CHAPITRE III
Des Faisseau»»
ARTICLE h'.
Des Vaisseaux en général,
JLIb toutes les parties de ranatooiie végétale, cdie sur iM}ifelieoD a k|Âis<lispiité, et SOT la^pcUe on est encore le mom d'aceorl , c^est la firaciMse et Fhisloire âes vaift> fiSBox. On désigne sons ce nop^adopté |)ar analsgie wmt ïmÊMBmt animale, des td»es cjMmàriqmSj m à^pen-ftés ^jiadrnines, qatc» obserre dans le pkis grand nonbre des v^àanz^ et ^ diiHàrent des ceUides même les plus dbogées , sokparee qn'on n^y aperçoit ancnn diafrivagme qni ks dose dans le sens trMisversal , soit parce -que IsBfs pards sontaonoses de points, de Taies, d^mneanx, de bôi^ et de spires^ qu'on n'iqierçoîl point dans les parois des cellules. • •
Pendant long-temps on a di$tiIlg;^é les vaisseaux en raisseanx propres et en vaisseaux lymphatiques : sous le premier nom, on dés^mit les cavités tubulaires qui contiennent des sucs particuliers k certains végétaux, tek que les 6QCS laiteux , résineaK , ete»; aoi^ lesecond, on compvenait tons les tid»es pleins d'air ou d'eau peu «ou point élaborée* Mais^eB-a -reeennu depuis, -que Jes vaisseaux propres ne sontipoint de vrais vm^'^nXfmm desrtnoJffî*
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Su OAQAlfBS ÉLilIBlfTAlESA.
cations particulières du tissu cdluiaire quenous décrirons ci«aprés, sons le nom de reservors du suc propre.' Nons ne comprendrons donc sons le nom collectif de vaisseaux que ceux qui ont été long-temps désignés sons le nomade vaisseanx lymphatittues ; mais comme ce ferme, fondé survie r41e qu'on leur attribue, n'est lui-même qu'cme hypothèse, nous ne l'adopterons point, d'autant qu'il devient inutile une fois que les réservoirs du suc propre ne sont plus confondus avec les vaisseaux. Ces vaisseaux, din lymphatiques, ont élé désignés en anglais , par Grew, sous les noms de sap-^essels ou lympkœducts^ d'antres les ont nommés vaUseaux séveux , et M. Mirbel les désigne sous le nom de grands tubes. M. Kieser les comprend tous collectivement sous le nom de vaisseaux spi^ Taux ^ qui ne s^applique exactement qu'à l'une des fotises sous lesqudiles ib se présentent à* nous. Ces vaisseaux présentent cinq variétés de forme très - prononcées, savoir : les trachées, les vai^eaux anmdaires ou rayés, les vaisseaux ponctués , les vaisseaux en chapelet et les vaisseaux rétkulaires. Nons coimnenceions par les décrite $^ {Xiréaaity pais.nous nous occnperoas dès discoasians qiii divisent ks apatomistes sur leurs rapports rtcîpfoques, leur histoire et leur usage. ^ !
. ARTICLE il.
Des Trachées, ù\x Vaisseaux spiranai et élastiques»
- Les vaisseaux qfiraux. (vasa^spiralja) ou les /m* chées[\) (tradji^œ), ou,commeM. Cassinî les appelle, leç
I III I II I II I I ^ III i
^ (f) Gfcwi ilaat., pi. 46, 5i| 5a. Duham;» Pfay». arb. , i, pi. ai
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OBOAIIBS iMillBNTAIBK«« 3S
MeîiaUesj sont des oi^anes d'un genre tout particulier^ et suris structare desquels ou a beaucoup disputé. Hienshaw les a découverts dans le noisetier^ en 1 66 1 , (?est-à-dire un an après le perfectionneoient du microftcope par Hook. Malpîgbi, qui les aie premier observés avec soin, les compare aux tradiées des insectes dont il leur a conservé le nom ; il les regarde commeles organes respiratoires des plant^ et les décrit cooune des tubes formés par «ine lame roulée sur elle-même en spirale ^ et susceptible de se dérouler avec élasticité : on peut voir facilement des «trachées déroulées, en rompant une jeune pousse de rosier ou de scabieuse. La trachée, vue ainsi à Tceil nu ou a la loupe, présente l'as* pect d*an filet brillant argenté, roulé en spirale comme un ressort à boudin. Duhamel la compare i un ruban qui au* rait été roulé sur un cylindre , et qui, par ses circonvolutions qpirales, formerait un tube continu. M. Mirbel con* firme cette mam'ére déconsidérer les trachées, et ajoute seulement que le bord de la lame est toujours un peu plus épais que le milieu. Hedwig, au contraire, a décrit ces mêmes organes d'une manière entièrement différente; il les nomme vasa pneumatochymiferay et les croit compo* ses de deux oignes distincts ; 3 pense que ce qu'on avait pris avant lui pour une lame , est un véritable tube, et que ce tube est roulé en spirale sur un autre tube droit et cen* tral(2) : il imagine que les tubes spiraux sont chargés de charrier les sucs , et les nomme, pour cette raison, vasa
— ^■^^^— ^— — — Il ■ I li n ■ I II I I É ■ I ■ I - I t
f. j8, 19. Mirb. , Anat. , pi. i, f. 9 et 10. Élëm. , pi. 10, f* lo^ II, ia. Dutrochet , Rech. , pi. f» f. 3» 5. Rad. y Aoat., pi.- 4 9 f. 5, pi. 5, f. I» a. Spreng.y Bau. gew. , pi. i> U 3. Link^ Aon. Mus. , ?. 19, pi. 17, f. 1.
(a) PoUini, Elem. botan.» t« 1, f. 16. Tome Z*^. 3
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?4 Oll«ANBS ÊLÀMBNTAlftES.
addutentia spiralia, vasa ckymifera h^thojgera. Ah coBtraâre, les tubes centraux seraieot Mojours remplis d'air; &<A il leur a dooné le ootn de vasà pneumatopkora. MM. Schraâer et Liak d^r^nt de Fôpifliou d^dwig, e» ee ^'«Q^lieu d^admettré que la spiriJe son formée par «B tobe^ ik pMsetit qu'elle se jÊompoae d^ube laïue creusée eo goutlldre^i an partie intérieure. M. Bernharâi, au coBlranv, admet un tobe membrsmeux ^dt, coneiDii et trausparewl , dams Tinf érienr duquel serait toulée une lame spirale (3) qui>scrvi Ait à le maintenir ^uve#C, et quf, TefoaM> h se dérboèer atee élasticité lorsque le tube extérieur est rompi:^, ^a>ra^rait set^ à nos! yent éous té nom de trachée. H emp^ose qtie cette même lame exisfte dans lesi tiibes de toos tes vaisseaux; que lorsqu'elle est comintie et spirale, eBe fortne k trachée; quand elle eirt avisée erf raies interrompues > le vaisseau rayé; et plus interfompUÉf encore/ le yiôssifcau^ potictné. M. Kiéser nomme vaisseav spàral sfiiple ce'^ nou^ nommons tradiiée , et croit qa*i( vtf existe de me^fibrane m* eâa dedans', ni en dehors, ni entre les spires. Enliitf Mv Datrochet Mmef qne lès spit^ des. trachées sont «mieW^arnne membradcf iittermédiàire traniperéme> qui se décrire lorsque- le # spiral se déroule, n CFok que, dàns'«lèur état naltirel,' elles'â'ènt aucune fente en spirale > cft forment un t«ibe^cominu.
Pour essayer de fixer* notre opinion atf raîNeu de tant de coBtradictioBs, il est néeessieiîre de. discuter séparé-' ment chacune de5 assertions des auteurs, et de les dépouiller, le plus possible, de toute idée systématique. Et d'abord existe-t-fl à Tintérieur de la spîre un tube par tîcq-
(3) Poîlini , Elem. botavi. , v« i, f. la. *
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ORGANES ÊLÉXENTAIRES. 35
MtVj comme Hedwig Pa sbirteDu le premier (4)7 Bemarqaons qae ce tnbe n'a été va q[ue par un petit nombre (f observateurs, et qu'Hedwrg lui-même semble l'avoir moins vu que conçu par la théorie ; car malgré son babilefe cornm^ dessinateur, il n*a pas osé en donner la figure. M. Link dit que l'observation d'Hedwig n'a été constatée par aucun anatomiste; et je me range, pour ma part, à cette assertion. M. IVErbel assure que , dans quelques eas, les vieilles trachées présentent à l'intérieur une espèce ^encroûtement plus ou moins épais, qui re^emble à un véritaUetube interne; itiais comme cette apparence de tube intérieur est fort rare, on serait autorisé à ne pas la considérer comme une partie intégrante des véritables trachées, !^^. La partie qui forme la spire eèt-elle plane, comme le disaient les anciens, ou un peu creusée en gouttière, ef bordée de bourrelets, comme l'indiquent les figures de M. Mirbel, ou tubuleuse, comme PafGrment fledwig et Mustel? Le plus grand nombre des observateurs est contraire à cette dernière opîm'on, bien que plusieurs d'entreeux aient observé les tradiéès avec des verres plus forts que ceux dUedwrg. Dernièrement encore M. Amici*, qui s*est servi du plus fort des microscopes connus , reste en doute sur la tubuhire de la trachée, et croit que la question n^est pas soluble avec les moyens opdques que nous possédons. Ua des argumens qui parait avoir entraîné lïedwig à admettre la tubulure de la partie spirale, c'est que lorsqu'un liquide coloré monte dans.ces organes, on voit distinctement qu'il suit' la spire; mais cette appafrence s'expL'que presque aussi bien en admettant* une lame
(4) FL fr. , T, pi. I , f.'5. Rud. Auat. , pK 4, l 5j pt. $, f. a.
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56 ORGANES ÊLÊMEKTAIRES.
un pep coDCâve le loog de laquelle le ll({aide coloré se glis* serait, qu'en supposant une tubulure parfiiite* Cependant cette forme creuse de la lame, om l'existence des bourrelets, est encore contestée par plusieurs des plus habiles observateurs. M. Kieser, en particulier, sans af&rmerque la spire soit tubulée , croit qu'elle approche de la forme cylindrique; quant à mof, elle me paraît plane av^ les deux bords plus opaques , et probablement un peu proéminens.
3"*. La spire des trachées est*>elle' contenue daoi un tube particulier, comme le veut M. Bemhardi? Je crois qu'on ne peut pas nier l'existence de ce tube ; mais il faudrait savoir si ce tube est celui qui serait formé par les bords des oi^anes voisins , ou s'il fait partie de la trachée; la plupart des anatomistes, et mes observations s'accordent avec leur opinion, n'ont pas admis de tube extérieur propre à la trathée. M/ Dntrochef admet une membrane tubuleuse qui ne serait pas en dehors des spires , mais entre les spires. L'existence d'une membrane qui unirait les spires entre ettet, semblerait confirmée par l'existence des trachées non déroulablts , mentionnées par quelques auteurs; mais elle n'a jamais été vue d'une manière claire^ et tes trachées non déroulables ne sont probablement autre chose qde les vaisseaux annulaires dont nous parlerons plus tard.
Selon M. Mirbel, les trachées soM continues avec le tissu cellulaire par leurs extrémités; selon M. Diittochet, elles se terminent ^ par kiirs deux extrémités^ en spirale conique três-ai juë (5).
(5) ReGh.,pl. T, f. 4.
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ORfiANBS ÉLéMBNTAlRBS. ^7
-Lçssfitres des (rachées sont , d'après Haies, toujours roulées de droite à gauche : cette disposition parait eu effet la plus commuDe; mais M. Link en a remarqué qui étaient rodées de gauche à droite.
MM. Mirl^l,. Rudolpbi et Kieser (6) ooft fait connaître des tradiées à double et triple spirale parallèle; j'en ai compté jusqu'à sept dans les trachées du bananier ( musa paradisiaca)y*ei M. de La Chesnaye dit en avoir compté jusqu'à Ymgt-deux (7). M. Rudolpbi dit que les trachées sont aussi à spire double 6h multiple, dans le canna, Yamomum, le kœmpfena, le maranta, genres tous voisins du musa, et même, dit-il, dans Xheracïeum specio» sum, qui appartient à une-famille très^oignée..M. Kieser fait remarquer que , tandis -que , dans la plupart des végétaux où 1^ trachées ont la spire sim][»le , elles sont dis* posées en faisceau f on les trouve an contraire solitaites dans \b bananier qui a \ts spires multiples ; d'où on pourrait inférer ^ue cette Spire omltiple est formée par la réunion en un seul tube des fileta ordmair ement séparés.
Malpigbi et Reicbd disent avoir observé dos «étrangle» menl dans les trachées \ tnais laucttn des obsertateurs sub^ séquems ne les y a vus. H. Mirbel assiare positivement que ce sont des illusions d'optique. Le diamètre des trachées est d'environ un vingt-quatrième de ligne , selon BL Mirbel; mais, selon M. Kies€lr, ce diamètre est asses^ variable d'une plante à l'autre. ^
Malpigbi dit que, pendant llfaiver, les trachées sont douées d'un mouvement veraiculaîrt qui ravit l'observa*
(6) Mém. org., pi. 4 > ^« iQ» Voyci pL i, f. \ de cet ouvrage* (7; Aoa.Muf.» 7»P*^*
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58 OftCANBS ihàUMNTJilK^S.
teur. U parait que cet anatomiste *a attribué ici i rifxilabilité an meuTement silnpleiiieiit du à fhygroscopîcilé^ combîaée àl'élasticîté. On peut détermiiier oa moavemeyt dans les trachées mises k nu, seit^en rapprochMtt ou en éloîgDaiit les morceatx de la jeiioie pouise roçopue ea^ tra* vers, soit en exposant les tradiéès alteniitiv,|ettent à rhumide et «a sec. M. l^Iirbel assure que les trachées du butomus umbeilatusj une fois déroulées, œ se contractent plus sur elles-mêmes.
Les trachées sont tirés -loisibles dans la plupart, des ^jeunes pousses de Paooée, et surtout dans cett» qu'on peut rbmprc net sans décbîrenient , coome celles des rosiers; on tes trouve, selon l'obier vatioo de M. Mirbel^ seulement autour de la moëUe , dans les tiges igée^ des dicotylédones; car* il parait qu'il faut rapporter aux vais-f seaux rayés tout ce que les anciens ont dk de tnebéca Tues dans le bois* : ce sont lès trachées qaîsfiiibleat lea organes essentiels de l'étui médullaire ^ et on les y rMraure à l'état dérodaUe, même dane les troues âgés et dans les bois coupés depuis longftonps. Danil ks finsceaia Qbr^ux des tiges herbacées des dicotylédcAtes, Us trachées se^trott* yei^, sékm t/L. Kiesèr, ^ odtéie pkis f oisin du centre *d» la tige. Parmi les monocotylédones^les tracées se ^onvent^ dans les fileU ligoeux; selon M. Alirfcel, elles en occupent le centre. M. Anid attribue cette place aux. lymsacaur , ponctués. %a tige du bananier parait presque entié-r rement composée de Urachaes lorsqu'on la î'Coupe en travers; les trachées y sontjù ahoodasles qu6<, da&a les Aptilles, on les jKCueille-i poignéas, et oa fait une espèce d'amadou qui s'y vend publiquement depu|;s long-temps. M. HappeUe la Chesoaye dit que chajijue bananier donne
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cinq à six gramme» (un gros «)t demi) dÊ trachées ,et que tdles<i peuvent ébw em|iiojées os k hke voe espèce d'édredon, ou même à filer (8). Ou peut encore.tMuvar * des tndKe$ dans \e$ nertnres <dm fetdles, dans hé confies et les organes sexuels; on n'en troate point dabs l'éeorce. H Mîribet dît<)u%iles sooé rares dans les racîaef. AL Dutrod^t aasure, et mes propres observttioiis sW cordost arec les ^ienoes, que les tradwès manqncnt ab^ «okiment dans les racines , et que sil'co a eru-sn toir> c'est ^'oB a pris pow racines de véritables tiges sentèrraioes 4fM ont destrachéea comme les tiges aériennes ; c'est donc Haii tort qna-M. Perotti dil(g^ j()ne les raeÎMs difiSneot xlestpoocs, eneèqiie lès iraebétsy sont plus'ttooifoénses et plus visibles.. . ^ ' "
Les tracfay6es ttiupait coiaplètenent dans tontes les plantes ceUnlaires^ tdksqaeka moiwes, lesJMf^tiqnes, les UchmBj les champignons^ Jes signes, fes cAarm.
Qiieiqnes naWalisfies dignerde oonfiapce assirent qull existe des trachées Jans quelques mousses ^ telles quele^ .^pAiciAttaif niais leur existence est ccmtestét par phia'encs, AOtanMaenUparM. RndûlpU, e(c.Sansaaedissî«Mik^ qu'une observation négative n'éqntvmt pas à une assertidn poai- -tive, je me range k cette opinion , ne les ayant moi-même pas an apercevoir. D'autres oonsidèrent les élatèises (lo) des hépatiques comae des organes seaU^les aux tradbées . Mais je se saurais admettre anenne identité réelle ^es. trachées avec ces organes, semblables il est vrai paxilem* torsion spirale, mab très-difEonoDs par leur grandeur ^Jeur "" ■ ■ ■ I ■ ,, I 1 1 ■ ■ ;^' t
(8) Ann. Mus., 9, p. 296.
C9) Phys. Planl. ,1,7). 52. - - , —
(10) \oycz ci-aprcs Livi Ul, ohap. vt, art. 7.
Di^itized
40 OB6ANB8 ÉLill BITTAIBBS.
tissu et leur posMon. Je persiMe donc à croire qae les trachées manqnent complètement dans les Yégéttiix cellukifts.
Parmi les plantes qu'on est obligé de rapporter à la classe des plantes vasculaires, les trachées manquait, selon M. Lihk, dans les lemnm, les zosÉem, les ceratO' pkyllum et les iiayas, toutes plantes aquatiques. M. Amici (Confirme leur absence dans le nayas minor^ mais il est contredit sur ce point par M. PoHini , et l'absence des tra^ chées dans ces végétaux vasculaires est un £BÛt qui* mérite d'être confirmé, surtout depuis qu'on a mentionné des trachées non-déroulablçs j et qu'on a retrouvé de «vraies tradiées dans Xf^PP^ri» et le n^riopkyUarm^ oà l'on avait cru d'abord qu'il n'en existait point.
Plusietffs anatomistes, et en particidier MM. Wahlenbergy Rodolphi, elc.^ assurent qu'on ne trouve point de trachées dans les conifères, ni autour de la mo^Ue, ni dans les feuilles, ni dans les branches les plus jeunes, ni h la naissance de la plante; on y trouve seulement des tobes droits. Cest ce qui résuherait, selon eux, de l'i^natomie de plusieurs espèces de pins , de sapins , de mélèzes , de cèdres, de thuyas, de <^près; mais on savait déjà qu'3 existe de vraies trachées dans les branches jeunes de ge*nevriers, et une anomalie aussi remarquable dans la même fimille était difficile à admettre. Dès-lors , M. Kieaer, dans son traité spédat sur les cooifêres, y*a démontré Fexistence des trachées , quoiqu'elles y soient plus rares et plus difficiles à voir que àms les autres yigécanx.
M. Oken (i i) pense que les trachées représentent les «■■'z ■ ■' ' ' ' • . 1 .A.
(^i) Qté par Ki«fer, Org, des PlanK » p. aa^.
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OBtfANBS itiirSNTAIBBS. i^\
œrb âes aniinauT. Cette opinioD paradoxale n'a, que je sache, été admise par aucon naturaliste : on conçoit en effet ^'elle repose sor uoe simple hypothèse, savoir, la seosi- Mité des végétatix y et que même , en admettant Texistence d'un système nerreux dans les jdantes, il serait impossible de croire que ce système fut représenté par un organe qui manque précisément dans tous les végétaux les plus sem- UaUes aux animaux»
ARTICLE IL
Des Vaisseaux annulaires ou rayés.
Les tHiisseaux que \t désigne ici (i) soqt ceux qae M. N&rbel a décrits sous le nom ,de fausses trachées ^ M. Kieser , sons c^ni de vaisseaux spiraux annulaires, et que Ysd souvent désignés sous celui de vaisseaux rayés^ vus au microsccfpe, ils se présentent habituellement sous la forme de tubes cylindriques simples, marqués de raies régulières, transversales et parallèles entre elles. Lorsqu'on les observe encfaissés dans le tissu, ils semblent de Traies trachées qui ne se seraient par déroulées, et ont été ' souvent décrits par les anciens an^tomistes sous le nom de trachées i ils en diflirent cependant : i .* parce qu'ils ne se déroulent pas et ne donnent aucune trace d'élasticité^ a.Q parce que leurs raies paraissent parallèles, et non en
(0 Blilp., Oper. , in-4.» , t. x, pL 5 , f. ai. L. ? Mirb., Anat. ^ pi. vf. ^ Élan., pi. lo, f. 8, 9, x3. Ltnk, Add. Mus., y. 19» pi. 17, f.^, 5,9. Spreng. , Baa. €rew. , pi. 4» ^> 17» ^o. Du* tfoch-, Rech.y ph ^ > f. 8, 9. Kies. » VLéiakm org. , pk ri, f. 49
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4^ OAGilNJSS iliveSTAimB8>
spirale ; 3.* parce que dans la iBeme pkuUe ils sont sou*» vûoi d'un diaokètre dilFér eut des ^rnobées^ .
Les vaisseaux rayés se Irou veut en général dans le corps ligoeux^les végétaux vasoulaires; parmi les dicotylédones, ou k$ trouve dans toMes les coocbes» ^ix^epté à Tentour imoiédiat de la moelle ; parmi les mouocoty lé^oneS| ils se; rencontriOt dans chacun des filets ligneuxjuib sont 1resabondans dans Vaxe de la tige des Iyc^)odes.
Les vaisseaux annulaires les plus grands que Ton connaisse , sont ceux de. la tige de la l^alsamine. .
M. Kieser considère ces vaisseaux comme composés d'anneaux parallèles qui sont^ selon lui| d'une nature analogue au tissu de ht trachée, et peuvent dans certains cas se cbançer griKloeUement en spires. Ces rameaux sont quelquetbis, selon lui ^ très-peu adhérens an tube membra* prai; formé par 1^ parois des cellules vpiaines.
M,Mirbel le$ ûqo^idére comme des tubes marqués de fyiues parallèles,' d'autres comme de^ tubes munis de -raies opaques parallèles, et qui seraient de {lature analogue aux poncmations des vaisseaux ponctués.
Peut-être sous le nom de vaisseaux rayés ou^annulaire^ «4-oB réelIeflB^njLcdnfioiadu dies structures diverses^
ARTICLE IV
I}es Vaisseaux ponctués.
Je désigne avjsc M! Treviranus, sous le nom de vi^Useaux ponctués (i) (vasa punctata)^ ce que M. Mirbel
(i) Mirb..Ai>at.,pl. i , f. 6, 8. Élém. , pK io,f. 5,6, y. ^ud. Anal., pi. 4, f. 7. Sjpreuft. , Bau. Gew. ,pl. 4, ^ «7 et.»9.il>^- 6» f. aB. DuUoch., JVcch., pi. T,.f. 7 el 10. Eies, Mena. org.,pl.9^ f. 39ietpl. i4; f. 66, 68.
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nomme vaUseaum on tuies poremopj et M. Kkser , wUs-' seaMx spiraux ponctués. Lear état ordkiaifie , sous k mioioscope, €81 la ferme i^n Uièe c^lkidk^iiey dont les pam% préseateat àf% séries tr anaTenules da points opaques. Os diffèrenl donc des vaisseaux rayés «d ce que c«s points soDt séparés les mis des attires, et non-réanis eo lignes GOBlÎBues, et des vaisseaux en cbapdet dont nogs parlerons to«tt44*h«iM , «B ce ipe laiir tobe est cylindrique , et non^ étrae^ de place en place. - .
On troBve ces vaisseaux en abondance parmi les dico* tyiédones, dans les couches ligneuses , soit de U racine, soit d^a tige et des branches; parmi le^monocotylédones^dans \th filets hgueux ; lorsqu'ils font partie d'un faisceau de vaisseaux, ils. sont, ordÎBaifeiii^H situés vers le côté le plus voisin du bord de la tige. On assure en avoir aussi trouvé dans Yécorce des dicotylédones; mais ce fait est CûDteaCepar les aaatomistes plus récens» La grandeur du diamètre des vaisseaux ponctués dépasse ordinairement celle des vaisseaux rayés et des trachées ; mais cette régie sonCDre de fréquentes exceptions.
VL KieMff considère les vaisseaux ponctuée comme forv uià& par une tradite 6u un vaisseau amuUai^e^ dont les spîrea ou les anneaux sont réunis par une meml^atie ponctuée^
M. SCirbel| qui a le preoûec lait connaître ces organes, n'admet point l'existence des spires ou apneaux dans la fbmatMMi de ces vaissesiax, et les regarde comme de simples tubes membraneux , marqués de pores qui sont entourés d'un bourrelet, et leur donne l'apparence ponctuée.
M. Dutrocbet Les considère 9ussi comme de simples
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44 ORGANES iLilIBNTAIRBS.
tubes membraneux marques, nou par des pores, mais par des ponctuations dues à des vésicules saillantes.
JJoântà m^propres obsenraftons, je n'ai su voir les spires ni les anneih»L que IML Kieser admetdans la structure de ces vaisseaux; mais comme je sens qu'une observation ' négative ne peut infirmer une observation positive que lorsqu'elle est confirmée par le concours de tous let observateurs, je ne«me hâte pas .d'affirmer sM absence. Pour le'pdoment, ^ suis disposé à considérer ces vaisseaux comme des tubes membraneux.marqués de points glanduleux.
ARTICLE V
Des Vaisseaux en chqpekt,
Leis vaisseaux en chapelet ont été vus par Malptgbi (i) sans leur donner une grande attention : c'est AI. Mirbel qui a véritablement appelé sur eux l'attention des anatomistes, et qui leur a donné le nom sous lequd on les désigne (tt). M. Treviranus les décrit sous celui de corps vermiformes^ ce sont des tubes marqués de points en séries tiwis versales comme les vaisseaux ponctués, mais étranglés de place en place par des étranglemens tranversaux plus ou moins . sensibles ; M, Mirbel les considère comme des cellules pla* cées bout à bout, ce qui suppose qu'il ei^iste des diaphragmes qui les séparent; en suivant cette opinion, on aurait dû les classer parmi les modifications du tissu cella-
\\) Malp. I Oper. , ^d. in-4-^ > fig* 3>-
Ca) Mirb. , Éltfm., pi. lo, f. i5. Tnrp. , Icon., pL i, f. i3U &i«s., Mém, org. , pi. 1 1, f. 5i ; pi. la , f. 56.
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OB6ARB8 ihiUMKTXimZê. Ifi
laire^ et non parmi ceOes do tissu yascnlairè; mais Vtxisteocede ces diaphragmes est très-dooteuse; la plupart des inatomistes les nient même formellement. Il parait que c'est en considérant ces*corps comme des sénés de cellules que M. Mirbel avait été conduit* à admettre un tissu ceUolaire ponctué ; mais leur i0Balogiê avec les vaissetux ponctués est si forte, qu'il est impossible de -ne pas les consid^er, ou comme des modifications de ces organes, od comme des oi^anes trés^analogues. M. Eieser les regarde coinnie formés, ainsi que les précédens, par des spires on des anneaux très-écartés, et réunis par une jnen&rane ponctuée. r
Les vaisseaux en chapelet sont fréquens dans les racines, les articulations, les nœuds, à la naissance des branches et des feuilles, et, dît-on, dans les bêorrelets Datureb on acddentek
ARTICLE Yl. '
Des Vaisseaux rétiçulaires9
Celte forme de vaisseaux est extrêmement rare dans 1» naCinre, et celle de toutes qui a été le moins étudiée. M. Kieser ne les a connus que dans la balsamine (i) et la capucine ; il soupçonne leur existence dans les antres plantes à tissuttdiê* Selon cet observateur, ces vaisseaux sont dus k ce quedes fibres spirales ou annulaires qui compo^tot les trachées ou les vaisseaux rayés^ se soudenjt inégpdement ensemble, en laissant entre eux des espaces
(0 Mëm. oif • , pi. iTy f. 49» &o.
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46 eRdAUXS ilÊHfilfTAIABSi
TÎdes ofi des trovs oMoogs. l\s n'atteignait jamais, selon kii, U grandeur des Taisseau«ponetnétf, et sont souvent rmaifiésv Us sont plus fcéquens dans k racine qne dans la tige. ■
ARTICLE TÏL
Co7isidération9 gértémles sur la Strutture des Vaisseaux.
Je viens de décrire, dans les. articles précédens, les formes haMcoeHàs- $ffa% lesquelles les raisseanx des pknres se prés^i«enc au «aitroscope, «t j'aâ é^Vdkk desBeiv^dn»*e« mêler ces descriptions d'aocunc idée hypothétvqtie, oh même tfaéoriqtie. li s'agit maiaoaoiBt d'examiner quelles sont les modifieati^ns dont ces formes' sont susceptibles, erde dédbire de la, s'il est posable, les nupports de ces divers vaisseaux entre eux et leur véritable nature.
Hedwig ^, le premier, soulevé ces questions délicates dans'^fl programme sur la fibre végétale :i pensait que les tours de spire des trachées se soudaient ensemble en avançant en âge , d'oà résulvait Papparence de vaisseau rayé; puis, si la soudure allait en augmentant, le^^be prenait l'apparence de vaisseau ponctué.
M. Rudt>}phi diffère dlle^'g, en ce- qu'il regftrde les ttàeliées eomme de simples lames spirales quf'fofmeur un tube par leurs circonvoludbus^'mais il pense qu'elles se soudent graduellement et se changent ainsi et) vaisseaux rayés j il affiraw, en faveur dé: «on opinion, qu'il n'a trouvé que des vaisseaux spiraux éms ^ê jeunes indHiîdtiS naissons Saisine mtdiay de caragana afbortsccfts f ete* ♦» ' * — ^~ •*-'' ' *
M. Mirbel part, au contnàire, du principe^ que llrs i^ais-
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S6«iii sont one modification du tissu celtukir^ et que cdtu-d est fornré de ceBoles poreuses : il croit «pie ces odoles, placées bont-àrbont , forment les yaisseaiix en ebpdet, et pia«ît indiquer, sans le dire expressément) qae ceux-ci penreni se transformer » Taisseami poreux ; qne par le rapprochement extrême des pores , ceux-ci de- Tiennent des v»sseaiix qu'il appette Taisseans fendus , ou iéuBses trachées^ teqnels ne difîfSèrent des trachées qUe parce qa'ik ne sont pas déronlables. 11 admet que tons les états iflFtermédiaires se trompent dans la namre, et que le même tnbe penf, à divers points de- sa longueur, oflfirnr tous ces états oifférens : c'est ce qu'il nomme tube mixte. Mais il pense (pie cbacun de ces états de Taîsseanx est un état prkmtif , et n'est pas produit par Pacte de la végétan tkm.
M. Trevirtfitts (probablement d'après une idée émisé prïfflfCfvementpar M. Aptea^eX)^ adiaet^daos l'eifeède la Tégétation svr leS Taisseaux, une marche diamétralement opposée. II »ippose que les grains qu'on observe dans le tissu ccMnkire, sont autant de vésicules organisées qui , en se renflant, fonneni autant de nouvelles ceUnles; que ee$ cnih^, selon leur diapotsition respective, forment) 00 le tissu cefiulaire arrondi , ou les ceUnles alongées, ou les cdMe$ disposées en duapelet; que dans ce dernier éCat^ k dBalràoB des vésiccJes continuatit toujours, les dlaphragnoes se reetipent et chatigent les séries de cellules en è^apeiet,èn vaisseauic ponctués , en fausses trachées, et en trachées, selon le degré ^u dévelonpement. Par ce Système, M. Trevii'anus explique comnwnt toutes les parties du v^étal semblent tirer leur origine du tiséu celklaîre.
M. Kieser présente une toirle autre opinion; if rapporte
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toate cette organisation à une fibre élastique : lorsqu'elle est roulée en spirale, elle forme la trachée; quand elfe est disposéeen anneaux circulaires et parallèles, elle forme les vaisseaux rayés ou annulaires; lorsque les spires ou an* neauxsont réunis par une membrane poreuse, il en ré* suite la formation des vaisseaux ponctués; quand ces vaisseaux ponctués naissent dans les articulations, ik sont étranglés de place en place, ce qui focme les vaisseaux en chapelet; enfin, lorsque les spires ou les anpeaux s'écartent les uns des autres, en se détachant on en se sou^ dant à divers degrés, il en résulte la formation des vaisseaux réticulaires*
Je laisse à dessein de côté plusieurs autres théories qui participent en divers points de celles que je viens d'énoncer rapidement. On pourra en trouver un exposé bistorique dans le Mémoire sur l'oi^anisation des plantes de M. Kieser. Ce que je viens de dice su£St pour montrer l'eKtréme diversité des opinions admises par les anatomistes, et la presque impossibilité d'avoir, dans Tétat actuel des choses, un avis bien arrêté sur des points si délicats.
La seule idée qui paraisse commune à toutes ces théories, c'est que tous les différens ordres de vaisseaux ont entre eux des rapport très-intimes, et pourraient bien n*étreque des modifications les uns des autres, opinion qui se trouve confirmée par cette circonstance , que tous , ou presque tous ces ordres de vjiiisseanx existent à-la-fois dans certaines classes de plantes, et manquent à-la-fois dans d'autres.
Elle est encore confirmée par l'extrême difficulté qu'ont éprouvée la plupart des anatomistes, à distinguer ces ordres de vaisseaux avec quelque certitude. Ainsi , par
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exemple, il est des obs^vateurs, teb qêe MM. Duirochet etiiiidolphi, qni admettent Texistence de tradiées dooderoiddïles, état qui, s'il était bien démontré, semblerait établir mie sorte d'identité entre les trisfaées et les yaisseanx annolaires. M. Datxx)chet assure en partioiilier, que loraqu'on soumet ces vaisseaux k l'éboHition dans l'adde nitrique, on parvient à détruire leur soudure, et on les rend déroulables. M. Eieser fait remarquer que les anneaux des ▼aisseaux sont souvent obliques, et^qu'on les voit passer peu-A-peu, dans le même Taisseau, à la forme de vraies spires. La transition des vaisseaux annulaires en vaisseaux ponctués a été indiquée et figurée par plusieurs de ceux qui ont pensé que les points continus , queHe que soit leur nature, formaient les rues transversries.
L'analogie des vaisseaux pmictnés avec les vaisseaux en cfaapelet, est tellement grande, ^foe plusieurs observa«teiirs ks ont peu ou point di^|pgQés«
Il semble donc aimis , soit en masse , soit en détail , par les observateurs, que tous ces divers organes ne sont que des modcficaticMaS'd'un seul ; mais tout en partant de cette hûse théorique, il reste encore bien des doutes it explorer. Nous alloi» les passer en revue, non pour les résoudre avec certitude, mais pour exposer lès motifs contradictoires et les probabilités des diverses opinions. Et d'abord:
1*. Chatun des vaisseaux dont nous avons exposé Ia êtrueture dans les chapitres précédens , consetvo't-il la même forme dans toute sa lônguehrP Le doute, à ce sujet, a été élevé par M^Iirbel , lecpiel admet l'existene des tubes mixtes (i) , c'est-à-dire qui, à diverses parties
(i) Mirb., Anat., pi. i, f. ii, la. Élém., pi. lo, f. 14. Turp., Icon., pi. X, f. II.