dans les campauulacée&', les ériciDees, plusieurs légumineuses , etc. Mais ces étamioes ou pétales persjstans n'entraîiiept pas de différences notables dans l'histoire du fruit.
Voyons maintenant ce qui a lieu quand le torus et le ca* lice ou le périgone réunis se collent sur les carpelles, et forment ce qu'on a appelé ou un ovaire ou un calice adhérent. Dans tout ce qui va suivre^ je ne parle^ pour abréger, que du calice *, mais tout.cet article est égalemoit applicable au périgone. Ce phénomène suppose nécessairement, I .^ que les pièces du calice ou du périgone sont soudées ensemble de manière à former un tube plus ou moins prolongé; 2.<> que le torus est coUé sur ce tube, et que par conséquent les pétales et les étamines sont périgynes; 3.^ que les carpelles sont ou cohérens ensemble ou réduits à l'unité.Toutes ces conditions se trouvent fréquemment réunies dans les familles calyciflores ou périgynes , les seules dans lesquelles le phénomène puisse se rencontrer. Il n'est pas tellement inhérent à la symétrie de ces plantes , qu'on ne trouve fréquemment dans la même famille tous les degrés intermédiaires entre le calice libre et adhérent. Ainsi, par exemple, oa observe parmi les rosacées des genres à calices libres ouverts, et à carpelles distincts ,. comme les potentilles et les spirées (9) : d'autres à calices libres et plus ou moins resserrés en godet à leur sommité, renfermant les carpelles tantôt multiples , tantôt solitaires^ sans adhérer avec eux, comme les^alcbemilles et les rosiers (10) : d'autres enfin où les carpelles sont
(9) Lam. m., pi. 439, 441, 44a, 443, 444.
(10) Ibid,f pi. 440.
ORGAlfEft B£PBOI>UGT£UHS. ^^
cob^ens, et enveloppés par le calice qui fait corps ayec eux, comme les poiriers et les néfliers (i i). Des transitions analogues se remarquent parmi les ticoîdes, les saxifragées , les caprifoliacées, etc. ; au contraire l'adhérence du calice a Tovaire est constante parmi les myrtacées, les eucurbitacées , les ombelliféres , etc. ; elle n'a jamais lieu chez les crassulacées ^ les salicaires , et peut-être chez les légumineuses^ Celles-ci offrent cependant dans quelques cas un commencement d'adhérence ; ainsi dans ïarachis, lejanesia et quelques bauhinia (12) , le thécaphore ou pédiceUe propre du carpelle est latéralement soudé avec le calice. D'après ce fait , il ne serait peut-être pas impospossible de trouver un jour une légnmineuse i ovaire adhérent.
L'adhérence du calice à l'ovaire n'a lieu que par la partie où le torus est lui-même collé sur le tube du calice; parconséquent, si le tube est plus court que l'ovaire, l'adhérence n'aura liau que jusqu'à une certaine hiiuteur, les étamines et les pétales naîtront au bord du tube, autour de J'ovaire, et la partie supérieure de celui-ci sera libre, comipe dans plusieurs ficoïdes.
Si le tube est aussi long que l'ovaire , ce qui est le cas le plus fréquent, l'adhérence aura lieu dans toute la longneuT des deux organes ; les pétales et les étamines naîtront de leur point de séparation, et le limbe seul du calice sera libre-, si, enfin, le tube se prolonge au-delà de l'ovaire, et que le torus se prolonge aussi au-delà, alors l'ovaire est en entier' adhérent, et surmonté d'un tube au
(11) Lam. iU., pi. 433,434, 435, 436.
(la) DC, Mena. leg. , pi. 70.
sommet duquel naissent les pétales et les étamines, comme dans les onagres (i 3) : dans presque tous les cas,, on remarque au sommet de Tovaire adhérent et autour du style, un petit espace ordinairement arrondi ou à autant d'angles qu*il y a de sépales : c'est la portion supérieure de l'ovaire non recouverte par le calice ; quelquefois elle s'accroît après la fleuraison , et forme alors une marque prononcée sur le fruit : elle est très-grande daos plusieurs cucurbitacées, et notamment dans le cucurbita melopepo^ elle est encore très -remarquable dans la nèfle, dans plusieurs rubiacées , et quand on y regarde' avec soin, on la retrouve dans presque tous ou peut-être tous les fruits adhérens. Cette portion de l'ovaire mise à nu, est ordinairement très-lisse, et se distingue par ta du calice. Endehors de ce disque formé par l'ovaire , on trouve une petite zone circulaire, qui est ia trace du poiut où se terminait le torus. Cette zone est très-facile à apercevoir lorsque, comme dans les pomacées, les étamines sont plus ou .moins persistantes sur le fruit, ou, comme dans les campanulacées^ quand la corolle elle-même est persistante; elle est encore très- visible lorsque, comme dans plusieurs cucurbitacées, elle grandit après la fleuraison ; je soupçonne qne c'est peut-être le torus qui se prolonge un peu après la fleuraison, et forme, dans les rubiacées ? le petit godet qui se trouve centre le limbe du calice et la base du style. Dans la plupart des fruits adhérens, cette zone, produite par le torus, s'efface à la maturité.
Le disque, formé par la partie nue de l'ovaire, la zone, produite par le torus, et surtout les restes de la partie
(i3} Sckkuhr. bot, liandb. , pi. ïo5.
OBGAIVES REPRODUCTEURS. 4^
libre du calice qui persiste ou laisse du-moius une trace quelconque au sommet du fruit, forment par leur réunion ce qu'on appelle Vœil^ visible dans cette classe de fruits, pai: exemple, dans la poire (i 4).
' Le tube du*«aUce, collé sur l'ovaire, peut, selon le degré de sa consistance , ou se mouler sur la forme du fruit, ou forcer celui-ci à recevoir la sienne; mais plus ordinairement les deux corps se modifient un peu Fun l'antre dans leur forme générale. Sa consistance est aussi assez variable : tantôt il reste foliacé ou membraneux, et alors le fruit est sec; tantôt il devient charnu avec les ovaires, et gcandk quelquefois à un point considérable; le plus souvent il n'est pas possible, dans les fruits adhérens et charnus^ de distinguer quelle est la pevtie qui s'est transformée en cbair; ainsi, dans une poire, par exemple, la chair peut être on le développement du sarcocarpe des carpelles, ou du torus, ou du calice, ou, ce qui est plus probable, de toutes ces parties à-la-fois.
L'adhérence du tube calycinal avec l'ovaire est ordi« nafreoient intime et durable; mais il arrive dans quelques cas (tels que le/;osmibugna (i 5), genre de rubiacées voisin du quinquina), qu'à l'époque de là maturité le tube du calice se détache de Tovaire et ne fait plus que le recouvrir sans y adhérer exactement.
(j4) Voy. pi. 43, f. X, a. A cette même planche, je donne, fig. b c d, h. représentation d'une singulière monstruosité de poire , dans Jaguelle on voit le calice charnu à sa hase , et diyisé en un grand nombre de lobes foliacés , porter à l'intérionr, au-lieu de frait, un' second et un troisième calices charnus j il. parait que cette monstruosité est due à la transformation de tous les organes floraux en feuilles calycinales.
(i5) FI. peruY, 3, pU 198.
46 ORGANES BEPAODUCTËURS*
La partie libre du calice se présente sons des former très-d^érentes, et qni influent sur l'aspect du fruit et souvent sur son histoire; elle est tantôt scarieuse, tantôt membraneuse, et manque quelquefois complètement, soit dés l'époque de lafleuraison , soit au moment de la maturité.
Lorsque le tube entier du calice est soudé avec l'ovaire et que ses lobes n'éprouvent pas de changement, ils persistent au sommet du fruit ou sous la forme de dents ^ comme dans ïasnanthe (i6), le conium (17), cm en for** mant une espèce d'œil, comme dans la poire ou la pomme.
Si le tube du calice «e prolonge au-deli de l'ovaire et qu'il dure après la fleuraison, il en résulte que le fnÀ est couronné par une espèce de col particulier, comme on le TOÀ «kns la grenade (18) ou le fruit de quelques^a/v/a/ciir.
Quelquefois ces bbes grandissent en restant foliacés, ou deviennent un peu charnus après la fleuraison.
Nom avons vu,' en pariant des modifications des fleurs^ qu'il arrive habituellement, dans celles qui sont réunies en tête serrée et quelquefois dans d'autres, que le Umbe du calice a une consistance membraneuse et comme scarieuse; dans ce x»s, il pei^iste au sommet du fruit , «t on lui donne le nom Sl aigrette { pappus ).
Son rôle , qui est presque nul à fépoqne de la fleuraison, commence à devenir important au nM>nient de la dissémi* nation des graines.
Ces calices scarieux ont quelquefois leurs lobes soudés en »n seul oorps entier ou denté, ce qui fait que le fruit
est couronné par un godet scarieux, comme dans lefavo-
(16) Tmp. Icon. , pi. aS , f. la.
(17) Schkuhr. handb., pi. i3i. b,
(18) Gœrtn. fr. i, pi. aa.
byGoqgk
niùmy le chrysogonum, le scnhiosa stellata(i^y^ aîUears chaque Idbe reste dîstiDCt et prend ou la forme d'nne petite écaâfe, par exemple, dans Yapuleia, le eenttuerea crûpi-^ na (ao), ou ceHe^*ime arête alongée, par exemple, dans lespectîs (ai). Le plus souvent chaque lobe du calice est comine remplacé par un nombre pkis ou moms grand d'écailles en ferme «de poils,- qu'on nomme poHs de Taîgrette. Ces poàs sont tantôt simples et Bbres entre eux, et Tondit alorsque Tatgrette est/?o//a<?, par exemple, dans les soncJius (aa)^ tantôt soudes ïrrégulîèremcnt ensemble, et Yon dit que Taîgrette est rameuse ? par exemple, le ^/^flelina (sS); tantôt dentés sur les bords, comme dans Xhieracium , le chondnlla (24) \ tantôt munis latéralement de barles aloUgées, comme dans le scorzonera (a5); et dors on dit l'aigrette plumeuse.
L^aîgrcfte que Ton nomme stipitée est produite parce que le calice, et peiit-être un prolongement du péricarpe, se prolongent sensiblement au-dessus du point où s'arrête la longueur de h graine; comme cette portion est vide, elle reste nmice, filJforine, et paraît plutôt h la première vue un support de Paigrette qu'une partie du fruit: c'est ce qu'on voit dans les tragopogon (26), etc.
Il arrive quelquefois que l'aigrette est à deux rangs, et que ces deux rangs ne sont pas semblables entre eux. Dans
(19) Gartn.fr, 2, pi. 184, f. i et 8^ pi. 8Ç, f. a.
{10) Ibid. , pi. 1 7 I , f. I. DC. , Choix mém. , pi. i, f. a.
(aa) /61VZ. , pi. i58. Turp. Icon., pi. a5, f. lo, (23) DC, .Choix mém. , pi. i, f. a8| ag, 3o.
(a4) Gaertn. fr. a,pLi58.
(25) Ibid , pi. ï 59.
(26) Ibid, Turp. Icon.y pi. 25, f. 11.
Digiti
48 ORGANES REPRODUCTBURS.
ce cas le rang extérieur est bien sûrement le limbe du ca^ lice; mais je ne serais pas étonné qu'on vînt à prouver que le rang intérieur est un prolongement, soit du torus, soit du péricarpe : c'est ce qu'on observe dans quelques centaurées (27);
Le bmbe du calice des valérianes (28) est, pendant la fleuraison, roulé à l'intérieur, de manière à ne présenter qu'un petit bourrelet circulaire : il se déroule ensuite, et le fruit est couronné par une aigrette plumeuse; les protéacées présentent des espèces d'aigrette qui sont formées par le limbe de leur périgone.
Enfin le limbe du calice manque quelquefois complètement; ce phénomène peut avoir lieu pendant la durée même de la fieuraison, lorsque le calice tout entier est soudé avec l'ovaire , comme cela a lieu dans la plupart des ombellifères (29) , encore même dans ce cas les lobes du calice existent-ils presque toujours, mais réduits à de trèspetites dents. L'absence totale du limbe est plus visible dans les composées dépourvues d'aigrettes , telles que les pâquerettes (3o) , etc., le limbe s'y trouve indiqué par un petit rebord circulaire, entier ou inégalement dentelé.
Ailleurs le limbe est visible à l'époque de la fieuraison; mais il se détruit ou se coupe et se détache naturellement à l'époque de la maturité : c'est ce qu'on observe dans les épilobes, etc.
Les nyctages ou belles-de-nuit (3 1) offrent sous ce
(27) DC, Choix mém., pi. i, f. a5, 26, 37. Gsertu.fr., t. i6a, f. 5. (a8) Turp. FI. paris., pi. 4©» 4'*
(29) Gaertn. fr. a, pi. 85 , f. i, a , 3 , 5, 6, 7, 8. •
(30) Ibid, , pi. 168, f. 1 , 2 , 3, 4, etc.
(3i} Lam. ill. , pi. io5.
Digiti
OB«AlfJI3 BJBPBOBVCTSVBS* 4j
rapport un phénomène digne d'être cité : la base de leur péri^ gone, soudée avec Fovaire, forme une espèce de noix ovoïde, et la partie supérieure du périgonese coupe immédiatement au-dessus, se détache de la base après la fleuraison, et la noix reste enchâssée dans uninvolucre qui a la forme d'un calice.
Il n'est pas nécessaire que le calice soit, strictemeot parlant, adhérent aux ovaires pour faire partie intégrante ou apparente du fruit; ainsi, par exemple, dans les rosiers (32) , les carpelles sont épars dans l'espècb de godet que forme le tube du calice ; ils sont adbérens avec celui-ci par leur base seulement; après la fleuraison y le calice et le .torus soudés ensemble grandissent et deviennent très-char* nus a leur face interne principalement; Le tissu cellulaire intérieur pénétre entre les carpelles qui sont osseux , indéfaiscens et monospermes; ceux-ci semblent être de simples graines éparses dans un péricarpe pulpeux, tandis que ce sont des cariopses enchâssés dans un calice devenu charnu.
Dans un grand nombre de plantés, et surtout parmi les monochlamjdées, Je calice où le périgone, sans adhérer avecTotaire, le recouvre de si près, qu'il semble absolument fair^ partie du fruit : dans ce cas , tantôt il resté membraneux, comme dans les arroches (33) , quelquefois il devient charnu, comme dans le blitum (34) •
Lorsque le calice, sans adhérer à Tovaire, peirsiste au? tour dti fîiiit d'une manière plus lâche que dafas le cas précèdent, on se contente de dire que le fruit est couvert^ lorsque, comme dans les physalis (35^, le calice tend à se
(3a) Gsertn. fx, i, pi. 78. Schkuhr. handb. , pi. l34.
(33) lUd. , pi. 75.
(34) Ibid. a, pi. ia6w Tnrp. fl. pati». , pi. i. (35)i&Ml. a,pLi3i,f. 3.