CHAPITRE II
Du Tissu ceÛulaire.
ARTICLE K
lyu Tissu cellulaire en généraU
Lis tissu cellulaire ( contextus ceQolos«i5 ) , eoosidéré en masse, est un tissu membraneux formé par un grand nombre de ceUules ou de cavités closes de toutes parts; réeuitie de la bierre ou un rayon de mid en donnent une idée grossière, msds assez exacte : chaque paroi d'eau ^n de cire représente la membrane , et la place de l'air on du miel donne lldée dés cavités ou cellules. Ce tissu a aussi reçu le nom de tissu utricntaire (complexus utricularis) , qui fait plus pardculièrement allusion à la théorie où Foti admet que chaque cellule est une vésictde séparée du tout;LiDk le nomme tela cellulosa^ d'autres complexus celbthstts. Lorsqu'on le considère en masse, et par oppontion aux parties qui ont beaucoup de vaisseaux, on loi donne le nom de parenchyme (parenchyma ).
I^s cavités du tissu ceUulaire portent le nom de ce/- Iules (celhiîœ).'l^lpiglii , qui les r^ardait comme autant de vésicules distinctes, les xiommûx utricules(vXtic\{&)\ Orew les a désignées indifféremment sons les noms de cellules, àe pores ou de vésicules (en anglais otadders).
Le tis^u cellnlaire se trouve dans toutes tes plantes; il
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en est même qui en sont entièrement formées;^ tek sont l'es algues, les. champignons, les hypoxylons, les lichens, et très-probablement les hépatiques et les mousses, ou, en d'autres termes , toutes les vraies acotyl^dones. Quant aux autres végétaux , quoique le tissu cellulaire ne les compose pas en entier, il y est t»ès-abondamment répandu; partout il entoure les vaisseaux, de sorte que, dans le règne végétal comme dans le règne anipaal, on ne trouve jamais de vaisseau à nu : les fruits, lès feuilles duimues, la rooâle, récorce des racines, etc., offrent de grands amas de tissu cellulaire. Proportion gardée, il est plus abondant dans les herbes que dans les arbres , dans les jeunes plantes que dans celles qui sont âgées , dans les parties charnues que dans celles qui sont sèches et fibreuses y et il semble composer en entier les plantes à l'époque de leurs pre-f miers développemens visibles. Les parois qui forment les cellules sont des membranes transparentes; elles s'altèrent facilement par la macération d^ms Veau, se (Crispent et s'obUtèrent rapidement par l'exposition à l'air , de sorte que leur examen exige quelque soin; ces membranes sont généralement sans couleur lorsqu'elles sontbiendépouillées des sucs renfermés dans les cellules. Le diamètre des cellules varie beaucoup; en général ^ plus il est grand, plus la pai^e a laquelle il appartient a la consistance lâche, ou croit plus rapidemeiit. M. Kieser calcule que les plus grandes cellules, celles de la citrouille (i) pacL exemple, ou de la balsamine (2) t>nt , sous un grossisse* ment de cent trente fois le diamètre, cmq à six miliimè-
(i) Mc5). org, , p. 89, pi. 8, f, 36.^
^a)ttûi.,pl. ii,f.4?.
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trei, et que le diamètre des plus petites, comme par eiemple celle de la feniBe do géroffier (3) n'ont, an même grossissement , qu'un millimètre; de sorte qu'il j a dnq mOIe cent cellules sur un millimètre carré de grandeur naturelle.
ARTICLE II. jDes Pormes diverses des Cellules.
Les cellules du tissu cellulaire, considérées uniquement quanta leur forme générale, se présentent sous quatre formes principales, savoir : i»* les cellules arrondies ; 2.* les cellules allongées en fuseau, ou amincies aux deux extrémités; 3^ celles alongées en tubille ou en prisme , c'est-àdire nouH^trécles aux extrémités-, 4** ^^ alongées en travers. •
La forme arrondie semble être la forme origineHe des ceDules, et l'on peut dire, dans ce sens , que toutes les autres apparences qu'elles présentent tiennent aux pressions diverses qu'elles exercent les unes sur les autrçs pendant leur végétation ; qu'ainsi elles deviennent hexaèdres ou à-peu-près hexaèdres , lorsqu'elles sont également pressées en tous sens; qu'elles prennent une forme alongée,soit dais le sens longitudinal, soit dans k sens transversal, lorsque la pression s'exerce d'un on d'autre côté; mais dans tons ces cas, il faut bien se garder de croire que les formes des cellules soient aussi régulières que les figures qui en ont été publiées pourraient le faire croire. Il est évident qu'en les représentant avec la régu-
(3) Mén. org. /p. 89, pi. 19, f. 93. o.
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l4 OBOANES AlfiMENTAIBB^.
larité exagérée qu'offrent Ja plupart des planches, on a voulu , 6oit indiquer l'état qu'on peut -supposer normal plutôt que représenter exactement l'apparence de ces organes à la sioiple obs^vation , soit débarrasser les exemples des anomalies sans nombre que le mouvement de la végétation iatrodoit dans la forme des celldes. M. PoUini a particulièrement insisté sur les variétés de formes des cellules d'un même organe (i).
Les cellules qu'on appelle arrondies ou hexaèdres (a) composent le tissu cellulaire dit r^ulier, c'es^à-dire qui n'est pas sensiblement alongé dans un sens plutôt que dans laulre. Ces cellules composent la moelle des arbres, l'enveloppe cellulaire de Técorce, la chair des firuits charnus , le parenchyme des feuilles, et en général, toutes les parties des végétanx peu ou point susceptibles d^alongement.
Les tissus que M. Link désigne sous les noms de globulaire, vésiculaire ou irrégulier, me paraissent rentrer comme des modifications dans ce que nous nonunons ici tissu cellulaire arrondi.
Ce tissu cellulaire arrondi est destiné , selon M. Link, à conserver et à élaborer la sèv-e. M. Dutrochet assure, au contraire, qu'on n'y trouve pas ordinairement de sève; la différence entre ces deqs assertions tient probabiement au sens qu'on attache aux termes : si l'on entend par sève le suc non encore élaboré et qui se rend aux or* ganes foliacés pour y recevoir l'action de Tair et de la lu-
(i) Poil. élém. bot. i, p. 44» fig» 5.
(^} Mirb., Anat., pi. i, f. i. Élan., pi. lo, f. i, d. Dntroch. , R6«h., i; 1 , 3. lÀùk, Ann. Mn»:, 19, pU46y f. 3^ 4* Amici, Oss. micr. , f. 3o. Ries», Org^ , pi* it f. 2,
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mière^ il est vrai de dire que les cellules arrendM ae le reofermeot pas. Si l'on se ^ert du tact de sève pour exprîmer ud soo <fji a déjà subi quelque élaboradou , m qai est placé de manière à la recevoir, ou peut alors dicie que les cellules contienoent ce sac , et ee qui se passe dans le pareodijoie des fruits , p^idast leur maturation, me semble le prouver.
Les cellules alongées dans le sens longitudinal sont assez di£férentes des précédentes, etse rapprochent même quelquefois par leur forme des véritables vaisseaux* M* Mirbel les avait décrites d'abord sous le nom de 'peiiis tubes, et ks avait considérées comme' des modifications des vaisseaux (3) ; mais il est évident, pour qui» conque les ava observées , que ce i» sont point des vaisseaux; car elles sont closes aux deux extrémités: c'est pourquoi , dans les piwjpes âémentaires (dacés à la tête de /a troisième édition de la Flo^-e française, je les ai désignées sous le nom de cellules tuhulées , qoi indique assez bien leur forme , et j'ai nommé tissu cellulaire alangé celui qui en est composé. M. Biidolphr a eu absolument la même manière d^ voir, et désigne ces cdlules sous le nom de cellules alongées. NL Mirbel a fini par adopter (4) la même opinion , et a désigné la masse de cet oi^ane y d'abord sons le nom de tissu cellulaire ligneux y fsxo^t qu'il se trouve en abondance dans le bois, pois (5) sons celui de tissu cellulaire alongé. M. Treviranus s'est aussi rangé a cette opinion, et donne à ces -cellules le nom Sutricules fibreuses. M. Gassini les nomme tubilles.
(3) Ann. Mus. 19» p- 3i4«
(4) Thëor. org. vcg., p. 116.
(5) Élém. bot. 1, pi. 10, f. 3, 4*
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â6 OBOAIIBS iLJktfBIfïAlBBé.
D'après les obserrations de MM. Kieser ei Dutrochef , il oie parait qu'il faal distiogoer deux états fort difTérens des celliiles absgées dans le sqds IcNQgitadiDal^ savoir:
I*. Les cellules qui entrent dans la composition du bois et des couches corticales ; dies ont l'apparence de fuseaux amincis aux den extrémités (6), et M.' Dutrochet leur donne, par c"? motif, le nom de chstres, qui signifie fuseau. Ces dostres sont d'ordinaire parallèles les uns aux autres, se touchent par leurs parties renflées^ et .les intervalles qu'ils laissent i leurs extrémités sont rem^ plis par les pointes des dostres voisins. Ces dostres sont remplis d'uàe matière particulière, plus aqueuse dans le .jeune bois que dans le bois ancien, et dont la natOfe détermine la dureté, la pesanteur^ la couleur diverse des différons bois comparés entre eux , et d'un mènve bois k diverses époques ou à diverses places du végétal. Le tissu désigné par M» Link> sous le nom de tissu d'aubier^ rentre dans cette cat^rie*
2^ Il est d'autres cdlules auxquelles le nom de tuhilleê^ proposé par M. Cassini, serait assez bien adapté; celles-ci sont cylindriques ou prismatiques , et njt>n renflées dans le milieu de leur longueur. On les trouve toujours autour des vaisseaux dans les plantes vasculaires (7), et elles com* posent seules les nervures, les pédoncules et les tiges des v^étaux dépourvus de vaisseaux , teb que les mousses et les algues (8). H faut remarquer que, dans plusieurs dé^:es
(6) Dutr. , Rech. , pL i, f. i3. Ries. , Mëm. org-, pi. i5, fc 74, Link , Élém. , pi. i, f. 2 et 7.
(7) Kics. , Mém. org. , p. 4, f. 195 pi. 5, f. a3 ; pi. 6, f. 26.
(8) Mîrb. , Journ. phys. » flor. an la^ pi. i. f. i, 3, 3, 4t P^- ^f £• 4> Si> ^*
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OBaANES ét*iaENTAJB£S. ly
plantes cellulaires , telles que les mousses on les bépati- ^ats, il y a subitement un chaugement notable de figure entre les cellules^ alongées qui forment leurs nervures, et ks celluks arrondies qui composent leur parenchyme, tandis que , dans les plantes yasculaires, il y a souvent one transition insensible de forme des cellules alongées qui entomrent 1er vaisseaux , iiux cellules arrondies qui filment le parenchyme. M. Rudolphi (9) concept de là que les ceDufes alongées des mousses pourraient bien être un ordre pardcidier de vaisseai:e|; mais cette opinion ne nous parait pas assez prouvée par cette seule consiâéiration. - .
Enfin, jl est un dernier <»rdre de cellules qui, au-lieu de s'aloniger dans le sens lon^tutSn^, s'abngent dans le sens transversai *, ce sont les cettules qui composent les rayons médidlaires^ et qaî sont par-conséquent prepreâ k la classe des dicotylédones. M. Kieser, qui a le premier propose ée les distinguer comme un ordre particulier de cefldes (lo), fait observtr qu'eltes sont remarquaUement plus pclîte»4(ne toutes les autres. m •
Toutes les cellules allongées, soit mx long soit en travers, seodJeBt moins adaptées que les œilules arrondies à fêlabOTatîon des sucs, mais paraissent servir peut-être à leur mardie : c'est au-moins ce qu'on peut oonclike de leur présence habituelle dans les organes où les sucs sont e^ mouvement, et (au-moins pour les tuliilles) de ce qu'ils composent la j^us grande partie des organes fA h joiou* vement des sucs pataît s'exécuter.
(9) Allât. , p. îSw - -
(10) Mém. org. , p. 10a ^ pi j4, f. 67 Qt.6a; pL .i3, f, 64 et 65. Tome I^. a
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t8 oAttARs» àhàmmur àtMua.
ARTICLE IL
JMs Matières <ontmufis dmns Js$ CMtU$ ût df J'apjm" ftn€9 de kunpanw* •
Les celhdes, coosidérées dmt dîreraes phnies ou -di* «eise8>é|iDqQes de Icnr régétAiiin ^ soot laBtte suc aqueux, tantAc pleines d'enr; dass Fim et Antre cas, leur toasparettce n'est point trouUée, et l'hisCDire de ces matières comecaes dans les cellules^ Crè^-èn^oftante en physiologie, n'a pas entraîné d'erreurs anatomùpies* Mms il importe de notée, qu'outre œsâmdes , on FencDntse dans les olhdes diffînns corps opupes ouDolacés qnifliéiiceBl fKifie attention ::
' f s On y trouve ^réquenunent de peti^ gruos nuènlfii, opaques, sans couleur, qui sont^ nature amylacée, et pei> lent le nom de fécuU^ ces -grains sont fi>iiaés «i ^pantilé tPès*conflidcrnHe dans certaine^parties du tissu, oommt par exemple ies cotylédons chanius et fes allMnnens £n* neux des gcaittes, fe paren(%aw des tabereules, eto.
s*. On tnne encoredans tes ceBulesdespavendiyveB fcëacésd'autres petits^^Undes, le jte son>eent appliqués contre iespai«îs(i) qpii je colorent oDdknîrBoieut ea^crt par l'action de la lumière^ aont anaceptiUes de nevétir diverses couleurs , restent décobisés «t peu on point viables dons les partiiss iiott exposées à 1^ èudàre. Ces globules, de nature résineuse, constituent la maiîàoe vsente des feuilles^ ou ce que quelques chimistes nomment chlo^
(i) &i<»» y Mém* ot%.^ pi. I, I. 3.
ropfyMe. Les globules colorés dis pettalcs éis ftnifs pe»- "wat êàre Mmmiir^ a eelte diis^de corps à fdaiieiirs %ards. Il résulte d'expériences chimiques fort carienses, Ute^ par M. Maoaîre, ^utt ootte même matàèm se cobre €D roage on enjasDe daos ïwttmsûitj et qae c'est I9 aénie jDsâère qui, difoseéent colorée, se retroare daasles criices et inétte dsas les corolles et sntres parties de la ftadifiealîoB; par-rcoaséqueot, Le nom de obloropbjrHe est crèfrjflipnoprt coo pourrait potsfiiiétrîe^ avec le 0iot doiiemie, Appeler cimaule.
3^ fip&i , its celhks da bois >de l'aHfaier et des Cowkes de l'éûpree awprirnitnnt, diaprés les obserratioDs de ML Dutmehft, des çr^û» de netiéfe j^gaeuse qm ^applii|tteiit sor lears patois^ les «Dfcrouleit, Ils ^:«ttdeiit -opaqato, et coDsûtoent les différentes si BotaUes entre les dîffiéceiis bois.
Si Von fait abstraction de œs icois classes de corps, le tissu des cellules vu aux plus forts microscopes parait parfaitffluent Uauspiarepf, et oe présente m plis régulier»^ ni ponctuations itdiéreJte» k son tissu, ni pores visibles. IL Mirbel a soutenu vivement l'opinion contraire, et a ménie représealé (s»}4es cettutes arrondies, marquées de poxes Jbordés de iMSumlets ou de fentes transversale»; «aïs awno autce phytiotcimiste n'a sien vu de semblable. Il pavttt ^e celte erreur tient , dans dsrers cas , à l'une des flett|[ canffù»<iiiftotesv
i«. On aura pris les grains amg^iaoés Ipi^'its sont un
(2) Anzi. , I, p. 57, pl.f. a, 3, 4* 7hcor. éd. 3, p. 116, pi. if H,*» a el 3.
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SO OBGANSS AtâMBlITAIBEdB
peu collés aux parois ^oa ceux de la matière colorante et de la matière ligueuse , pour des parties intégrantes du tissa.
2^ Dans l'opinion de ceux qui considèrent les vaisseaux en chapelet comme des sortes de cellules, on a pu dire que leur tissu était ponctué; mais encore même dans ce cas , il était très-hasardeux de le dire poreux : nous examinerons la natnre de ces ponctuations du tissu, lorsque nous nous occuperons des divers ordres de vaisseaux. Nous nous bornons pour le moment à établir, d'après le témoignage presque unanime des anatomistes, et d'après nos propres observations, que les cellules proprement dites, soit arrondies, soit alongées, ont un tissu transparent, et qui n'est ni ponctué, ni percé de pores visibles, ni encore moins marqué de fentes tranversales.
ARTICLE IV
Des rapports des Cellules entre elles ^ ou de la continuité du Tissu et des MéaÈs intercellulaires»
La question la plus importante qui se soit âevée sur la nature du tissu cellulaire est de savoir si toutes les parties qui le composent sont des corps distincts plus cm moins soudés entre eux, ou si ce sont des dédôublemens d^une même membrane continue. Cette question tonshe de prè^ à toutes celles* que nous aurons à examiner dans la suite sur la nature organique des végétaux, et elle est la base de toute discussion sur l'usage de ces mêmes organes. Nous tâcherons de l'exposer avec autant de clarté que la difficulté du sujet nous le permettra.
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OEGAlfBS ÉLÊMBNTAIRXS» ftt
II est difficile d'affirmer, d'aae manière bien positire^ qadie était l'opinion de Malpigfai, et-probablement il ne s'en était pas formé de'bien décidée; cependant, le nom d'otricnle on de yésicole qu'il a donné anx cayités closes^ et la plupart des figures qu'il en a publiées (i) peuvent faire présumer qu'A regardait chacune d'elles comme un petit corps particuh'er, mmii de ses propres doisMS, et simplement collé ou juxta-posé auprès des corps voisins; tandis qu'au contraire , Grew ( 2 ) , en donnant à ces mêmes cavités les noms de pores ou de cellules^ a plus clairement indiqué qu'il les considérait comme des cavités ménagées dans un tissu ou un feutre continu de tontes ^ parts, de telle sorte que chacune d'elles estséparée de sa voisine par une cloison unique et simple. D'accord avec l'opinion qui parait celle de Malpighi, Lemiwenboeck semble aâmeitre âes utricules distinctes ^ liées par des fibres intermédiaires. Hedwfg et Majer ont considéré le& cavités comme des réceptacles destinés à recevoir les liquides, et ont admis plusieurs petits vaisseaux serpentant entre leurs parois. MM. Tréviranus et Kieser ont soutenu que le végétal est composé de vésicules plus ou moins serrées, séparées par des interstices visibles, qu'on désigne sons le nom de méats intercellulaires om intervasculaires ^ M.Link a adopté la même opinion, ei dit qu'on voit sou* vent les cellules isolées, surtout lorsqu'on a fait bouillir le tissu. M. DuPetit-Thouars (3) admet aussi que les cellules ou utricules sont des corps distincts les uns des autres.
(i) Malp. , Opei . , cd. iii-40. toI. i. pi. 4.
(3) Anat. , pi. 10, II.
(3) Cinquième EsMi, p. 66.
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S8 OBGAlfB6 iLiVBRTAIiËê;
M. PoUiiii appuie la méffle opinion par les observations qui lui sont propre8(4).M. Aiiiid(5)atte8te que, non-seulemeufl au moyen de ^n microscope on peut roir les ifitervaHea des ceHoIes qui se présentent souvent comme dei vides angulaires pleins d'air, mais qu'on peut, en faisant liouillir le tissu, détacher les cellules tes nues des autres , et les observer isolées-, de sorte que, sdon lui, on ne peut met l'existence de ces espaces ou méats intercellulaires qui sont rempUs d'air. M. Dntrochet dit (6) que les cellules soumises i l'ébuÙition dans l'acide nitrique se séparent et se présentent comme autant de vésicules distinctes ; que partout oà deux cellules se touchent, la paroi qui les sépare offre une double membrane, qu'il n^y a jamais de paroi commune ni entre les cellales ni entre les vaisseaux, et que' les organes creux n'ont entre eux que des rapports de contîguité. Enfin , M. Tnrpîn (7) admet aussi que le végétal est tout composé de vésicules distinctes ^ diversement soudées on quelquefois entièrement libres , et propose de donner à cet élément végétal le nom àe globuiine.
L'opinion contraire soutenue , dit-on , d'abord par Wolf (8), a été vivement adoptée par M. Mirbel qui admet comme base fondamentale de Pâuatomie, que le végétal est entièrement composé d'un tissu continu de toutes parts, que les eeUules voisines ont toujours une paroi com-
(4) Élém. bot. , 1, p. 4^, fig. 5.
(5) Osserr. nier., f. 19» ao, aS, 3o.
(6) Rech. sur h str. ré^ , 18*4 > p* 10 > 47 ^^ 49*
(7) Mén. lu à PAcad. des Se. de Puris» i8a6.
(8) Thëor. gén. , éd. HoU., i774»P* 16, d'après Liok, Él5nL bot., p. 71. ' ^
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oECAKif ihinBnTAinmB. t5
' (9)9 V^^ eo est de même àtes ttibes comparés «ux arkcB voisiDes, qœ lorsqu'on a ara roir une double dcu* ion 9 c^estipi'on royait par transparence les borda de quelque antre cellule. Cette opinion a été adoptée par M. RudotfM , et )e m'y étab moi-même jadis ruigé dans la théorie éléoBentaire. Les paKîsans des deux opinions se sont appuyés ^ poor la soutenir, sur une môme comparaison. Grew aYttk dit t|ue le tbsu ceUidaire ressemble à l'écume d'une Uq[neQr en fermentation; M. Mirbel approuve cette coa^« paraaon en ced, que dans Técume chaque bulle d'air est séparée de sa voisine par une seule lame d'eau, et que ees lames sont continues entre dks. M. Xink l'approuve ausn en (x que diaque bidle d'air doit être considérée comme entourée d'une membrane aqueuse qui kù est propre, etqne^lorsqu'dles se soudent pour former récnme^ ciiaqne lame d'eau est formée de deux lames collées. Ainsi, les partûans des deux théories sont partagés jusque sur le sens des simples métaphores.
Oserons-nous affirma quelqoe chose de décisif entre œs opimons diamétralement contradictoires ? Y a-t-il quelque théorie intermédiaire qui put les concilier? • i^. L'observation microscopique dirigée vers ce but m'a laissé fréquemment dans le doute : la membrane qui sépare les orihdes paraît simple avec un microscope faible ; mais dès qifon emjdoie un microscope puissant, on n'ose le phs souvent affirmer si l'on voit la membrane simple ou double (10), et brsqu'on la voit double, si cet effet est 4it
(g) Mirb. y Traita 4'Aiiat. T^g. , pL i, f. i| 3 , 8 c.
(10) M.r Mirbel la représente simple dans son Tab. d'Anat. '^^8*7 ^' i> et peat lire double y f. a5 et36; et Élém. , pi. la, I. 1. ' \
Digit4zed
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i quelque ombre projetée. Ce que je puis attester, c'est que j'ai vu des triangles vicies entre les cellules, tek que les représentent les figures de MM. Treviranus , Kieser et Amici,.et que je suis tenté comme eux de les èonsidérer comme des espaces pleins d'air, mais on ne p^t condùre de là que le tissu n'est pas continu; car il pourrait bien se faire qu^il y eût entre les cellules pleines de suc, des' cellules vides qui offrissent cette apparence. Grew lui-même, tout ^ admettant la simpUcité de la membrane, a très-souvent représenté les intervalles des cellules i-peu-prés comme les auteurs que je viens de citer*
2*. En kcérant irrégulièrement le tissu foliacé, j'ai vu assez souvent, surtout dans les feuilles des monocotylédones , des cellules qui paraissent parfaitement intactes, se séparer en tout ou en partie de leurs voisines; mais ces faits sont assez rares pour qu'on puisse soutenir, ou qu'ils' sont hors du cours ordinaire des choses , ou que le tissu des cellules voisines a peut-être été rompu.
3^ La séparation des cellules par l'ébullition dans l'eau ou dans l'acide nitrique, semble aussi confirmer l'idée de la duplicité des membranes , et tend à faire considérer les cellules comme des corps distincts. Mais il fafat avouer aussi que, dans des sujets si difficiles, il est dangereux de se décider d'après des observations où le tissu naturel a été altéré par des agens puissans. L'ébullition dans Teau elle-même a tous les inconvéniens des anciennes macérations, c'est-à-dire qu'elle détruit les organes délicats intermédiaires, et tend à isoler artificiellement des' organes qui peuvent être vraiment continus dans leur état naturel.
4<>. Il est des cas où l'on voit le tissu cellulaire se résoudre en corps isolés, qui, à la vue simple, paraissent
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OBGAHES ÉLÉMEffTAlBES. s5
une poussière, et qui) vus au ndcroscape, semblent éridemment des cellules : tels sont les amas de globales qn*on trouve dans les lenticelles au développement des racines adventives, etc.
D'après l'ensemble de ces observations^ je ne conserve maintenant aucun doute qae les cellules qui composent en général le tissu cellulaire sont des vésicules distinctes les unes des autres ^ et diversement soudées ensemble. Si je voulais chercher danslanatu]re même un exemple grossier, mais visible à Fceil, de ce genre* de structure, je dtei^ les vésicules membraneuses et pleines de suc qu'on trouve dans le parenchyme intérieur de Forange : chacun de ces petits sacs, que je ne prétends pas assimiler complètement aux ceUules, se trouve presque libre, et leur en* semble forme une espèce de parenchyme.
Lorsque les ceUales sont Jégèrement ou partiellement soudées, on peut les trouver désumes en tout ou en partie, comme on le voit par exemple dans le tissu lâche des feuilles de plusieurs monocotylédones. Voyez la planche a, fig. 3 et 4) qni représente le tissu de celle du tritoma.
Si une cause quelconque, altérant Tétat ordinaire des végétaux, vient à rompre PadbérencQ des cellules, on trouve alors les cellules désunies et i^ant Tapparence de petites vésicules, comme , par exemple , dans le moment du développement des racines adventives , et peut-être dans les e£Qorescences des lichens.
Dans les cas très-nombreux ou les cellules sont intime** ment soudées, on aperçoit souvent entre elles des espaces vides, qui sont les méats intercellulaires $nr lesquels nous reviendrons tout-à«rbeure.
Eufin, il est des cas où la soudure est tellement intime ,
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t6 oaaAirs» ftLiHBifTi.iRB».
^m, m pem poisc raperoeToir ; c'tst ce qui «rive parti' eatièremeot dans les ceUnles des cryptogames, diez les* q«eb les meus bterceUolaires ne sont p» TÎsîUeSjtt où les cloisons qui séparent les cavités semblent être simplesa
Les méats on canaux interccUulains wofA donc des espèces cte vides qd existent entre les ceUules, et qoi n'ont d'astres parois que celles des cellules; leœ' forme est le {dus souvent cdle d'un prisme triaogulrire (ii) : ooen trouve y selott Kjeser, dliexagones,''et même de dodéca« gones^ sekn le nombre des parois de cdloles qui conconrent à leur formation* Ces canaux suivent la direction générale desceUMes^ soit en long^ ce qui est le cas le plus fréquent, soit en travers, comme dans les rayons mé-» duUairei. Os sont souvent remplis d'eau, qudquefeîs d'air, et paraissent aussi recevoir les sucs propres; leur grandeur varie beaucoup dans diverses plantes : ils sont en général ^us larges dans celles à tissu Iflche et succulent. Au rate , leur structure et leur histoire sont encore trés-obscures , et méritent d'occuper très-particuliérement les anatomistes. Nous revi^drcms sur ce sujet en parlant des cavités aériennes et des réservoirs des sucs propres.
On a pu voir, par tout ce qui précède , que la propriété principale des cellules ou vésicules formant le tissu oellnlaire) est la faculté de se souder ensemHe : cette propriété joue un grand r^e danà toute Thistmre de la végéution ; non-seulement c'est & ses degrés divers' que tiennent toutes* les apparences internes du tissu, mais encore c'est aux soudures du tissu cellulaire que sont dues toutes les soudures des organes divers qui ^ étant prinutivementdistiûcts,
(II) Kieier, Mém. «rg. » pi. 3 > f. la. Amici, pi. t, f. 3.
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OEfâlTBS iLiVÉNTAIBB». «7
Smiian par foimer des corps ufôqiMB/ ra apparence ttd^ ffef, éD réalité cosiposés..
Une seconde propriété èa tksa des c^Ihilés est d^éfr^ énfiieiiimeiit hygroscopiqne, ifest-lndire d'absorber Teaa arec laqsdle dles se trouvent ea contact, «f, eu pàrdcti<* Kat^ cdk cpd est charriée p«r les méats imercelïtilaites. Ph>bal)kiD6iit cette eaa, déposée dans les celolès, y sa* Ut une élaboration particnUère d'oà résnlte la foiraiatlon des mÉtîères ijti'on y observe. Cett« pKpriété hygroscopiqoe m'a semblé dés long* temps ^ ainsi qn'k Séneblef^ Tmbe des bases principdes des phénomènes de !• vie té* pétale» M. Kieser a aussi flbté dans ces damiers lemptf mt ion importance-
En&i k tnHsième propriété générale de ce tissa paratt être la contractiiité organiqae , phénomène purement phy^ Magique^ qae je ne dois qn^id/qner ici , mais sans leqnel ï est diffioiie, et peut-être imposable , de comprendre la marche des sucs.
ARTICLE V
De Porigine des Cellules.
L'ôrigbie des cellnles, comme tout ce qnî dent à l*ori- ^ des êtres oi^aniséâ, est un problème absolument fai)>ossible à résoudre dans l'état de no» connaissances. Deux opinions ont été émises & ce sujet par les naturalistes.
M. Trevîranns paraît disposé à croire que les grains amylacés qu'on trouve dans les ceQules sont des rudimens de cellules nouvelies qui , en se développanr, ten-
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fiS O&GANES iLÉMENTAIftBS.^
dront à accroître la masse- da tissa, ft senible que M. Raspail a adopté cette opinion, d'après la manière dont il considère la fétole dts graminées.
M. Kieser (i) pense, au contraire, que lés globules qu'on trouve nageant dans les sucs des canaux intercellulaires, sont les rudimens des jeunes cellules qui, déposées çà et là dans leur route , tendent à accroître la masse du tissu.
Sans rien afBiiier sur un objet aussi obscur, je suis, pour le moment, pins disposé à admettre cette denuère opinion, parce que la première supposerait, ou que les grains amylacés peuvent sHtir des cellules, ce qui semble contradictoire avec l'absence d'aucun pore vi8B)Ie, ou qu'ils rompent, parleur développement, les cellules ou ils ont pris naissance, ce qui n'a pas été vu. Au reste, je n mdique ces opim'ons que comme des points curieux de méditation, et je me garde de prendre un avis décidé sur des matières aussi obscures.
ARTICLE VI
I^u râle' physiologique des Cellules et des Méats intercellulaires.
Le rôle physiologique des cellules est un sujet entièrement physiolo^'que, et qui ne peut nous occuper ici que d'une manière très-succincte, et seulement sous forme d'indication.
Les cellules étant closes de toutes parts, ne peuvent recevoir, de sucs que par Teffet de l'hygroscopîcité de
(i) ai<fm. org. , p. loj. -
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leurs parois. Celles qui sont. arrondies poiD|)ettt les socs qui les entourent) et les élaborent dans k«r intérieur -, c'est dans leur sein que se forment , par un procédé Tital ^ les matières féculentes et mudlagineuses^ et la matière résineuse qui les colore. Aussi voyons-nous ces matières diverses abonde» dans toutes lef partits du végétal qui sont essentiellement composées de cellules arrondies , comme le parenchyme de Técorce des feuîUes et des frm'ts, la moelle et les réceptacles des fleurs , etc.
Quant aux cellules alongées qui entourent les vaisseaux, leur rôle est plus difficile à oiMnprendre *, on n'y trouve presque aucune des matières que nous venons d'indiquer, et, dans la plupart des droonstances, elles paraissent vides on pleines d'air, et participer, par-conséquent, au rôle des vaisseaux.
Les méats interceUulaires sont en général remplis de sucs, et U est très* vraisemblable que ce sont eux qui servent essentiellement à leur marche. On peut, sous ce rapport, les distiller en trois classes.
I*. Les méats intercellulaires situés entre les cellules alongées qui entourent les vaisseaux paraissent servir à l'ascension des sucs non élaborés qui, des racines, se dirigent dans toutes les parties foliacées de la plante.
2*. Les méats intercellulaires situés entre les cellules des rayons médullaires, établissent les communications transvewles des sucs, du centre à la circonférence.
3o. Les méats situés entre les cellules arrondies des parties parenchymateuses ^ reçoivent lés sucs en quantité plus grande, vu que leur mouvement est plus lent. Les cellules se trouvent ainsi entourées de ces sucs , et peuvent s'en imbiber pour 1^ élaborer.
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Nom v<tr<M», daas k swtt^ <ioe learaéats mterceUalaires diktés predoisafit la plupart des cavités aérienne» ^t les réserK^r» des sues propres, et présentent ainsi dé Dowaai^ osagis ponrla vie du végétai
U ne fane pas per^F^de vne que le tissneelWalre est le Siol organe élémnitaj^ <fai existe d«is tout k «ègne végétai, <t que c^est à lui, pariPonÉéipet , et à s^modîiicaUoDSy ^eo doit nyporter tons les phénomènes (es plus généraux, Pascenstori d^s sucs et lenr prinfâpale ^bbontioD-
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