‹ Cours de botanique (volume 2)Chapitre 6 sur 65 · Tome 11 i · texte numérisé non relu

Tome 11 i

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50 ORGANES RBFHODUCTSUIIS.

f€rmer vers le sommet, et enveloppe en entier le fruit; on dit que celui-ci est voilé, lorsque le calice persistant ne l'entoure qu'en partie, comme dans le nicandra (36) ou la jusquiame (3^). Lés calices des labiées (38) sont tubuleux, persistans, et renferment quatre cariopses monospermes (39); après la fieuraison, dans certains genres, leurs lobes se referment \e$ uns sur les autres , et les fruits pourraient se dire couverts ; dans d'autres, les lobes restent plus ou moins ouverts, et les fruits pourraient être dits voilés ', dans ce dernier cas, il arrive presque toujours que de petits poils, qu'on n'apercevait point auparavant sur la £u:e interne du calice, se développent après la chute des parties sexuelles ou corollioes, closent l'entrée du tnbe, et servent aux jeunes fruits de protection contre la pluie ou contre les insectes.

ARTICLE V

Des Organes situés hors des fieurs, et qui semblent quelquefois faire partie des fruits.

C|^e sont pas seulement les organes de la fleur qui

(36) Gaertn. fr« :^, pi. i3i.

(37) Schkuhr. bot. handb. , pi. 44*

(38) Ibià, , pi. i 55 à I ($7. Lam. iH. , pi. Soi à 5i6.

- (S9) A l'époquA delà matnrilè, les Wéli x«t>qi^trc cariopses ^stiocts) mail ii paraît, d'apré^ rQb5erYatio;a 4^ M. de Gingins, que ces quatre logc$ monospermes sont dues à deux carpelles dispcrmes; le nombre des stigmates confirme cette 'opinion, qui est aussi fortement ëtay«e par l'bistok^ des fruits des borraginées. M. de-Gingins donnera les preuves da son opinion dans une Monographie des layandes , qu'il va pubHer. Cette opinion est en particulier bien démontrée par la structure du saU^ia êretica » que je fais connaître en détail à la planche aS- des plantes rares du Jardin de Genève. . - ^ r

ORGANE» REPRODUCTEURS. Si

peuvent, dans certains cas, de venir parties intégrantes ou apparentes des fruits; il en est de même des bractées ou des involucres , ainsi qne des pédicules et des rébeptacles des fleurs.

Toot ce qne j'ai dit du cdice et du périgone, dans leurs rapports avec le fruit , pourrait presque l'appliquer aux bractées et aux involucres, en observant seulement que les exemples en sont beaucoup moina- nombreux; ainsi fou trouve quelquefois des bractées qui adhèrent au calice ou le recouvrent si intimement, qu'elles semblent partie du fruit; dans le scofymus hispanicus, les bractées à Vaisselle desquelles les fleurs se développent, et qu'on appelle vulgairement paillettes du réceptacle, entourent l'ovatre de si près et se soudent avec lui de manière à sembler partie intégrante de ce fruit : c'est ce qui avait engagé Gsprtner à lui donner le nom de scolymus angiespermus (i ). *

Dans les écbioops (2) , les l»ractéotes qui , par leur réunion, forment Vinvolttcelle propre, jouent le rôle de calice rekllvement à Vovaire, se soudent avec lui, et font comme une sorte de fausse aigrette écaiUe«se.

Dans le lagasca (3), Tinvolucelle entoure l'akène sans adhérer avec lui, et semble être un cahce en godet autour d'un péricarpe- Dans toutes les composées et les dipsacéès à double in\olucre, les bractées qui forment rinvolucelle ou invoiucre propre des fleurs ,.présentent d'une manière-plu& ou moins marquée des phénomènes analogues.

(i) GaertQ. fr. a, pi. 167.

(2} Ibid.y pi. î6o.

(3) DcsT. Jonrn. bot. , iÇoi, toI. i, pi. a.

53 OBGAJNJSS B£PR0DUGTfiURS4

Enfin, pour citer d'autres familles, les bractées du poUichia deviennent charnues après la fleuraison, et on les prend facilement .pour une partie intégrante du fruit qu'elles recouvrent; Tinvolucre foliacé de la noisette (4) semble faire partie de ce fruit; la capule du gland de chêne (5) est un vrai involucre formé par la soudure d'un grand nombre de petites bractées, et le gland, comme la noisette , est un fruit formé par un ovaire adhérent au calice (6). Ces deux exemples présentent une particularité assez rare dans le règne végétal, savoir : un fruit qui adhère à sa base par un espace fort ample, ce qui, au moment de sa séparation, y détermine une large cicatrice, ainsi qu'on le voit plus communément dans les graines. Cette cicatrice du fruit ou cicatrice carpique, doit être distinguée de la cicatrice des graines ou du bile, dontnops aurons à nous occuper plus tard.

Les pédoncules eux-mêmes semblent quelquefois faire partie du fruit; ainsi, dans le semecarpus et Yanacar-dium (y), le pédoncule se dilate après la deuraîson, devient charnu et prend la forme d'une poire , tandis que le véritable fruit, qui est sec, est situé à son sommet ety semble une espèce d'excroissance.

Dans \hovenia (8) , le pédoncule de la fleur devient aussi charnu après la fleuraison, et semble former le véritable fruit.

(4) Gœrtn. fr. a, pi. 89.

(5) Ihid. 1, pi. 40. Lam.ill.^ pi. ao8 et 33a. Turp. Iconog. » pï. 39 , f. 7 et 8.

(6) Ibid. , pi. 37.

(9) Ihid. , pi. 4o. Lam. iU., pi. ao8 et 3àa. (8) Lam. iil. , pi. i3i.

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OBGANE5 BBPRODUGTI1JM». 59

ARTICLE yi.

De t Agrégation des fruits, qui proviennent de fieurs différentes.

Les faits mentionnés dans Tarticle précédent nous conduisent à nons occuper des fruits qu'on a nommés aggré* gés^ ces fruits sont formés par la réunion intime ou apparente des fruits provenant réellement de fleurs différentes. Ce phénomène n'a jamais lieu que dans les plantes où les carpelles sont devenus solitaires, et le plus souvent monospermes par avortement; il suppose aussi presque toujours 9 comme conditions nécessaires , d'un c6té, que le carpelle unique est soudé avec le calice , de l'autre que les fleurs sont placées très-près les unes des autres; c'est ce que ]e vais développer par quelques exemples tirés d'abord des fleurs en tète ou en ombelle, et ensuite des fleurs en épî.

Les chèvrefeuilles ont naturellement deux fleurs qui naissent de la même aisselle; ces deux fleurs ont fréquemment les pédicelles soudés en up , qui porte par-conséquent deux fleurs et deux baies : mais il arrive, dans plusieurs espèces, comme, par exemple, dans le xylostéon (i), que les deux fruits sent plus ou moins soudés en un seul bilobé, ou presque enties; dans ce dernier cas, la soudure se reconnaît, soit parce qu'à la fleuraison on voy'ait deux corolles naissant en apparence d'un seul ovaire, soit après cette époque, parce qu'on reconnaît encore les Jeux yeux qui sont riudîce de la chute des parties sexuelles et l'apanage des ovaires adhérens. Dans le symphoricarpos (2), genre si

(1) GsTtn. fr. 1, pi. 37, soùs le nom de caprifolium. (a) Dm. eltlr. fig, 36o.

54 0A6ANES BBPBODUGTEUaS.

voisin df s chèvrefeuilles qu'il a long-temps été réuni avec eux, au-lieu de deux fleurs seulement, il y en a plusieurs soudées par les ovaires, d'où résulte un fruit composé de plusieurs soudés ensemble, et dont chacun offre encore son ceil on omoilic propre : It même phénomène a lieu dans les morinda {3); tl ^e i:«trouve anssi dans les operca<^ lair^ (4), avec cette seule différence, qœ las fleurs €pk\ f>ar leur rappirochemeat, forment une tête serrée, n'ont point le fruit charxiu , mais leurs calices eC leurs bractées sont toutes soudées «nsembie : à ia fleuraison , on voit toutes les C(Mrolles distinctes ^ à la matorké, le fruit «st un composé un peu irrégulteor 4le to«s les fruits panieis soàdés en tête. La même chose a lieu p^rmi les COfnpdséig& , dans le gundetia (5) -, les paillettes du récepHacle, soudées ensemble, y enveloppent les fruits partiels de telle sorte, qu'à la ma^ turité il en résulte une masse composée du réceptacle, des paillettes et des akènes de toutes les fleurs dont la tête était composée. ^ .

Le fruit si connu sous le nom de figue (6), est un exemple remarquable d'aggrégation analogue aux cas précédens : la figue est ou un pédicelle isreux , ou plutôt, si Ton fait attention à celles des espèces exotiques qui ont des écaiUes à l'extérieur, une espèce d'involucre charnu formé {ttr un grand nombre de boactées épaisses ^ sou* dées intimement dans le bas, soit entre elles, soît avec le haut du pédicule, et à* peine libres à leur extrême sommité. Les fleurs sont en très-grand nombre dans cet

(3) Lam. iU. , pi. i53,

(4) Juss. in ann. mus. 4» pl* 7^> 7i*

(5) Gœrtn. fr. 3 ^ pi. i63.

(6) /^tJ.,pl. 91. Scbkuhr. hot. baudb. , pi. 358.

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ORGAIIBS RIPBODOCTBOB». 65

involacre, dont le sommet est à-peioe ouvert; les fleurs femdles^ qpi scmt lès plus BOmbreuses et les pkis centrales, se transfomtênt en tiHaut de petits cariopses qui sedibleiit des graines > et j^vli ^ à la maturité, sont cômaie noyés dans le centre de cet involucre devieno ohamu ou pidpeux ; ou pourrait dire , en se servaût d'une image propre à se faik^ cooipreadrey qn7i| n'y a d'a(iatr^s différences entre lé fruit du figuier et celidilii rômr, sifton que là partie pulpeuse de kifigue e^X Ua involucre , «t celle du rosier un taUcè ; que parconséqiœntko fraiuâ de la figue sont des cariopséis provenant de fieni'srdîfféreates, et ceux du rosier des cariopses provenant dTmie même fleur.

Tottt ce que wrois venons de dire du figuier devient plus clair enc<>re <pmà on le compare avec les genres voisim aiaèom (7) et ehr^teum^ où fe^réceptadeest ouvert/ - Les fleurs disposées en épts présentent quelquefois tous les a»enies phénomènea cfiie f e.viens dfexposer ; ainri, quand ou suitle iibùrier :(8)ndepuis sa fleurai^OB jusque sa mattV' rité^ 00 ¥01 f quelles fleurs .^ont séssilesieioi^ d'un »axe articulé a sa hase-, qu'après «.la flenraiso&f ovaire ^tre" couvert par le périgone, et se transforme en un petit firûif: pulpeux*, que tous ces iïuits rapprochés et trés-mous se soudent incomplètement ensemble , et paraissent d'aidant plus facilement former un fnût unique^ que le pédicule général se désarticule à sa base , de maniéré que la mare se détache de l'arbre comme les fruits simples. Tout ce que je viens de dire de la mûre est exactement vrai de4'arfare à p^n (9) , excité que lès fruits partiels y sent plus corn- . '■ ' ^ ■ «1 I I I I - ' I

(7) Lam. ill.,pl. 584.

(8) Ibid., pi. ^2. Schkuhr. bandb. , pL a^o.,

(9) i^t^., pi. 744,745.

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56 éRGAIIBS BEPROBVCtEURS*

plétement soudés, et que le fruit total, qui résulte de Tag*» grégation, y est plus gros et d'une cbair plus £BUÎneuse ; et quant à Tarbre à pain cultivé, on^ peut ajouter que les graines y avortent presque toujours en laissant leurs places vides, ce q^i forme au centré de la niasse des cavités irrégulières,

L%istoire de Pananas (lo) diffère peu des exemples précédons : les fleurs sont disposées en épi serré le long de la tige , à-peu*près comme dans Veucomîs^ après la fleoraison, les fleurs, qui ont leur périgone adbêrent à V(h vaire, se transfbrment chacune en un fruit chanm et onV ginairement triloculaire : ces fruits cbamus se soudent d^« bord avec les bractées situées à leur base, puis les uns avec les autres; le développement de la partie charnue et l'intensité de la soudure sont d'autant plus grapds, ipi'U avorte un plus grand nombre de graines; et, quand elles avortent toutes , comme dans l'ananas cultivé , il en résulte que la tête compacte et ovoïde, au centre de laqueUe on voit, comme dans l'arbre à pain, les loges vides qui indiquent Tavortement des graines et à l'extérieur des es^ pèces d écailles qui sont les débris persistans des bractées et des lobes du périgone ; le tout est couronné par une bouppe de feuilles qui ne sont autre chose que des bractées foliacées, mais dépourvues de fleurs qui s'épanouissent au sommet de l'qpif comme dans Veucomis (i i), et dont le développement est favorisé par l'avortement des graines des fleurs inférieures.

Les fruits des conifères présentent des phénomèaes très-analogues aux précédons. Si l'on examine le cône

(lo) Lam. iU., pi. 2i3. •

(il) ou Basilœa, Lam. ill. , pi. aSgt*

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ORGANES RBPRODVCTBDRS. $Jf

femeUe d'un sapin (xâ)^ on trouve de petites fleurs sessiles a l'aisselle des bractées , et disposées en épi le long d'an axe : après la fleuraison ^ les fleurs qui ont le périgone adhérent à Povaiire, se transforment chacune en une espèce de noix ou de samare, et la bractée, qui grandit beaucoup, recouvre complètement les fruits; cet assem** blage a reçu le nom de cane, et pour peu qu*on l'examine, on voit clairement le rôle de toutes les parties, puisqu'elles ne sont soudées ensemble à aucune époque de le^r vie : l'axe de ce cône se prolonge quelquefois , par accident , en branche feuillée (i 3), comme celui de l'ananas le fait habi* tuellement* Les cônes des protéacées (14)9 lestétesfdhV colaires du houblon (i 5), présentent une organisation analogue; ces sortes de cônes ne diffèrent de ceux des magnoHa (16) ou du tulipier (17) qu'en ceci, qu'ils proyiennoit del'aggrégation des carpelles de plusieurs fleurs en épi, tandis que dans les magnoliacées 3s sont formés par Vaggrégation de pluâeurs carpelles en éju proveittnt dhxne même fleur.

Msds il est dès conifères où le phénomène se complique par suite de la forme ou de la consistance des organes, Ainsi, dans le pin (18), on retrouve la même disposition générale, maïs les bractées, après la fleuraison, devien» nent en grandissant fort épaisses au sommet, de manière

(la) Dobam., Phys. arb. 3, pi. 5, f. iSg. Lam. ill., pi. ^^S. (i3) V07. pL36. f.3.

(i4)Lam.in.,pl.53,54. , fi5; Schkuhr. haiidb.,pl, 32(5.

(16) Ihid. , pi. i48. Gartn. fr. , pi. 70.

(17) Ihid.^ pi. 147. Gsrtn. fr. , pi. 178.

(18) Lam. m., pi. 786.

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58 OBGANES AKPB0]>U€T£1IBft.

à former an ensemble clos de toutes^arts dans sa jeunesse, et qui ne s'ouvre que tard par Técartement des bractées ; les cyprès ( 19) et les thuyas (ao) ont ces mêmes bradées peu nombreuses et t^lement dilaitéesià leur sommet, qu'elles forment coulmé des espèces de disques convexes «tpédioeUés; le cône, qui «blsa.très-iiKipropremeDt reçu le nom dé fwioB,' a uoe apparence globuleuse^ il est clos «t à demi*cbarmi dans sa jeunesse \ à sa maturité il devient sec, et les écailles se sépinrenK p^r jdeft €^^es de fenjLes qui demtent passage acut cariopses ou akèneis., qu'elles, renfermaidnt, et qu'on acoutuined'appeler fan^seqiii^ptlAS graines. Le genévrier (21 1) difSèré du cyprès uniqjoeiiçnt sous ce point*de-vuer que les bractées épaissies au sommet sont charnues et beaucoup mieux soudées; .d'où résulte qu'à leur maturité le fruit offre Tapparence d'uue baie globu^ leuse , et en a reçu tmpropremeni le nom : les Uraces-de la soudnrecde ces bractiées sont pou seq^iUes, et les cariopses^ renfermés dans l'inCéfiettr^^Mt euCor^e m^uz l'apparence de simples graines.' Ainsi la baie en apparence simple du genévrier, est formée par la soudmre naturelle des fruits provenant de plusieurs fleurs , à-peu^près comme la baie de plusieurs annones et des dillenia est formée par la soudure naturelle ^ et postérieure à lafleuraison, des carpelles provenant d'une même fleur.

Ces rapports apparens entre des fruits de classes différentes, ont souvent déterminé des analogies de nomencla* lure populaire. Les fruits du Châtaignier et ceux de ïhip-

(19) Duham., Phjs. arb. 2., pi*. 5, f. 161. Lam. ill. , pi. 787. Gaertn. fr. , pi. 91.

(20) Lam. ill. , pi. 787. Gaertn. fr. , pi. 91.

(21) Schkuhr. haadb. , pi. 338. Gaertn. fr. ; pi. 91.

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OAGAN£6 ABPROPÙCTXVllS. Sq

poçastanum ou manymûer-d'Inde, ant.uae ressemblance extérieure assez grande; mais leur analyse est bien différente: Je diâtaîgaer (aa), yu à l'époque de sa fleuraisoôi offre plbsiears fleurs femelles, réunies dans un inrohicre qui grandit et devient fort épineux après k fleuraisoo ; cba()ue flewa un ovaire .enveloppé dans, un calice adhérent; c^et ovaire est£[M:idé deilroiatarpeUesiâoudésqoiont chacun deux ovulas :;pefidaotet après lafleuraison, il avorte plusieurs graines , et il n'en reste quelquefois qu'une seule; d'ancienne date on a appelé châtaignes les fruits où il restait plus d'une graine et des traces de cloisons à la maturité, et l'on a réservé le floa.de,xaa7ro;t.an3e Icuits dans lesquels une seule ipràineuvaitmâri^ ^liÂx, elle étak par^conséquent plus gtosse.

Dans le marroimier-»d'Inde(a3), au contraire \ les fleurs sont complètement séparées entre elles, et lenc calice n'eat point adbér-ent : l'ovaire est formé de trois carpelles soudées tnoa corps faérissé a- Vex^ieur 9 cliacuiiide ces carpelles renforme deux ovules; mais, pendant et après la. fleuraison, plusieurs de ces ovules viennent à avorter, de sorte que la capsule n'offre souvent que deux loges et deux ou tr<H9 graines en tout.

Ainsi la coque épineuse du châtaignér est un invplucre, celle du marronnier-d'Inde, une capsule. Les corps bruns , arrondis et lisses du châtaignier, sont des akènes munis i leur hdiS^ d'une large cicatrice caq>ique, ceux du marronnier sont des graines à large cicatrice spermique : les corps

(22; Gsrtn. fr. , pi.- 37. Lato. ilL , pi. 78a, f, i. Twrp. loonogr., pi. 29, f. a, 3,4, 5.

(a3) Toutn. insl. , pi. 610. Lam. ill. , pi. 273. Gaertn. fr. 2 ; pi. XII* Schkikhr. haudb., pi. 104. Tarp. Iconogr., pi. 29, f. i.

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€o OA6ANBS BEPMODVGTBUBS.

renfermés dans l'enveloppe brune du châtaignier, sont des graines distincte^ ceua^ qu'on peut ({uelquefois distinguer dans la peau brune du marron- d'Inde, sont les cotylédons ou portions de la graine. Quoique cet exemple soit trivial pour les botanistes, j'ai cru devoir le mentionner en délail pour les conmiençans, parce que, mieux que tous les rai- Bonsemens, il prouve la nécessité de remonter à l'époque de la fleuraison pour comprendre la structure des fruits.

ARTICLE VU

JDu Cordon ombilical et de ses expansioTis»

Nous avons déjà dit que \efanicule ou cordon ombi" /ical^n du placenta et soutient la graine; qu'il se compose, pendant la fleuraison, d'un filet venant du style et apportant le fluide fécondateur, et d'une fibre venant du pédicelle et apportant la nourriture*, qu'après cette époque le filet pistillaire s'oblitère, et le funicule reste formé par la fibre nourricière seule : on le con^dère comme fidsant partie du péricarpe, soit i causé de sa texture analogue au placenta, soit parce qu'à la maturité il arrive ordinairement que le funicule reste adhérent au placenta et que la graine s'en détache ; mais ce dernier caractère est soumis à plusieurs exceptions, et nous verrons tout-à-l'heure qu'il est souvent difficile de fixer la ligne précise de démar* cation entreje péricarpe et la graine.

Le funicule se présente d'ordinaire sous la forme d'un filet court et peu apparent; il est très-long, soit dans les fruits où les loges sont grandes, comme certaines mimosées (i), soit lorsqu'il est courbé ou replié, comme dans

(i) Roxb, corom. , pL aaS.

ÔBGANBS BBPBODUGTBUAS. 6r

cef Inémès mimosées, dans quelques crucifères (2), etc., soit lorsqu'il est destiné à soutenir la graine même, lorsque celle-ci est hors de la loge : ainsi, dans les magnolia (3), les carpelles libres dont le fruit se compose, s'ouvrent le loog de leur suture dorsale, et la graine ou les deux graines qu'ils renferment pendent au-dehors , soutenues par un funicule long, grêle, blanc, flexible et argenté. On a remarqué que ce funicule est un faisceau de trachées : je ne sache pas qu'on ait fait aucune observation analogue sur les funicules non extensibles de presque tous les autres végétaux.

Le funicule est ordinairement libre de toute adhérence; mais il est des plantes dans lesquelles les funicules, étani très-rapprochés , se soudent constamment ensemble : c^'est ce qu'on observe parmi les crucifères, dans le genre eunomia. Il arrive plus souvent que le cordon ombilical se . trouve naturellement soudé avec les parois des loges : ainsi, par exemple , dans quelques crucifères, telles que la lunaire (4) oxx \e petwcall/s ^ le funicule est collé, dans toute sa longueur, sur la cloison du milieu du fruit. Dans quelques mimosées, il est collé sur la valve de laquelle il a pris naissance; dans ces cas, la graine, quoique naissant réellement du bord du carpelle, semble sortir du miliei^ des cloisons ou des yalves. Il est possible que ce soient des adhérences analogues du cordon ombilicid et noo du placeota, qui déterminent la positioa des graines des fla*' cof rtianées et des butomées (5) , éparses sur les parcHSinternes des valves du fruit.

(2) DC. , Mém. crue. , pi. a , f. 43.

(3) Gsnrtn. ir., pi. 70. Sohkuhr. handb. , pi. liB.

(4) DG. , Mëm. crac. , fig. Sg-

(5) G«rtn. fr., pi. 19. Turp. Dict. éc. nat^, pi. àét btitomcciir

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69 ORGANES RB MIOBUG T B VKS.

Quand le fanicule d'un carpelle libre ou d'uBe loge d'an fruit naît vers sa base , s'il est court , cette graine est né^ cessaîrement dressée , par exemple , daas toutes les composées (6); si le funicule est assez long pour atteindre la sommité de la loge , et qu'alors il se recoui4>e vers son extrémité, la graine, quoique née delà base, se trouve pendant^, comme on le vok dans la loge supérieure du fruit du crambe (7), datfs le fruit an paronychia , etc.

Supposons maintenant que le cordon nourricier soit long, ascendant et collé avec la paroi de k loge, la graine naîtra à son extrémité, et paraîtra pendante du sommet de la loge , comme , par exemple , dans les dîpsacécs (8)^ dans ce cas, comme dans le précédent, l'un des bords du fruit présentera une petite nervure : dans le premier, cette nervure, qui est très-fine, est produite par la trace du cdrdon pistillaire; dans le second, par celle du cordon nourricier : ces deux ordre» de vaisseaux sont toujours en raison inverse l'un de l'autre, et, comme? on voit, ni l'un ni l'autre ne sont le funicule proprement dit, puisque celui-ci est la réunion des deux»

Lorsque les graines naissent dea bords des carpelles ou de l'angle intérieur des loges , elles sont naturellement horizontales; mais lorsque le funicule est long, et surtout dans les fruils pulpeux , il arrive qu'elles prennent une posifiion peiKlaote ou: vague, d'après le développement ou la^piQsition partièdièredu firuit^ m<d^â|n^skur ppôpre poids. Ainsi la bfigtiieur, {Vdbéreoce et les inflexions des cordons ombilicaux ou des cordons |Hstfflaires et nourri-

(6; Gaertn. fr.,,pt ,157:^174. /., ;

(7) DC. , Mém. crue. , fig. 43.

(8; Gœrin. fr. ,'pl. 8(^^f. 2, 3, 6.

ciers, détermiDeiit eo géDéral la position des graines dans Tes loges des fruits ou dans les carpelles, en combinant ces caractères avec ceux indiqués plus haut sur la position de5placenta3 et le nombre de graines.

Le cordon ombilical porte toujonri» la graine à son extrémité^ et la partie de la graine sar laquelle il adhère, est ce qu'on ncfÉame ombilic, hiU ou cicatricule^ mais ce cordon, tend dans plusieurs fruits, à s'épanouir un peu avant d'atteindre la graine ; ces épanouissemens du cordon ombilical ont reçu le nom d'ariile} leur histoire est d'autant plus importante^ que dans certains cas, on est tenté de les confondre, tantôt arec les parties du péricarpe, tantôt avec celles de la graine.

Les cas les ^us simples sont ceux où le funicule s'épanouitlatéralement, de manière à former une appendice sur la graine*, ainsi, dans ptusieurâ polygalées, on trouve un arille latéral qui nah évidemment du funicule- Dans ce cas, cet arille est ordmairement de coosistaEtce charnue ou membraneuse; c'est peut-être à cet ordre des arilles unilatéraux qu'il faut rapporter les crêtes ou caroncules qui se trouvent dans quelques dolichos, et dans la chelidoine? Dans le muscadier (9) , l'ariUe est grand , charnu, rameux, et forme. une espèce d'enveloppe incomplète à la base de la graine : c'qst ce qu'on nomme vulgairement l£Lmad&;jdansleL.iZiig^4ia(iûX, tarillfî est assez grand et assez charnu pour qu'il v^lUb.peine de le recueillir pour servir d'aliment. Le même phénomène a lieu dans les les passîlBorées (iï),'où l'intérieur de cette tunique aril-

(9) Gaertn. fr., pi. 41. •

(10) Koenig. in ann. bot. 2 , pt..i7, f. 3, /f > ^» 7> ^» (il) Gaertn. fr. a^ pi. i 77, f. 1. <

64 OBCiANBS ASPRODUGTfiQ&i.

laîre est rempli de pulpe sécrétée, à ce qu'il paraît, pat les parois de l'arille; c'est cette pulpe arillaîre qui, lorsqu'elle est abondairte, fait placer quelques capsules de passiflores au rang des fruits comestibles (12).

Dans tous les exemples que je viens de citer, Varille forme une enveloppe incomplette autour dé la gtaine , et c'est là ce'qui doit être considéré comme le caractère distinctif de ce genre d'expansion dû fiinîcule. . On donne, au contraire, avec Gaertner, le nom Sépiderme à une bourse membraneuse, sècbp, mince, bien appliquée sur la graine , et qui la recouvre toute entière-, cet organe est bien visible dans les malvacées (i 3), les bombacées, etc.

Il est à remarquer que Farille, quefle qte soit sa consistance charnue membraneuse ou pulpeuse, ne porte jamais de poils; qu'au contraire, l'épiderme est tantôt glabre, comme dans les courges (i4), pl*^s souvent chargé de poils; et comme la peau de la graine, proprement dite, n'a jamais de poils, toutes les fois qu'une graine en paraît couverte , c'est qu'elle est revêtue par un épiderme poilu et fort adhérent; ces poils sont ou trèscourts, comme dans la plupart des mauves, ou très-longs, comme dans le cotonnier (i5), chez lequel ils forment la matière si célèbre et si utile, appelée coton i tantôt on

(ia) Passiflora eddlis. Yoy. Bot. reg. , pi. îSif. * (i3) L'épiderme des courges a plas de consistance que les autres, et a fait dire à Spallanzani (Opusc. 3, p. 33a), que la graine des courges est formée de deux substances ^ et & L.-G. JElichar<ï y que l'épiderme de cette graine était une loge du fruit,

(i4) Gaertn. fr. a, pi. 1 35,, f. 3. d.

(i5) Ihid., pi. ^4,f. I. a.

Digiti

OBOANBS BBPBODBCTBURS. 65

les trouve épars sur la sorfiace entière de l'épiclenne appliqué sur la graioe, cofBme.dans Vodroma; tantôt à des places détemûnées, comme dans phsienrs Tariétés de coconmers-, laatôc mnés en booppe à l'extrémité de la graine, comme dans phisieurs apocinées ( 1 6). Ces honppes, qa'ona noaunées ciefelures(fxmaef)j ressemblait tellement aux aigrettes, cp'on a souvent confondu ces organes ; mais ilsc^rent cette différ^ce essentielle, qœ l'aigrette, qui est une dégénérescence dn limbe du calice , est en*ddiors du péricarpe , et la cbevekire, qni est une expansion de l'épiderme, est en*dedans des log^ du fnût et sur la graine même : malgré cette immense dtfiGérence anatomiquéy'kur natare et leurs propriétés ont une grande analogie» Ces deux sottes de bouppes sont fiirmées de poils meo^sraneux et fort bygroscopiques, doués de la faculté de se rapprocher quand ils sont bnmectés, et de diyeiger quand ils sont secs; d'où résulte que tant que la maturation n'est pas acbevée , ces poils, éunt bnmides, restent laf^urochés; que deresant aees k la maturité, ils divergent, et tendent aiosi à £ivoriser la s(»tie bors de leurs enveloppes des c<Hps auxquels ils adhèrent : l'aigrette tire l'akène bors derinvolucre; la chevelure tire la graine bors du péricarpe; l'une et Fautre, étant épanouies, permettent au moindre vent d'emporter au loèi ces petits corps, pour lesquels ils font l'office d'ailes, ou plutôt de pariK^botes. Je reviens aux modifications de répiderme.

U arrive ^m^a souvent que cette membrane ^'épanouit autour de la graine, et âet-lîeu de porter des poils, se dilate en aile souvent très-développé^ et trés-fîuê : c'est

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(i6) Gartn. fr. a, t. i34, f. i. d.

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