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CHAPITRE IV

Des Fibres et des Coucher.

JuoRSQv'oN coupe en travers une tige de plante vascu^ laire, on y remarcpie un certain nombre de points plus compacts que le reste du tissu; si on la fend en long, on ne tarde pas à reconnaître que ces points sont les coupes d'autant de filets longitudinaux qui-, par le déchirement, se séparent plus facilement du reste du tissu qu'ils ne se rompent eui-mêraes; ce sont ces filets qui portent le nom de J^bres (fibrœ). Si on les exatiaine au microscope, on remarque facilement qu'une fibre n'est point un organe simple, mais qu'elle est composée de faisceaux de vais-» seaux enire-mêlés et entourés de tissu cellulaire alongé(i). Dans l'usage commun, lorsqu'on veut se procurer les fibres des plantes isolées, on met les plantes en masse macérer dans l'eau, et, au bout de quelque temps, les fibres sem* blent se séparer d'elles-mêmes ; c'est ce qui constitue le rouissage du chanvre, du lin, de l'agave, du phormium, etc. Mais cette opération désorganise réellement le tissu végétal : en effet, on expose à l'action de Veau un tissu composé de parties diversement altérables par ce liquide; l'eau dissout d'abord les parties les plus molles et les moins consistantes , savoir : le tissu cellulaire régulier, et, par là, sépare les faisceaux fibreux qui étaient réellement soudés

(1) Amici, Osscrv. micr. , f. 3, 33.

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Oft^ARES ÉLÉMENTAIRES. 63

OU coDUnos avec le tissu cellulaire; si Ton contioue Topératibo, l'eau dissout une partie du tissu cellulaire alongé iitferposé entre les fibres^ et chaque fihre se divise ellemême eu plusieurs fibrilles. Si l'ou poursuit encore la ma; cération, on dissout les vaisseaux eux-m^mes, et on n'obtient plus qu'une pâte homogène, comme on, le voit dans la fabrication du papier. L'analyse de cette opération populaire montre combiea les anciens anatomistes s'étaient fait d'illusions , lorsqu'ils ont pensé que la macération était un bon moyen pour connaître la structure intime des végétaux; c'est, an contraire, un procédé éminemment fautif, puisqu'il n'agit qu'en détruisant les parties les plus délicates.

La manière dont ^ai représenté la structure des fibres, explique très-bien pourquoi elles sont, même sans macération^ phi5 di£6dles à rompre en travers qu'à fendre longjtudÎDalement, ou a séparer du tissu cellulaire voisin. Pour rompre une fibre en travers , il faut briser les parois d'un nombre de cellules, d'autant plus grand que celles-ci sont plus alongées; tandis que, dans le sens longitudinal, on ne rencontre que de loin en loin les cloisons qui terminent les cellules tubulées. C'est pourquoi toutes les parties fibreuses des végétaux sont plus faciles à fendre en long qu'en travers : c'est ce que les ouvriers appellent suivre le^l du boîs^ Les parties parencbymeuses se rompent^ au contraire, indifféremment en tous sens, parce qu'elles sont composées de tissu cellulaire régulier.

La ténacité diverse des fibres des plantes est, en raison composée, i.*" de la nature même du tissu membraneux; a.o du nombre et de la consistance des molécules qui y sont déposées; 3.o du nombre de vaisseaux et de cellules

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64 ORGANES ÂLillfiNTAIRBS.

tubulées dont chaque faisoetn est composé; 4-^ ^ degré d^doDgement des celloles tobnlées. Les fibres les pi» tenaces que Von connaisse , sont celles àvtpAormtum fenojt, BOHËiné trés-impropremem lin de U nourelle ZéUode. Cette ténacité a été mesurée par M. LabiUardière , en sus* ]>enda\it des poids k des fib d'un diamètre déterminé* D'après cette méthode, il a trouvé que, lorsqu'un fil de ^oie peut porter un poids de trente-quatre , le fii de phor** Mîum porte vingt*trois quatre cinquièmes , le chanrre sdze un tiers *, le lin onze troia quarts ; et Taloës pitte ou agape americarêa, sept.

Nous emploierons souvent le mot de fibre comme une abréviation commode pour exprimer un faisceau composé , dans les parties rasculaires , de vaisseaux et de ceUuIes alongées, et, par analogie, dans les parties celki'* ]aires,un faisceau de cellutes alongées seulement, faisceau distinct du reste du tissu par une ^s grande ténacité. Les nervures des feuilles ne sont que des fibres plus ou moins ramifiées, qui, en s'écartant les unes des antres, laissent au tissu cellulaire interposé entre elles, un espace pour son développement.

' M. Dutrochet donne au mot de fibre un sens un peu différent du précédent; il dit que ce sont des assemblages rectilignes de cellules articulées ou de tissu cellulaire alongé; il ajoute que ces cellules sont d'une extrême petitesse ; qu'ainsi , les ffl)res sont des modifications du tissu cellulaire, mais qu'elles n'en constituent pas moins des organes distincts, qui pompent l'eau colorée et conduisent la sève. Cette définition de M. Dutrochet s'appliquerait assez bien aux nervures ou fibres des plantes cdlulenses', mais il m'a toujours semblé , et je crois être en ceei

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ORGANES éLéM£NTAlR£5. 05

d'accord avec tons les autres obser valeurs,, que la libre des plaotes vasculaires se composait de vaisseaux et de cellules eutremêlée^. *

n me suffit, pour le moment, de conclure que la libre n'est pas un organe simple, mais un faisceau composé, dans le plus grand nombre de cas, de. vaisseaux et de cellules alongées fortement soudées en filets, on de cellules alongées seules. Cest en suivant, le sens longitudinal des fibres que la marche des sucs se dirige essentiellement, surtout quant aux sucs ascendans.

Lorsque plusieurs fibres sont distribuées circulairemént autour d'un axe, soit réel, sçit idéal, l'ensemble de ces fibres porte le nom de couche (stratum). Les couches sont en général des anneaux concentriques ipu des cônes emboîtés les uns sur les autres : ils sont très-loin 'd*être des organes simples, puisqu'ils sont formés non-seulement d# fibres qui sont elles-mêmes composées^ mais encore d'un tissu cellulaire plus ou moins abondant, qui sépare et unit, soit les fibres d'une même couche, soit lés couches entre elles. Je reviendrai sur les coucbes.b'gneuses et cçrtjcales^ en parlant des tiges, et je ne les mentionne ici que pour éviter qu'on ne les confonde avec les organes élémen-* Xaites.

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